Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement
Synthèse des travaux en images
Dépose de la charpente
Dépose ancien étaiement intérieur
Terrassement et reprise des maçonneries de libage
Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement
Chacune des marches est analysées pour être soit :
Remplacée si son état n’est pas réparable.
Réparée.
Laissée.
Principe Restauration de l’escalier à vis :
Le noyau central a été conservé sur toute la hauteur de l’escalier, empêchant sa ruine complète. Toutefois, l’effondrement des façades et le déséquilibre induit par les lacunes d’emmarchements génèrent un flambement du noyau central. L’objectif est de restaurer la stabilité de l’escalier à vis, dans une optique de conservation maximale des emmarchements d’origine.
Le renforcement de la cohésion de la vis est assuré par un brochage du noyau central sur toute sa hauteur. Les marches fracturées, dont la lacune concerne moins de 50% de la largeur d’emmarchement, sont conservées et complétées par une pierre rapportée pour rétablir leur giron externe. Les marches arrachées ou fracturées à plus de 50% sont entièrement remplacées en tiroir, en prenant modèle sur les marches subsistantes.
Etat actuel de la vis d’escalier avec une marche conservant plus de 50% de son giron, à restituer, réparer.
marches fracturées au nu du noyau central, à remplacer entièrement
Story de l’enlèvement d’une marche
En attendant les nouvelles marches il faut quelqu’un pour tout tenir
Étaiement et exemples de marches.
Mise en place de l’étaiement pour chaque marche
Le mur-bahut
On profite de cette étape pour démolir un mur-bahut constitués de moellons, rapporté au XIXème en pied d’escalier.
LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY – 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr
Où l’on voit les étapes de terrassement et de reprise des maçonneries de libage.
Une des dernières étapes nécessaires pour la stabilisation de la tour. Cet article ne comporte que que peu de photos extraordinaires. Mais cela est compenser par la présence d’un peu de documentation historique et de diagnostic.
La liste des précédents travaux peut être trouvée dans l’article ci-dessous.
Libage, Gros moellon que l’on emploie noyé dans l’épaisseur d’un mur ou dans celle d’une fondation pour en augmenter la résistance.
Maçonnerie de libage. Assise de maçonnerie construite avec ce type de moellons pour résister à la forte pression d’une colonne, d’une poutre, d’un poteau… D’une tour.
Méthode de construction des murs de moellons
La technique de construction des murs de moellons est simple. Pour y parvenir, il faut au maçon les bonnes matières, un marteau et un maillet de bois :
« Maçonnerie de Moellons : Le moellon … sera … proprement, posé en bonne liaison, assujetti au marteau et parfaitement calé. Il baignera dans le mortier de tous côtés. On placera dans les fondations les moellons des plus forts échantillons. Ils seront rangés avec soin et affermis sur leur base à coup de maillet de bois. Toute la maçonnerie en fondation sera garnie par devant et par derrière lors même que le parement devra être enterré »1.
1Marché de construction du presbytère de Boissei la Lande (Orne), en 1831.
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés
Synthèse de l’étude diagnostic
Etat actuel des fondations :
La jonction des élévations de la tour avec les fondations s’effectue grâce à une maçonnerie de transition, dite de libage. Composé de moellons posés à bain de mortier, ce libage épouse le plan octogonal de la tour mais présente un forme de glacis vers l’extérieur, afin d’élargir l’assiette d’appui des maçonneries. Au-dessous-du libage, un sondage a révélé un important massif de fondation de 30 à 50 cm d’épaisseur, composé de grosses pierres de grès, de moellons de silex, de glaise et de mortier. Ce massif de fondation présente une forme quadrangulaire perpendiculaire au corps de logis, débordant par rapport au libage et plus largement au niveau des faces Sud-Ouest et Sud-Est de la tour formant un pan coupé.
Facteurs de désordres
Les sols supports de l’ouvrage sont composés de marnes argileuses.
La masse de la tour, évaluée à 193 tonnes réparties sur 23m2 de fondations, exerce une pression de 0,84 MPa (soit 8,4 kg / cm2 env.). Même en appliquant un coefficient de sécurité la pression portée reste inférieure à la portance théorique des sols support : par conséquent, la nature des sols et l’assiette des fondations ne sont pas à l’origine de l’effondrement de la tour. Cependant, tout comme les maçonneries d’élévation, la liaison des fondations de la tour avec celles du corps de logis est probablement défaillante. Les principales causes de faiblesse sont à rechercher au niveau des maçonneries de libage, assurant la transmission entre les élévations de la tour et les fondations :
Les chaînages d’angle en pierre de taille ne sont pas prolongés jusqu’au niveau des fondations et s’interrompent au niveau du libage en moellons : la cohérence de la descente des charges jusqu’à la semelle d’appui est donc altérée.
Le ravinement des sols a entraîné l’exposition des maçonneries de libage aux intempéries, avec un lessivage des mortiers, le descellement de moellons et l’affouillement des maçonneries au-dessous des élévations de la tour.
Projet de restauration – Reprise des fondations
L’intervention vise à améliorer la stabilité de la tour d’escalier avant le remontage de la partie effondrée. Les travaux se concentrent sur les maçonneries formant libage, afin de renforcer la transmission des charges entre l’élévation de la tour et le massif de fondation. L’amélioration de la liaison avec les fondations du corps de logis est également recherchée. Les travaux comprennent :
Le dégagement des maçonneries de libage jusqu’au nu supérieur du massif de fondation, incluant la fouille blindée en tranchée sur le pourtour extérieur de la tour
La consolidation des maçonneries de libage par remaillage, incluant le refichage de moellons de grès et de silex ; des injections gravitaires au coulis de chaux en cœur de maçonnerie y compris au nu supérieur du massif de fondation ; les ragréages et rejointoiements au mortier de chaux
Le coulage de longrines sur le tiers extérieur de l’appui des maçonneries de libage, incluant le refouillement préalable de la maçonnerie de moellons ; le scellement des longrines aux fondations du corps de logis par goujons.
Le prolongement des chaînes en pierre de taille jusqu’au niveau du massif de fondation, incluant le refouillement préalable de la maçonnerie de moellons ; la fourniture, la taille et la pose de pierre calcaire dur de Richemont sur 3 assises, formant chaînes d’angles harpées avec forme de glacis épousant le profil du libage existant.
Le remblaiement des fondations par terre végétale et le relèvement des niveaux de sols ravinés pour recouvrir les maçonneries de libage, afin de les protéger des intempéries
Nota : l’ensemble des travaux de consolidation, scellement et pose est exécuté au mortier de chaux hydraulique naturelle sans ciment de type NHL 3,5
Les textes et images de cette partie ont été adaptées du document PRO-DCE par G. Trouvé architecte du patrimoine.
Vous pouvez retrouver l’état des lieux dans le billet ci dessous.
La pièce a été isolé du reste du bâtiment il y a plusieurs dizaines d’années pour en faire une étable. Des fenêtres on été transformées et des murs ouverts.
Année : 2014 – nettoyage
nettoyage décavage et stabilisation.
On devine les ouverture donnant sur les gardes robesfenêtre Est ayant été quasiment murée pierre d’évier et son exutoire trouvée dans le sol coté ouest L’usure importante des pierres taillées est due au léchage répété des bovins à gauche ouverture en briques doubles, crée au XIXe quand la pièce à servi d’étable
L’enduit est enlevé devant l’ouverture précédemment observée : Etant bouchée, l’ouverture n’était pas observable. A l’occasion des travaux on découvre l’ouverture vers la garde robe Est.
Le sol est enlevé sur plusieurs centimètres d’épaisseurs. On y découvre les vestiges de l’ancien mur de séparation entre les deux chambres, démoli lorsque les deux pièces ont été unifiées
avec un peu d’aide…
Quelques schémas projectifs
Les dessins sont de Jean-François Lecomte. Le but est de se projeter avant les travaux et avant les immanquables découvertes qui auront lieu au moment du chantier.
Les portes
La fenêtre Ouest
Année 2015 début des travaux
L’extérieur
Extérieur Est
L’ouverture, invisible, de prime abord avait été fortement réduite.
Une grande partie de cadre en tuffeau a dû être refait.
L’ouverture Est a retrouvé sa taille d’origine
Extérieur Ouest
Sur la partie Ouest. La grande ouverture avait été faite pour laisser entrer les bêtes. Une partie de la fenêtre est à refaire.
Petit aperçu avant/après :
Exploration, détourage et restauration des ouvertures
Ouverture coté Est de l’intérieur
III
Le dégagement du bas de la fenêtre en septembre 2014, a fait apparaître le rebord intérieur de la fenêtre qui est revêtu de ses pavés d’origine de 13 cm de côté.
On y voit les traces de frottement du vantail, ce qui prouve qu’il n’existait pas de châssis dormant, mais seulement un ouvrant dans la feuillure de pierre.
L’huisserie à été recrée sur mesure par un artisan. Elle a été conçue sans dormant et repose directement sur la feuillure en pierre. Un joint a été posé dans la gorge pour éviter les entrées d’air et d’eau. Le volet intérieur est sculpté de motifs classiques en plis de serviettes. Le vitrail est composé de petits losanges de verres sertis de plomb
Ouvertures coté Ouest – de l’intérieur
Il n’y avait pas de porte à l’origine dans ce mur.
La fenêtre haute a été restaurée. De la porte nous n’avons gardé qu’une petite ouverture dans un style de meurtrière donnant sur le soleil couchant.
nous avons conservé uniquement la fenêtre haute d’origine La porte XIXe à été murée pour ne garder qu’une toute petite ouverture
Restauration des portes vers les gardes robes et le bâtiment principal
Ouverture des portes
La porte Ouest
ici aussi les pierres ont été très usées par les bovins
premier aperçu de la garde robe Est depuis la pièce à la colonne
Elle donne vers :
La porte Est
porte Est
Exemple de calepinage des pierres de la porte gauche.(est)
Les cheminées
Cheminée de la chambre de retrait Est
Cheminée de la chambre de retrait Ouest
Plafond et sols
Le sol du premier étage est très abîmé.
On peut le voir dans l’article sur l’état de la chambre de retrait Est du premier étage.
La fenêtre Est ayant été supprimée, des infiltrations d’eau ont abimé les pièces de bois et le plancher en barreaudage et torchis à l’aplomb de la fenêtre Est du rez de chaussée
.
Préparation
Les plafonds ont été restaurés avec les méthodes anciennes de fabrications :
Les planchers supérieurs sont recouverts de torchis. De de la terre crue mélangée de foin enroulées autour de barreaux de châtaigner et posées sur les solives. Ces planchers sont enduits et blanchis par dessous.
Le sol
Nettoyage
Le nettoyage des sols en profondeur est rendu nécessaire par la présences, pendant plusieurs d’années d’animaux de ferme dans la pièce.
Le sol est excavé sur plusieurs centimètres
Quelques bonnes surprises.
Les restes de l’ancien pavé et un pierre d’évier au niveau du sol, probablement un réemploi.
Des restes de l’ancien pavé
Hérisson
Les pavés seront posés sur une dalle chaux et sable posée sur un hérisson drainant.
Année 2016 : finalisation de la pièce
Des enduits à la chaux sont posés sur les murs.
Avant Après
Cheminée Ouest
Pignon Ouest
remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )
les mains sachantes
Merci à Alain Roguet, tailleur de pierre à Pervenchères