Chenil de l’aile Est – Chantier 01 – La Renaissance d’une pièce oubliée

  1. Un Défi Structurel
    1. Travaux de la toiture
    2. Une Forteresse de Pierre
  2. Les travaux
    1. L’encadrement de la porte
    2. Pose des pierre d’encadrement
    3. Pose des pierre de linteau
    4. Avant après de l’intérieur
    5. Avant après de l’extérieur
    6. Murs intérieurs
    7. Le mur sud du pignon sud
  3. Un avenir prometteur

Dans un coin du Manoir de la Chevallerie, une pièce discrète, presque oubliée, commence à raconter son histoire. Nichée à côté du pressoir, cette sous-pièce, qui n’était accessible que depuis l’extérieur, est le témoin silencieux d’un passé révolu.

  • Chenil de l’aile Est – Etat des lieux à l’acquisition

    Chenil de l’aile Est – Etat des lieux à l’acquisition

    Depuis l’atelier, il existe un autre mur en moellon non enduit qui ne pénètre pas dans le mur de façade sud. Il est construit sous la poutre pour fermer une porcherie ou un chenil. Il ne date certainement que du début du XIXe siècle On est dans une sous pièce du Pressoir mais accessible uniquement…


Depuis notre arrivée, ses portes sont restées closes la plupart du temps, comme pour préserver les secrets d’une époque lointaine. L’état pignon Est et du mur d’enceinte, tous deux grandement abîmés, rendaient son accès difficile. Cette pièce n’a pas bougée et a été condamnée par sécurité.

Un Défi Structurel

Travaux de la toiture

  • Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – La réfection de la toiture Sud.

    Il y a quelques mois, nous avons célébré la restauration de la toiture Nord de l’aile Est, une étape cruciale dans la préservation du bâtiment. Aujourd’hui, c’est avec joie que nous fermons le chantier de la rénovation tant attendue de la toiture Sud. Petit Voyage à Travers le Temps Voici une petite série d’images qui…


    Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – La réfection de la toiture Sud.

L’état du pignon ne faisait qu’empirer avec le temps, menaçant de réduire cette pièce à un simple souvenir. Mais, avec la rénovation de la toiture Sud, une opportunité s’est présentée : celle de redonner vie à cet espace

Une Forteresse de Pierre

Le mur du pignon Est, d’une épaisseur impressionnante de près de deux mètres, est une véritable forteresse de pierre. Des renforts et des témoins avaient été judicieusement positionnés dès le début pour détecter toute perte d’intégrité de la structure. Ces mesures préventives ont été la clé pour maintenir la stabilité pendant que nous préparions la pièce pour son renouveau.

Les travaux

Nous avons entrepris de réparer l’angle du pignon avec une attention méticuleuse, de refaire l’encadrement de la porte et d’initier un premier chantier de rénovation pour cette pièce pleine de potentiel.

L’encadrement de la porte

L’ouverture de la porte est étayée en attendant la pose des pierres taillées

Pose des pierre d’encadrement

Pose des pierre de linteau

Avant après de l’intérieur

Avant après de l’extérieur

Murs intérieurs

Le mur sud du pignon sud

L’occasion du chantier permet de prendre soin du mur sur le côté gauche de la porte. Il avait besoin d’un peu de consolidation

Un avenir prometteur

Cette pièce, autrefois condamnée et isolée, est sur le point de renaître. À terme, elle sera réouverte sur le pressoir, créant ainsi un espace fluide et cohérent. Un escalier sera installé, permettant un accès au premier étage.

Nous sommes impatients de partager avec vous prochainement la transformation de cette pièce.

Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – La réfection de la toiture Sud.

Il y a quelques mois, nous avons célébré la restauration de la toiture Nord de l’aile Est, une étape cruciale dans la préservation du bâtiment.

  • Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – chantier de la toiture Nord

    Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – chantier de la toiture Nord

    Remplacement de la toiture septentrionale en 2019 Ce versant de toiture est le plus abîmé de m’aile Est. C’est donc un des premiers chantier lancé sur cette partie du bâtiment. Le bâtiment fait une quinzaine de mètre de longueur, une largeur de pignon d’un peu moins de 10 mètres et une pente de 48°. Cela…


Aujourd’hui, c’est avec joie que nous fermons le chantier de la rénovation tant attendue de la toiture Sud.

  1. Petit Voyage à Travers le Temps
  2. Préparation des matériaux en famille
  3. La pose de coyaux
  4. Fenêtres à tabatière
  5. Intérieurs
  6. Pose des tuiles
    1. Complétion de la pente
    2. Les faitières
    3. Les solins.
  7. Une fois terminé

Petit Voyage à Travers le Temps

Voici une petite série d’images qui retracent l’évolution de la toiture au fil des ans.

vue de la toiture en 2011

Des tuiles faitières avaient été remplacées en 2020

2020

Montage de l’échafaudage

Préparation des matériaux en famille

Les stocks de tuiles chinées par ci par là sont ouverts.

Sous un ciel clément, trois générations se sont unies dans la préparation du chantier. Le petit-fils ci dessus avec son grand père Jean-François pour libérer les tuiles en terre cuite chinées depuis quelques mois.

Comme pour la toiture nord on met en place de nouveau coyaux pour écarter les pluies des murs. Ce n’est pas un menuisier qui les a fait cette fois ci :

La fille pour le découpage à la scie à ruban des coyaux.

Jean-François, avec son œil expert, a adouci les courbes et réalisé le chanfreinage, donnant vie à ces pièces de bois qui allient fonctionnalité et esthétique.

Les stocks de bois sont contrôlés par le chien. Tout le monde met la main à la patte…

La pose de coyaux

La pose de nouveaux coyaux, essentiels pour protéger les murs des intempéries, a été réalisée avec un soin particulier.

Fenêtres à tabatière

La restauration des fenêtres à tabatière a été un véritable défi. L’une avait disparu et l’autre survivait dans un état précaire.

Par un heureux hasard, des modèles similaires ont été dénichés. L’adaptation de ces fenêtres historiques s’est faite avec une précision remarquable.

Intérieurs

Les travaux ont également été l’occasion de capturer des images saisissantes de la charpente, cette ossature qui a bravé les siècles. Ces photographies seront le sujet d’un prochain article, qui détaillera aussi la rénovation du sol au-dessus de la porte du pressoir

La photographie ci dessous fera le sujet d’un prochain article, qui détaillera aussi la rénovation du sol au-dessus de la porte du pressoir.

Pose des tuiles

La pose des tuiles s’est déroulée en plusieurs étapes méticuleuses, illustrée en images ci dessous.

On dépose les anciennes tuiles tout en prenant soin de les tester et de garder celles en bon état.

Pose du par buée.

Complétion de la pente

Les faitières

Les solins.

Les solins ont été maçonnés sans plaque de zinc afin d’éviter de futurs réactions acier/zinc/chaux. Les solins sont effectués en plusieurs couches successives sur plusieurs semaines.

Une fois terminé

Les images finales du chantier

Chenil de l’aile Est – Etat des lieux à l’acquisition

Depuis l’atelier, il existe un autre mur en moellon non enduit qui ne pénètre pas dans le mur de façade sud. Il est construit sous la poutre pour fermer une porcherie ou un chenil. Il ne date certainement que du début du XIXe siècle

On est dans une sous pièce du Pressoir mais accessible uniquement depuis l’extérieur.

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Le Pignon Est et le mur d’enceinte étant très abîmés, il est difficile d’y accéder.

La Porte

Intérieur

Les Murs

L’état des mur Est de l’ouvrant est à refaire.

Mur du pignon Est

Mur du pignon Ouest

Chantier déjà prévus.

Un premier mini chantier de remaçonnage du pignon Est depuis l’intérieur a été entrepris.

La prochaine urgence sera le remaçonnage extérieur du pignon Est. L’angle Sud Est est complètement dégarni. Celui ci se dégrade de plus en plus.

C’est un chantier qui aura lieu durant le premier semestre 2023.

Chambre du XVIème de l’aile Est – chantier 05 – Pose des pavés.

Le chantier qui nous occupe aujourd’hui est la pose du sol de la chambre XVI de rez-de-chaussée de l’aile Est.

Précédemment sur ce blog et pour cette pièce :

La quantité de pavé coupés l’été dernier n’étant pas suffisant, un lot supplémentaire a été récupéré et on profite des anormalement bonnes températures de février pour couper la quantité nécessaire

Préparation du sol et des bas de murs

Le sol est remis à niveau et les prises électriques sont positionnées.

Les pavés sont posés sans joint sur lit de sable et chaux.

Porte Ouest

Le niveau des sols du bâtiment principal est de l’aile Est est différents.

Une marche est taillée dans le passage de porte.

Porte Sud

Porte Est

Porte Nord et cheminée

Il restera les chantiers des murs et plafond. Les huisseries et la cheminée.

remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )

les mains sachantes

Combles de l’aile Est du XVIe siècle -Etat des lieux

Etat des lieux

L’examen du comble de l’aile Est fait apparaître de très nombreuses transformations qui attestent de la présence à l’origine d’un étage carré

Déjà, la visite du rez-de-chaussée avait montré que les murs de façade mesurent 1 m d’épaisseur environ, ce qui caractérise un corps de bâtiment à étage carré. Les traces des pièces aménagées au premier étage sont d’ailleurs nombreuses.
On ne peut mesurer exactement la hauteur du bâtiment dans sa composition première, tout en supposant qu’il devait s’approcher du principal corps de logis du XVe siècle.

Au fur et à mesure de la visite, des indices apparaissent d’ailleurs. Ci-dessous, à gauche on voit la trace de la porte entre les ailes du premier étage, on y reviendra plus bas. Ci-dessous, à droite, le reste de l’ouvrant présent dans les combles de l’aile principale vue de l’extérieur, sur le pignon Est.

Pour la date de la démolition et de la construction de la charpente du comble actuel, on pourrait la fixer au début du XIXe siècle.

Sol

Les alignements de carrelage et leurs interruptions

Tout le sol du comble est revêtu de carrelage ancien essentiellement de 13 cm. Le niveau du sol est unifié à partir du comble sur le pressoir jusqu’au pignon Est.
Des tirants passent au ras du sol pour relier les arbalétriers.

Ils sont nécessairement postérieurs au carrelage existant qui n’aurait pu être posé tel qu’il est après leur installation. Le pavage est principalement régulier. Les lignes sont parallèles à la façade et passent sous les tirants (qui sont donc postérieurs). On observe des interruptions dans ces lignes. Elles disent quelque chose de l’état d’origine.

  1. Le premier arrêt se trouve au pied du tirant qui surmonte le mur de refend chambre/cuisine.
  2. Le deuxième arrêt se situe à la semelle de la cloison en colombage. Lors de la démolition de la cloison, au début du XIXe siècle, une ligne irrégulière de pavés différents a été collée.
  3. Le troisième arrêt se trouve au pied du pignon Est.

Interprétation des interruptions : existence de trois chambres

On peut interpréter facilement ces trois interruptions dans les alignements des pavés. Chaque rupture correspond à un mur ou à une cloison qui délimitait une pièce différente. Par conséquent, il a existé trois pièces au premier étage :

  1. Une chambre à l’ouest, au-dessus de la chambre à cheminée XVIe du rez-de-chaussée. Elle est délimitée à l’ouest par le mur pignon du principal corps de logis XVe siècle et à l’Est par le mur de refend qui monte de fond. Ce mur de refend a été construit au XVIe siècle, comme le prouve l’aménagement du rez-de-chaussée. Il a été démoli à partir du premier étage au début du XIXe siècle.
  2. Une chambre sur la cuisine, bornée à l’ouest par le mur de refend séparant au rez-de-chaussée la chambre de la cuisine, et à l’Est par la cloison en colombage (dont il ne reste plus que la semelle). On vient de dater le mur de refend et sa démolition. Il reste à donner un avis sur la cloison en colombage. Elle n’existe que depuis 1720. Antérieurement, c’est un autre mur de refend, celui qui fermait la cuisine à l’Est, qui montait de fond. Ce mur a été décrit au paragraphe consacré à la cuisine, au rez-dechaussée : il a été démoli en 1720 pour faire place au pressoir et c’est à ce moment que le nouveau plancher (poutres et solives) a été mis en place ainsi que la cloison en colombage.
  3. Une dernière chambre se situe entre cette cloison en colombage et le pignon Est de cette aile du XVIe.


A l’inverse, on peut aussi énoncer que le carrelage actuellement en place a été posé dans l’état des cloisonnements datant de 1720, notamment lorsque la cloison en colombage existait. Autrement dit, le carrelage actuel a été posé en 1720, en même temps que la cloison en colombage a été bâtie. La chambre la plus à l’ouest, aménagée sur celle du rez-de-chaussée, peut seule faire exception, puisque le mur de refend date du XVIe siècle.

Pour affiner ces analyses, il faut maintenant regarder dans le détail les sols de chacune des trois anciennes chambres.

Sol de la chambre à cheminée

Pavage sur la chambre à cheminée

Au-dessus de la chambre du rez-de-chaussée, le sol est plus bas de 20 cm qu’au-dessus du pressoir. La délimitation est faite par un tirant qui a été disposé au-dessus du mur de refend.
Le carrelage est ici au même niveau que le seuil de la porte du XVe qui a été percée dans le pignon Est du principal corps de logis.

Il est aussi au même niveau que le sol de l’âtre de la petite cheminée de cette chambre haute (voir plus bas). Tous ces indices laissent penser qu’on se trouve bien au niveau d’origine, celui qui a été mis en œuvre au XVIe siècle. Du reste, en étudiant le rez-de-chaussée, on a vu que le plancher haut et son enduit remontait au XVIe siècle. Par conséquent, on peut affirmer qu’on se trouve ici au niveau d’origine. Il faut porter l’attention au pied du pignon Est du principal corps de logis XVe. Là, l’enduit du mur a été refait en lors de la démolition de l’étage (début XIXe ?) par un simple dégrossi (voir plus bas l’étude du mur ouest de cette chambre). Cet enduit nouveau recouvre partiellement le carrelage.

Au surplus, on voit encore un peu d’enduit de cette campagne de travaux qui est resté collé au carrelage près du mur. Les maçons ne l’ont pas nettoyé. Autrement dit cette réparation tardive est postérieure au carrelage actuel. On en déduit que le carrelage actuel est antérieur à la démolition de l’étage.

Vu sur le pied du mur pignon Est du principal corps de logis XVe. En haut l’enduit épais, lisse, plat et enduit du XVIe siècle. En bas, reprise d’enduit du début du XIXe siècle recouvrant le carrelage d’origine, où l’on voit que le débordement d’enduit sur le carrelage n’a pas été nettoyé, preuve que l’enduit a été fait au moment de la démolition de l’étage.

Cheminée de la chambre haute ouest

La première se situe au-dessus du mur de refend montant de fond (et séparant en bas la chambre de la cuisine). On y voit le bas d’une ancienne cheminée placée juste au-dessus de celle du rez-de-chaussée.
Plus précisément, il reste deux bases de piédroits encadrant une pierre servant de sol à l’âtre et taillée avec un petit retour vertical constituant le bas du contre-foyer. Ces éléments prouvent qu’il existait une cheminée dans cette chambre.

Vestiges de la cheminée de la chambre ouest au premier étage de l’aile Est. Aux extrémités droite et gauche : la première assise des piédroits. Au milieu les pierres formant l’angle du foyer. A l’arrière : le tirant de la charpente du début du XIXe siècle.

Sol de la chambre sur le pressoir

Niveau du sol

Le sol de la chambre sur le pressoir est plus élevé que celui de la chambre ouest de cette aile. Cela s’explique aisément.

A l’origine, c’est à dire au XVIe siècle, le niveau devait être identique d’un bout à l’autre du premier étage. Mais en 1720, le plancher a été démoli, en même temps que le mur de refend oriental de la cuisine. Un nouveau plancher a été bâti plus haut (sans doute pour la commodité du pressoir) avec deux poutres et trois travées de solives, le torchis n’a jamais été enduit par-dessous, ce qui ne sied pas à une habitation. Puis le carrelage actuel a été posé.

Tuyau de cheminée

On remarque au-dessus du tas de charge en tuffeau situé au rez-de-chaussée, les stigmates du passage d’un tuyau de cheminée c’est-à-dire tout un ensemble de briques fines anciennes autour d’un endroit qui a été rebouché et remaçonné au ciment. Voilà une preuve supplémentaire que le tas de charge a remplacé une cheminée, celle de la cuisine. Cloison en colombage Au-dessus et légèrement à l’Est de la poutre la plus à l’Est du pressoir, il existe une semelle de cloison en colombage que l’on distingue
au plafond du rez-de-chaussée bordant irrégulièrement le côté Est de la poutre. Dans le sol du grenier, une ligne de carrelage irrégulier correspond au rebouchage de cette cloison et apparaît parfaitement sur toute la largeur du bâtiment. Cette ligne démontre, comme on l’a dit ci-dessus, que le carrelage actuel a été mis en place bien avant la démolition de l’étage. Cette cloison en colombage a nécessairement été construite en même temps que le plancher, c’est-à-dire en 1720, pour remplacer le mur de refend montant de fond qui fermait la cuisine du côté Est.

Cloison en colombage

Au-dessus et légèrement à l’Est de la poutre la plus à l’Est du pressoir, il existe une semelle de cloison en colombage que l’on distingue au plafond du rez-de-chaussée bordant irrégulièrement le côté Est de la poutre. Dans le sol du grenier, une ligne de carrelage irrégulier correspond au rebouchage de cette cloison et apparaît parfaitement sur toute la largeur du bâtiment. Cette ligne démontre, comme on l’a dit ci-dessus, que le carrelage actuel a été mis en place bien avant la démolition de l’étage.
Cette cloison en colombage a nécessairement été construite en même temps que le plancher, c’est-à-dire en 1720, pour remplacer le mur de refend montant de fond qui fermait la cuisine du côté Est.

Mur ouest


Le mur ouest du comble de l’aile Est correspond au pignon Est du principal corps de logis du XVe.


Mode constructif – ornements de fausse coupe de pierre

Il s’agit d’un mur élevé en moellons et recouvert d’un enduit dégrossi dans la partie visible extérieure. Lorsque l’aile Est a été construite avec un étage, toute la partie du pignon correspondant à la chambre haute a été décorée d’un enduit épais, plat, lisse et décoré – sur l’enduit frais – d’une couche de chaux et blanc d’Espagne d’une épaisseur variant autour de 1mm. Cet enduit de finition se décolle à certains endroits. Sur cet enduit de chaux et blanc séché, ont été peints à la brosse (car on voit les striures correspondant aux poils de la brosse), avec du lait de chaux, des faux joints de coupe de pierre.

Détail du faux joint peint à la chaux et à la brosse, ultérieurement recouvert d’une couche de
badigeon.

Le dessin représente des assises de 36 cm de haut (sauf au-dessus du sol où on trouve 40 cm) et de longueur variable. C’est le même ouvrage que dans la chambre du rez-de-chaussée sauf que les assises n’y ont que 25 cm de haut. Les joints font 13 mm de large, comme au rez-de-chaussée. Ces joints font un léger relief sur l’enduit blanc. Cette décoration a été faite en même temps que l’enduit posé au XVIe sur le pignon XVe. Il s’agit de la décoration d’origine. Sur cet ensemble a été passé ultérieurement un badigeon, un seul, sans doute en 1720, lors du réaménagement de cette aile.

Mur pignon Est du corps de logis du XV. Décor de fausse coupe de pierre dans la chambre du
premier étage de l’aile Est.

Hauteur sous solives

Cet enduit à fausse coupe de pierre part du sol jusqu’à 3,05 m au dessus.
A cette distance, on voit l’enduit qui fait un petit retour à l’horizontale, preuve que cet enduit rejoignait la paroi de la solive. Cette hauteur sous solives est identique à celle qui existe dans les garde-robes, latrines et chambre de retrait du premier étage. Elle est légèrement inférieure à celle des deux chambres principales.
Un chevêtre longeait le pignon à l’arrière de la cheminée XVe. Au nord de cette trace de chevêtre, il existe des reprises d’enduit plus bas ce qui rend tout à fait plausible la présence de trous de solives entrant dans le mur pignon rebouchés. Il faut donc croire que la chambre haute était couverte de solives disposées comme au rez-de-chaussée.
Au-dessus de cette ligne située à 3,05 m du sol, il y a de l’enduit refait au début du XIXe siècle – lors de la démolition de l’étage – qui descend plus bas que les 3,05 m au nord dudit chevêtre.
L’enduit décoré de fausse-coupe de pierre passe derrière les chevrons du comble actuel, mais il est totalement invisible sur la partie du pignon qui se trouve à l’extérieur.

La trace de l’enduit s’arrête à 3m. La porte en biais vers la chambre Est du logis du XVe.

Transformation de la porte

Dans le mur pignon, côté sud, sous la toiture, une porte a été aménagée en biais lors de la démolition de l’étage, sans doute au début du XIXe siècle. Le cadre de porte d’origine se trouve du côté de la chambre
Est du logis du XVe avec son cadre chanfreiné à congé (voir l’étude de cette chambre). Le montant nord de cette porte a été reconstruit lors de la démolition de l’étage de l’aile du XVIe siècle. Il s‘agit désormais d’un massif de maçonnerie de 1720, en moellons recouverts d’un enduit dégrossi. Le linteau au-dessus est de peu d’épaisseur. Ce massif de maçonnerie sert à créer un passage en biais afin d’entrer plus au milieu de l’ancienne chambre, car le passage d’origine est devenu impossible à cause des chevrons du nouveau comble. Le cadre de l’ébrasement nord est construit en tuffeau.
En même temps qu’on transformait la porte, tout l’enduit autour a été refait. C’est le même enduit dégrossi qui se poursuit et qui a été refait au pied du mur pignon sur une hauteur variant autour de 30 cm et qui recouvre un peu le carrelage d’origine. C’est aussi le même enduit que celui qu’on voit au haut du mur, au-dessus du décor de fausse coupe de pierre.

Ancien mur de refend entre chambres à feu


Le mur de refend qui sépare la chambre et la cuisine, au rez-dechaussée, a été arasé au début du XIXe siècle pour être mise dans son état actuel, lors de la démolition de l’étage. Un tirant a été posé à son emplacement et le dessous du tirant rempli de petits blocs de tuffeau de remplissage.

Ce mur de refend portait le tuyau de trois cheminées : celles de la chambre et de la cuisine, au rez-de-chaussée, et celle de la chambre du premier étage.

Mur sud


Mesuré à l’arase actuelle, le mur mesure 85 cm d’épaisseur, ce qui correspond tout à fait à un logis à étage carré en maçonnerie. Dans la chambre ouest, le pied du mur sud conserve encore un peu d’enduit lissé et blanchi qui passe sur le carrelage, signe que le carrelage a été posé avant cet enduit (par conséquent au XVIe).


La sablière posée sur l’arase du mur sud a été taillée exprès pour la charpente actuelle car elle est percée de trous pour les chevrons actuels : aucune trace de remploi sur les sablières. Au-dessus du linteau de la porte du pressoir, l’enduit du début du XIXe siècle est continu jusqu’au sommet de l’arase signe que le mur de façade a été arasé et la sablière posée au début du XIXe siècle.

Mur nord


Entièrement masqué par des planches, l’arase du mur nord est actuellement impossible à observer.

Pignon Est

Epaisseur

Mesuré dans la fenêtre du XXe siècle, le pignon Est de l’aile du XVIe mur présente une épaisseur de 97 cm, ce qui est caractéristique d’une construction à étage carré.

Mode constructif – ornements

Le mur est bâti en maçonnerie de moellons. Il est recouvert d’un enduit très différent de tous ceux qu’on a pu observer et qui remontent aux XVe et XVIe siècle. Il est lissé mais aussi irrégulier, bosselé, que celui que l’on trouve dans le pressoir. Il a été badigeonné à plusieurs reprises. Cela ne signifie-t-il pas que l’enduit a été refait en même temps que dans le pressoir, savoir en 1720 ?
La destruction du premier étage est flagrante sur le pignon Est. On voit sur les côtés du pignon que le mur a été démoli sur les bords. Tous les rampants ont été alors remaçonnés à neuf, puis recouverts avec un enduit resté dégrossi. Des parties plus larges sont démolies dans les angles de droite et de gauche. La pointe aussi a été démolie et un bout reconstruit avec beaucoup moins d’épaisseur.

Joint avec carrelage

Au pied du pignon Est on observe :

  1. Devant l’angle sud du triangle du pignon, pointe qui a été reconstruite au début du XIXe siècle, il n’y a plus de pavés de 1720, mais une surépaisseur de terre battue sur laquelle le tirant de charpente a imprimé sa marque (le tirant s’enfonce d’environ 1 cm dans la terre). Cette portion de terre battue est donc contemporaine de la reconstruction partielle du pignon et de la mise en place de la charpente actuelle. D’ailleurs, l’enduit dégrossi jeté sur le pignon reconstruit recouvre la terre battue au pied du pignon.
  2. En face de la portion ancienne du pignon, portion qui est enduite et blanchie comme on l’a vu, le carrelage se poursuit sans interruption au-dessous du tirant. Le carrelage passe même sous l’enduit du pignon. A un endroit, un pavé retiré a laissé son empreinte dans l’enduit, preuve que l’enduit a été posé après la pose du carrelage. L’angle de cette partie ancienne du pignon avec le carrelage ancien a été plusieurs fois rebouché. Une première fois avec un joint de chaux jetée et non lissée (donc quand ce n’était plus une habitation) et une deuxième fois et de façon aussi rustique avec de la boue

Fenêtres

Fenêtre 1900

Dans le pignon Est a été crée vers 1900 une ouverture : on s’est contenté de troué le mur, sans construire de cadre d’ébrasement. Côté extérieur, le cadre est fait de pièces de chêne de récupération.

Fenêtre XVIème


Il subsiste une fenêtre, décorée à l’extérieur d’un cadre chanfreiné, paraissant par conséquent du XVIe siècle. Côté intérieur, on distingue encore les deux montants en tuffeau du cadre d’ébrasement mais le couvrement paraît avoir été partiellement supprimé. Elle se trouve à peu près au milieu du pignon. Elle a été entièrement murée.

Côté intérieur, son bouchement est recouvert d’enduit et blanchi. Comme l’enduit et le badigeon ne peut pas dater du début du XIXe siècle, époque où l’on a refait pas mal d’enduit en simple dégrossi dans le comble, cela oblige à dater de 1720 le bouchement de cette fenêtre.
Cette fenêtre du XVIe siècle prouve par ailleurs qu’il n’a jamais existé de cheminée sur ce pignon.

Charpente comble


La charpente actuelle est de très bonne qualité. Les chevrons sont portés par des pannes, lesquelles sont soutenues par des maîtresses fermes constituées d’arbalétriers et de tirants. Elle date du début du XIXe siècle. Tous les bois sont de récupération. Les poinçons à renflements que l’on trouve assemblés dans les tirants, aux maîtresses fermes, sont des remplois de la charpente du XVIe siècle.

La sablière sud (et sans doute aussi nord que l’on ne peut pas observer actuellement) a été faite sur mesure pour cette charpente.

Il n’existe aucune trace d’ouverture dans le comble, ni du côté sud ni du côté nord

Travaux

Déjà effectué.

A venir

En 2023 on entame le chantier de la toiture côté Sud.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Chambre du XVIème de l’aile Est – chantier 04 – Restauration de la porte Est.

Il est temps de lancer les prochains chantiers de la chambre XVIème de l’aile Est.

Dans les épisodes précédents de la restauration de cette pièce :

En 2020 des amis étaient venus nous aider à ouvrir la porte Sud murée :

A l’été 2021 le travail de taille des futurs pavés pour cette pièce :

Le chantier qui nous occupe aujourd’hui est :

La restauration de l’encadrement de la porte Est.

Etat initial

La porte qui se trouve à droite sur la façade Est, près de la façade sud, a des dimensions extraordinaires : 1,30 m de large, 2,25 m ou 2,29 m de haut (selon la hauteur du sol d’origine). Au XVIe siècle, il n’y a guère que les portes de communication de la cuisine à la salle où l’on mange qui puisse atteindre une telle hauteur. Cette porte est donc un indice fort pour placer la cuisine ancienne à l’emplacement de l’actuel pressoir.

La porte est encadrée de tuffeau avec un linteau appareillé. L’ébrasement n’est pas du tout évasé et il n’y a pas de feuillure dans le cadre, ni d’un côté ni de l’autre. Le montant sud se confond avec la façade sud. Le cadre n’est pas du tout chanfreiné, comme le cadre de l’ébrasement de la fenêtre nord.


Le linteau de tuffeau a été descendu sans doute en 1720, lorsque, à l’occasion de la transformation de la cuisine en pressoir, un linteau en bois ait été mis en place encore plus bas. Il n’y a plus de vantail ancien.

Il manque des solives ainsi que le plancher en terre et pavé au dessus.

Restauration

Solive, avant

Solive, après

et le sol en terre et les pavés ont été replacés.

L’encadrement de porte

Avant

Pendant

Après

remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )

les mains sachantes
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Merci aux superbes photos de @chris et nico

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Facebook : Chris Nico

Pressoir ou cuisine de l’aile Est – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Pressoir ou cuisine de l’aile Est » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Atelier ou ou ancienne cuisine » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine.

Son usage historiquement.

Cuisine jusqu’en 1720

De ce qu’on lit dans l’étude historique, A la suite de la chambre à cheminée du milieu du XVIe siècle se trouve une vaste pièce qui a subi de nombreuses transformations. Durant les XVIIIe et XIXe siècles, des travaux ont redistribué l’espace. Un pressoir a été aménagé en 1720, comme l’indique une inscription. Des murs ont été démolis, d’autres reconstruits, une étable a été construite à l’intérieur, etc.

L’hypothèse de désigner cette pièce comme la cuisine est la plus vraisemblable. Le premier argument, c’est qu’il n’existe pas d’autre pièce ayant pu remplir cet usage. Dans les bâtiments du XVe siècle, ce n’est ni la salle, ni la chambre Est, avec leurs belles cheminées, et encore moins les petites chambres de retrait, à cause de leur dimensions restreintes, qui ont pu servir de cuisine. Une deuxième raison, c’est la superficie très importante de la pièce, la plus grande de la maison, qui convient parfaitement à une cuisine seigneuriale. La troisième réside dans sa situation, à l’extrémité de l’aile. L’existence d’une large et haute porte appareillée dans feuillure ni évasement constitue le quatrième argument.
Cependant, il reste un obstacle à cette hypothèse : c’est l’absence de cheminée. Mais peut-être a-t-elle existé. Si tel est le cas, ce n’est sûrement pas sur le pignon Est, qui est percé au premier étage d’une fenêtre, ce qui ne laisse pas la place pour un tuyau de cheminée. La cheminée devait plutôt s’adosser à la cheminée de la chambre, à l’emplacement du massif de maçonnerie qui se trouve aujourd’hui précisément à cet emplacement. C’est en tout cas l’hypothèse qui sera ici retenue.

Devenue Pressoir

La cuisine a été démolie en 1720 pour être transformée en pressoir à usage agricole. Il est vrai que la salle du corps de bâtiment principal étant devenue la « maison » du fermier, c’est-à-dire à la fois la cuisine, la
salle et la chambre, l’usage d’une cuisine seigneuriale n’a plus d’utilité. La date des travaux est précisément connue grâce à l’inscription qui se trouve sur un des piédroits de la grande ouverture créée à cette époque, gravée ainsi :

Le pressoir a été rétabli
Cy dedans l’an 1720

Le XIXe siècle a aussi apporté son lot de transformations, de sorte qu’aujourd’hui cette pièce est devenue la plus énigmatique de l’habitation.

L’acte de visite et montrée du 16 ventôse de l’an 2 donne une rapide description de certains éléments du pressoir :

« Que le pressoir dépendant dudit lieu est garni de tous ses
ustensiles qui sont en passable état à l’exception du câble qui
est à demi usé pour la moins value duquel est estimé 3 livres
Que la porte dudit pressoir est garnie de ses pentes et gonds
Qu’à la serrure il n’y a point de clef et pour en fournir une il a
taxé 1 livre ».

On note que la porte n’est pas dite à deux vantaux à cette époque.

Dimensions

La profondeur de la pièce est de 6,52 m du côté ouest mais va s’élargissant doucement vers l’Est pour atteindre 6,60 m au pied du pignon.
La longueur initiale n’est guère déterminable en l’état actuel. La cuisine initiale occupait-elle tout l’espace jusqu’au pignon Est ? Dans ce cas elle aurait mesuré 8,31 m, ce qui donne une superficie de 54 m², ce
qui n’est pas exagéré. Toutefois on peut imaginer qu’il ait existé un cloisonnement, différent de ce qui existe aujourd’hui (qui ne date que du XIXe siècle) pour aménager des annexes à la cuisine qui soient closes. Dans ce cas, la longueur de la pièce aurait été moindre.

Or, il existe les vestiges d’un mur de refend démoli à environ 5 m du mur de refend de la chambre du XVIe. Ce mur ferme la partie enduite de la pièce. A l’arrière (à l’Est) de ce mur démoli, les murs ne sont plus enduits et le sol est constitué d’un affleurement de tuffeau, de roche naturelle. Ces constatations laissent penser que la disposition d’origine est bien celle d’une cuisine de 5 m de large, soit 33 m². Derrière le mur, sur le tuf, devaient se trouver des celliers.

Le sol a été considérablement décaissé, encore davantage que la chambre précédente : 60 cm environ du côté sud. Cependant, la cour reste encore plus basse de 20 cm environ. Ce qui montre d’ailleurs que les murs ont des fondations.
Il ne subsiste aucune trace du sol d’origine, aucune partie de carrelage. Sans doute le muret qui subsiste du côté du mur de refend marque-t-il la hauteur approximative du sol, la chape de chaux et le
carrelage en moins.

Si l’on reporte le niveau du sol de la chambre à côté, on voit que sol se situait à 3.10 m au-dessous des solives de la pièce, donc une pièce plus haute que la chambre qui précède. Cela s’explique par la hauteur des solives qui est supérieure ici, ce qui occasionne aussi un changement de niveau au sol du premier étage de l’aile.
On remarque un affleurement de roc, de tuffeau, à l’extrémité orientale de l’aile. Une partie en a été creusée au XIXe siècle, une autre partie reste en place. Ce sol de roche était contenu derrière le mur de
refend. On devait y trouver aménagé des celliers, compléments des caves.

Ouvertures

Portes Sud

On y voit principalement la grande porte. Son montant ouest date de 1720, comme l’inscription qui y est gravée en atteste. Mais le montant Est a été construit plus tard, soit lors de la campagne de restauration de 1797, soit lors des travaux du début du XIXe siècle.

Ce côté ouest de l’ébrasement se prolonge plus haut que le linteau en bois et il est appareillé avec la porte dans le mur de refend. Ceci prouve clairement qu’il existe antérieurement aux changements de 1720, qu’il a été construit avec le reste de l’aile du XVIe siècle.

Par contre, le côté Est de l’ébrasement est plus évasé et forme un vrai pan coupé jusqu’au pilier construit sous l’extrémité de la poutre. Cette pile a été bâtie en même temps que le côté Est de l’ébrasement, au début du XIXe siècle, en même temps qu’on a démoli le premier étage de l’aile.
Pour l’élever le pilier, on a creusé un peu dans le mur de façade, du moins en bas, car la pile passe devant le mur dans sa partie haute. Côté intérieur, l’ébrasement actuel atteint 3,67 m de large.
Le linteau de la porte semble contemporain du côté Est de l’ébrasement mais plus récent que le côté ouest. Autrement dit, il date des travaux du début du XIXe siècle

Porte ouest

La porte de communication avec la chambre précédente a déjà été étudiée dans l’article sur la chambre XVIème.

https://manoirdelachevallerie.fr/2022/08/10/chambre-de-laile-est-du-xvieme-etat-des-lieux-a-lacquisition

Sur le mur Nord deux fenêtres

On observe deux petites ouvertures percées en hauteur du côté nord et actuellement obturées. Leur emplacement, fort haut, et leurs dimensions, fort petites, sont caractéristiques des pièces à usage de
domestique : ces derniers n’ont pas besoin de beaucoup de lumière, et encore moins de regarder dehors. Le bouchement est déjà très ancien, il date sans doute de l’aménagement du pressoir en 1720. Il est recouvert du même enduit épais, lisse, blanchi et très irrégulier que le reste de la pièce.

De part et d’autre de l’échelle, les deux fenêtres sous leur
couvrement en arc segmentaire. A droite la poutre rapportée ultérieurement sur l’angle de la
fenêtre murée a écrasé les piédroits en tuffeau

Fenêtre Ouest

L’ébrasement de la petite fenêtre la plus à l’ouest mesure 105 cm de large sur 116 de haut. Le rebord de l’ébrasement se trouve aujourd’hui à 1,52 m du sol. Mais si l’on considère que le niveau d’origine est celui de la chambre précédente, l’allège se trouvait à l’origine à 90 cm du sol.

Dans l’article ci dessous on peut avoir un aperçu de ces fenêtres vues de l’extérieur.

https://manoirdelachevallerie.fr/2022/10/07/exterieur-de-laile-est-du-batiment-principal-etat-des-lieux-a-lacquisition

Vu de l’extérieur, le jour obturé mesure 57 cm de large et 58 de haut. Il est entouré de pierre de calcaire semi dur de Nuillé, mouluré à la manière du XVIe siècle. Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est en tuffeau, entièrement conservé, avec son couvrement en arc segmentaire.

Fenêtre de droite (Est)

la plus orientale

Les observations sur la petite fenêtre de droite (la plus à l’Est) sont presque les mêmes. Vu de l’intérieur, on voit exactement le même cadre d’ébrasement en tuffeau mais qui a perdu son rebord. De plus, le sommier de droite (Est) est rompu dans l’angle pour le placement de la poutre et le poids de la poutre a occasionné l’écrasement des piédroits de dessous le sommier. Il paraît donc que le plancher a été créé en même temps qu’on a bouché cette petite fenêtre ! Ce qui permet de le dater de 1720.
Vu de l’extérieur, les dimensions du jour sont très proches de la fenêtre précédente : 61 cm de large, 58 de haut. Le cadre est également en calcaire semi-dur de Nuillé, mouluré à la façon du XVIe siècle.

Murs

Trace de mur de refend

Dans le mur sud, après le pilier dont on a parlé au sujet de la partie Est de la porte, on voit les traces de l’arrachement d’un mur de refend en retour d’équerre. Juste en face, sur le mur nord, se trouvent exactement le même type de vestiges d’arrachement. Ce mur de refend démoli se trouve à 5,64 m du mur de refend de la chambre du XVIe (à l’ouest). Ce mur de refend est nécessairement antérieur aux travaux d’aménagement des lieux dans leur état actuel. Sa démolition peut remonter au début du XIXe, date d’agrandissement de la porte du pressoir et de la construction de la pile sous la poutre. Ou bien avant, par exemple en 1720, lors de la création du pressoir dans la cuisine.


Entre la poutre ouest et cet arrachement, le mur sud est encore enduit et blanchi.
Ce mur de refend, qui était pris dans la maçonnerie des deux façades, et qui laisse même une ligne de rupture dans la maçonnerie sur la façade sud, est nécessairement important pour la compréhension de
l’organisation de l’aile. Il remonte à l’origine de la construction de l’aile.

sur le mur nord

En haut à droite le mur de refend démoli. Le plancher supérieur, qui est construit postérieurement à cette démolition, doit donc remonter soit à 1720 soit au début du XIXe siècle

Mur ouest

Avec l’étude du mur ouest se repose la question de l’emplacement de la cheminée de la cuisine.

L’épaisseur du mur (58 cm) a été mesurée dans la chambre précédente. Il s’agit en effet du mur de refend qui sépare la chambre de la cuisine.

Ce mur est élevé en moellons ramassés dans les champs et recouvert d’un enduit épais, ocre, de surface lisse mais pas plane du tout, au contraire avec des bosses et des creux, comme sur les murs sud et nord. Il a été blanchi plusieurs fois. En bas du mur ouest, il existe une banquette de maçonnerie de moellons. Il s’agit de la fondation du mur, et le dessus de la banquette correspond au niveau du sol d’origine moins la chape de chaux et les pavés.


En haut du mur, il n’existe aucune trace d’un plancher plus bas que l’actuel aucun trou de solive qui soit bouché ou de tout autre équipement (la question se pose puisque dans le pressoir le plancher supérieur est plus haut que celui de la chambre).

Tas de charge sous cheminée

Vers le milieu du mur ouest, on observe en hauteur un tas de charge construit en tuffeau avec l’angle supérieur découpé comme pour mettre une pièce de bois quoique cela soit incompatible avec un tas de charge en tuffeau. Ces trous correspondent-t-il à un ancien chevêtre plus bas faisant
le tour du sommet d’une hotte de cheminée ?
Les blocs de tuffeau qui composent le tas de charge portent toutes les traces d’outil : la pierre n’a pas été polie. S’agit-il d’une coupe tardive de la hotte d’une cheminée qui aurait été bouchée ? Les joints sont épais et dégrossis. Le tas de charge n’a pas été blanchi alors que tous les murs anciens sont blanchis. S’agit-il donc d’un ouvrage postérieur ?
Le trou supérieur de gauche n’est pas une coupe faite après coup mais plutôt faite avant le montage. Ces encoches sont plus basses que le sommet de l’arc segmentaire des petites fenêtres du mur nord. Cela est
moins évident dans le trou supérieur de droite où il y a des manques d’enduit et où la pierre qui est sous le plancher penche du fait de ce trou. Ce qui montre que ce trou a été rempli par quelque chose. L’hypothèse du chevêtre autour de la hotte d’une cheminée reste le plus crédible.
L’enduit sous le tas de charge est continu avec le reste du mur ouest. Le même enduit entoure bien les extrémités des solives dans ce mur. Par conséquent, on ne décèle pas d’intervention postérieure dans le
mur ouest.

En conclusions, il nous paraît que ce tas de charge, est une construction datant de 1720, qui remplace l’ancienne cheminée de la cuisine. Ces travaux datent certainement de 1720, lorsque la cuisine a été
transformée en pressoir.

Mur et pignon Est

Le pignon Est actuel est le résultat de nombreuses transformations qui ont été évoquées avec les murs sud et nord. Il est construit en moellons non enduits, de la même manière que les portions les plus à l’Est
des murs nord et sud. Il est également bâti sur le tuf. On n’y voit aucune ouverture.

Il existe un autre mur en moellon non enduit qui ne pénètre pas dans le mur de façade sud. Il est construit sous la poutre pour fermer une porcherie. Il ne date certainement que du début du XIXe siècle.

A distance de 106 cm de la joue Est de la poutre ouest se trouve la trace d’un mur en retour d’équerre qui a été démoli. L’angle est continu avec l’enduit du mur nord donc les deux étaient contemporains. Ce retour se prolonge plus haut derrière la solive qui longe le mur nord. Ce qui signifie que le plancher actuel est postérieur à l’existence de ce mur. Autrement dit ce mur a été démoli lorsqu’on a construit le plancher supérieur actuel.
Dans ce retour de mur il existe tout en haut un angle concave dans la maçonnerie comme si une pièce de bois y avait été placée lors de la construction et la maçonnerie faite autour.

schéma de l’hypothèse mur de refend

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – chantier de la toiture Nord

Remplacement de la toiture septentrionale en 2019

Ce versant de toiture est le plus abîmé de m’aile Est.

C’est donc un des premiers chantier lancé sur cette partie du bâtiment.

Le bâtiment fait une quinzaine de mètre de longueur, une largeur de pignon d’un peu moins de 10 mètres et une pente de 48°. Cela nous donne un peu plus de 100 m² par versant.

Délattage

On enlève les tuiles et les lattes. On récupère le maximum de ce qui est en bon état.

Zoom sur les coyaux

Les coyaux sont de petites pièces de bois biseautées placées sur un chevron afin de prolonger sur la saillie du mur afin de rejeter les eaux de pluie loin de la maçonnerie.

Ils peuvent être droits ou en queue de vache. Le coyau a pour effet d’adoucir la pente du versant du toit au niveau de l’égout.

Lattage

Etat Final

Rénovation des combles du logis – chantier 01 – Les sablières

Réfection des sablières

Contexte

Sur le mur sont posées deux sablières. L’une borde l’arête intérieure du mur, l’autre est posée à environ 10 ou 15 cm de l’arête extérieure du mur ce qui laisse la place à la corniche qui a disparu. Ces doubles cours de sablières sont attachées l’une à l’autre par des liens posés sur le mur, à raison d’un par chevron.

Comme on peut le voir sur la photo ci dessus et dans l’article sur l’état initial des combles une grande partie des sablières étaient en mauvais état. Notamment en dessous des noues en mauvais état.

Les travaux ont donné l’occasion de trouver des objets intéressants.

des réemploies de pierre sculptées :

et malheureusement la destruction d’une ruche dans un des murs sous une sablière.

Le remplacement des sablières

ouverture

remplacement des pièces de bois nécessaires

le résultat final sur la partie sud ouest

partie sud ouest
détail d’une partie du mur sud ouest

les autres remplacements

Chambre du XVIème de l’aile Est – chantier 03 – le sol.

Cet article sera fait en plusieurs fois.

Les travaux en tant que tels sont prévus pour le second semestre 2022.

Réfection du sol de la chambre

Contexte

Dimensions

La pièce n’a pas varié dans son cloisonnement. Elle mesure 6,52 m de profondeur côté ouest, et même 6,58 côté Est. Sa largeur est de 4,70 m côté nord et 4,57 m côté sud. On voit qu’ici non plus les angles ne sont pas orthogonaux. La superficie atteint 30 m².

Niveau

Le niveau actuel de la chambre a été considérablement décaissé aujourd’hui. Celui d’origine est donné avec certitude par le dessous des jambages de la cheminée.

Il était nettement plus haut que celui du rez-de-chaussée du logis XVe.

Pavage

Il ne reste plus aucune trace du carrelage d’origine. il devait s’agir de pavés de petites dimensions, par exemple 13 cm de côté.

Les chantiers.

Les pavés

A partir du stock ci dessous :

A peu près 1200 pavés de dimensions inégales, au dessus de 14 cm, ont été retaillés à la bonne dimension. De telle manière à avoir un pavage sans joint.

Un travaille des plus rafraîchissant par cette canicule.

Le stock est maintenant prêt.

A suivre pour la pose.