Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement
Chacune des marches est analysées pour être soit :
Remplacée si son état n’est pas réparable.
Réparée.
Laissée.
Principe Restauration de l’escalier à vis :
Le noyau central a été conservé sur toute la hauteur de l’escalier, empêchant sa ruine complète. Toutefois, l’effondrement des façades et le déséquilibre induit par les lacunes d’emmarchements génèrent un flambement du noyau central. L’objectif est de restaurer la stabilité de l’escalier à vis, dans une optique de conservation maximale des emmarchements d’origine.
Le renforcement de la cohésion de la vis est assuré par un brochage du noyau central sur toute sa hauteur. Les marches fracturées, dont la lacune concerne moins de 50% de la largeur d’emmarchement, sont conservées et complétées par une pierre rapportée pour rétablir leur giron externe. Les marches arrachées ou fracturées à plus de 50% sont entièrement remplacées en tiroir, en prenant modèle sur les marches subsistantes.
Etat actuel de la vis d’escalier avec une marche conservant plus de 50% de son giron, à restituer, réparer.
marches fracturées au nu du noyau central, à remplacer entièrement
Où l’on voit les étapes de terrassement et de reprise des maçonneries de libage.
Une des dernières étapes nécessaires pour la stabilisation de la tour. Cet article ne comporte que que peu de photos extraordinaires. Mais cela est compenser par la présence d’un peu de documentation historique et de diagnostic.
La liste des précédents travaux peut être trouvée dans l’article ci-dessous.
Libage, Gros moellon que l’on emploie noyé dans l’épaisseur d’un mur ou dans celle d’une fondation pour en augmenter la résistance.
Maçonnerie de libage. Assise de maçonnerie construite avec ce type de moellons pour résister à la forte pression d’une colonne, d’une poutre, d’un poteau… D’une tour.
Méthode de construction des murs de moellons
La technique de construction des murs de moellons est simple. Pour y parvenir, il faut au maçon les bonnes matières, un marteau et un maillet de bois :
« Maçonnerie de Moellons : Le moellon … sera … proprement, posé en bonne liaison, assujetti au marteau et parfaitement calé. Il baignera dans le mortier de tous côtés. On placera dans les fondations les moellons des plus forts échantillons. Ils seront rangés avec soin et affermis sur leur base à coup de maillet de bois. Toute la maçonnerie en fondation sera garnie par devant et par derrière lors même que le parement devra être enterré »1.
1Marché de construction du presbytère de Boissei la Lande (Orne), en 1831.
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés
Synthèse de l’étude diagnostic
Etat actuel des fondations :
La jonction des élévations de la tour avec les fondations s’effectue grâce à une maçonnerie de transition, dite de libage. Composé de moellons posés à bain de mortier, ce libage épouse le plan octogonal de la tour mais présente un forme de glacis vers l’extérieur, afin d’élargir l’assiette d’appui des maçonneries. Au-dessous-du libage, un sondage a révélé un important massif de fondation de 30 à 50 cm d’épaisseur, composé de grosses pierres de grès, de moellons de silex, de glaise et de mortier. Ce massif de fondation présente une forme quadrangulaire perpendiculaire au corps de logis, débordant par rapport au libage et plus largement au niveau des faces Sud-Ouest et Sud-Est de la tour formant un pan coupé.
Facteurs de désordres
Les sols supports de l’ouvrage sont composés de marnes argileuses.
La masse de la tour, évaluée à 193 tonnes réparties sur 23m2 de fondations, exerce une pression de 0,84 MPa (soit 8,4 kg / cm2 env.). Même en appliquant un coefficient de sécurité la pression portée reste inférieure à la portance théorique des sols support : par conséquent, la nature des sols et l’assiette des fondations ne sont pas à l’origine de l’effondrement de la tour. Cependant, tout comme les maçonneries d’élévation, la liaison des fondations de la tour avec celles du corps de logis est probablement défaillante. Les principales causes de faiblesse sont à rechercher au niveau des maçonneries de libage, assurant la transmission entre les élévations de la tour et les fondations :
Les chaînages d’angle en pierre de taille ne sont pas prolongés jusqu’au niveau des fondations et s’interrompent au niveau du libage en moellons : la cohérence de la descente des charges jusqu’à la semelle d’appui est donc altérée.
Le ravinement des sols a entraîné l’exposition des maçonneries de libage aux intempéries, avec un lessivage des mortiers, le descellement de moellons et l’affouillement des maçonneries au-dessous des élévations de la tour.
Projet de restauration – Reprise des fondations
L’intervention vise à améliorer la stabilité de la tour d’escalier avant le remontage de la partie effondrée. Les travaux se concentrent sur les maçonneries formant libage, afin de renforcer la transmission des charges entre l’élévation de la tour et le massif de fondation. L’amélioration de la liaison avec les fondations du corps de logis est également recherchée. Les travaux comprennent :
Le dégagement des maçonneries de libage jusqu’au nu supérieur du massif de fondation, incluant la fouille blindée en tranchée sur le pourtour extérieur de la tour
La consolidation des maçonneries de libage par remaillage, incluant le refichage de moellons de grès et de silex ; des injections gravitaires au coulis de chaux en cœur de maçonnerie y compris au nu supérieur du massif de fondation ; les ragréages et rejointoiements au mortier de chaux
Le coulage de longrines sur le tiers extérieur de l’appui des maçonneries de libage, incluant le refouillement préalable de la maçonnerie de moellons ; le scellement des longrines aux fondations du corps de logis par goujons.
Le prolongement des chaînes en pierre de taille jusqu’au niveau du massif de fondation, incluant le refouillement préalable de la maçonnerie de moellons ; la fourniture, la taille et la pose de pierre calcaire dur de Richemont sur 3 assises, formant chaînes d’angles harpées avec forme de glacis épousant le profil du libage existant.
Le remblaiement des fondations par terre végétale et le relèvement des niveaux de sols ravinés pour recouvrir les maçonneries de libage, afin de les protéger des intempéries
Nota : l’ensemble des travaux de consolidation, scellement et pose est exécuté au mortier de chaux hydraulique naturelle sans ciment de type NHL 3,5
Les textes et images de cette partie ont été adaptées du document PRO-DCE par G. Trouvé architecte du patrimoine.
Voici le tout premier d’une suite d’articles concernant la restauration de la tour du manoir.
Programme Général
Les travaux se sont déroulés entre le 6 juillet 2020 et le 12 octobre 2021, date de la réception des travaux
Les travaux ont concerné :
Des travaux de reprise de fondations,
Le remontage de la partie effondrée de la tour compris les chaînes d’angle et les encadrements de
baie en pierre de taille,
La restitution de la bretèche selon ses dispositions originelles,
La restitution d’une charpente,
La mise en œuvre d’une couverture en ardoise posée au clou
Maitrise d’œuvre
Martine RAMAT – Architecte . 31, rue JM Rougé 37000 TOURS
Programme Ouvrages Exécutés – Maçonnerie – Pierre de taille
Restauration et la restitution de maçonneries traditionnelles en moellons et de maçonneries en pierre de taille. Afin d’améliorer la stabilité de l’ouvrage, la consolidation en sous-œuvre des maçonneries de libage, formant transition entre les élévations et les fondations, est prévue afin d’améliorer la stabilité de l’ouvrage.
Les travaux concernaient :
Les travaux de consolidation en sous-œuvre des maçonneries de libage en
moellons
Les travaux de purge et de nettoyage des parements en moellons et pierre
de taille
Les travaux de restauration des maçonneries en moellons
Les travaux de restauration de chaînes, corniche et encadrements en pierre
de taille
Les travaux de remontage de maçonneries en moellons
Les travaux de remontage d’ouvrages en pierre de taille (chaînes, corniche, encadrements, bretèche)
Les travaux de consolidation interne des maçonneries par ceinturage avec
torons en fibre de verre
Les travaux de consolidation et de remontage partiel de l’escalier à vis en pierre de taille
Les travaux de réfection des enduits intérieurs et extérieurs.
La réalisation a été faite par
LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY – 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr
Programme Ouvrages Exécutés – Charpente et couverture
Démontage complet de la charpente existante, remontage de la charpente avec réemploi de quelques bois existants.
Réfection complète de la couverture en ardoise
Les travaux concernaient :
Les charpentes
Démontage complet de la charpente existante
Remontage de la charpente avec réemploi de quelques bois existants et la mise en place d’un double
cours de sablière afin de permettre une désolidarisation des pieds de chevrons de la corniche.
Les couvertures ardoises
Réfection complète de la couverture en ardoise de bonne épaisseur (5mm) posé au clou cuivre
Remplacement en totalité du voligeage en sapin 27mm d’épaisseur
Egout renforcé en terre cuite (2 rangs de tuiles artisanales de type Puycheny)
Faîtage de la besace à l’arrière de la tour traité de façon traditionnelle, en terre cuite à crêtes et embarrures.
Epi de faîtage de la tour en plomb sur jupe en plomb également
La réalisation a été faite par
CADET CONCEPT ET TRADITION – Entreprise De Couverture à Saint-Denis-en-Val
Travaux réalisés par messieurs François DELBART (chef d’équipe), Julien JACQUEMART et Grégoire d’HEBRAIL pour les travaux de charpente. Les travaux de couverture ont été réalisés par messieurs Maxime LE STUNFF (chef d’équipe) et Vincent DUBREUIL
Quelques photos initiales
Juste avant le chantier la tour ressemblait à cela :
La suite.
Toutes les étapes suivantes seront détaillées au fil des prochaines semaines.
Un article par semaine.
Synthèse des travaux en images
Etat des lieux.
Montage échafaudage.
Dépose de la charpente
Dépose ancien étaiement intérieur
Terrassement et reprise des maçonneries de libage
Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement
Fabrication de la charpente
Pose de la porte d’entrée et maçonnerie de remplissage
Renforcement des marches conservées
Pose des ouvertures de baie
Pose de la bretèche
Pose de la charpente
pose de la couverture
Réalisation des tailles de finitions et de vieillissement sur parements et marches
Réalisation des dégrossis et enduit intérieurs et extérieurs
Une série de travaux menés sur le mur Nord de l’aile Est en 2019.
Réfection du mur
Mur extérieur
Le mur avait besoin d’une remaçonnage surtout au niveau du pied à l’exterieur.
Avant
Pendant
Après
Tout le bas de mur est bien rejointoyer et enduit pour éviter les dégats des éclaboussures en attendant les travaux sur le caniveau (plus bas) et sur la réfection de la toiture qui écartera un peu plus la retombée des eaux de pluie du toit.
Le pignon ouest est construit comme le reste des murs en maçonnerie de moellons au mortier de chaux. On y observe trois éléments particuliers :
Le contrefort de maçonnerie qui s’appuie à peu près en son milieu.
2. Une porte d’entrée murée dans l’angle nord-ouest.
l’angle sud ouest qui se détache de la maçonnerie du pignon.
Le contrefort
L’énorme contrefort a été ajouté postérieurement à la construction du grand corps de dépendance. En effet, il vient s’appliquer contre le pignon : les maçonneries ne sont pas liées. On y trouve des blocs de grès de Bouloire, une pierre dure très différente des autres pierres utilisées dans ce bâtiment, par conséquent d’une autre époque.
Ce contrefort existe déjà sur le plan cadastral de 1829.
Il y un bon chantier pour remaçonner l’ensemble.
La porte en angle
L’ancienne porte d’entrée située contre l’angle nord-ouest est encadrée de grès roussard. L’entrepreneur a préféré le grès pour l’exposition ouest, sujette à la pluie et au soleil, réservant le tuffeau aux portes de la façade nord.
Ce qui reste de cette porte d’angle permet de connaître sa hauteur : 1,70 m, tout à fait convenable pour une étable et pour des domestiques, mais trop faible pour des seigneurs. Mais pas sa largeur car il ne reste qu’une seule des pierres qui constituait le linteau appareillé.
Les montants et la pierre du linteau sont chanfreinés avec un congé en bas, sur la base des piédroits. On retrouve ainsi les mêmes caractéristiques de taille de pierre sur ce cadre de roussard que sur la fenêtre de la tour de flanquement. C’est un indice supplémentaire qui milite pour une datation commune. Les caractéristiques de cette ouverture de roussard – particulièrement le chanfrein et le congé – peuvent servir pour restaurer les cadres très usés en tuffeau des portes de la façade nord. Comme cette porte s’ouvre sur un niveau très inférieur aux autres écuries de ce corps de bâtiment, il paraît que l’extrémité sud ne devait être accessible que par le pignon ouest et devait se trouve plus bas que les autres pièces de ce corps de logis.
L’angle sud
L’angle sud se détache du reste de la maçonnerie du pignon. C’est un mouvement de sol, sans doute, qui occasionne cette avarie.
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés
Appelée « Pressoir ou cuisine de l’aile Est » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Atelier ou ou ancienne cuisine » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine.
Son usage historiquement.
Cuisine jusqu’en 1720
De ce qu’on lit dans l’étude historique, A la suite de la chambre à cheminée du milieu du XVIe siècle se trouve une vaste pièce qui a subi de nombreuses transformations. Durant les XVIIIe et XIXe siècles, des travaux ont redistribué l’espace. Un pressoir a été aménagé en 1720, comme l’indique une inscription. Des murs ont été démolis, d’autres reconstruits, une étable a été construite à l’intérieur, etc.
L’hypothèse de désigner cette pièce comme la cuisine est la plus vraisemblable. Le premier argument, c’est qu’il n’existe pas d’autre pièce ayant pu remplir cet usage. Dans les bâtiments du XVe siècle, ce n’est ni la salle, ni la chambre Est, avec leurs belles cheminées, et encore moins les petites chambres de retrait, à cause de leur dimensions restreintes, qui ont pu servir de cuisine. Une deuxième raison, c’est la superficie très importante de la pièce, la plus grande de la maison, qui convient parfaitement à une cuisine seigneuriale. La troisième réside dans sa situation, à l’extrémité de l’aile. L’existence d’une large et haute porte appareillée dans feuillure ni évasement constitue le quatrième argument. Cependant, il reste un obstacle à cette hypothèse : c’est l’absence de cheminée. Mais peut-être a-t-elle existé. Si tel est le cas, ce n’est sûrement pas sur le pignon Est, qui est percé au premier étage d’une fenêtre, ce qui ne laisse pas la place pour un tuyau de cheminée. La cheminée devait plutôt s’adosser à la cheminée de la chambre, à l’emplacement du massif de maçonnerie qui se trouve aujourd’hui précisément à cet emplacement. C’est en tout cas l’hypothèse qui sera ici retenue.
Devenue Pressoir
La cuisine a été démolie en 1720 pour être transformée en pressoir à usage agricole. Il est vrai que la salle du corps de bâtiment principal étant devenue la « maison » du fermier, c’est-à-dire à la fois la cuisine, la salle et la chambre, l’usage d’une cuisine seigneuriale n’a plus d’utilité. La date des travaux est précisément connue grâce à l’inscription qui se trouve sur un des piédroits de la grande ouverture créée à cette époque, gravée ainsi :
Le pressoir a été rétabli Cy dedans l’an 1720
Le XIXe siècle a aussi apporté son lot de transformations, de sorte qu’aujourd’hui cette pièce est devenue la plus énigmatique de l’habitation.
L’acte de visite et montrée du 16 ventôse de l’an 2 donne une rapide description de certains éléments du pressoir :
« Que le pressoir dépendant dudit lieu est garni de tous ses ustensiles qui sont en passable état à l’exception du câble qui est à demi usé pour la moins value duquel est estimé 3 livres Que la porte dudit pressoir est garnie de ses pentes et gonds Qu’à la serrure il n’y a point de clef et pour en fournir une il a taxé 1 livre ».
On note que la porte n’est pas dite à deux vantaux à cette époque.
Dimensions
La profondeur de la pièce est de 6,52 m du côté ouest mais va s’élargissant doucement vers l’Est pour atteindre 6,60 m au pied du pignon. La longueur initiale n’est guère déterminable en l’état actuel. La cuisine initiale occupait-elle tout l’espace jusqu’au pignon Est ? Dans ce cas elle aurait mesuré 8,31 m, ce qui donne une superficie de 54 m², ce qui n’est pas exagéré. Toutefois on peut imaginer qu’il ait existé un cloisonnement, différent de ce qui existe aujourd’hui (qui ne date que du XIXe siècle) pour aménager des annexes à la cuisine qui soient closes. Dans ce cas, la longueur de la pièce aurait été moindre.
Or, il existe les vestiges d’un mur de refend démoli à environ 5 m du mur de refend de la chambre du XVIe. Ce mur ferme la partie enduite de la pièce. A l’arrière (à l’Est) de ce mur démoli, les murs ne sont plus enduits et le sol est constitué d’un affleurement de tuffeau, de roche naturelle. Ces constatations laissent penser que la disposition d’origine est bien celle d’une cuisine de 5 m de large, soit 33 m². Derrière le mur, sur le tuf, devaient se trouver des celliers.
Le sol a été considérablement décaissé, encore davantage que la chambre précédente : 60 cm environ du côté sud. Cependant, la cour reste encore plus basse de 20 cm environ. Ce qui montre d’ailleurs que les murs ont des fondations. Il ne subsiste aucune trace du sol d’origine, aucune partie de carrelage. Sans doute le muret qui subsiste du côté du mur de refend marque-t-il la hauteur approximative du sol, la chape de chaux et le carrelage en moins.
Si l’on reporte le niveau du sol de la chambre à côté, on voit que sol se situait à 3.10 m au-dessous des solives de la pièce, donc une pièce plus haute que la chambre qui précède. Cela s’explique par la hauteur des solives qui est supérieure ici, ce qui occasionne aussi un changement de niveau au sol du premier étage de l’aile. On remarque un affleurement de roc, de tuffeau, à l’extrémité orientale de l’aile. Une partie en a été creusée au XIXe siècle, une autre partie reste en place. Ce sol de roche était contenu derrière le mur de refend. On devait y trouver aménagé des celliers, compléments des caves.
Ouvertures
Portes Sud
On y voit principalement la grande porte. Son montant ouest date de 1720, comme l’inscription qui y est gravée en atteste. Mais le montant Est a été construit plus tard, soit lors de la campagne de restauration de 1797, soit lors des travaux du début du XIXe siècle.
Ce côté ouest de l’ébrasement se prolonge plus haut que le linteau en bois et il est appareillé avec la porte dans le mur de refend. Ceci prouve clairement qu’il existe antérieurement aux changements de 1720, qu’il a été construit avec le reste de l’aile du XVIe siècle.
Par contre, le côté Est de l’ébrasement est plus évasé et forme un vrai pan coupé jusqu’au pilier construit sous l’extrémité de la poutre. Cette pile a été bâtie en même temps que le côté Est de l’ébrasement, au début du XIXe siècle, en même temps qu’on a démoli le premier étage de l’aile. Pour l’élever le pilier, on a creusé un peu dans le mur de façade, du moins en bas, car la pile passe devant le mur dans sa partie haute. Côté intérieur, l’ébrasement actuel atteint 3,67 m de large. Le linteau de la porte semble contemporain du côté Est de l’ébrasement mais plus récent que le côté ouest. Autrement dit, il date des travaux du début du XIXe siècle
Porte ouest
La porte de communication avec la chambre précédente a déjà été étudiée dans l’article sur la chambre XVIème.
On observe deux petites ouvertures percées en hauteur du côté nord et actuellement obturées. Leur emplacement, fort haut, et leurs dimensions, fort petites, sont caractéristiques des pièces à usage de domestique : ces derniers n’ont pas besoin de beaucoup de lumière, et encore moins de regarder dehors. Le bouchement est déjà très ancien, il date sans doute de l’aménagement du pressoir en 1720. Il est recouvert du même enduit épais, lisse, blanchi et très irrégulier que le reste de la pièce.
De part et d’autre de l’échelle, les deux fenêtres sous leur couvrement en arc segmentaire. A droite la poutre rapportée ultérieurement sur l’angle de la fenêtre murée a écrasé les piédroits en tuffeau
Fenêtre Ouest
L’ébrasement de la petite fenêtre la plus à l’ouest mesure 105 cm de large sur 116 de haut. Le rebord de l’ébrasement se trouve aujourd’hui à 1,52 m du sol. Mais si l’on considère que le niveau d’origine est celui de la chambre précédente, l’allège se trouvait à l’origine à 90 cm du sol.
Dans l’article ci dessous on peut avoir un aperçu de ces fenêtres vues de l’extérieur.
Vu de l’extérieur, le jour obturé mesure 57 cm de large et 58 de haut. Il est entouré de pierre de calcaire semi dur de Nuillé, mouluré à la manière du XVIe siècle. Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est en tuffeau, entièrement conservé, avec son couvrement en arc segmentaire.
Fenêtre de droite (Est)
la plus orientale
Les observations sur la petite fenêtre de droite (la plus à l’Est) sont presque les mêmes. Vu de l’intérieur, on voit exactement le même cadre d’ébrasement en tuffeau mais qui a perdu son rebord. De plus, le sommier de droite (Est) est rompu dans l’angle pour le placement de la poutre et le poids de la poutre a occasionné l’écrasement des piédroits de dessous le sommier. Il paraît donc que le plancher a été créé en même temps qu’on a bouché cette petite fenêtre ! Ce qui permet de le dater de 1720. Vu de l’extérieur, les dimensions du jour sont très proches de la fenêtre précédente : 61 cm de large, 58 de haut. Le cadre est également en calcaire semi-dur de Nuillé, mouluré à la façon du XVIe siècle.
Murs
Trace de mur de refend
Dans le mur sud, après le pilier dont on a parlé au sujet de la partie Est de la porte, on voit les traces de l’arrachement d’un mur de refend en retour d’équerre. Juste en face, sur le mur nord, se trouvent exactement le même type de vestiges d’arrachement. Ce mur de refend démoli se trouve à 5,64 m du mur de refend de la chambre du XVIe (à l’ouest). Ce mur de refend est nécessairement antérieur aux travaux d’aménagement des lieux dans leur état actuel. Sa démolition peut remonter au début du XIXe, date d’agrandissement de la porte du pressoir et de la construction de la pile sous la poutre. Ou bien avant, par exemple en 1720, lors de la création du pressoir dans la cuisine.
Entre la poutre ouest et cet arrachement, le mur sud est encore enduit et blanchi. Ce mur de refend, qui était pris dans la maçonnerie des deux façades, et qui laisse même une ligne de rupture dans la maçonnerie sur la façade sud, est nécessairement important pour la compréhension de l’organisation de l’aile. Il remonte à l’origine de la construction de l’aile.
sur le mur nord
En haut à droite le mur de refend démoli. Le plancher supérieur, qui est construit postérieurement à cette démolition, doit donc remonter soit à 1720 soit au début du XIXe siècle
Mur ouest
Avec l’étude du mur ouest se repose la question de l’emplacement de la cheminée de la cuisine.
L’épaisseur du mur (58 cm) a été mesurée dans la chambre précédente. Il s’agit en effet du mur de refend qui sépare la chambre de la cuisine.
Ce mur est élevé en moellons ramassés dans les champs et recouvert d’un enduit épais, ocre, de surface lisse mais pas plane du tout, au contraire avec des bosses et des creux, comme sur les murs sud et nord. Il a été blanchi plusieurs fois. En bas du mur ouest, il existe une banquette de maçonnerie de moellons. Il s’agit de la fondation du mur, et le dessus de la banquette correspond au niveau du sol d’origine moins la chape de chaux et les pavés.
En haut du mur, il n’existe aucune trace d’un plancher plus bas que l’actuel aucun trou de solive qui soit bouché ou de tout autre équipement (la question se pose puisque dans le pressoir le plancher supérieur est plus haut que celui de la chambre).
Tas de charge sous cheminée
Vers le milieu du mur ouest, on observe en hauteur un tas de charge construit en tuffeau avec l’angle supérieur découpé comme pour mettre une pièce de bois quoique cela soit incompatible avec un tas de charge en tuffeau. Ces trous correspondent-t-il à un ancien chevêtre plus bas faisant le tour du sommet d’une hotte de cheminée ? Les blocs de tuffeau qui composent le tas de charge portent toutes les traces d’outil : la pierre n’a pas été polie. S’agit-il d’une coupe tardive de la hotte d’une cheminée qui aurait été bouchée ? Les joints sont épais et dégrossis. Le tas de charge n’a pas été blanchi alors que tous les murs anciens sont blanchis. S’agit-il donc d’un ouvrage postérieur ? Le trou supérieur de gauche n’est pas une coupe faite après coup mais plutôt faite avant le montage. Ces encoches sont plus basses que le sommet de l’arc segmentaire des petites fenêtres du mur nord. Cela est moins évident dans le trou supérieur de droite où il y a des manques d’enduit et où la pierre qui est sous le plancher penche du fait de ce trou. Ce qui montre que ce trou a été rempli par quelque chose. L’hypothèse du chevêtre autour de la hotte d’une cheminée reste le plus crédible. L’enduit sous le tas de charge est continu avec le reste du mur ouest. Le même enduit entoure bien les extrémités des solives dans ce mur. Par conséquent, on ne décèle pas d’intervention postérieure dans le mur ouest.
En conclusions, il nous paraît que ce tas de charge, est une construction datant de 1720, qui remplace l’ancienne cheminée de la cuisine. Ces travaux datent certainement de 1720, lorsque la cuisine a été transformée en pressoir.
Mur et pignon Est
Le pignon Est actuel est le résultat de nombreuses transformations qui ont été évoquées avec les murs sud et nord. Il est construit en moellons non enduits, de la même manière que les portions les plus à l’Est des murs nord et sud. Il est également bâti sur le tuf. On n’y voit aucune ouverture.
Il existe un autre mur en moellon non enduit qui ne pénètre pas dans le mur de façade sud. Il est construit sous la poutre pour fermer une porcherie. Il ne date certainement que du début du XIXe siècle.
A distance de 106 cm de la joue Est de la poutre ouest se trouve la trace d’un mur en retour d’équerre qui a été démoli. L’angle est continu avec l’enduit du mur nord donc les deux étaient contemporains. Ce retour se prolonge plus haut derrière la solive qui longe le mur nord. Ce qui signifie que le plancher actuel est postérieur à l’existence de ce mur. Autrement dit ce mur a été démoli lorsqu’on a construit le plancher supérieur actuel. Dans ce retour de mur il existe tout en haut un angle concave dans la maçonnerie comme si une pièce de bois y avait été placée lors de la construction et la maçonnerie faite autour.
schéma de l’hypothèse mur de refend
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés
Ce versant de toiture est le plus abîmé de m’aile Est.
C’est donc un des premiers chantier lancé sur cette partie du bâtiment.
Beaucoup de tuiles abîmées et de trous
Le bâtiment fait une quinzaine de mètre de longueur, une largeur de pignon d’un peu moins de 10 mètres et une pente de 48°. Cela nous donne un peu plus de 100 m² par versant.
Délattage
On enlève les tuiles et les lattes. On récupère le maximum de ce qui est en bon état.
Zoom sur les coyaux
Les coyaux sont de petites pièces de bois biseautées placées sur un chevron afin de prolonger sur la saillie du mur afin de rejeter les eaux de pluie loin de la maçonnerie.
c’est la pièce de bois à gauche sous le toit qu’il faut regarder.
Ils peuvent être droits ou en queue de vache. Le coyau a pour effet d’adoucir la pente du versant du toit au niveau de l’égout.