Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 08 – Fabrication de la charpente

Où l’on voit les étapes de planification de restauration de la charpente et le travail en atelier

La liste des précédents travaux peut être trouvée dans l’article ci-dessous.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage
    6. Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement
    7. Fabrication de la charpente

Synthèse des travaux en images

Dépose ancien étaiement intérieur

Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement

Projet

Etat actuel de la charpente :

La tour d’escalier est couronnée par une charpente en chêne, dont les chevrons épousent le plan octogonal de l’ouvrage. Ces chevrons sont soutenus par un poinçon central et un double niveau d’enrayure.
La couverture a été abaissée au XIXème siècle pour atteindre une pente de 57°, comme en témoignent les chevrons remployés de l’ancienne couverture, dont les angles de mortaises et d’appui sur l’enrayure basse sont biaisés. En se référant aux vestiges d’assemblage de ces bois de remploi, l’ancienne couverture présentait un angle de 65°, faisant culminer l’épi sommital à l’alignement du faîtage du corps de logis : cette disposition est cohérente avec le corpus des manoirs du XVème siècle proches géographiquement (cf. exemples ci-dessous).

Depuis l’effondrement partiel de la tour à la fin des années 1970 – début des années 1980, la charpente est étayée mais reste dans une situation d’équilibre précaire, en raison de la perte du quart Sud-Ouest de l’enrayure basse et des chevrons au droit des façades disparues.

Facteurs de désordres :

Il est probable que l’instabilité de la charpente ait précédé et participé à l’effondrement partiel des maçonneries. Les causes de déséquilibres sont à cerner, afin de proposer une solution de restitution durable :

  • Le pourrissement de l’enrayure basse a engendré une transmission latérale des efforts de charpente sur les arases maçonnées, participant à l’écartement puis à l’effondrement des murs de la tour. Le pourrissement des bois a pu être entretenu par l’humidité issue d’infiltrations par la couverture.
  • Les poussées latérales exercées sur les arases ont été amplifiées par l’abaissement du profil des chevrons, favorisant les contraintes horizontales d’écartement sur l’enrayure basse.
  • La conception initiale de la charpente de la tour, dépourvue de poutre sablière n’a pas permis la reprise efficace des efforts latéraux provenant des chevrons alors que l’enrayure basse, affaiblie par l’altération de ses bois, ne remplissait plus son rôle stabilisateur.

Restauration de la charpente :

Malgré l’étaiement provisoire, la charpente est restée dans un équilibre précaire depuis l’effondrement partiel des arases à la fin des années 1970 – début des années 1980, ayant conduit à la perte du quart Sud-Ouest de l’enrayure basse et des chevrons.
Le projet a pour but la restitution du profil de couverture originel en se basant sur les traces visibles de l’ancienne disposition sur les bois de remploi (appuis, mortaises) et en s’appuyant sur un corpus de manoirs similaires.

La pente est rétablie selon un angle de 65°, cohérent avec l’angle des vestiges de mortaises sur les chevrons : cet angle permet l’alignement de la flèche de la tour sur le faîtage du corps de logis, correspondant à la disposition récurrente observée sur les couvertures des manoirs de la Sarthe et du Loir-et-Cher.
L’objectif est de tendre vers un remploi maximal des bois originels, en fonction de leur état sanitaire et des remaniements apportés au XIXème siècle, l’abaissement du profil de couverture ayant conduit au raccourcissement des chevrons et du poinçon central.
Par conséquent, la conservation des bois de charpente concernera surtout les pièces d’enrayures présentant un état sanitaire satisfaisant. Certaines pièces d’enrayure localement altérées pourront faire l’objet de greffes de bois neufs.
Etant donnée la valeur patrimoniale des chevrons pour la compréhension de l’ancienne couverture, nous proposons d’en remployer 3 avec façon d’enture pour rétablir leur allonge originelle. Ce remploi de chevrons reste ponctuel, pour ne pas systématiser les greffes d’assemblage sur la charpente restituée.
Autrement, le projet s’orientera vers une restitution de la forme et des dispositions originelles en faisant appel à des bois neufs de section et d’essence identiques (chêne classe C1).


Les travaux de restauration et de restitution de la charpente comprennent :

  1. L’élaboration des plans d’exécution pour la restauration et le remontage des ouvrages de charpente, incluant le détail des pièces remployées ou remplacées
  2. La dépose complète en démolition des pièces non remployées (trop altérées ou remaniées).
  3. La dépose en conservation de pièces d’enrayures et de 3 chevrons, incluant toutes précautions pour la manutention et le transport des bois en atelier pour restauration.
  4. Le nettoyage des bois de charpente conservés, incluant le brossage et le dépoussiérage, le sondage et la rédaction d’un rapport détaillé pour leur restauration.
  5. La restauration des bois de charpente conservés, incluant le traitement biocide, la reprise de gerces et crevasses profondes par flipots, la greffe de parties localement altérées
  6. La fourniture de pièces neuves en chêne selon des sections identiques à l’existant, traitées fongicide et insecticide pour greffes de bois sur pièces à remployer, incluant la purge préalable des parties altérées, la façon d’arête délardée et l’assemblage pour parfaite liaison aux bois neufs et conservés.
  7. La fourniture de pièces neuves en chêne selon sections identiques à l’existant, traitées fongicide et insecticide pour restitution de bois lacunaires ou déposés en démolition, incluant la façon d’arêtes délardées et l’assemblage pour parfaite liaison aux bois neufs et conservés (tenon mortaise, embrèvement).
    • A – Pour le chevronnage, compris forme de coyau en partie basse
    • B – Pour le poinçon central
    • C – Pour les pièces d’enrayures (entraits, goussets, coyers)
    • D – Pour la poutre sablière en création sur le pourtour de l’enrayure basse (section 20 x 15 cm)
  8. Le remontage in situ des bois de charpente neufs et conservés, incluant la pose de papier anglais pour interface avec les bois au contact de maçonneries, et incluant toutes sujétions pour parfait assemblage.
  9. L’ajout ponctuel de fers en consolidation de l’enrayure basse, fixés par boulons et écrous à tête carrée.

Les textes et images de cette partie ont été adaptées du document PRO-DCE par G. Trouvé architecte du patrimoine.


En image

Dépose de l’ancienne charpente

Après dépose de la couverture, établissement d’un état sanitaire de la charpente. 8% de l’ancienne a pu être réutilisée soit 0,4 m3 sur 5m3

Fabrication de la charpente

La forme de pente de couverture est rétablie selon un angle permettant l’alignement de l’épi de la tour sur le faîtage du logis, afin de rétablir sa lisibilité.
La charpente en chêne comprend 2 niveaux d’enrayure, dont la mise en oeuvre correspond aux assemblages et techniques d’époque.

Fabrication en atelier

Charpente assemblée après la taille en atelier avant d’être démonté pour transport sur site

A suivre dans un future article pour la pose sur la tour.

CADET CONCEPT ET TRADITION – Entreprise De Couverture à Saint-Denis-en-Val

Annexe – images des termes techniques.

Assemblage par sifflet désabouté à tenon chevillé
Assemblage par sifflet désabouté à tenon chevillé
Assemblage par trait de Jupiter à tenons verrouillés
Assemblage par trait de Jupiter à tenons verrouillés

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 07 – Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement

Où l’on voit l’étape de dépose des marches incomplètes et irréparables et l’étaiement de ce qui reste.

La liste des précédents travaux peut être trouvée dans l’article ci-dessous.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage
    6. Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement

Synthèse des travaux en images

Dépose de la charpente

Dépose ancien étaiement intérieur

Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement

Chacune des marches est analysées pour être soit :

  • Remplacée si son état n’est pas réparable.
  • Réparée.
  • Laissée.

Principe Restauration de l’escalier à vis :


Le noyau central a été conservé sur toute la hauteur
de l’escalier, empêchant sa ruine complète. Toutefois, l’effondrement des façades et le déséquilibre induit par les lacunes d’emmarchements génèrent un flambement du noyau central.
L’objectif est de restaurer la stabilité de l’escalier à vis, dans une optique de conservation maximale des emmarchements d’origine.

Le renforcement de la cohésion de la vis est
assuré par un brochage du noyau central sur toute sa hauteur.
Les marches fracturées, dont la lacune concerne moins de 50% de la largeur d’emmarchement, sont conservées et complétées par une pierre rapportée pour rétablir leur giron externe. Les marches arrachées ou fracturées à plus de 50% sont entièrement remplacées en tiroir, en prenant modèle sur les marches subsistantes.

Etat actuel de la vis d’escalier avec une marche conservant plus de 50% de son giron, à restituer, réparer.
marches fracturées au nu du noyau central, à remplacer entièrement

Story de l’enlèvement d’une marche

En attendant les nouvelles marches il faut quelqu’un pour tout tenir

Étaiement et exemples de marches.

Mise en place de l’étaiement pour chaque marche

Le mur-bahut

On profite de cette étape pour démolir un mur-bahut constitués de moellons, rapporté au XIXème en pied d’escalier.

LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY – 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 06 – Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Où l’on voit les étapes de terrassement et de reprise des maçonneries de libage.

Une des dernières étapes nécessaires pour la stabilisation de la tour. Cet article ne comporte que que peu de photos extraordinaires. Mais cela est compenser par la présence d’un peu de documentation historique et de diagnostic.

La liste des précédents travaux peut être trouvée dans l’article ci-dessous.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage échafaudage.

Dépose de la charpente

Dépose ancien étaiement intérieur

Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Libage, Gros moellon que l’on emploie noyé dans l’épaisseur d’un mur ou dans celle d’une fondation pour en augmenter la résistance. 

Maçonnerie de libage. Assise de maçonnerie construite avec ce type de moellons pour résister à la forte pression d’une colonne, d’une poutre, d’un poteau… D’une tour.

Méthode de construction des murs de moellons

La technique de construction des murs de moellons est simple. Pour y parvenir, il faut au maçon les bonnes matières, un marteau et un maillet de bois :

« Maçonnerie de Moellons : Le moellon … sera … proprement, posé en bonne liaison,
assujetti au marteau et parfaitement calé. Il baignera dans le mortier de tous côtés.
On placera dans les fondations les moellons des plus forts échantillons. Ils seront rangés avec soin et affermis sur leur base à coup de maillet de bois. Toute la maçonnerie en fondation sera garnie par devant et par derrière lors même que le parement devra être enterré »1.

1 Marché de construction du presbytère de Boissei la Lande (Orne), en 1831.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés


Synthèse de l’étude diagnostic

Etat actuel des fondations :


La jonction des élévations de la tour avec les fondations s’effectue grâce à une maçonnerie de transition, dite de libage. Composé de moellons posés à bain de mortier, ce libage épouse le plan octogonal de la tour mais présente un forme de glacis vers l’extérieur, afin d’élargir l’assiette d’appui des maçonneries.
Au-dessous-du libage, un sondage a révélé un important massif de fondation de 30 à 50 cm d’épaisseur, composé de grosses pierres de grès, de moellons de silex, de glaise et de mortier. Ce massif de fondation présente une forme quadrangulaire perpendiculaire au corps de logis, débordant par rapport au libage et plus largement au niveau des faces Sud-Ouest et Sud-Est de la tour formant un pan coupé.

Facteurs de désordres

Les sols supports de l’ouvrage sont composés de marnes argileuses.

La masse de la tour, évaluée à 193 tonnes réparties sur 23m2 de fondations, exerce une pression de 0,84 MPa (soit 8,4 kg / cm2 env.). Même en appliquant un coefficient de sécurité la pression portée reste inférieure à la portance théorique des sols support : par conséquent, la nature des sols et l’assiette des fondations ne sont pas à l’origine de l’effondrement de la tour.
Cependant, tout comme les maçonneries d’élévation, la liaison des fondations de la tour avec celles du corps de logis est probablement défaillante.
Les principales causes de faiblesse sont à rechercher au niveau des maçonneries de libage, assurant la transmission entre les élévations de la tour et les fondations :

  • Les chaînages d’angle en pierre de taille ne sont pas prolongés jusqu’au niveau des fondations et s’interrompent au niveau du libage en moellons : la cohérence de la descente des charges jusqu’à la semelle d’appui est donc altérée.
  • Le ravinement des sols a entraîné l’exposition des maçonneries de libage aux intempéries, avec un lessivage des mortiers, le descellement de moellons et l’affouillement des maçonneries au-dessous des élévations de la tour.

Projet de restauration – Reprise des fondations

L’intervention vise à améliorer la stabilité de la tour d’escalier avant le remontage de la partie effondrée. Les travaux se concentrent sur les maçonneries formant libage, afin de renforcer la transmission des charges entre l’élévation de la tour et le massif de fondation. L’amélioration de la liaison avec les fondations du corps de logis est également recherchée.
Les travaux comprennent :

  1. Le dégagement des maçonneries de libage jusqu’au nu supérieur du massif de fondation, incluant la fouille blindée en tranchée sur le pourtour extérieur de la tour
  2. La consolidation des maçonneries de libage par remaillage, incluant le refichage de moellons de grès et de silex ; des injections gravitaires au coulis de chaux en cœur de maçonnerie y compris au nu supérieur du massif de fondation ; les ragréages et rejointoiements au mortier de chaux
  3. Le coulage de longrines sur le tiers extérieur de l’appui des maçonneries de libage, incluant le refouillement préalable de la maçonnerie de moellons ; le scellement des longrines aux fondations du corps de logis par goujons.
  4. Le prolongement des chaînes en pierre de taille jusqu’au niveau du massif de fondation, incluant le refouillement préalable de la maçonnerie de moellons ; la fourniture, la taille et la pose de pierre calcaire dur de Richemont sur 3 assises, formant chaînes d’angles harpées avec forme de glacis épousant le profil du libage existant.
  5. Le remblaiement des fondations par terre végétale et le relèvement des niveaux de sols ravinés pour recouvrir les maçonneries de libage, afin de les protéger des intempéries

Nota : l’ensemble des travaux de consolidation, scellement et pose est exécuté au mortier de chaux hydraulique naturelle sans ciment de type NHL 3,5

Les textes et images de cette partie ont été adaptées du document PRO-DCE par G. Trouvé architecte du patrimoine.



En image

Mise à nu de la maçonnerie enterrée.

Garnissage

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 05 – Dépose de l’ancien étaiement intérieur

La liste des travaux peut être trouvé dans l’article ci dessous.

Pour cet article on va verra la dépose de l’ancien étaiement intérieur.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage échafaudage.

Dépose de la charpente

Dépose de l’ancien étaiement intérieur

Pour se souvenir rappel de l’état Initial

Sans les tôles après la dépose des étais

Pose des nouveaux étaiements

Etat Final

Avant remodelage de l’échaffaudage

Pendant la réinstallation.

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 04 – Dépose de la charpente

La liste des travaux peut être trouvé dans l’article ci dessous.

Pour cet article on parlera de la dépose des tôles et de la charpente

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage échafaudage.

Dépose des tôles et de la charpente

C’est une étape très intéressante. Les parties écroulées n’ont pas été visibles de l’extérieurs depuis plusieurs dizaines d’années.

Dépose des tôles

Sans les tôles de façade

Dépose de la charpente

Après dépose de la couverture, un état sanitaire de la charpente a été établi. Environ 8% de l’ancienne a pu être réutilisée soit 0,4 m3 sur 5m3.

Après l’enlèvement de la couverture d’ardoise.

La dépose

Après la dépose

Quelques images de l’intérieur

Quelques images de l’extérieur

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 03 – Montage de l’échafaudage

La liste des travaux peut être trouvée dans l’article ci dessous.

Pour cet article on va faire l’état des lieux avant les chantiers.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage de l’échafaudage.

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage de l’échafaudage.

Montage à mi hauteur – en image

en Vidéos

travelling arrière

Fin du montage en images

Les pieds d’échafaudage.

Le prochain article portera sur la dépose de la charpente et des tôles.

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 01 – Programme Général

Voici le tout premier d’une suite d’articles concernant la restauration de la tour du manoir.

Programme Général

Les travaux se sont déroulés entre le 6 juillet 2020 et le 12 octobre 2021, date de la réception des travaux

Les travaux ont concerné :

  • Des travaux de reprise de fondations,
  • Le remontage de la partie effondrée de la tour compris les chaînes d’angle et les encadrements de
  • baie en pierre de taille,
  • La restitution de la bretèche selon ses dispositions originelles,
  • La restitution d’une charpente,
  • La mise en œuvre d’une couverture en ardoise posée au clou

Maitrise d’œuvre


Martine RAMAT – Architecte .
31, rue JM Rougé
37000 TOURS

Programme Ouvrages Exécutés – Maçonnerie – Pierre de taille


Restauration et la restitution de maçonneries traditionnelles en moellons et de maçonneries en pierre de taille. Afin d’améliorer la stabilité de l’ouvrage, la consolidation en sous-œuvre des maçonneries de libage, formant transition entre les élévations et les fondations, est prévue afin d’améliorer la stabilité de l’ouvrage.

Les travaux concernaient :

  • Les travaux de consolidation en sous-œuvre des maçonneries de libage en
  • moellons
  • Les travaux de purge et de nettoyage des parements en moellons et pierre
  • de taille
  • Les travaux de restauration des maçonneries en moellons
  • Les travaux de restauration de chaînes, corniche et encadrements en pierre
  • de taille
  • Les travaux de remontage de maçonneries en moellons
  • Les travaux de remontage d’ouvrages en pierre de taille (chaînes, corniche, encadrements, bretèche)
  • Les travaux de consolidation interne des maçonneries par ceinturage avec
  • torons en fibre de verre
  • Les travaux de consolidation et de remontage partiel de l’escalier à vis en pierre de taille
  • Les travaux de réfection des enduits intérieurs et extérieurs.

La réalisation a été faite par

LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY – 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr

Programme Ouvrages Exécutés – Charpente et couverture

Démontage complet de la charpente existante, remontage de la charpente avec réemploi de quelques bois existants.

Réfection complète de la couverture en ardoise

Les travaux concernaient :

  • Les charpentes
    • Démontage complet de la charpente existante
    • Remontage de la charpente avec réemploi de quelques bois existants et la mise en place d’un double
    • cours de sablière afin de permettre une désolidarisation des pieds de chevrons de la corniche.
  • Les couvertures ardoises
    • Réfection complète de la couverture en ardoise de bonne épaisseur (5mm) posé au clou cuivre
    • Remplacement en totalité du voligeage en sapin 27mm d’épaisseur
    • Egout renforcé en terre cuite (2 rangs de tuiles artisanales de type Puycheny)
    • Faîtage de la besace à l’arrière de la tour traité de façon traditionnelle, en terre cuite à crêtes et embarrures.
    • Epi de faîtage de la tour en plomb sur jupe en plomb également

La réalisation a été faite par

CADET CONCEPT ET TRADITION – Entreprise De Couverture à Saint-Denis-en-Val

Travaux réalisés par messieurs François DELBART (chef d’équipe), Julien JACQUEMART et Grégoire d’HEBRAIL pour les travaux de charpente.
Les travaux de couverture ont été réalisés par messieurs Maxime LE STUNFF (chef d’équipe) et Vincent
DUBREUIL

Quelques photos initiales

Juste avant le chantier la tour ressemblait à cela :

La suite.

Toutes les étapes suivantes seront détaillées au fil des prochaines semaines.

Un article par semaine.

  • Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage
    6. Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement
    7. Fabrication de la charpente
    8. Pose de la porte d’entrée et maçonnerie de remplissage
    9. Renforcement des marches conservées
    10. Pose des ouvertures de baie
    11. Pose de la bretèche
    12. Pose de la charpente
    13. pose de la couverture
    14. Réalisation des tailles de finitions et de vieillissement sur parements et marches
    15. Réalisation des dégrossis et enduit intérieurs et extérieurs
    16. Repose de l’emmarchement
    17. Reprise des abords

Articles précédents concernant la tour.

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 02 – Etat des lieux

La liste des travaux peut être trouvée dans l’article ci dessous.

Pour cet article on va faire l’état des lieux avant les chantiers.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Pour les images antérieures à 2021, on peut se référer à l’article sur l’état des lieux en 2012

Juste avant le début du chantier la tour ressemblait à ceci:

La tour du logis – Etat des lieux à l’acquisition

Période antérieures

Les images de la tour avant l’effondrement peuvent être trouvées sur la page des images historiques de la tour du logis :

Pour rappel l’effondrement a eu lieu en 1954. Le soutènements/étais/tôles ont été mise en place en 1983

Etat des lieux à l’acquisition

La porte d’entrée du XVe s

Comme toutes les portes d’entrée de cette époque, l’ouverture devait mesurer environ 1 m de large et 1,95 m ou 2 m de haut. Le seuil existe toujours. Il mesure 1,20 de long à l’avant de la porte d’entrée. Il s’agit d’un beau bloc de grès très dur et très fin (de type grès de Bouloire) bien équarri. Le reste de la porte s’est effondré avec toute la partie ouest de la tour, dans la seconde moitié du XXe siècle.

Quelques photos en conservent heureusement le souvenir, mais malheureusement pas assez
précises pour restituer avec parfaite exactitude le dessin de la mouluration et du tympan. Le cadre extérieur de la porte était en calcaire semi dur de Nuillé (les morceaux qui demeurent le montrent) et l’ébrasement intérieur tuffeau (comme aux autres baies).

Vestige de la porte d’entrée du XVe s retrouvée à la Chevalerie

détail d’une photo prise en 1950 et retravaillée

Il n’y a aucune indication de document ou par vestige du type de menuiserie qui servait de porte. Vu son exposition ouest, il y a peu de chance que le vantail d’origine ait été conservé jusqu’à l’effondrement. Il
pouvait s’agir d’un vantail de simples planches verticales, ou bien à traverses moulurées et à panneaux. Attaché à des pentures, il devait pivoter sur de gros gonds.

L’entrée du logis du XVe s

Ayant franchi la porte d’entrée, le visiteur se trouve sous l’escalier en vis, dans un espace qui précède les appartements.
L’emplacement de l’escalier sert ainsi la distribution du château. La tour se trouvant vers le milieu de la façade sud, l’entrée de l’escalier et de l’habitation se trouve au centre, entre les deux pièces du rez-de-chaussée.
Le sol de cet espace est carrelé à l’origine de petits pavés de 11 cm de côté, comme le reste de l’habitation. Depuis que le logis seigneurial a été abandonné, un évier y a été construit, à proximité de la pièce de vie des métayers (ou maison). C’est ce que décrit l’état des lieux de l’an 2 :

« Que l’entrée de ladite maison sous l’escalier est à carreler et
l’hivier à raccommoder pourquoi a taxé 10 livres ».

Au sol, on voit aujourd’hui des pavés de 13 cm de côté posés par rangées dans le sens Est/ouest. A droite en entrant, une grande pierre de grès de Bouloire posée au sol a été un évier à l’époque où la Chevalerie
n’était plus qu’une ferme. Elle fait toute la largeur du dessous de l’escalier.
On ne voit guère cet évier, car un massif de maçonnerie a été construit dessus au XIXe siècle, comprenant de grosses briques (XIXe) avec une niche rustique couverte d’un linteau de bois.


A gauche en entrant se trouve l’entrée principale du rez-de-chaussée. Elle se compose de deux portes côte à côte, encadrées de pierre de tuffeau.

La première s’ouvre sur la salle ouest et la seconde sur la chambre Est. L’une fonctionne toujours mais son cadre en pierre de taille est très usé : on n’y perçoit plus le chanfrein et le congé qui ont dû exister à l’origine. L’autre est murée. Lorsqu’elle sera débouchée, on verra
sans doute réapparaître un chanfrein tout autour du cadre, avec un congé à la base des piédroits.

La porte de la salle se trouve de plein pied avec l’entrée de la tour. Par contre, la porte de la chambre se trouve au niveau de la première marche. L’espace laissé sur la marche n° 1 pour entrer dans la chambre
est assez réduit par la marche n° 2 qui, cependant ne se prolonge pas jusqu’à l’angle de la cage. Pourtant, l’espace laissé libre a été rebouché de maçonnerie et de pavés ultérieurement, sûrement lorsque la porte vers la chambre a été murée, évènement que l’on peut situer au XVIIe ou XVIIIe siècle.


A gauche vue vers l’angle nord-ouest. A droite vue vers l’angle nord-est

L’escalier en vis

La vis est entièrement d’origine mais elle est malheureusement en partie effondrée. Pour reprendre le vocabulaire du marché de 1476 pour Bonnétable, la longueur des marches « entre cercle et noyau » est de 1,60 m. les marches sont taillées dans le calcaire dur de Nuillé/Soulitré. Elles ont un bon demi-pied de haut (17 cm), une profondeur (giron) de 27 cm (mesuré au milieu de la marche). Les marches sont monolithes, pénètrent à un bout dans le mur extérieur de la cage (le « cercle ») et forment à l’autre bout noyau de 17 cm de section. A l’approche du noyau, la marche dessine une courbure qui dénote une réalisation plutôt tardive (antérieurement le marche et la périphérie du noyau ne formait qu’une
droite).

Le dessous des marches ont leur arête délardée (ce qui leur donne trois faces) mais le délardement fait congé devant le mur de la cage d’escalier de sorte que c’est un angle droit qui rentre dans le mur, contribuant à une meilleure stabilité.

La première volée de l’escalier

La première marche est un peu plus haute (19 cm) et son noyau plus large (19 cm). Cette base du noyau n’est absolument pas moulurée,

De l’entrée au palier du premier étage, la première volée compte dix neuf marches.
L’angle nord-est de la cage d’escalier a été élargi, c’est-à-dire que le « cercle » a été creusé pour dessiner un palier carré devant la porte de la chambre. Pour passer de ce carré au cercle de la cage d’escalier, l’architecte a fait construire un petit arc segmentaire appareillé en tuffeau.
A l’avant de la sixième marche, on voit deux gonds très anciens fichés dans le mur côté Est. Et une petite saignée dans l’enduit entre les deux gonds. Sans-doute s’agit-il d’une porte posée ici pour barrer l’accès à
l’étage supérieur. Cette disposition doit remonter à l’époque des Ursulines,

Au-dessus de cette même sixième marche, un corbeau taillé en quart de rond dans du calcaire dur est fiché dans le mur et forme un renfort pour porter les marches.


A la huitième marche, du côté Est, une petite ouverture donne du jour. Son ébrasement intérieur est entouré d’un cadre tout en tuffeau avec un arc segmentaire. Dans la feuillure, on observe encore les deux gonds et même le vantail d’origine, en planches verticales de chêne tenues par deux traverses horizontales chevillées. La serrurerie remonte aussi au XVe siècle : deux petites pentures à platines rectangulaires et une targette à platine ovale.


Tous les murs de la cage d’escalier, construits en moellons de grès ont été recouvert d’un épais enduit puis blanchi. On y trouve de nombreuses reprises d’enduit non blanchi (datant de l’époque de la ferme).
La cage d’escalier est effondrée à partir de la moitié sud.

photo travaux toles

Le palier du premier étage

Le palier du premier étage est constitué de trois pierres de Soulitré disposées en éventail dont le nœud est égal au noyau. Ces pierres se situent à l’avant les deux portes jumelles qui desservent les deux
chambres. A la différence du rez-de-chaussée, il n’y a pas de différence de niveau dans l’accès à ces deux portes.

Les deux cadres de portes du premier étage sont beaucoup mieux conservés que ceux du rez-de-chaussée. Ils montrent des cadres en tuffeau à arêtes chanfreinées comme devaient l’être ceux d’en bas.

Les murs construits en moellons enduits conservent ici leurs anciens enduits blanchis à la chaux. Les deux portes ayant conduit l’entrepreneur à élargir le cercle de la cage d’escalier par deux angles carrés, on remarque au-dessus des petits arcs de pierre de taille qui permettent de passer du plan quadrangulaire au plan circulaire.

La seconde volée de l’escalier

Du palier du premier étage à celui du second, il existe dix neuf autres marches identiques à celles de la première volée.
Pour mieux porter les marches, il existe au-dessus de la porte d’entrée du premier étage un corbeau taillé en forme de quart de rond dans le calcaire dur de Soulitré. Et dans l’angle nord-est de la cage un autre petit arc segmentaire en tuffeau coupant l’angle.


A la troisième marche de cette volée existe un autre jour qui conserve son volet à planches de chêne verticales renforcé de traverses horizontales clouées à clous forgé. Il pivote sur les gonds par des petites
pentures à petites platines rectangulaire (rectangle vertical). Il a perdu sa targette.


Aux huitième et neuvième marches se trouve un autre jour dont il ne reste que l’ébrasement de gauche la cage étant ensuite effondrée.

Le palier du grenier

Le palier du grenier est constitué de deux pierres de taille et de deux planches de chêne disposées en éventail comme les marches. La dernière pierre est posée sur le corbeau en quart de rond qui est enté au-dessus de la porte d’entrée de la chambre Est du premier étage.
Le noyau en pierre s’arrête avec le palier. Dessus est posé un noyau en bois de section carrée montant jusqu’à l’enrayure de la charpente. C’est dans ce noyau que vient s’assembler le panneau de boiserie
de chêne qui fait garde-corps pour le palier.

Ce panneau de boiserie remonte au XVe siècle. Les traverses sont moulurées d’une gorge. Les panneaux sont plats.
En face du palier, côté ouest on voit encore l’ébrasement de droite (c’est-à-dire nord) de l’ouverture du moucharaby. Il est encadré de tuffeau.

Le comble de la tour d’escalier

Le haut de la cage d’escalier est fermé par l’enrayure de la charpente de la tour dont la seule particularité consiste en des entraits formant des Y dont les deux branches entrent dans le mur. Le dessus de
cette enrayure est couvert de torchis lissé, enduit et blanchi par-dessous.
Au sommet de la tour d’escalier, la charpente et la toiture ont été entièrement remodelées, sans-doute au début du XIX siècle. Ta toiture d’origine devait être beaucoup plus aigue.

photo de l’extérieur

Image prise le 31 janvier 1981.

https://manoirdelachevallerie.fr/2022/08/14/la-tour-du-logis-principal-images-historiques

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

La Tour du logis principal – images historiques.

Cet article vise à recenser les vieilles images de la tour de logis du manoir et d’en faire une frise chronologique jusqu’à la veille du chantier de rénovation.

Il sera suivi de l’habituel article sur son état des lieux à l’acquisision du manoir et de différents articles concernant le gros chantier de sa rénovation.

1916

1923

1927

1950

1954

Cette année là, dans la nuit qui a suivi une dure journée à monter des sacs de grains dans les combles la moitié ouest de la tour s’effondra dans un grand fracas.

On peut voir dans les photos précédentes les lézardes annonciatrices du désastre sur plusieurs des faces les plus à l’ouest de la tour octogonale.

ci-dessous une image prise peu de temps après.

31/01/1981

1986

Inscription du manoir au titre des Monuments Historiques de France. La tour est stabilisée par des échafaudages et la partie effondrée recouverte de tôles protectrices. L’ensemble est ainsi figé et stabilisé pour les prochaines décennies.

12/2011

2012

2014

2020

2021

On ne divulgâchera pas ici les images suivantes de la tour. Plusieurs articles seront consacrés au gros chantier de la rénovation de la tour très prochainement.