Quelques visiteurs libres sont venus nous rendre visite dès le vendredi 19.
Le samedi 20, il a fallut braver la pluie pour venir nous voir. Seuls une vingtaine de courageux ont bravé les éléments. Ils ont résisté à la tentation d’aller à un comice agricole organisé dans un des villages environnants.
Le dimanche 21 le beau temps aidant une centaine de personne est venu nous rendre visite.
Dont des « amis des rues basses » membres de la Fédération Française des Véhicules d’Époque
Cette journée a aussi été pour nous l’occasion de mettre en place une nouvelle signature. Nous avons utilisé des affichettes A3 pour les points d’intérêts. Mais aussi des kakemono pour faciliter la compréhension des travaux avec des aperçus des phases avant et après chantier.
Portails d’entrée du XVe siècle Rares sont les portails seigneuriaux qui subsistent, et encore plus ceux qui remontent à la fin du Moyen Age, particulièrement…
Les images les plus anciennes du portail de la Chevalerie ne remontent pas au-delà du début du XXe siècle. Comme on peut le voir dans cet article, le plan cadastral de 1829 prouve qu’il n’a pas été modifié dans son emplacement depuis le début du XIXe siècle.
Etat des lieux à l’acquisition
Face au court chemin d’accès au manoir se dresse un mur de clôture qui mesure aujourd’hui près de 3 mètres de long au sud (à gauche) de l’arcade, et près de 5 m au nord (à droite). L’ouverture mesurant quant à elle près de 3 mètres. Ainsi cet écran mural mesure en totalité une bonne dizaine de mètre de long.
la végétation en 2011 était alors bien présente avec un noyer poussé ras du mur côté intérieur.
Les dessus de mur montrent des détériorations bien amorcées notamment sur la partie la plus au Sud
Sur une période de deux trois ans, la détérioration s’est accrue, nécessitant de protéger les murs avant d’amorcer des chantiers de stabilisation.
Nous vous présenteront ces travaux de stabilisations dans un article ultérieur.
Toiture au dessus du porche
La toiture actuelle n’est pas d’époque, on ne peut pas exclure un type de couronnement plus ornemental, mais quelque chose de discret pour ne pas se montrer disproportionné par rapport au statut féodal de la Chevalerie.
Quant à l’éventualité d’un chemin de ronde, c’est une chose qui ne paraît guère crédible. Tout d’abord pour la raison que la Chevallerie n’a aucun droit de fortification. Et aussi parce qu’aucune disposition à droite ou à gauche du mur ne peut s’accorder avec une telle hypothèse : il n’existe pas d’escalier dans la cour pour monter en haut du mur, il n’y a pas de trace d’ouvrage militaire comme créneaux ou mâchicoulis.
Vestiges d’une porte piétonne disparue
Si l’on repasse du côté extérieur de l’enceinte, on remarque à proximité de l’extrémité sud-ouest du mur (entre la grande arcade et l’angle de la dépendance), les vestiges du jambage d’une ouverture disparue.
Côté extérieur de l’enceinte : traces d’une porte piétonne.
A gauche : le pignon de la dépendance. On voit que le mur écran est construit contre ce pignon, ce qui prouve qu’il lui est postérieur. A droite : les piédroits de la grande arcade. Au milieu : trois piédroits en grès roussard et un de calcaire qui correspondent à la porte piétonne disparue.
Du côté intérieur de l’enceinte, on trouve des vestiges un peu plus importants de cette porte disparue. Tous les piédroits du bas ont disparu mais le bouchement de la baie laisse apparaître une ligne de rupture verticale alignée sur les piédroits du haut : un en roussard et deux en calcaire.
Côté intérieur de l’enceinte : traces d’une porte piétonne. A gauche : l’ébrasement de la grande arcade. A droite piédroits de roussard et de calcaire de l’ébrasement de la porte piétonne.
Les piédroits montent fort haut (jusqu’à 2,40 m) mais cela n’exclut pas nécessairement qu’il se soit agit d’une porte piétonnière. En effet, l’ébrasement peut être plus haut que l’arc qui couvre la porte.
Il n’est pas possible que cette porte piétonne disparue ait coexisté avec le portail actuel puisque l’un des piédroits de l’ouverture actuelle – une très longue assise de roussard – traverse toute la maçonnerie de bouchement de l’ouverture primitive. En résumé, ces vestiges prouvent que le premier portail était moins large que l’actuel et qu’une porte piétonne l’accostait sur son côté sud. Cet aménagement remontait au XVe siècle, comme en témoigne la pierre de remploi avec sa mouluration caractéristique de cette époque.
Un trophée qui a notamment pour but de récompenser la réalisation pendant au moins 10 ans d’un important et exemplaire programme de restauration d’un monument ou d’un jardin historique.
Résultats cet été.
D’ici là, on ne croise pas les doigts, on ne peut pas continuer les chantiers sinon !
La pièce, autrefois une laiterie, située symétriquement aux sous-latrines ouest, n’était pas destinée à devenir une latrine en raison de contraintes structurelles et olfactives liées au conduit des latrines de l’étage.
On peut voir de l’extérieur la petite fenêtre percée au-dessus d’une allège qui mesurait à l’origine 1,85 m de haut mais qui a été rabaissée vers 1900.
L’ouverture d’origine mesurait 35 cm de large sur 47 de haut. Côté intérieur, l’ébrasement est encadré de tuffeau avec un couvrement en arc segmentaire. La partie a été agrandie vers 1900 et était seulement encadrée de maçonnerie. Le vantail était une menuiserie des années 1900.
Avant
Après
avant après de l’intérieur
L’authenticité de la petite fenêtre d’origine a été préservée en restaurant son cadre en calcaire de Nuillé, caractérisé par un linteau monolithe et des arêtes chanfreinées. L’agrandissement du début du XXe siècle a été inversé pour restituer son apparence d’origine, supprimant les ajouts en brique et en bois.
Restauration du sol
Le sol était revêtu de pavés anciens de 16 cm de côté probablement posés vers 1900. Ils sont remplacés par des tomettes, choix respectueux de l’esthétique et de la période historique du manoir.
Restauration des murs
Les murs sont refait à la chaux avec des parties en tadelakt.
Cette technique utilise principalement du plâtre de chaux, qui est compacté, poli, et traité avec du savon pour le rendre imperméable et hydrofuge. La spécificité du tadelakt tient à sa finition lisse, parfois brillante ou mate, et à sa capacité à épouser des formes courbes de par son application en pâte, sans joint, ce qui lui confère un caractère doux et ondulant.
La mise en œuvre du tadelakt est traditionnellement laborieuse, nécessitant un polissage avec une pierre de rivière et un traitement avec de l’acide oléique sous forme de savon d’olive pour lui donner son apparence finale et sa résistance à l’eau.
Le chantier du plafond
Les détails sur la restauration du plafond seront discutés dans un futur article. Voir l’explication en bas de cet article.
Vu de l’étage tout est bouché et on peut marcher sur le plancher.
La porte
La restauration de l’ouverture de la porte a été effectuée en conservant ses dimensions et son cadre en pierre de taille originels, alignés sur l’architecture du pavillon Est.
de l’intérieurde l’extérieur
Salle de bain
L’espace a été réaménagé en salle de bain moderne, intégrant un évier en pierre et une baignoire-douche, optimisant l’espace restreint sans compromettre le caractère historique.
Dessins préparatoires pour le prochain chantier.
Le plafond incorporera de petites ouvertures de vmc contre l’humidité incorporés dans un faux plafond vouté.
Ce faux plafond bénéficiera d’une fresque peinte à la main par Jean-François.
Des dessins préparatoires ont été réalisés en vue de cette prochaine étape :
La suite dans un prochain article !
remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )
Au mois de décembre petite visite à la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie pour consulter les dossiers administratifs d’établissement des parties inscrites et classées du monument.
D’après les quelques images qui avait été publiées récemment sur le site Mérimée je savais qu’un nombre inconnu de photographies devaient y être accessibles également.
L’arrêté du 24/071986 portant inscription du manoir et des ses dépendances sur l’inventaire supplémentaire (Classés) des monuments historiques pour
le corps du logis dans sa totalité
le portail d’entrée au sud-est avec la tour voisine
L’arrêté du 19 décembre 1985 sur l’inscription en totalité
Le dossier de domanialité
le dossier de recensement avec :
Les demandes d’avis en vue des commissions des monuments historiques
Les procès verbaux des commissions
Les photos plans et cadastres qui ont été pris pour les différentes commissions.
J’ai pu faire rectifier preuve à l’appui ce qui est inscrit sur le site Mérimée pour la notice du manoir.
En effet, le texte figurant avant sur la notice PA00109934 comportait une erreur :
Précision sur la protection de l’édifice :
Corps de logis et portail d’entrée au sud-est, avec la tour voisine (cad. A 457) : classement par arrêté du 24 juillet 1986 ; Le manoir et ses dépendances à l’exception des parties classées : inscription par arrêté du 24 juillet 1986
En effet, sur l’arrêté ministériel il est mentionné :
Précision sur la protection de l’édifice :
Corps de logis, en totalité et portail d’entrée au sud-est, avec la tour voisine (cad. A 457) : classement par arrêté du 24 juillet 1986 ; Le manoir et ses dépendances à l’exception des parties classées : inscription par arrêté du 24 juillet 1986
Un petit détail qui change tout et qui permet de lever des doutes dans nos communication avec la DRAC, la région et le département quand on évoque les travaux sur les Ailes Nord et Est du Corps de logis.
Les clichés
Les clichés sont très intéressants et ont été établis pour l’inventaire en 1973.
On y retrouve des plan d’ensemble que nous ne connaissions pas
Vue depuis l’ouestAile Est depuis le Nordvue d’ensemble depuis l’entrée du cheminle portail et la tour classés
Des détails.
La tour effondrée sans les
de belles photo de la tour effondrée avant la mise en pace des toles.
Des éléments insolites.
Tas de pierre de la tour
détail intéressant sur les pierres
Ces éléments ainsi que les pierres déjà retrouvées permettront d’enrichir les projections de la forme originelle des sculptures autour de la porte d’entrée.
Il y avait déjà eu beaucoup de débats à ce sujet. Sans jeu de mot, ce sont de nouvelles pierres apportées à la réflexion. Peut être encore un prochain chantier…
Ci-dessous, l’usage pratico-pratique du premier étage du logis et des combles comme entrepôt de grains et foin.
Quelques comparaisons.
la restauration de la chambre à la colonneLa restauration de la tour d’escalierLa restauration de l’aile Est qui se poursuit.
Voici la description du chantier de restauration de la pièce située sur les latrines de premier étage de l’Aile Nord. Nous l’avions visité à notre arrivée :
La dépense Ouest du rez-de-chaussée – Etat des lieux à l’acquisition
Etat des lieux à l’acquisition des toilettes actuelles du rez de chaussée.
Elle était alors ouverte sur l’extérieur pour accueillir des animaux et la porte intérieure murée. Une salle de bain et en particulier une baignoire se trouvant juste derrière, quelques travaux préliminaires ont dû être fait.
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Ouverture vers l’oratoire.
Souvenir du chantier qui a mené à l’ouverture de la communication de la garde-robe Ouest et cette ‘sous-latrine’ ou ‘dépense’.
Les différentes étapes de restauration de la chambre à la colonne
ci dessous la fameuse baignoire et l’ouverture de la porte.
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Restauration de la fenêtre
De l’extérieur on retrouve cette fenêtre particulière avec un accolade qui montre l’usage de cette pièce comme un oratoire à l’époque où l’abbé Robert II de Tiercelin habitait au manoir.
De l’intérieur il restait beaucoup de pierres taillées. On a tout gardé et la pierre d’assise, manquante, a été entièrement refaite.
glissez pour comparer
Restauration du Plafond
Il ne restait que les solives apparentes sur le plafond.
Historiquement du barreaudage reposait sur ces solives. Des barreaux de châtaigner enroulés d’un torchis-foin-terre.
Toute la surface a été refaite
Fermeture de la porte vers l’extérieur
Cette pièce étant destinée à accueillir de futurs sanitaires, une évacuation des eaux est mise en place en même temps que la restauration du mur extérieur.
Restauration des murs.
Tous les murs sont restaurés et blanchis. Les pierres d’arrachement marquant l’endroit où se trouvait la cloison sous la latrine sont préservées lorsqu’elles sont présentes :
Pour rappel, quelques images de cette petite pièce qui était une salle de bain.
Plusieurs chantiers ont eu lieux dans cette pièce.
Dans le coin Nord Est de la pièce le mur de refend qui sépare la garde-robe de la chambre de retrait mesurerait environ 40 cm d’épaisseur. Il est construit en maçonnerie de moellons et enduit puis blanchi.
Une porte assurait la communication avec la chambre de retrait mais elle était entièrement murée et invisible.
Ouverture vers la chambre à la colonne.
L’ouverture a eu lieu au moment des travaux sur la chambre à la colonne.
Derrière la baignoire la porte vers ce qui était le poulailler a été ouverte.
Lors de ces opérations, derrière l’enduit sous la fenêtre Ouest, à gauche de cette ouverture de porte a été découvert l’emplacement d’un linteau d’une porte. Derrière une couche de béton.
Découverte de la seconde porte Ouest
Un travail minutieux de piochage des enduits a permis de garder toutes les pierres encore en place
Plan de restauration
Un illustration de que pourrait donner ce coté du mur une fois restauré. Fait par Jean-François Lecomte.
Les travaux
Mur Ouest avant après
Photo d’ensemble une fois le chantier terminé
D’une pièce en cul de sac ne comportant qu’une porte, on se retrouve avec une pièce contenant quatre portes sur trois murs. Deux portes murées qu’on savait exister par les traces sur l’envers de murs et une porte inconnue dont nous ne voyions même pas les traces de l’autres côté.