La quantité de pavé coupés l’été dernier n’étant pas suffisant, un lot supplémentaire a été récupéré et on profite des anormalement bonnes températures de février pour couper la quantité nécessaire
Préparation du sol et des bas de murs
Le sol est remis à niveau et les prises électriques sont positionnées.
Les pavés sont posés sans joint sur lit de sable et chaux.
Porte Ouest
Le niveau des sols du bâtiment principal est de l’aile Est est différents.
Une marche est taillée dans le passage de porte.
Porte Sud
Porte Est
Porte Nord et cheminée
Il restera les chantiers des murs et plafond. Les huisseries et la cheminée.
remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )
La porte qui se trouve à droite sur la façade Est, près de la façade sud, a des dimensions extraordinaires : 1,30 m de large, 2,25 m ou 2,29 m de haut (selon la hauteur du sol d’origine). Au XVIe siècle, il n’y a guère que les portes de communication de la cuisine à la salle où l’on mange qui puisse atteindre une telle hauteur. Cette porte est donc un indice fort pour placer la cuisine ancienne à l’emplacement de l’actuel pressoir.
La porte est encadrée de tuffeau avec un linteau appareillé. L’ébrasement n’est pas du tout évasé et il n’y a pas de feuillure dans le cadre, ni d’un côté ni de l’autre. Le montant sud se confond avec la façade sud. Le cadre n’est pas du tout chanfreiné, comme le cadre de l’ébrasement de la fenêtre nord.
Le linteau de tuffeau a été descendu sans doute en 1720, lorsque, à l’occasion de la transformation de la cuisine en pressoir, un linteau en bois ait été mis en place encore plus bas. Il n’y a plus de vantail ancien.
Il manque des solives ainsi que le plancher en terre et pavé au dessus.
Restauration
Solive, avant
Solive, après
la solive a été montée avec une chèvreet le sol en terre et les pavés ont été replacés.
L’encadrement de porte
Avant
Pendant
Après
remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )
Le projet initial a pour but de rétablir la couverture dans ses dispositions d’origine, antérieures au remaniement du XIXème siècle, en rétablissant une pente de 65° et en alignant l’épi sur le faîtage du corps de logis. L’état sanitaire de la couverture actuelle, ainsi que sa valeur patrimoniale, ne justifient pas un remploi des éléments existants : l’ensemble des bois de couverture (voligeage) et des ardoises sera remplacé à neuf. Le projet englobe la réfection de la couverture formant liaison entre le corps de logis et le versant Nord de la tour. Les travaux de restitution de la couverture comprennent :
La dépose en démolition de l’ensemble des ouvrages de toiture, incluant les ardoises, les bois de couverture (voligeage), les zingueries et les éléments d’étanchéité provisoire (tôles, contreplaqués).
La fourniture de voligeage en sapin de pays traité fongicide et insecticide et la pose non jointive avec fixation au clou sur chevronnage.
La fourniture d’ardoises de qualité Monument Historique (choix d’ardoises d’Angers ou similaires, de dimensions et teinte identiques à l’existant)
La pose d’ardoises au clou cranté en cuivre, incluant la mise en place d’un doublis(1).
La façon d’arêtiers fermés(2) en ardoises avec joints croisés sur rangs consécutifs, incluant la pose en sous-face de noquets(3) pour étanchéité, avec toutes sujétions pour parfaite mise en oeuvre
La façon d’épi de faîtage circulaire en plomb, incluant la façon d’amortissement en plomb octogonal. et la pose avec toutes sujétions pour parfaite mise en oeuvre (cf. détail, on verra que le matériau employé est finalement le cuivre).
La façon de noues fermées en ardoises : pour la besace en raccord entre le corps de logis et la tour, incluant la pose en sousface de noquets pour étanchéité. Nota : la réfection des noues nécessite la reprise de couverture en ardoises sur 1m alentour en versant Sud du corps de logis
La façon de faîtage en tuiles semi-circulaires scellées au mortier de chaux hydraulique : pour la besace en raccord entre le corps de logis et la tour.
La façon de rives avec bande soline en cuivre engravée et scellée au mortier de chaux naturelle hydraulique (type NHL 3,5) : pour la besace en raccord entre le corps de logis et la tour.
La fourniture et la pose de 6 passe-barre en plomb, incluant toutes sujétions pour parfaite mise en oeuvre.
(1) – Doublis : second rang de tuiles ou d’ardoises, CF en image plus bas
(2) – Arêtier fermé : les ardoises sont taillées pour se rejoindre symétriquement sur la ligne d’arêtier, CF en image plus bas
(3) – Le noquet désigne chacune des pièces coudées dont on garnit les noues (intersection de deux versants), CF en image plus bas
En images
Raccord de la besace avec noue fermée sur noquets en cuivre
Doublis
Nota : le doublis(1) d’égoût en ardoises est complété par un doublis en tuiles plates scellé au mortier de chaux hydraulique sur la corniche.
Arrêtier fermé
Noquet
Noquets en cuivre et pas en plomb
Pose de la couverture
La besace
Épi de faîtage
Panoramiques
L’épi de faîtage a été transitoire du fait de problème d’approvisionnement de matériaux.
l’épi de faîtage dans sa version actuelle.
CADET CONCEPT ET TRADITION – Entreprise De Couverture à Saint-Denis-en-Val
Restauration et restitution du linéaire de corniche sommitale :
La tour d’escalier est couronnée par une corniche en pierre de taille épousant le plan octogonal de l’ouvrage. Le rôle de cette corniche est aussi bien pratique (ceinturage des murs en partie haute et stabilisation des arases maçonnées) qu’ornementale (valorisation de la transition entre murs et couverture). La corniche présente une forme d’échine (quart de rond) avec un congé au niveau des réglets d’appui et de couronnement. L’objectif est de rétablir un linéaire continu de corniche en pierre calcaire dur de Nuillé/Soulitré, en restaurant les parties conservées et en restituant les parties lacunaires (faces Ouest et Sud-Ouest).
L’appareillage des pierres de corniches en face Ouest doit tenir compte de la portée à franchir à l’aplomb de la bretèche, grâce à une forme de plate-bande clavée à joints droits en face externe.
Linéaires de corniche conservés en face Est, Sud-Est et Sud (partiellement), avec pierres altérées par l’érosion et par le déséquilibre de la tour: ouverture des joints, épaufrures et éclatements aux jonctions des pierres. Le remplacement pour 30% des pierres est à prévoir
Les travaux de restauration et de restitution comprennent :
La fourniture et le débit de pierre calcaire, d’aspect et de propriétés similaires à l’existant (calcaire de Richemont blanc)
Le remplacement à neuf et à l’identique des pierres altérées encore en place (épaufrures(1), érosion profonde), incluant la taille et l’ajustement des pierres pour parfaite insertion aux parties conservées. Nota : en raison de l’état sanitaire des linéaires conservés, il a été prévu un remplacement de 30% des pierres de corniches subsistantes.
La restitution des linéaires lacunaires en face Ouest et Sud-Ouest, incluant la taille et l’ajustement des pierres pour parfaite insertion aux parti es conservées.
La taille et l’ajustement des pierres pour façon de plate-bande clavée à fausse coupe en franchissement de l’ouverture de la bretèche en face Ouest : ouvrage à 2 sommiers latéraux et 1 clé centrale en pierre de taille. Compris linteau pierre en second rang. Nota : la forme de corniche est maintenue et les pierres conservent des joints droits en face externe pour assurer une continuité de traitement par rapport au reste du linéaire.
Le remontage d’éléments de corniche en pierre de taille, posés à bain soufflant de mortier de chaux naturelle aérienne (type NHL 2), incluant toutes sujétions pour parfaite mise en œuvre. Nota : la restauration et le remontage s’effectuera à l’avancement de la reprise des maçonneries supérieures de la tour, avec maçonneries de moellons en blocage au niveau des arases.
Le ceinturage des pierres de corniche neuves et conservées par torons en fibre de verre, incluant toutes sujétions de forage et de pose (cf. plan de repérage ci-contre), incluant le ragréage des orifices de forage en parement pour parfaite occultation du ceinturage.
Le jointoiement en recherche au mortier de chaux, pour maçonneries de pierre de taille neuves et conservées, incluant la finition grattée et brossée à fleur de parement.
Le badigeon d’harmonisation au lait de chaux en finition (teinté naturellement), pour maçonneries en pierre de taille neuves et conservées.
L’application de traitement biocide sur ensemble des parements, avec vérification préalable de compatibilité avec les pierres supports (maintien de la micro-porosité et des teintes naturelles).
(1) épaufrure : éclat de pierre enlevé d’un bloc par accident.
Élévations des linéaires de corniches effondrés, à restituer : faces Nord-Ouest, Ouest, Sud-Ouest et Sud (partiellement) Restitution selon modèle de linéaires conservés en bon état. Forme de plate-bande clavée à fausse coupe pour franchissement de l’ouverture de la bretèche en face Ouest
En images
Quelques images pour se rappeler des étapes précédentes :
Mise en place des éléments de charpente, remontés sur place.
Vues sur les enrayures
La charpente est couverte en attendant la pose de la couverture :
La pose du bouquet marquant la fin du chantier et symbolisant le bon travail des ouvriers, maître d’ouvrage, architectes et toute personne ayant participé au chantier.
CADET CONCEPT ET TRADITION – Entreprise De Couverture à Saint-Denis-en-Val
LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY – 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr
Proposition de restitution de bretèche en face Ouest :
L’accès à la tour d’escalier était surplombé par une bretèche, un ouvrage en pierre de taille formant porte-à-faux, en appui sur 3 corbeaux. La bretèche remplissait initialement un rôle défensif, en protégeant la porte d’entrée du corps de logis (possibilité de jets de projectiles par les mâchicoulis). Sa présence permettait également de signaler le statut de la demeure seigneuriale par un traitement soigné des éléments en pierre de taille, notamment des 3 assises composant chaque corbeau, ornées de baguettes semi-circulaires. Cet ouvrage s’inscrit dans un corpus de bretèches observées sur des manoirs géographiquement proches (cf. exemples présentés ci-dessous). Les clichés de la Chevallerie témoignent de la persistance de cet ouvrage au début du XXème siècle, avant l’effondrement partiel de la tour. Son profil a pu être transformé au XIXème siècle (accentuation de la pente de couverture), mais reste cohérent avec l’ouvrage originel (maintien de la stabilité de la bretèche). Le projet comprend la restitution de la bretèche dans son état du début XXème pour les raisons suivantes :
Il s’agit du dernier état connu de manière fiable grâce aux clichés anciens.
Le profil de la bretèche est conçu pour limiter la charge de maçonnerie en porte-à-faux, garantissant une meilleure stabilité de la façade Ouest à remonter.
Les travaux de restitution comprennent :
La fourniture et le débit de pierre calcaire, d’aspect et de propriétés similaires à l’existant (calcaire de Richemont blanc).
La taille et l’ajustement des pierres pour corbeaux ouvragés avec forme de baguettes semi-circulaires.
La taille et l’ajustement des pierres pour la forme de bretèche en porte-à- faux avec façon de larmier au niveau du versant gouttereau et forme adaptée au coyau de la couverture en tuiles plates.
Le montage des ouvrages en pierre de taille, posés à bain soufflant de mortier de chaux naturelle aérienne (type NHL 2), incluant toutes sujétions pour parfaite mise en oeuvre : jointoiement, patine, traitement biocide, etc. Nota : le remontage s’effectuera à l’avancement de celui de la face Ouest de la tour.
Toutes sujétions pour scellement des rives de tête et des rives latérales en tuiles plates au mortier de chaux naturelle hydraulique (type NHL 3,5).
État de la bretèche au début du XXème siècle, avant l’effondrement partiel de la tour : à noter l’altération de la corniche à l’aplomb
1- Manoir du Petit-Béru, Vallon-sur-Gée (Sarthe) 2- Manoir de la Buzardière, Changé (Sarthe)
Esquisses basées sur les photos
Par Jean-François Lecomte.
Le montage en images
LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY – 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr
Restauration et restitution des encadrements de baies :
La tour était dotée de 5 ouvertures de dimensions modestes (58x38cm env.), destinées à l’éclairage naturel de l’escalier et des paliers. Les 3 baies situées en faces Sud et Sud-Ouest ont disparu lors de l’effondrement partiel de la tour, mais leur présence est attestée grâce aux clichés anciens du début XXème. En façade, chaque ouverture est soulignée par un encadrement en pierre de taille (calcaire dur de Nuillé/Soulitré), composé d’une pierre d’appui, de 2 pierres formant piédroits et d’une pierre de linteau. L’esthétique de l’encadrement est renforcée par une taille en chanfrein filant sur le pourtour de l’ouverture, avec un traitement soigné en biseau au niveau des angles. Nota : la variante observée sur corps de logis avec un linteau recevant une taille en forme d’arc en accolade (cf. cliché ci-dessus). Vers l’intérieur, chaque baie présente un ébrasement en pierre de taille, avec piédroits et forme de voussure en anse de panier (cf cliché ci dessous). Le projet intègre d’une part la restauration d’une baie subsistante en face Sud-Est, dont les pierres de linteau et d’appui sont fracturées ; d’autre part la restitution de 3 baies sur les façades à remonter, en prenant modèle sur les ouvertures subsistantes et en se basant sur les clichés anciens pour les repositionner de manière identique à l’état originel.
Le projet :
Pour la pierre calcaire, l’aspect et les propriétés sont similaires à l’existant (calcaire de Richemont blanc) : un échantillonnage a été fait.
Remplacement à neuf et à l’identique des pierres fracturées sur la baie Sud-Est (pierres de linteau et d’appui de l’encadrement extérieur, pierre de sommier de la voussure intérieure (voir les schémas)), incluant toutes sujétions de taille (forme de chanfrein filant en encadrement et ajustement des pierres pour parfaite insertion aux piédroits conservés).
La consolidation interne des maçonneries des 2 baies conservées (compris ébrasement) par coulis de chaux, incluant les forages pratiqués dans les joints de parement, l’injection par gravité ou surpression et le nettoyage des coulinages.
De même pour la consolidation interne des maçonneries des 2 baies conservées.
La restitution des 3 ouvertures disparues en face Sud et Sud-Est linéaires lacunaires en face Ouest et Sud-Ouest
Le remplacement et le remontage des éléments en pierre de taille.
Les textes et images de cette partie ont été adaptées du document PRO-DCE par G. Trouvé architecte du patrimoine.
En image
Dans le précédent article le mur et la première volée de marches ont été posés.