Remplacement de la toiture septentrionale en 2019 Ce versant de toiture est le plus abîmé de m’aile Est. C’est donc un des premiers chantier lancé sur cette partie du bâtiment. Le bâtiment fait une quinzaine de mètre de longueur, une largeur de pignon d’un peu moins de 10 mètres et une pente de 48°. Cela…
Aujourd’hui, c’est avec joie que nous fermons le chantier de la rénovation tant attendue de la toiture Sud.
Voici une petite série d’images qui retracent l’évolution de la toiture au fil des ans.
vue de la toiture en 2011
Des tuiles faitières avaient été remplacées en 2020
2020
2023
20232023
Montage de l’échafaudage
Préparation des matériaux en famille
Les stocks de tuiles chinées par ci par là sont ouverts.
Sous un ciel clément, trois générations se sont unies dans la préparation du chantier. Le petit-fils ci dessus avec son grand père Jean-François pour libérer les tuiles en terre cuite chinées depuis quelques mois.
Comme pour la toiture nord on met en place de nouveau coyaux pour écarter les pluies des murs. Ce n’est pas un menuisier qui les a fait cette fois ci :
La fille pour le découpage à la scie à ruban des coyaux.
Jean-François, avec son œil expert, a adouci les courbes et réalisé le chanfreinage, donnant vie à ces pièces de bois qui allient fonctionnalité et esthétique.
Les stocks de bois sont contrôlés par le chien. Tout le monde met la main à la patte…
La pose de coyaux
La pose de nouveaux coyaux, essentiels pour protéger les murs des intempéries, a été réalisée avec un soin particulier.
Fenêtres à tabatière
La restauration des fenêtres à tabatière a été un véritable défi. L’une avait disparu et l’autre survivait dans un état précaire.
Par un heureux hasard, des modèles similaires ont été dénichés. L’adaptation de ces fenêtres historiques s’est faite avec une précision remarquable.
Intérieurs
Les travaux ont également été l’occasion de capturer des images saisissantes de la charpente, cette ossature qui a bravé les siècles. Ces photographies seront le sujet d’un prochain article, qui détaillera aussi la rénovation du sol au-dessus de la porte du pressoir
La photographie ci dessous fera le sujet d’un prochain article, qui détaillera aussi la rénovation du sol au-dessus de la porte du pressoir.
Pose des tuiles
La pose des tuiles s’est déroulée en plusieurs étapes méticuleuses, illustrée en images ci dessous.
On dépose les anciennes tuiles tout en prenant soin de les tester et de garder celles en bon état.
Pose du par buée.
Complétion de la pente
Les faitières
Les solins.
Les solins ont été maçonnés sans plaque de zinc afin d’éviter de futurs réactions acier/zinc/chaux. Les solins sont effectués en plusieurs couches successives sur plusieurs semaines.
Appelée « Etable » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Porcherie » sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.
Il existe une dépendance côté ouest accolée à la tour du portail d’entrée.
Le caractère de cette petite dépendance évoque le XIXe siècle. Elle figure déjà sur le plan cadastral de 1829.
Extérieur
Sur sa façade ouest, bâtie en moellons hourdé au mortier de chaux et sable, le cadre de la porte est en calcaire oolithique. Son linteau est en bois, son seuil en grès fin et gris/beige de Bouloire. A côté, il existe un petit jour entouré de grosses briques vernissées.
Le pignon nord est également bâti en moellons avec mortier de chaux et sable. Dès l’origine de sa construction, il a été percé de deux portes encadrées de grosses briques, sous un linteau en bois. Au-dessus des deux portes, à la pointe du pignon, s’ouvre une fenêtre encadrée de bois et donnant accès au grenier. Le pignon sud se compose principalement du mur arrondi de la tour du début du XVIe siècle. Quant à l’élévation orientale, il s’agit du mur de clôture, dans lequel des petits percements ont été réalisés au XIXe siècle.
L’étable et le poulailler du XIXe . A gauche sur le plan cadastral de 1829, à droite sur le plan voyer de 1892
Le mur Est, il s’agit du mur de clôture, dans lequel des petits percements ont été réalisés au XIXe siècle.
Intérieur de l’étable
A l’intérieur, on voit à l’extrémité sud le mur arrondi de la tour du XVIe siècle. Le pignon vient s’y appuyer. Il est construit en moellons et mortier chaux et sable. Le mur sud est parfaitement lié aux murs Est et ouest : ces trois murs sont par conséquent contemporains. Autrement dit, le mur de clôture oriental n’a aucune ancienneté. Il est monté en moellons avec un mortier de terre. Un enduit de chaux et sable l’a recouvert à l’origine mais la plupart est tombé : il n’en reste un peu qu’en partie haute. Dans ce mur, il existe deux jours encadrés de brique d’origine (c’est-à-dire XIXe).
A l’extrémité nord de l’écurie s’élève une cloison de grosses briques enduite au sable jaune qui n’est pas liée aux façades. Elle a donc pu être ajoutée ultérieurement mais il faut plutôt retenir qu’elle est contemporaine, car elle correspond aux deux portes percées dans le pignon nord qui, elles, sont assurément de la première construction de ce bâtiment. Vu de l’intérieur, le mur ouest est monté en moellons avec mortier de chaux et sable. La porte mesure à l’extérieur 92 cm de large sur 202 de haut. Elle a un ébrasement encadré de pierres de taille d’origines variées, principalement du calcaire oolithique et un peu de tuffeau, et même des moellons, et une brique. Sur l’ébrasement, le linteau est en bois. A côté, le jour encadré de briques à l’extérieur a un ébrasement entouré de maçonnerie à l’intérieur.
L’écurie est couverte d’un plancher supérieur porté par deux poutres placées dans le sens Est/ouest : l’une située entre la porte et le jour, l’autre soutenue par la cloison de briques. Ces deux poutres déterminent deux travées de solives qui portent du torchis lissé par-dessous mais non enduit.
Intérieur des toits à porcs
L’extrémité septentrionale de ce bâtiment, habitable par les deux portes percées en pignon, abrite deux toits à porcs séparés par une cloison de briques.
On remarque que les murs de façade Est et ouest sont parfaitement liés ce qui prouvent qu’il s’agit d’une construction homogène.
Grenier
Dans le grenier de ce bâtiment, on voit la tour ronde avec son enduit d’origine mélangé de gravier qui se poursuit sous la maçonnerie XIXe du pignon. Ce qui prouve que l’enduit de la tour, de ce côté, est au moins antérieure à la construction de ce bâtiment du début du XIXe siècle. Le plus probable d’ailleurs est que ce soit l’enduit d’origine, celui du début du XVIe siècle. Au pignon nord, l’enduit de la dépendance est plus fin comme sur le pignon sud et les murs d’arase est et ouest.
La charpente est de qualité. Elle est constituée de chevrons reposant sur des pannes portées par des arbalétriers
Extrémité sud du grenier sur l’étable du XIXe. On voir au fond en partie gauche l’élévation de la tour avec son enduit du XVIe siècle, et à droite l’enduit XIXe du pignon de l’étable. La ligne noire verticale au milieu correspond à l’enduit XIXe siècle qui se décolle de celui de la tour
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés
L’examen du comble de l’aile Est fait apparaître de très nombreuses transformations qui attestent de la présence à l’origine d’un étage carré
Déjà, la visite du rez-de-chaussée avait montré que les murs de façade mesurent 1 m d’épaisseur environ, ce qui caractérise un corps de bâtiment à étage carré. Les traces des pièces aménagées au premier étage sont d’ailleurs nombreuses. On ne peut mesurer exactement la hauteur du bâtiment dans sa composition première, tout en supposant qu’il devait s’approcher du principal corps de logis du XVe siècle.
Au fur et à mesure de la visite, des indices apparaissent d’ailleurs. Ci-dessous, à gauche on voit la trace de la porte entre les ailes du premier étage, on y reviendra plus bas. Ci-dessous, à droite, le reste de l’ouvrant présent dans les combles de l’aile principale vue de l’extérieur, sur le pignon Est.
Pour la date de la démolition et de la construction de la charpente du comble actuel, on pourrait la fixer au début du XIXe siècle.
Sol
Les alignements de carrelage et leurs interruptions
Tout le sol du comble est revêtu de carrelage ancien essentiellement de 13 cm. Le niveau du sol est unifié à partir du comble sur le pressoir jusqu’au pignon Est. Des tirants passent au ras du sol pour relier les arbalétriers.
Ils sont nécessairement postérieurs au carrelage existant qui n’aurait pu être posé tel qu’il est après leur installation. Le pavage est principalement régulier. Les lignes sont parallèles à la façade et passent sous les tirants (qui sont donc postérieurs). On observe des interruptions dans ces lignes. Elles disent quelque chose de l’état d’origine.
Le premier arrêt se trouve au pied du tirant qui surmonte le mur de refend chambre/cuisine.
Le deuxième arrêt se situe à la semelle de la cloison en colombage. Lors de la démolition de la cloison, au début du XIXe siècle, une ligne irrégulière de pavés différents a été collée.
Le troisième arrêt se trouve au pied du pignon Est.
Interprétation des interruptions : existence de trois chambres
On peut interpréter facilement ces trois interruptions dans les alignements des pavés. Chaque rupture correspond à un mur ou à une cloison qui délimitait une pièce différente. Par conséquent, il a existé trois pièces au premier étage :
Une chambre à l’ouest, au-dessus de la chambre à cheminée XVIe du rez-de-chaussée. Elle est délimitée à l’ouest par le mur pignon du principal corps de logis XVe siècle et à l’Est par le mur de refend qui monte de fond. Ce mur de refend a été construit au XVIe siècle, comme le prouve l’aménagement du rez-de-chaussée. Il a été démoli à partir du premier étage au début du XIXe siècle.
Une chambre sur la cuisine, bornée à l’ouest par le mur de refend séparant au rez-de-chaussée la chambre de la cuisine, et à l’Est par la cloison en colombage (dont il ne reste plus que la semelle). On vient de dater le mur de refend et sa démolition. Il reste à donner un avis sur la cloison en colombage. Elle n’existe que depuis 1720. Antérieurement, c’est un autre mur de refend, celui qui fermait la cuisine à l’Est, qui montait de fond. Ce mur a été décrit au paragraphe consacré à la cuisine, au rez-dechaussée : il a été démoli en 1720 pour faire place au pressoir et c’est à ce moment que le nouveau plancher (poutres et solives) a été mis en place ainsi que la cloison en colombage.
Une dernière chambre se situe entre cette cloison en colombage et le pignon Est de cette aile du XVIe.
A l’inverse, on peut aussi énoncer que le carrelage actuellement en place a été posé dans l’état des cloisonnements datant de 1720, notamment lorsque la cloison en colombage existait. Autrement dit, le carrelage actuel a été posé en 1720, en même temps que la cloison en colombage a été bâtie. La chambre la plus à l’ouest, aménagée sur celle du rez-de-chaussée, peut seule faire exception, puisque le mur de refend date du XVIe siècle.
Pour affiner ces analyses, il faut maintenant regarder dans le détail les sols de chacune des trois anciennes chambres.
Sol de la chambre à cheminée
Pavage sur la chambre à cheminée
Au-dessus de la chambre du rez-de-chaussée, le sol est plus bas de 20 cm qu’au-dessus du pressoir. La délimitation est faite par un tirant qui a été disposé au-dessus du mur de refend. Le carrelage est ici au même niveau que le seuil de la porte du XVe qui a été percée dans le pignon Est du principal corps de logis.
Il est aussi au même niveau que le sol de l’âtre de la petite cheminée de cette chambre haute (voir plus bas). Tous ces indices laissent penser qu’on se trouve bien au niveau d’origine, celui qui a été mis en œuvre au XVIe siècle. Du reste, en étudiant le rez-de-chaussée, on a vu que le plancher haut et son enduit remontait au XVIe siècle. Par conséquent, on peut affirmer qu’on se trouve ici au niveau d’origine. Il faut porter l’attention au pied du pignon Est du principal corps de logis XVe. Là, l’enduit du mur a été refait en lors de la démolition de l’étage (début XIXe ?) par un simple dégrossi (voir plus bas l’étude du mur ouest de cette chambre). Cet enduit nouveau recouvre partiellement le carrelage.
Au surplus, on voit encore un peu d’enduit de cette campagne de travaux qui est resté collé au carrelage près du mur. Les maçons ne l’ont pas nettoyé. Autrement dit cette réparation tardive est postérieure au carrelage actuel. On en déduit que le carrelage actuel est antérieur à la démolition de l’étage.
Vu sur le pied du mur pignon Est du principal corps de logis XVe. En haut l’enduit épais, lisse, plat et enduit du XVIe siècle. En bas, reprise d’enduit du début du XIXe siècle recouvrant le carrelage d’origine, où l’on voit que le débordement d’enduit sur le carrelage n’a pas été nettoyé, preuve que l’enduit a été fait au moment de la démolition de l’étage.
Cheminée de la chambre haute ouest
La première se situe au-dessus du mur de refend montant de fond (et séparant en bas la chambre de la cuisine). On y voit le bas d’une ancienne cheminée placée juste au-dessus de celle du rez-de-chaussée. Plus précisément, il reste deux bases de piédroits encadrant une pierre servant de sol à l’âtre et taillée avec un petit retour vertical constituant le bas du contre-foyer. Ces éléments prouvent qu’il existait une cheminée dans cette chambre.
Vestiges de la cheminée de la chambre ouest au premier étage de l’aile Est. Aux extrémités droite et gauche : la première assise des piédroits. Au milieu les pierres formant l’angle du foyer. A l’arrière : le tirant de la charpente du début du XIXe siècle.
Sol de la chambre sur le pressoir
Niveau du sol
Le sol de la chambre sur le pressoir est plus élevé que celui de la chambre ouest de cette aile. Cela s’explique aisément.
A l’origine, c’est à dire au XVIe siècle, le niveau devait être identique d’un bout à l’autre du premier étage. Mais en 1720, le plancher a été démoli, en même temps que le mur de refend oriental de la cuisine. Un nouveau plancher a été bâti plus haut (sans doute pour la commodité du pressoir) avec deux poutres et trois travées de solives, le torchis n’a jamais été enduit par-dessous, ce qui ne sied pas à une habitation. Puis le carrelage actuel a été posé.
Tuyau de cheminée
On remarque au-dessus du tas de charge en tuffeau situé au rez-de-chaussée, les stigmates du passage d’un tuyau de cheminée c’est-à-dire tout un ensemble de briques fines anciennes autour d’un endroit qui a été rebouché et remaçonné au ciment. Voilà une preuve supplémentaire que le tas de charge a remplacé une cheminée, celle de la cuisine. Cloison en colombage Au-dessus et légèrement à l’Est de la poutre la plus à l’Est du pressoir, il existe une semelle de cloison en colombage que l’on distingue au plafond du rez-de-chaussée bordant irrégulièrement le côté Est de la poutre. Dans le sol du grenier, une ligne de carrelage irrégulier correspond au rebouchage de cette cloison et apparaît parfaitement sur toute la largeur du bâtiment. Cette ligne démontre, comme on l’a dit ci-dessus, que le carrelage actuel a été mis en place bien avant la démolition de l’étage. Cette cloison en colombage a nécessairement été construite en même temps que le plancher, c’est-à-dire en 1720, pour remplacer le mur de refend montant de fond qui fermait la cuisine du côté Est.
Cloison en colombage
Au-dessus et légèrement à l’Est de la poutre la plus à l’Est du pressoir, il existe une semelle de cloison en colombage que l’on distingue au plafond du rez-de-chaussée bordant irrégulièrement le côté Est de la poutre. Dans le sol du grenier, une ligne de carrelage irrégulier correspond au rebouchage de cette cloison et apparaît parfaitement sur toute la largeur du bâtiment. Cette ligne démontre, comme on l’a dit ci-dessus, que le carrelage actuel a été mis en place bien avant la démolition de l’étage. Cette cloison en colombage a nécessairement été construite en même temps que le plancher, c’est-à-dire en 1720, pour remplacer le mur de refend montant de fond qui fermait la cuisine du côté Est.
Mur ouest
Le mur ouest du comble de l’aile Est correspond au pignon Est du principal corps de logis du XVe.
Mode constructif – ornements de fausse coupe de pierre
Il s’agit d’un mur élevé en moellons et recouvert d’un enduit dégrossi dans la partie visible extérieure. Lorsque l’aile Est a été construite avec un étage, toute la partie du pignon correspondant à la chambre haute a été décorée d’un enduit épais, plat, lisse et décoré – sur l’enduit frais – d’une couche de chaux et blanc d’Espagne d’une épaisseur variant autour de 1mm. Cet enduit de finition se décolle à certains endroits. Sur cet enduit de chaux et blanc séché, ont été peints à la brosse (car on voit les striures correspondant aux poils de la brosse), avec du lait de chaux, des faux joints de coupe de pierre.
Détail du faux joint peint à la chaux et à la brosse, ultérieurement recouvert d’une couche de badigeon.
Le dessin représente des assises de 36 cm de haut (sauf au-dessus du sol où on trouve 40 cm) et de longueur variable. C’est le même ouvrage que dans la chambre du rez-de-chaussée sauf que les assises n’y ont que 25 cm de haut. Les joints font 13 mm de large, comme au rez-de-chaussée. Ces joints font un léger relief sur l’enduit blanc. Cette décoration a été faite en même temps que l’enduit posé au XVIe sur le pignon XVe. Il s’agit de la décoration d’origine. Sur cet ensemble a été passé ultérieurement un badigeon, un seul, sans doute en 1720, lors du réaménagement de cette aile.
Mur pignon Est du corps de logis du XV. Décor de fausse coupe de pierre dans la chambre du premier étage de l’aile Est.
Hauteur sous solives
Cet enduit à fausse coupe de pierre part du sol jusqu’à 3,05 m au dessus. A cette distance, on voit l’enduit qui fait un petit retour à l’horizontale, preuve que cet enduit rejoignait la paroi de la solive. Cette hauteur sous solives est identique à celle qui existe dans les garde-robes, latrines et chambre de retrait du premier étage. Elle est légèrement inférieure à celle des deux chambres principales. Un chevêtre longeait le pignon à l’arrière de la cheminée XVe. Au nord de cette trace de chevêtre, il existe des reprises d’enduit plus bas ce qui rend tout à fait plausible la présence de trous de solives entrant dans le mur pignon rebouchés. Il faut donc croire que la chambre haute était couverte de solives disposées comme au rez-de-chaussée. Au-dessus de cette ligne située à 3,05 m du sol, il y a de l’enduit refait au début du XIXe siècle – lors de la démolition de l’étage – qui descend plus bas que les 3,05 m au nord dudit chevêtre. L’enduit décoré de fausse-coupe de pierre passe derrière les chevrons du comble actuel, mais il est totalement invisible sur la partie du pignon qui se trouve à l’extérieur.
La trace de l’enduit s’arrête à 3m. La porte en biais vers la chambre Est du logis du XVe.
Transformation de la porte
Dans le mur pignon, côté sud, sous la toiture, une porte a été aménagée en biais lors de la démolition de l’étage, sans doute au début du XIXe siècle. Le cadre de porte d’origine se trouve du côté de la chambre Est du logis du XVe avec son cadre chanfreiné à congé (voir l’étude de cette chambre). Le montant nord de cette porte a été reconstruit lors de la démolition de l’étage de l’aile du XVIe siècle. Il s‘agit désormais d’un massif de maçonnerie de 1720, en moellons recouverts d’un enduit dégrossi. Le linteau au-dessus est de peu d’épaisseur. Ce massif de maçonnerie sert à créer un passage en biais afin d’entrer plus au milieu de l’ancienne chambre, car le passage d’origine est devenu impossible à cause des chevrons du nouveau comble. Le cadre de l’ébrasement nord est construit en tuffeau. En même temps qu’on transformait la porte, tout l’enduit autour a été refait. C’est le même enduit dégrossi qui se poursuit et qui a été refait au pied du mur pignon sur une hauteur variant autour de 30 cm et qui recouvre un peu le carrelage d’origine. C’est aussi le même enduit que celui qu’on voit au haut du mur, au-dessus du décor de fausse coupe de pierre.
Ancien mur de refend entre chambres à feu
Le mur de refend qui sépare la chambre et la cuisine, au rez-dechaussée, a été arasé au début du XIXe siècle pour être mise dans son état actuel, lors de la démolition de l’étage. Un tirant a été posé à son emplacement et le dessous du tirant rempli de petits blocs de tuffeau de remplissage.
Ce mur de refend portait le tuyau de trois cheminées : celles de la chambre et de la cuisine, au rez-de-chaussée, et celle de la chambre du premier étage.
Mur sud
Mesuré à l’arase actuelle, le mur mesure 85 cm d’épaisseur, ce qui correspond tout à fait à un logis à étage carré en maçonnerie. Dans la chambre ouest, le pied du mur sud conserve encore un peu d’enduit lissé et blanchi qui passe sur le carrelage, signe que le carrelage a été posé avant cet enduit (par conséquent au XVIe).
La sablière posée sur l’arase du mur sud a été taillée exprès pour la charpente actuelle car elle est percée de trous pour les chevrons actuels : aucune trace de remploi sur les sablières. Au-dessus du linteau de la porte du pressoir, l’enduit du début du XIXe siècle est continu jusqu’au sommet de l’arase signe que le mur de façade a été arasé et la sablière posée au début du XIXe siècle.
Mur nord
Entièrement masqué par des planches, l’arase du mur nord est actuellement impossible à observer.
Pignon Est
Epaisseur
Mesuré dans la fenêtre du XXe siècle, le pignon Est de l’aile du XVIe mur présente une épaisseur de 97 cm, ce qui est caractéristique d’une construction à étage carré.
Mode constructif – ornements
Le mur est bâti en maçonnerie de moellons. Il est recouvert d’un enduit très différent de tous ceux qu’on a pu observer et qui remontent aux XVe et XVIe siècle. Il est lissé mais aussi irrégulier, bosselé, que celui que l’on trouve dans le pressoir. Il a été badigeonné à plusieurs reprises. Cela ne signifie-t-il pas que l’enduit a été refait en même temps que dans le pressoir, savoir en 1720 ? La destruction du premier étage est flagrante sur le pignon Est. On voit sur les côtés du pignon que le mur a été démoli sur les bords. Tous les rampants ont été alors remaçonnés à neuf, puis recouverts avec un enduit resté dégrossi. Des parties plus larges sont démolies dans les angles de droite et de gauche. La pointe aussi a été démolie et un bout reconstruit avec beaucoup moins d’épaisseur.
Joint avec carrelage
Au pied du pignon Est on observe :
Devant l’angle sud du triangle du pignon, pointe qui a été reconstruite au début du XIXe siècle, il n’y a plus de pavés de 1720, mais une surépaisseur de terre battue sur laquelle le tirant de charpente a imprimé sa marque (le tirant s’enfonce d’environ 1 cm dans la terre). Cette portion de terre battue est donc contemporaine de la reconstruction partielle du pignon et de la mise en place de la charpente actuelle. D’ailleurs, l’enduit dégrossi jeté sur le pignon reconstruit recouvre la terre battue au pied du pignon.
En face de la portion ancienne du pignon, portion qui est enduite et blanchie comme on l’a vu, le carrelage se poursuit sans interruption au-dessous du tirant. Le carrelage passe même sous l’enduit du pignon. A un endroit, un pavé retiré a laissé son empreinte dans l’enduit, preuve que l’enduit a été posé après la pose du carrelage. L’angle de cette partie ancienne du pignon avec le carrelage ancien a été plusieurs fois rebouché. Une première fois avec un joint de chaux jetée et non lissée (donc quand ce n’était plus une habitation) et une deuxième fois et de façon aussi rustique avec de la boue
Fenêtres
Fenêtre 1900
Dans le pignon Est a été crée vers 1900 une ouverture : on s’est contenté de troué le mur, sans construire de cadre d’ébrasement. Côté extérieur, le cadre est fait de pièces de chêne de récupération.
Fenêtre XVIème
Il subsiste une fenêtre, décorée à l’extérieur d’un cadre chanfreiné, paraissant par conséquent du XVIe siècle. Côté intérieur, on distingue encore les deux montants en tuffeau du cadre d’ébrasement mais le couvrement paraît avoir été partiellement supprimé. Elle se trouve à peu près au milieu du pignon. Elle a été entièrement murée.
Côté intérieur, son bouchement est recouvert d’enduit et blanchi. Comme l’enduit et le badigeon ne peut pas dater du début du XIXe siècle, époque où l’on a refait pas mal d’enduit en simple dégrossi dans le comble, cela oblige à dater de 1720 le bouchement de cette fenêtre. Cette fenêtre du XVIe siècle prouve par ailleurs qu’il n’a jamais existé de cheminée sur ce pignon.
Charpente comble
La charpente actuelle est de très bonne qualité. Les chevrons sont portés par des pannes, lesquelles sont soutenues par des maîtresses fermes constituées d’arbalétriers et de tirants. Elle date du début du XIXe siècle. Tous les bois sont de récupération. Les poinçons à renflements que l’on trouve assemblés dans les tirants, aux maîtresses fermes, sont des remplois de la charpente du XVIe siècle.
La sablière sud (et sans doute aussi nord que l’on ne peut pas observer actuellement) a été faite sur mesure pour cette charpente.
Il n’existe aucune trace d’ouverture dans le comble, ni du côté sud ni du côté nord
En 2023 on entame le chantier de la toiture côté Sud.
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés