C’était une fin de semaine mémorable pour les amoureux du patrimoine historique dans le perche Sarthois, alors que les Journées du Patrimoine ont ouvert les portes de nombreux monuments historiques à travers notre région. Pendant tout le week-end, au manoir de le Chevallerie, l’énergie enthousiaste de son propriétaire, Jean-François Lecomte, a guidé les visiteurs avec un sourire chaleureux et a répondu avec passion aux nombreuses questions posées par un public captivé. Malgré un temps mitigé, les visiteurs venus d’horizons très hétérogènes ont créé un environnement d’échanges enrichissants pour tous.
Les visiteurs qui ont eu la chance de participer à l’une des visites guidées de Jean-François Lecomte ont été témoins de son profond attachement au manoir et à son histoire. Avec un savoir encyclopédique, il a guidé les groupes autour des bâtiments, dévoilant des détails fascinants sur son architecture et l’histoire de ses anciens propriétaires.
Le portail d’entrée et le mur écran dans lequel s’ouvre le portail est contemporain de la tourelle qui le ponctue au nord. Celle-ci est conservée mais on y voit de nombreuses modifications, parfois de détail, parfois importantes.
La tour est construite en moellons, mortier et enduits à chaux et sable, avec des ouvertures encadrée de pierre de taille et une corniche de même. La pierre de taille employée varie selon les niveaux : roussard pour les baies d’origine, tuffeau pour un jour percé plus tard et pour la corniche d’origine. On remarque en outre des restes de bandeau au lait de chaux au-dessous de la corniche. La corniche ne subsiste qu’à l’état fragmentaire. Les portions subsistantes n’ont plus leur mouluration d’origine. Il ne reste que le cavet du bas. La partie supérieure a été buchée à la fin du XIXe siècle : il pouvait s’agir un quart de rond ce qui au total aurait dessiné une doucine. Plusieurs morceaux de corniche ont disparu, et un pan entier du mur de la tourelle a été reconstruit côté ouest vers 1930 ou 1940, ce qui va être à présent détaillé.
Photographie fournie par l’Inventaire des Pays de la Loire.
2011
2012
Elévation sud de la tour près de l’entrée. En bas la meurtrière d’origine mais obturée, encadrée de roussard. Au-dessus : un jour encadré de tuffeau, plus récent, comme le montre la reprise d’enduit autour. Au-dessus, le bas de la fenêtre du premier étage, encadrée de roussard. L’angle formé par le mur écran et la tour montre que les maçonneries sont intimement liées, preuve de le construction contemporaine. Sur la fenêtre du premier étage de la tour près de l’entrée (photo à droite). Sous le linteau, on aperçoit le trou pour un barreau de fer. il existe de la même façon sur le rebord mouluré. Le chanfrein appliqué sur le cadre en roussard, avec congé en bas des piédroits et la mouluration du rebord, sont caractéristiques de la fin du XVe siècle et du début du XVIe
Le côté sud de la tour se trouve à l’extérieur du mur d’enceinte. On y trouve en bas une meurtrière utile pour un tir de flanquement. L’ouverture est bouchée mais elle semble mesurer 10 cm de large et 52 cm de haut. Tout autour, le cadre est en grès roussard. Cette ouverture paraît tout à fait d’origine et sans autre modification que son bouchement.
Un peu plus haut, on voit un petit jour mesurant 31 cm de large et 41 de haut tout encadré de tuffeau. Tout autour, l’enduit a été refait lors de la création de ce jour et paraît bien différent de l’enduit précédent (sans doute celui d’origine) qui subsiste tout autour. Cette ouverture est difficilement datable : XVIIIe ? Il semble qu’au XIXe siècle (même au début) ce soit plutôt la grosse brique vernissée qui ait été mise en œuvre à la Chevalerie pour encadrer les jours : on en voit de nombreux ainsi construit sur les dépendances agricoles. Plus haut encore se trouve la fenêtre destinée à éclairer le premier étage de la tour. Obturée de maçonnerie, elle paraît mesurer 57 cm de large et 113 de haut. Son cadre est en grès roussard, décoré seulement d’un chanfrein se terminant sur un congé, et d’un rebord mouluré. On y voit encore un trou pour un barreau de fer sous le linteau et un autre au dessous, sur le rebord.
Tout en haut du mur, sur la corniche en tuffeau est inscrite la date de réfection de la toiture :
Renoux 1906 Couvreur 1906
Détail de la corniche, côté sud de la tour
Côté Est de la tour
Du côté Est, l’élévation conserve un enduit ancien, qui paraît d’origine. Il n’y pas d’ouvertures de ce côté. Si, sous la toiture, une partie de la corniche maque, c’est parce qu’il y avait là le passage d’un ancien tuyau de cheminée à présent disparu. Sur la corniche on voit une inscription : «1894», qui doit correspondre à une autre reprise de la toiture.
Détail de la corniche, côté Est de la tour
Côté nord de la tour
Il n’y a pas davantage d’ouvertures du côté nord de la tour, c’est à dire du côté de la parcelle de terre dénommée le verger. Par contre, comme du côté Est, l’enduit qui est conservé paraît bien d’origine. Cela n’est d’ailleurs pas surprenant puisque ce sont les côtés les moins exposés aux intempéries et à l’ensoleillement, donc aux variations de température.
Au haut de l’élévation un distingue encore très clairement les restes d’un bandeau blanchi à la chaux sur l’enduit sous la corniche. Il est manifeste que le bandeau se poursuivait à l’origine tout autour de la tour
Les restes du bandeau réalisé au lait de chaux sur l’enduit d’origine, sous la corniche, côté Est de la tour.
Plus bas, au dessus du mur d’enceinte (c’est-à-dire de la dépendance) on voit une différence dans l’enduit qui se manifeste par une réfection d’enduit plus claire, presque blanc, avec un moellon qui dépasse de la surface de l’enduit. Ce sont les signes manifestes d’un rebouchage ancien, mais de quoi ? S’agit-il de la démolition d’un mur qui venait s’appliquer contre la tour à cet endroit, autrement dit la preuve que le mur d’enceinte primitif était beaucoup plus haut qu’actuellement ? Si l’on en croit ces traces d’enduit, il aurait mesuré plus de 3 m de haut. Il peut y avoir une autre explication comme le bouchage d’un trou qui se serait formé par usure, hypothèse qui mérite d’être évoquée car au droit de ce rebouchage, il existe une fissure traversante, montant jusqu’à l’arase du mur et qui a été rebouchée vers 1930 lors des travaux de reconstruction de l’élévation du côté ouest (même enduit de couleur ocre jaune).
Est-ce d’un ancien mur d’enceinte ayant précédé la dépendance actuelle (à droite) ? Ou plutôt d’une fissure, celle-là même qui se prolonge jusqu’à l’arase du mur et qui a été bouchée vers 1930/40 (enduit ocre jaune et corniche manquante bouchée avec des briques). On voit aussi que l’arrondi de la tour se poursuit vers l’ouest et que le mur de la dépendance s’appuie sur la tour, preuve qu’il est plus récent.
Une partie de l’élévation nord de la tour est cachée par la maçonnerie début XIXe de la dépendance. Si l’on rentre dans la dépendance, on retrouve d’ailleurs l’arrondi de la tour. Cette vue aérienne permet de l’apprécier.
Côté nord-ouest de la tour
Le côté nord ouest de la tour est visible depuis la cour intérieure. On y voit au rez-de-chaussée une meurtrière, une fente mesurant 4 cm de large sur 42,5 cm de haut avec un trou rond au milieu. Elle est tout encadrée de roussard. Elle se situe aujourd’hui côté intérieur de l’enceinte, en face du pignon de la dépendance agricole. Or, une ouverture de tir de flanquement se situe nécessairement à l’extérieur de la cour.
en face du pignon de la dépendance agricole
bien cachée
Côté nord-ouest de la tour, en bas, à la jonction de la partie reconstruite vers 1930, une meurtrière qui était nécessairement située à l’extérieur de l’enceinte pour permettre un tir de flanquement.
Ceci amène à affirmer qu’il existait à l’origine un mur de clôture différent qui reliait la tour à l’angle du principal logis d’habitation.
Ce que l’on sait aussi, c’est que la tour et le mur écran ont été bâtis concomitamment ; que la tour est antérieure à la clôture nord actuelle de la cour ; qu’un mur de clôture plus ancien laissait la meurtrière nord-ouest à l’extérieur de l’enceinte et partait par conséquent en droite ligne vers l’un des angles Est du principal corps de logis. De ce fait, l’aile Est du logis d’habitation est nécessairement postérieure puisque le mur primitif, disparu, la laisse à l’extérieur de l’enceinte.
Chronologie des constructions liées à la tour :
En jaune les bâtiments plus anciens que la tour et le mur écran du portail.
En rouge, sans doute au tout début du XVIe siècle, une campagne de construction comprend la tour et les murs d’enceinte qui lui sont liés.
Celui du portail subsiste (mais pas le portail), celui qui se dirige vers le logis a été démoli lors de la construction de l’aile orientale d’habitation
Côté ouest de la tour aujourd’hui
Le côté de la tour qui fait face à la cour intérieure est celui qui a été le plus modifié. La carte postale du début du XXe siècle montre son état d’origine qui a depuis entièrement disparu.
Il a été reconstruit en entier vers 1930 du sol jusqu’au dessous de la charpente. L’enduit y est différent, plus régulier et plus ocre. On y voit une porte au rez-de-chaussée et une fenêtre au premier, entièrement entourées de grosses briques violacées avec des linteaux en bois. Il s’agit encore de maçonnerie à chaux et sable, mais les maçons ont appliqué entre les briques des joints en ciment. Le mur monte jusqu’au bas de la charpente. Il n’y a pas de corniche mais un alignement de grosses briques violacées.
Les côtés nord et ouest de la tour, où l’on voit la reconstruction du côté ouest et les reprises du côté nord, notamment sous la toiture.
Côté ouest de la tour à l’origine
Grâce à la carte postale ancienne, on voit qu’à l’origine, la porte se trouvait dans l’angle formé par la tour et le mur du portail. Le jambage de gauche paraît en pierre calcaire avec des réparations plus récentes faites avec des briques. Quant au jambage de droite, il n’est guère visible sur la photo. De ce jambage, il reste encore aujourd’hui la base : elle est en grès roussard et posée sur un reste de seuil. C’est le signe que la porte était à l’origine encadrée de grès roussard.
Le couvrement de la porte consiste en un arc segmentaire en pierre blanche. Le vantail paraît peu ancien. Il est d’ailleurs rectangulaire et ne ferme pas la partie haute de l’ouverture. Ses pentures sont posées à l’envers (côté extérieur). Il serait étonnant que la porte d’origine ait été encadrée en pierre calcaire tandis que toutes les autres baies d’origine de la tour sont en grès roussard ! D’autant qu’une bonne construction commande de mettre la pierre la plus résistante (le roussard) au rez-de-chaussée, surtout aux portes, plus sujettes à des frottements. Par conséquent, on peut penser que la porte a pu être repercée bien après la construction de la tour, peut-être à la fin du XVIe ou au XVIIe siècle. Ce qui est certain, c’est qu’il n’existe aucune marque de porte à un autre emplacement.
Le côté ouest de la tour, avant reconstruction (zoom de la carte postale ancienne)
La fenêtre du premier étage s’ouvre au-dessus de la porte, sans être alignée. Elle se trouve au plus près de l’angle du mur du portail. Elle est à peine moins haute que la fenêtre qui s’ouvre du côté sud de la tour. Son cadre en grès roussard paraît avoir été partiellement muré dans sa partie basse. Son rebord a été brisé. Au dessous du cadre de la fenêtre on trouve deux assises de grès roussard. Il ne s’agit pas de piédroits qui prolongeraient vers la fenêtre vers le bas jusqu’à en faire une porte, mais des pierres qui ne n’alignent pas avec les montants de la fenêtre et qui ont un rôle de chaînage. La nature de la pierre employée (roussard) indique une ouverture d’origine. On ne voit pas sur la photo le montant de droite et l’on ne peut déterminer s’il est masqué par le mur du portail ou non. Plus haut, la photo ancienne montre des vestiges de la corniche en tuffeau et du bandeau marqué au lait de chaux qui la souligne.
Parties intérieures
Le rez-de-chaussée de la tour
A l’intérieur de la tour, le rez-de-chaussée a dû servir longtemps de toits à porcs. Ce peut être son usage dès l’origine, d’ailleurs. Le sol est au-dessus du niveau de la cour de 15 cm environ (hauteur d’un seuil). Il est actuellement revêtu de briques violacées du début du XXe siècle. La pièce est de plan quadrangulaire irrégulier. Elle mesure 3,70 m dans les sens Est/Ouest et 3,34 m dans le sens nord/sud. Les murs ont été entièrement renduits à diverses époques à chaux et sable. Le mur nord est rectiligne on n’y voit aucune particularité, pas même les traces de la meurtrière qui s’y trouve pourtant. Les enduits ont définitivement masqué jusqu’au cadre intérieur qui doit pourtant être en roussard. En haut du mur, on aperçoit les marques laissées dans le mur par le plancher initial qui était un peu plus bas que l’actuel. Il n’y pas davantage de particularités sur le mur Est. Il forme un angle à peu près droit avec le mur nord. Côté sud, on ne voit plus l’autre meurtrière, également masquée par les enduits refaits à plusieurs reprises. Grâce à la petite fenêtre entourée de tuffeau à l’extérieur (du XVIIIe siècle ?), on peut mesurer l’épaisseur du mur à cet endroit : 93 cm. Dans l’angle des murs sud et Est, en haut, on voit le bas du jambage de la cheminée du premier étage, preuve supplémentaire que le plancher supérieur du rez-de-chaussée était initialement plus bas qu’aujourd’hui.
On verra plus d’images lors de l’ouverture des fenêtres.
Quant au mur Sud, il résulte entièrement de la construction des années 1930/40, à l’exception de son angle sud où subsiste encore un peu de la maçonnerie d’origine ce qui permet de voir que le mur avait au départ une épaisseur de 67 cm (aujourd’hui de 43 cm).
A l’origine, la hauteur du rez-de-chaussée était de 2,55 m sous solives. Il est aujourd’hui plus haut de 53 cm environ. Lors des travaux des années 1920, des solives ont été reposées et couvertes d’un traditionnel torchis, mais sans enduit par-dessous.
Le premier étage de la tour
Le niveau du sol du premier étage était à l’origine 53 cm plus bas qu’aujourd’hui. Les traces de l’ancien plancher et la conservation des enduits d’origine le prouvent. En effet, le mur enduit et blanchi se poursuit jusqu’en haut du rez-de-chaussée actuel. Le plan quadrangulaire du premier étage est identique à celui du rez-de-chaussée.
Le mur nord conserve entièrement son enduit blanchi à la chaux qui prouve que cette pièce était habitée. Plusieurs fermiers du XIXe siècle ont utilisé ce mur comme un tableau d’écriture : ils ont laissé leur nom, parfois une phrase littéraire et des dates (1842, 1861, 1869, etc.).
Le mur Est ne diffère pas du précédent. Il porte aussi de nombreuses inscriptions de même type.
Dans l’angle nord-est se trouve une cheminée dont le foyer est pratiqué dans l’épaisseur du mur de sorte que le chambranle est sur le même plan que le mur. Il est construit en pierre de taille calcaire. Les jambages descendent jusqu’à 53 cm au-dessous du sol actuel. Au total le foyer d’origine mesurait 99 cm de large sur 93 de haut. Cette cheminée ne portant aucune moulure ne peut être datée. Elle est évidemment ancienne. Rien ne montre qu’elle serait postérieure à la construction de la tour.
Premier étage de la tour : haut de la cheminée d’un type plutôt connu à la fin du XVIIe siècle
Le mur sud est percé de la fenêtre d’origine dont l’ébrasement est encadré en grès roussard, sauf le jambage le plus haut et le couvrement en linteau clavé qui sont en tuffeau. L’ouverture est murée mais en passant par quelque vide on parvient à mesurer à mesurer l’épaisseur du mur au premier étage : 75 cm, par conséquent moindre que celle du rez-de-chaussée (presque 20 cm de moins).
Tout le mur ouest date de la reconstruction de cette portion de la tour, à l’exception de la maçonnerie qui fait l’angle sud-ouest. Le mur nouveau a la même épaisseur qu’au rez-de-chaussée. L’ouverture est de même construction : entourée de grosses briques violacées ornées de joints au ciment.
Le plancher supérieur, construit à 2,93 m du sol d’origine, a presque entièrement disparu. Il était constitué de torchis enduit et blanchi par dessous d’une épaisseur de 23 cm. Il était porté par sept solives de 16 cm d’équarrissage placées dans le sens Est/Ouest et espacées de 26 à 30 cm. Chaque extrémité des solives s’enfonçaient de 15 cm dans le mur. Il n’en reste qu’une seule, celle qui longe le mur nord. Les autres ont été arrachées laissant seulement leur empreinte. Un huitième solive, plus courte, longe le mur sud et reste en place.
Le comble de la tour
Au-dessus du premier étage, le grenier est entouré d’un mur de renchaussement de 1,53 m qui n’est recouvert que d’un enduit dégrossi. Le comble conserve sa belle charpente. On y observe un chevêtre du côté Est qui indique le passage du tuyau de cheminée. L’extrémité ouest des tirants est quelque peu pourrie et les bâtisseurs des années 1920 les ont soutenues par une pièce de bois posée dans le sens nord/sud. La pente du toit atteint 68 °.
Première enrayure
La couverture d’ardoise a été réalisée par le couvreur Renoux en 1894 et 1906, selon les inscriptions gravées sur la corniche. Il y a placé au sommet un épi de faîtage décoré d’un dauphin en fer blanc.
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés
Tout le côté sud de la cour est clos par un grand corps de dépendances qui abrite trois étables autour d’une grange, l’ensemble paraissant fort ancien. Le bâtiment rectangulaire est autonome et paraît construit d’un seul jet. Il mesure au total hors œuvre : 25 m de long sur 10 m de large.
Le plus ancien document qui donne quelques explications sur le grand corps de bâtiment de dépendance se trouve dans le minutier d’un des notaires de Saint Calais. Il s’agit de la visite et montrée de la Chevalerie, rédigée le 16 ventôse de l’an 2. Le document ne décrit pas le bâtiment pour lui-même mais il dresse la liste des réparations à effectuer, pièce après pièce. Voici la liste des prescriptions de l’expert :
« Que dans la grange, il y a autour des murs une toise de renduit à faire à chaux et à sable, estimé 3 livres ; Que le cinats qui est sur la batterie est composé de perches qui appartiennent au fermier ; Que dans l’écurie d’à côté de ladite grange il y a trois toises d’enduit à refaire à chaux et à sable estimé œuvre et matière 9 livres ; Que la porte de ladite écurie est en passable état et garnie de ses pentes et gonds ; Que la crèche de ladite écurie est à recharger pourquoi il a taxé 3 livres ; Que dans une autre écurie au bout de ladite grange il y a quatre toises de renduit à refaire à chaux et à sable, estimé 12 livres ; Que la crèche de ladite écurie est à recharger pourquoi a taxé 3 livres ; Que la porte de ladite écurie est garnie de ses pentes et gonds et en passable état ; Que dans l’écurie servant de bergerie il y a une demi-toise d’enduit à refaire estimé 30 sols ; Que les planchers desdites écuries sont en passable état ; Que toutes les crèches, râteliers appartiennent aux fermiers »
Pour résumer ce bâiment, on peut dire qu’il se compose d’une grange au centre et d’une écurie de chaque côté, avec une bergerie au bout. Cette disposition générale n’a pas varié depuis, puisque l’on trouve toujours une grange flaquée du côté ouest d’une étable et du côté Est de deux étables successives
Le grand corps de dépendance sud. A gauche plan cadastral de 1829. A droite plan voyer de 1838
Balade à l’extérieur du bâtiment
Dans cet article on se contentera d’un aperçu extérieur de l’ensemble du bâtiment.
Chaque pièce sera détaillée dans des articles dédiés.
Le pignon Est
Le pignon Est présente une maçonnerie particulière de moellons cassés dans un grès de couleur un peu ocre jaune disposés en tous sens dans un mortier de chaux et de sable fin de couleur ocre. Le pignon paraît totalement indépendant de la maçonnerie du mur de clôture de la cour où s’ouvre le portail.
On n’y trouve aucune ouverture ancienne, seulement une porte donnant dans le grenier qui n’a été percée qu’à la fin du XIXe siècle, comme le montre le cadre en grosses briques avec rebord et linteau en bois et la reprise d’enduit tout autour. D’ailleurs, cette reprise d’enduit prouve bien que le pignon est de construction ancienne, antérieure aux travaux d’aménagements du XIXe siècle.
On remarque aussi la reprise des murs sur la rive du pignon, notamment autour des extrémités des pannes, ce qui montre que la toiture a été reconstruite, ce que l’étude du comble confirme (voir plus bas). Ces reprises sont faites en maçonnerie traditionnelle au mortier de chaux et sable. Elles datent vraisemblablement du XIXe siècle (comme la porte d’entrée du grenier).
La façade nord
La façade nord est la plus ouverte. Comme elle a été constamment modifiée, sa lecture est devenue assez complexe. Voici comment on peut analyser son évolution.
Le grand corps de dépendance sud, façade nord
A l’origine, la maçonnerie est faite de moellons de grès cassés posés en tous sens, sans soin, avec un mortier de chaux et sable tamisé de couleur ocre rouge, comme sur le pignon Est. Les ouvertures les plus anciennes sont encadrées de tuffeau avec des arêtes chanfreinées. Mais on en voit aussi une en grès roussard. Ce sont les seules types de pierre de taille employés sur ce bâtiment à l’origine. On n’y trouve aucun calcaire oolithique tandis que c’est la seule pierre de taille utilisée sur le principal logis d’habitation. Par conséquent, ce corps de dépendance ne paraît pas contemporain du principal logis. Au contraire, le tuffeau et le grès roussard sont également les deux seuls types de pierre de taille employés sur la tour, près du grand portail. Ce qui laisse penser que le maître d’œuvre a été le même. Autrement dit, l’emploi du roussard et du tuffeau fait penser à une campagne de construction contemporaine de la tour de flanquement et de la muraille du grand portail d’entrée. C’est une campagne de travaux non représentée sur l’habitation.
Les murs ont été plusieurs partiellement ré-enduits, repercés, et parfois même la maçonnerie elle-même a été reconstruite.
La partie haute de la dépendance, notamment, a été entièrement reconstruite : tout le haut du mur a été relevé de quelques dizaines de centimètres, ce qui se lit parfaitement dans la maçonnerie, et la charpente a été elle-même reconstruite en même temps, c’est-à-dire au XIXe siècle.
La hauteur primitive de la façade reste marquée par un bandeau blanchi à la chaux encore très visible sur toute la moitié de droite de la façade et qui fait aussi penser au bandeau qui souligne la corniche de la tour
Le haut du mur, à droite de la grange, façade nord
Le haut du mur, à droite de la grange, façade nord La partie haute a été surélevée au XIXe siècle. Au-dessous de la surélévation, on observe encore des traces du bandeau d’origine, réalisé au lait de chaux sur l’enduit, comme sur le tour de flanquement. Ce bandeau marque la hauteur primitive de l’élévation de la dépendance.
Ecurie Est
L’écurie la plus à l’Est s’ouvre primitivement sur la cour par une porte et un jour à côté.
Extrémité Est de la grande dépendance, façade nord : ouvertures de l’écurie Est
Fenêtre de l’écurie Est
Le jour d’une cinquantaine de centimètre de large est entouré d’un cadre de tuffeau équarri, non chanfreiné. Ont voit qu’à l’intérieur l’ébrasement est en maçonnerie principalement de briques fines, avec un rebord et un linteau en bois, typique du XVIIIe siècle. C’est donc la date qu’il faut assigner à ce jour
Porte de l’écurie Est
La porte a une largeur de 115 cm. Elle était entourée d’un cadre tout en tuffeau chanfreiné dont il ne reste plus que le linteau aux arêtes très usées, avec un dessin d’accolade gravé sur le linteau encore perceptible. Au-dessus du linteau, l’arc de décharge est appareillé en tuffeau. Les piédroits ont été remplacés par des briques d’un côté et des moellons montés au ciment de l’autre.
Porte de l’écurie Est : détail du linteau avec les vestiges d’une accolade au milieu
Tout le haut de cette baie est encore entouré de maçonnerie au mortier ocre d’origine mais avec de très nombreuses reprises d’enduit. Il s’agit donc d’une ouverture d’origine (l’étude intérieure le confirme).
Extrémités des poutres
L’écurie Est possède aujourd’hui deux poutres. Mais on voit que leur extrémité apparaît sur la façade nord : l’une est alignée avec la façade et l’autre dépasse même un peu vers l’extérieur. Ce n’est pas une manière de construire traditionnelle. Du reste, on voit que l’enduit a été refait tout autour de l’extrémité des poutres. Tous ces indices montrent que ces poutres ont été posées tardivement, et que pour les poser, les charpentiers ont creusé deux trous par lesquels ils les ont enfilées. D’ailleurs, on retrouve ces caractéristiques sur la façade sud.
Ecurie joignant la grange
Il existait une deuxième écurie, entre l’écurie Est et la grange. Il en reste encore un jour et une porte d’entrée. Mais comme l’aménagement intérieur de la dépendance a été totalement réorganisé au XIXe siècle, le jour se trouve aujourd’hui dans la première écurie et la porte (murée) dans la grange. Ces deux ouvertures éclairaient l’écurie que l’on peut qualifier du milieu.
Jour de l’écurie du milieu
Le jour de l’écurie du milieu mesure 41 cm de large. Il est entouré d’un cadre de tuffeau équarri et non chanfreiné, comme celui de la première écurie. On remarque d’ailleurs que l’enduit est rapporté tout autour. A l’intérieur, son ébrasement est entouré de montants en maçonnerie de briques, d’un rebord et d’un linteau en bois, typiques du XVIIIe siècle. C’est donc la date qu’il faut assigner au percement de ce jour.
Ecurie du milieu : le jour et la porte d’entrée murée
Porte de l’écurie du milieu
La porte de l’écurie du milieu est aujourd’hui murée. Sa largeur était de 96 cm et sa hauteur de 190. Elle était entourée d’un cadre en tuffeau chanfreiné dont il reste encore tout le linteau et les piédroits du haut. Quant aux piédroits du bas, on ignore s’ils étaient également en tuffeau ou en pierre dure. Le linteau et l’arc de décharge appareillé en tuffeau au-dessus ressemblent en tous points à celui de la porte de l’écurie Est. Tout autour on retrouve la maçonnerie d’origine de moellons de grès cassé montés au mortier de sable fin et ocre rouge.
Comme la porte de la première écurie, il s’agit donc d’une ouverture d’origine (l’étude intérieure le confirme).
Jour entouré de bois
A droite de la porte qui vient d’être étudiée se trouve la trace d’un jour entouré de planches de bois, mais rebouché depuis longtemps. Il ne remonte probablement pas à l’origine de la construction.
La grange
La grange, ainsi que l’écurie qui précède, occupe à peu près le milieu du corps de dépendance. Cette situation est d’ailleurs attestée par la visite et montrée de l’an 4. Sur la façade, la grange s’annonce par sa grande porte qui permet d’entrer avec des charrettes chargées de paille ou de foin.
La porte de la grange
La porte de la grange mesure 2,82 m de large et 3,42 m de haut. Il suffit d’observer l’enduit tout autour pour s’apercevoir qu’il s’agit d’une reconstruction plus récente que le mur de façade d’origine. En effet, cet enduit est contemporain de la construction de la porte mais il diffère radicalement de celui d’origine.
Pour construire les jambages de la porte, deux matériaux sont employés : le grès roussard en partie basse (sur 2,15 de haut), puis du tuffeau (jusqu’en haut). Le principe est bon : pierre dure au plus près du sol, pierre tendre à l’endroit le moins fragile.
Une autre différence oppose les deux matériaux mis en œuvre : le roussard a son arête chanfreinée mais pas le tuffeau. Ce qui signifie clairement que le roussard est le remploi d’une ouverture ancienne et le tuffeau ajouté. Les piédroits de roussard proviennent d’une ouverture ancienne, c’est-à-dire que leur emplacement actuel n’est pas celui d’origine. Comme tous les piédroits (tant de roussard que de tuffeau) sont appareillés de la même façon, dans le mur de façade, il apparaît qu’ils ont été montés ensemble, dans la même campagne de travaux. L’arête chanfreinée des piédroits de roussard permet de dater leur taille du XVe ou du XVIe siècle, tandis que l’ouverture actuelle date tout au plus du XVIIIe siècle, voir du XIXe. L’ouverture est couverte par un long linteau en chêne qui date nécessairement de l’époque où la façade a été surélevée (XIXe siècle).
Dans ce linteau, on observe des trous ronds destinés à faire entrer l’axe de la porte de grange. Tout en bas, au droit de ces trous, on aperçoit encore des socles de grès qui ont servi à recevoir un axe en fer. Mais ces dispositions ont changé depuis. La porte pivote aujourd’hui sur des axes situés sur le même plan que la façade.
L’écurie ouest
A l’extrémité occidentale du grand corps de dépendance se trouve une troisième écurie dont l’existence est attestée par l’état des lieux de l’an 2.
Mais depuis cette date, elle a été considérablement transformée. On ne mentionne pas ici les jours très tardifs (vers 1900 ?) percés en hauteur du mur et entourés de grosses briques violettes et d’un linteau en bois.
La porte de l’écurie ouest
A l’extrémité ouest de la façade, on trouve deux dernières ouvertures donnant dans l’écurie la plus à l’ouest. Tout d’abord une porte d’écurie, large de 113 cm, cernée de grosses briques du XIXe siècle, et tout autour un enduit refait et bien différent de celui d’origine. Signalons ici rapidement les jours XIXe percés en hauteur du mur de part et d’autre de la porte et entourés de grosses briques violettes et d’un linteau en bois.
Le jour à droite de la porte d’écurie
Plus à droite encore, il existe un jour entouré de tuffeau et de briques fines anciennes. Le cadre et l’enduit qui a été fait autour en même temps, sont à peu près identiques aux jours encadrés de tuffeau qui servent d’aération à l’écurie orientale et à l’écurie du milieu. Ces trois jours paraissent remonter au XVIIIe siècle. Entre la porte du XIXe et cette petite fenêtre on aperçoit dans le mur des blocs de roussard taillés. Mais ils ne dessinent aucun cadre d’ouverture et d’ailleurs, côté intérieur, on ne voit aucune trace d’ouverture. Il s’agit manifestement de remploi de pierre lors d’une reconstruction partielle de ce bout de mur de façade.
A droite de la porte d’entrée du XIXe siècle (encadrée de grosses briques), on aperçoit des blocs de roussard : ils ne forment pas une arête continue et ne peuvent pas constituer un vestige d’ouverture. Les trois blocs de pierre blanche à droite sont alignés mais ne correspondent pas à une ouverture. A droite encore, on voit un jour encadré de tuffeau et de briques fines anciennes qui paraît remonter au XVIIIe siècle.
Le pignon ouest
Le pignon ouest est construit comme le reste des murs en maçonnerie de moellons au mortier de chaux. On y observe trois éléments particuliers :
Le contrefort de maçonnerie qui s’appuie à peu près en son milieu ;
La porte d’entrée percée dans l’angle nord-ouest ;
L’angle sudouest qui se détache de la maçonnerie du pignon.
Le contrefort
L’énorme contrefort a été ajouté postérieurement à la construction du grand corps de dépendance. En effet, il vient s’appliquer contre le pignon : les maçonneries ne sont pas liées. On y trouve des blocs de grès de Bouloire, une pierre dure très différente des autres pierres utilisées dans ce bâtiment, par conséquent d’une autre époque. Ce contrefort existe déjà sur le plan cadastral de 1829
La porte en angle
L’ancienne porte d’entrée située contre l’angle nord-ouest est encadrée de grès roussard. L’entrepreneur a préféré le grès pour l’exposition ouest, sujette à la pluie et au soleil, réservant le tuffeau aux portes de la façade nord. Ce qui reste de cette porte d’angle permet de connaître sa hauteur : 1,70 m, tout à fait convenable pour une étable et pour des domestiques, mais trop faible pour des seigneurs. Mais pas sa largeur car il ne reste qu’une seule des pierres qui constituait le linteau appareillé. Les montants et la pierre du linteau sont chanfreinés avec un congé en bas, sur la base des piédroits. On retrouve ainsi les mêmes caractéristiques de taille de pierre sur ce cadre de roussard que sur la fenêtre de la tour de flanquement. C’est un indice supplémentaire qui milite pour une datation commune. Les caractéristiques de cette ouverture de roussard – particulièrement le chanfrein et le congé – peuvent servir pour restaurer les cadres très usés en tuffeau des portes de la façade nord.
Comme cette porte s’ouvre sur un niveau très inférieur aux autres écuries de ce corps de bâtiment, il paraît que l’extrémité sud ne devait être accessible que par le pignon ouest et devait se trouve plus bas que les autres pièces de ce corps de logis.
On le verra très probablement dans de futurs travaux.
L’angle sud
L’angle sud se détache du reste de la maçonnerie du pignon. C’est un mouvement de sol, sans doute, qui occasionne cette avarie.
La façade sud
La façade sud de ce grand corps de bâtiment est fort peu ouverte. Rien d’étonnant à cela d’ailleurs, puisqu’elle donne sur l’extérieur de la clôture. Le principe même de l’enceinte, de la clôture signifie que les murs sont fermés du côté extérieur. Il existe une unique ouverture ancienne – d’origine – et quelques percements ultérieurs.
Fenêtre ancienne de l’écurie Est
La seule ouverture d’origine de cette façade est une fenêtre éclairant l’écurie Est. Sa facture est de même type que les portes d’écuries qui donnent du côté nord : un cadre en tuffeau avec une arête chanfreinée. Le rebord a cependant été démoli. On trouve encore tout autour le mortier d’origine fait au sable fin et de couleur ocre. Mais l’arc de décharge au-dessus a disparu, car un jour supplémentaire a été créé au XVIIIe siècle. Il est encadré de tuffeau à l’extérieur et un enduit différent de celui d’origine l’entoure depuis son percement. Côté intérieur il est cerné de briques fines et d’un rebord et d’un linteau en bois. Il a donc les mêmes caractères que les jours percés au XVIIIe siècle côté nord.
fenêtre de l’écurie Est, façade sud. Elle a perdu son arc de décharge (remplacé par un jour au XVIIIe siècle) et son rebord. De part et d’autre, les extrémités des poutres rapportées au XIXe siècle.
Extrémités des poutres de l’écurie Est
De chaque côté de cette fenêtre, on voit les extrémités des deux poutres qui portent le plancher de l’écurie Est. Comme sur la façade nord, on voit que ces deux poutres affleurent et qu’il existe une reprise d’enduit tout autour. C’est une preuve supplémentaire que les poutres ont été rentrées tardivement dans ce bâtiment en les faisant pénétrer par des trous percés dans les façades.
Jours du XIXe siècle
Il existe plusieurs jours percés en hauteur au XIXe siècle et encadrés de briques violettes et de linteaux en bois.
Partie de mur reconstruite
Au milieu de la façade sud, on remarque une partie de mur entièrement reconstruite en maçonnerie de moellons non plus de grès cassé mais ramassés à la surface des champs. Cette partie de façade (qui correspond à la grange) comprend à l’arrière deux montants de tuffeau, l’un élevés comme un piédroit d’ouverture, l’autre comme un chaînage (voir article intérieur). Ces empilements de tuffeau ne correspondent à aucune ouverture visible en façade.
Porte de la grange
Plus à gauche s’ouvre la grande porte de la grange (2 m de large), percée en face de celle qui donne sur la cour. Elle est de construction contemporaine à cette dernière, sans doute du XIXe siècle. On remarque la reprise d’enduit tout autour.
Façade sud, porte de la grange. A gauche en bas, une pierre de roussard servant à l’écoulement du purin d’une écurie. A droite partie de mur reconstruite.
Jour de l’écurie ouest
A l’extrémité ouest de la façade, on trouve une dernière petite fenêtre d’écurie identique à toutes celles déjà observées et qui datent du XVIIIe siècle.
Extrémité ouest de la façade sud : un jour du XVIIIe encadré de tuffeau mais muré donnait dans l’écurie ouest. Au-dessus jours du XIXe encadrés de brique.
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés
Appelée « Etable » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Porcherie » sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.
Il existe une dépendance côté ouest accolée à la tour du portail d’entrée.
Le caractère de cette petite dépendance évoque le XIXe siècle. Elle figure déjà sur le plan cadastral de 1829.
Extérieur
Sur sa façade ouest, bâtie en moellons hourdé au mortier de chaux et sable, le cadre de la porte est en calcaire oolithique. Son linteau est en bois, son seuil en grès fin et gris/beige de Bouloire. A côté, il existe un petit jour entouré de grosses briques vernissées.
Le pignon nord est également bâti en moellons avec mortier de chaux et sable. Dès l’origine de sa construction, il a été percé de deux portes encadrées de grosses briques, sous un linteau en bois. Au-dessus des deux portes, à la pointe du pignon, s’ouvre une fenêtre encadrée de bois et donnant accès au grenier. Le pignon sud se compose principalement du mur arrondi de la tour du début du XVIe siècle. Quant à l’élévation orientale, il s’agit du mur de clôture, dans lequel des petits percements ont été réalisés au XIXe siècle.
L’étable et le poulailler du XIXe . A gauche sur le plan cadastral de 1829, à droite sur le plan voyer de 1892
Le mur Est, il s’agit du mur de clôture, dans lequel des petits percements ont été réalisés au XIXe siècle.
Intérieur de l’étable
A l’intérieur, on voit à l’extrémité sud le mur arrondi de la tour du XVIe siècle. Le pignon vient s’y appuyer. Il est construit en moellons et mortier chaux et sable. Le mur sud est parfaitement lié aux murs Est et ouest : ces trois murs sont par conséquent contemporains. Autrement dit, le mur de clôture oriental n’a aucune ancienneté. Il est monté en moellons avec un mortier de terre. Un enduit de chaux et sable l’a recouvert à l’origine mais la plupart est tombé : il n’en reste un peu qu’en partie haute. Dans ce mur, il existe deux jours encadrés de brique d’origine (c’est-à-dire XIXe).
A l’extrémité nord de l’écurie s’élève une cloison de grosses briques enduite au sable jaune qui n’est pas liée aux façades. Elle a donc pu être ajoutée ultérieurement mais il faut plutôt retenir qu’elle est contemporaine, car elle correspond aux deux portes percées dans le pignon nord qui, elles, sont assurément de la première construction de ce bâtiment. Vu de l’intérieur, le mur ouest est monté en moellons avec mortier de chaux et sable. La porte mesure à l’extérieur 92 cm de large sur 202 de haut. Elle a un ébrasement encadré de pierres de taille d’origines variées, principalement du calcaire oolithique et un peu de tuffeau, et même des moellons, et une brique. Sur l’ébrasement, le linteau est en bois. A côté, le jour encadré de briques à l’extérieur a un ébrasement entouré de maçonnerie à l’intérieur.
L’écurie est couverte d’un plancher supérieur porté par deux poutres placées dans le sens Est/ouest : l’une située entre la porte et le jour, l’autre soutenue par la cloison de briques. Ces deux poutres déterminent deux travées de solives qui portent du torchis lissé par-dessous mais non enduit.
Intérieur des toits à porcs
L’extrémité septentrionale de ce bâtiment, habitable par les deux portes percées en pignon, abrite deux toits à porcs séparés par une cloison de briques.
On remarque que les murs de façade Est et ouest sont parfaitement liés ce qui prouvent qu’il s’agit d’une construction homogène.
Grenier
Dans le grenier de ce bâtiment, on voit la tour ronde avec son enduit d’origine mélangé de gravier qui se poursuit sous la maçonnerie XIXe du pignon. Ce qui prouve que l’enduit de la tour, de ce côté, est au moins antérieure à la construction de ce bâtiment du début du XIXe siècle. Le plus probable d’ailleurs est que ce soit l’enduit d’origine, celui du début du XVIe siècle. Au pignon nord, l’enduit de la dépendance est plus fin comme sur le pignon sud et les murs d’arase est et ouest.
La charpente est de qualité. Elle est constituée de chevrons reposant sur des pannes portées par des arbalétriers
Extrémité sud du grenier sur l’étable du XIXe. On voir au fond en partie gauche l’élévation de la tour avec son enduit du XVIe siècle, et à droite l’enduit XIXe du pignon de l’étable. La ligne noire verticale au milieu correspond à l’enduit XIXe siècle qui se décolle de celui de la tour
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés
Depuis l’atelier, il existe un autre mur en moellon non enduit qui ne pénètre pas dans le mur de façade sud. Il est construit sous la poutre pour fermer une porcherie ou un chenil. Il ne date certainement que du début du XIXe siècle
On est dans une sous pièce du Pressoir mais accessible uniquement depuis l’extérieur.
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Le Pignon Est et le mur d’enceinte étant très abîmés, il est difficile d’y accéder.
La Porte
Intérieur
Les Murs
L’état des mur Est de l’ouvrant est à refaire.
Mur du pignon Est
Mur du pignon Ouest
Chantier déjà prévus.
Un premier mini chantier de remaçonnage du pignon Est depuis l’intérieur a été entrepris.
La prochaine urgence sera le remaçonnage extérieur du pignon Est. L’angle Sud Est est complètement dégarni. Celui ci se dégrade de plus en plus.
C’est un chantier qui aura lieu durant le premier semestre 2023.
Appelé « poulailler du XIX» dans l’étude Historique de Damien Castel, «Remise» sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.
Etat des lieux
A notre arrivée la charpente n’était plus du tout en état et il ne restait que quelques tuiles.
C’est une dépendance du XIXe siècle dont le faîte est en sens inverse de la dépendance voisine. Trois des murs sont liés mais ils s’appuient sur le mur d’enceinte Est, ce qui signifie que celui-ci est plus ancien que la dépendance.
2011
En 2011 la charpente est complètement exposée. Le bois de charpente est complètement imbibé. il ne reste que peu de tuiles.
2020
Les ouvertures de la façade Ouest ont complètement déstabilisé le pignon, les fissures s’agrandissent.
Le poids du chat n’aide pas !
Plusieurs tentatives de protections et de renforcement avaient été entreprises mais le bâtiment n’ayant aucun intérêt Historique et gêne l’accès et les possibilité du bâtiment à côté ainsi que du mur, il a été décidé de laisser faire le temps.
Effondrement : hivers 2021
Récupération et future utilisation
Les pierres vont bien entendu toutes être réutilisées. Le mur d’enceinte Est va en consommer beaucoup.
La réfection du pigon Est de l’aile Est du bâtiment principale également.
D’ailleurs des travaux sont en cours de ce côté ci en ce moment.
Le chantier qui nous occupe aujourd’hui est la pose du sol de la chambre XVI de rez-de-chaussée de l’aile Est.
Précédemment sur ce blog et pour cette pièce :
La quantité de pavé coupés l’été dernier n’étant pas suffisant, un lot supplémentaire a été récupéré et on profite des anormalement bonnes températures de février pour couper la quantité nécessaire
Préparation du sol et des bas de murs
Le sol est remis à niveau et les prises électriques sont positionnées.
Les pavés sont posés sans joint sur lit de sable et chaux.
Porte Ouest
Le niveau des sols du bâtiment principal est de l’aile Est est différents.
Une marche est taillée dans le passage de porte.
Porte Sud
Porte Est
Porte Nord et cheminée
Il restera les chantiers des murs et plafond. Les huisseries et la cheminée.
remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )
L’examen du comble de l’aile Est fait apparaître de très nombreuses transformations qui attestent de la présence à l’origine d’un étage carré
Déjà, la visite du rez-de-chaussée avait montré que les murs de façade mesurent 1 m d’épaisseur environ, ce qui caractérise un corps de bâtiment à étage carré. Les traces des pièces aménagées au premier étage sont d’ailleurs nombreuses. On ne peut mesurer exactement la hauteur du bâtiment dans sa composition première, tout en supposant qu’il devait s’approcher du principal corps de logis du XVe siècle.
Au fur et à mesure de la visite, des indices apparaissent d’ailleurs. Ci-dessous, à gauche on voit la trace de la porte entre les ailes du premier étage, on y reviendra plus bas. Ci-dessous, à droite, le reste de l’ouvrant présent dans les combles de l’aile principale vue de l’extérieur, sur le pignon Est.
Pour la date de la démolition et de la construction de la charpente du comble actuel, on pourrait la fixer au début du XIXe siècle.
Sol
Les alignements de carrelage et leurs interruptions
Tout le sol du comble est revêtu de carrelage ancien essentiellement de 13 cm. Le niveau du sol est unifié à partir du comble sur le pressoir jusqu’au pignon Est. Des tirants passent au ras du sol pour relier les arbalétriers.
Ils sont nécessairement postérieurs au carrelage existant qui n’aurait pu être posé tel qu’il est après leur installation. Le pavage est principalement régulier. Les lignes sont parallèles à la façade et passent sous les tirants (qui sont donc postérieurs). On observe des interruptions dans ces lignes. Elles disent quelque chose de l’état d’origine.
Le premier arrêt se trouve au pied du tirant qui surmonte le mur de refend chambre/cuisine.
Le deuxième arrêt se situe à la semelle de la cloison en colombage. Lors de la démolition de la cloison, au début du XIXe siècle, une ligne irrégulière de pavés différents a été collée.
Le troisième arrêt se trouve au pied du pignon Est.
Interprétation des interruptions : existence de trois chambres
On peut interpréter facilement ces trois interruptions dans les alignements des pavés. Chaque rupture correspond à un mur ou à une cloison qui délimitait une pièce différente. Par conséquent, il a existé trois pièces au premier étage :
Une chambre à l’ouest, au-dessus de la chambre à cheminée XVIe du rez-de-chaussée. Elle est délimitée à l’ouest par le mur pignon du principal corps de logis XVe siècle et à l’Est par le mur de refend qui monte de fond. Ce mur de refend a été construit au XVIe siècle, comme le prouve l’aménagement du rez-de-chaussée. Il a été démoli à partir du premier étage au début du XIXe siècle.
Une chambre sur la cuisine, bornée à l’ouest par le mur de refend séparant au rez-de-chaussée la chambre de la cuisine, et à l’Est par la cloison en colombage (dont il ne reste plus que la semelle). On vient de dater le mur de refend et sa démolition. Il reste à donner un avis sur la cloison en colombage. Elle n’existe que depuis 1720. Antérieurement, c’est un autre mur de refend, celui qui fermait la cuisine à l’Est, qui montait de fond. Ce mur a été décrit au paragraphe consacré à la cuisine, au rez-dechaussée : il a été démoli en 1720 pour faire place au pressoir et c’est à ce moment que le nouveau plancher (poutres et solives) a été mis en place ainsi que la cloison en colombage.
Une dernière chambre se situe entre cette cloison en colombage et le pignon Est de cette aile du XVIe.
A l’inverse, on peut aussi énoncer que le carrelage actuellement en place a été posé dans l’état des cloisonnements datant de 1720, notamment lorsque la cloison en colombage existait. Autrement dit, le carrelage actuel a été posé en 1720, en même temps que la cloison en colombage a été bâtie. La chambre la plus à l’ouest, aménagée sur celle du rez-de-chaussée, peut seule faire exception, puisque le mur de refend date du XVIe siècle.
Pour affiner ces analyses, il faut maintenant regarder dans le détail les sols de chacune des trois anciennes chambres.
Sol de la chambre à cheminée
Pavage sur la chambre à cheminée
Au-dessus de la chambre du rez-de-chaussée, le sol est plus bas de 20 cm qu’au-dessus du pressoir. La délimitation est faite par un tirant qui a été disposé au-dessus du mur de refend. Le carrelage est ici au même niveau que le seuil de la porte du XVe qui a été percée dans le pignon Est du principal corps de logis.
Il est aussi au même niveau que le sol de l’âtre de la petite cheminée de cette chambre haute (voir plus bas). Tous ces indices laissent penser qu’on se trouve bien au niveau d’origine, celui qui a été mis en œuvre au XVIe siècle. Du reste, en étudiant le rez-de-chaussée, on a vu que le plancher haut et son enduit remontait au XVIe siècle. Par conséquent, on peut affirmer qu’on se trouve ici au niveau d’origine. Il faut porter l’attention au pied du pignon Est du principal corps de logis XVe. Là, l’enduit du mur a été refait en lors de la démolition de l’étage (début XIXe ?) par un simple dégrossi (voir plus bas l’étude du mur ouest de cette chambre). Cet enduit nouveau recouvre partiellement le carrelage.
Au surplus, on voit encore un peu d’enduit de cette campagne de travaux qui est resté collé au carrelage près du mur. Les maçons ne l’ont pas nettoyé. Autrement dit cette réparation tardive est postérieure au carrelage actuel. On en déduit que le carrelage actuel est antérieur à la démolition de l’étage.
Vu sur le pied du mur pignon Est du principal corps de logis XVe. En haut l’enduit épais, lisse, plat et enduit du XVIe siècle. En bas, reprise d’enduit du début du XIXe siècle recouvrant le carrelage d’origine, où l’on voit que le débordement d’enduit sur le carrelage n’a pas été nettoyé, preuve que l’enduit a été fait au moment de la démolition de l’étage.
Cheminée de la chambre haute ouest
La première se situe au-dessus du mur de refend montant de fond (et séparant en bas la chambre de la cuisine). On y voit le bas d’une ancienne cheminée placée juste au-dessus de celle du rez-de-chaussée. Plus précisément, il reste deux bases de piédroits encadrant une pierre servant de sol à l’âtre et taillée avec un petit retour vertical constituant le bas du contre-foyer. Ces éléments prouvent qu’il existait une cheminée dans cette chambre.
Vestiges de la cheminée de la chambre ouest au premier étage de l’aile Est. Aux extrémités droite et gauche : la première assise des piédroits. Au milieu les pierres formant l’angle du foyer. A l’arrière : le tirant de la charpente du début du XIXe siècle.
Sol de la chambre sur le pressoir
Niveau du sol
Le sol de la chambre sur le pressoir est plus élevé que celui de la chambre ouest de cette aile. Cela s’explique aisément.
A l’origine, c’est à dire au XVIe siècle, le niveau devait être identique d’un bout à l’autre du premier étage. Mais en 1720, le plancher a été démoli, en même temps que le mur de refend oriental de la cuisine. Un nouveau plancher a été bâti plus haut (sans doute pour la commodité du pressoir) avec deux poutres et trois travées de solives, le torchis n’a jamais été enduit par-dessous, ce qui ne sied pas à une habitation. Puis le carrelage actuel a été posé.
Tuyau de cheminée
On remarque au-dessus du tas de charge en tuffeau situé au rez-de-chaussée, les stigmates du passage d’un tuyau de cheminée c’est-à-dire tout un ensemble de briques fines anciennes autour d’un endroit qui a été rebouché et remaçonné au ciment. Voilà une preuve supplémentaire que le tas de charge a remplacé une cheminée, celle de la cuisine. Cloison en colombage Au-dessus et légèrement à l’Est de la poutre la plus à l’Est du pressoir, il existe une semelle de cloison en colombage que l’on distingue au plafond du rez-de-chaussée bordant irrégulièrement le côté Est de la poutre. Dans le sol du grenier, une ligne de carrelage irrégulier correspond au rebouchage de cette cloison et apparaît parfaitement sur toute la largeur du bâtiment. Cette ligne démontre, comme on l’a dit ci-dessus, que le carrelage actuel a été mis en place bien avant la démolition de l’étage. Cette cloison en colombage a nécessairement été construite en même temps que le plancher, c’est-à-dire en 1720, pour remplacer le mur de refend montant de fond qui fermait la cuisine du côté Est.
Cloison en colombage
Au-dessus et légèrement à l’Est de la poutre la plus à l’Est du pressoir, il existe une semelle de cloison en colombage que l’on distingue au plafond du rez-de-chaussée bordant irrégulièrement le côté Est de la poutre. Dans le sol du grenier, une ligne de carrelage irrégulier correspond au rebouchage de cette cloison et apparaît parfaitement sur toute la largeur du bâtiment. Cette ligne démontre, comme on l’a dit ci-dessus, que le carrelage actuel a été mis en place bien avant la démolition de l’étage. Cette cloison en colombage a nécessairement été construite en même temps que le plancher, c’est-à-dire en 1720, pour remplacer le mur de refend montant de fond qui fermait la cuisine du côté Est.
Mur ouest
Le mur ouest du comble de l’aile Est correspond au pignon Est du principal corps de logis du XVe.
Mode constructif – ornements de fausse coupe de pierre
Il s’agit d’un mur élevé en moellons et recouvert d’un enduit dégrossi dans la partie visible extérieure. Lorsque l’aile Est a été construite avec un étage, toute la partie du pignon correspondant à la chambre haute a été décorée d’un enduit épais, plat, lisse et décoré – sur l’enduit frais – d’une couche de chaux et blanc d’Espagne d’une épaisseur variant autour de 1mm. Cet enduit de finition se décolle à certains endroits. Sur cet enduit de chaux et blanc séché, ont été peints à la brosse (car on voit les striures correspondant aux poils de la brosse), avec du lait de chaux, des faux joints de coupe de pierre.
Détail du faux joint peint à la chaux et à la brosse, ultérieurement recouvert d’une couche de badigeon.
Le dessin représente des assises de 36 cm de haut (sauf au-dessus du sol où on trouve 40 cm) et de longueur variable. C’est le même ouvrage que dans la chambre du rez-de-chaussée sauf que les assises n’y ont que 25 cm de haut. Les joints font 13 mm de large, comme au rez-de-chaussée. Ces joints font un léger relief sur l’enduit blanc. Cette décoration a été faite en même temps que l’enduit posé au XVIe sur le pignon XVe. Il s’agit de la décoration d’origine. Sur cet ensemble a été passé ultérieurement un badigeon, un seul, sans doute en 1720, lors du réaménagement de cette aile.
Mur pignon Est du corps de logis du XV. Décor de fausse coupe de pierre dans la chambre du premier étage de l’aile Est.
Hauteur sous solives
Cet enduit à fausse coupe de pierre part du sol jusqu’à 3,05 m au dessus. A cette distance, on voit l’enduit qui fait un petit retour à l’horizontale, preuve que cet enduit rejoignait la paroi de la solive. Cette hauteur sous solives est identique à celle qui existe dans les garde-robes, latrines et chambre de retrait du premier étage. Elle est légèrement inférieure à celle des deux chambres principales. Un chevêtre longeait le pignon à l’arrière de la cheminée XVe. Au nord de cette trace de chevêtre, il existe des reprises d’enduit plus bas ce qui rend tout à fait plausible la présence de trous de solives entrant dans le mur pignon rebouchés. Il faut donc croire que la chambre haute était couverte de solives disposées comme au rez-de-chaussée. Au-dessus de cette ligne située à 3,05 m du sol, il y a de l’enduit refait au début du XIXe siècle – lors de la démolition de l’étage – qui descend plus bas que les 3,05 m au nord dudit chevêtre. L’enduit décoré de fausse-coupe de pierre passe derrière les chevrons du comble actuel, mais il est totalement invisible sur la partie du pignon qui se trouve à l’extérieur.
La trace de l’enduit s’arrête à 3m. La porte en biais vers la chambre Est du logis du XVe.
Transformation de la porte
Dans le mur pignon, côté sud, sous la toiture, une porte a été aménagée en biais lors de la démolition de l’étage, sans doute au début du XIXe siècle. Le cadre de porte d’origine se trouve du côté de la chambre Est du logis du XVe avec son cadre chanfreiné à congé (voir l’étude de cette chambre). Le montant nord de cette porte a été reconstruit lors de la démolition de l’étage de l’aile du XVIe siècle. Il s‘agit désormais d’un massif de maçonnerie de 1720, en moellons recouverts d’un enduit dégrossi. Le linteau au-dessus est de peu d’épaisseur. Ce massif de maçonnerie sert à créer un passage en biais afin d’entrer plus au milieu de l’ancienne chambre, car le passage d’origine est devenu impossible à cause des chevrons du nouveau comble. Le cadre de l’ébrasement nord est construit en tuffeau. En même temps qu’on transformait la porte, tout l’enduit autour a été refait. C’est le même enduit dégrossi qui se poursuit et qui a été refait au pied du mur pignon sur une hauteur variant autour de 30 cm et qui recouvre un peu le carrelage d’origine. C’est aussi le même enduit que celui qu’on voit au haut du mur, au-dessus du décor de fausse coupe de pierre.
Ancien mur de refend entre chambres à feu
Le mur de refend qui sépare la chambre et la cuisine, au rez-dechaussée, a été arasé au début du XIXe siècle pour être mise dans son état actuel, lors de la démolition de l’étage. Un tirant a été posé à son emplacement et le dessous du tirant rempli de petits blocs de tuffeau de remplissage.
Ce mur de refend portait le tuyau de trois cheminées : celles de la chambre et de la cuisine, au rez-de-chaussée, et celle de la chambre du premier étage.
Mur sud
Mesuré à l’arase actuelle, le mur mesure 85 cm d’épaisseur, ce qui correspond tout à fait à un logis à étage carré en maçonnerie. Dans la chambre ouest, le pied du mur sud conserve encore un peu d’enduit lissé et blanchi qui passe sur le carrelage, signe que le carrelage a été posé avant cet enduit (par conséquent au XVIe).
La sablière posée sur l’arase du mur sud a été taillée exprès pour la charpente actuelle car elle est percée de trous pour les chevrons actuels : aucune trace de remploi sur les sablières. Au-dessus du linteau de la porte du pressoir, l’enduit du début du XIXe siècle est continu jusqu’au sommet de l’arase signe que le mur de façade a été arasé et la sablière posée au début du XIXe siècle.
Mur nord
Entièrement masqué par des planches, l’arase du mur nord est actuellement impossible à observer.
Pignon Est
Epaisseur
Mesuré dans la fenêtre du XXe siècle, le pignon Est de l’aile du XVIe mur présente une épaisseur de 97 cm, ce qui est caractéristique d’une construction à étage carré.
Mode constructif – ornements
Le mur est bâti en maçonnerie de moellons. Il est recouvert d’un enduit très différent de tous ceux qu’on a pu observer et qui remontent aux XVe et XVIe siècle. Il est lissé mais aussi irrégulier, bosselé, que celui que l’on trouve dans le pressoir. Il a été badigeonné à plusieurs reprises. Cela ne signifie-t-il pas que l’enduit a été refait en même temps que dans le pressoir, savoir en 1720 ? La destruction du premier étage est flagrante sur le pignon Est. On voit sur les côtés du pignon que le mur a été démoli sur les bords. Tous les rampants ont été alors remaçonnés à neuf, puis recouverts avec un enduit resté dégrossi. Des parties plus larges sont démolies dans les angles de droite et de gauche. La pointe aussi a été démolie et un bout reconstruit avec beaucoup moins d’épaisseur.
Joint avec carrelage
Au pied du pignon Est on observe :
Devant l’angle sud du triangle du pignon, pointe qui a été reconstruite au début du XIXe siècle, il n’y a plus de pavés de 1720, mais une surépaisseur de terre battue sur laquelle le tirant de charpente a imprimé sa marque (le tirant s’enfonce d’environ 1 cm dans la terre). Cette portion de terre battue est donc contemporaine de la reconstruction partielle du pignon et de la mise en place de la charpente actuelle. D’ailleurs, l’enduit dégrossi jeté sur le pignon reconstruit recouvre la terre battue au pied du pignon.
En face de la portion ancienne du pignon, portion qui est enduite et blanchie comme on l’a vu, le carrelage se poursuit sans interruption au-dessous du tirant. Le carrelage passe même sous l’enduit du pignon. A un endroit, un pavé retiré a laissé son empreinte dans l’enduit, preuve que l’enduit a été posé après la pose du carrelage. L’angle de cette partie ancienne du pignon avec le carrelage ancien a été plusieurs fois rebouché. Une première fois avec un joint de chaux jetée et non lissée (donc quand ce n’était plus une habitation) et une deuxième fois et de façon aussi rustique avec de la boue
Fenêtres
Fenêtre 1900
Dans le pignon Est a été crée vers 1900 une ouverture : on s’est contenté de troué le mur, sans construire de cadre d’ébrasement. Côté extérieur, le cadre est fait de pièces de chêne de récupération.
Fenêtre XVIème
Il subsiste une fenêtre, décorée à l’extérieur d’un cadre chanfreiné, paraissant par conséquent du XVIe siècle. Côté intérieur, on distingue encore les deux montants en tuffeau du cadre d’ébrasement mais le couvrement paraît avoir été partiellement supprimé. Elle se trouve à peu près au milieu du pignon. Elle a été entièrement murée.
Côté intérieur, son bouchement est recouvert d’enduit et blanchi. Comme l’enduit et le badigeon ne peut pas dater du début du XIXe siècle, époque où l’on a refait pas mal d’enduit en simple dégrossi dans le comble, cela oblige à dater de 1720 le bouchement de cette fenêtre. Cette fenêtre du XVIe siècle prouve par ailleurs qu’il n’a jamais existé de cheminée sur ce pignon.
Charpente comble
La charpente actuelle est de très bonne qualité. Les chevrons sont portés par des pannes, lesquelles sont soutenues par des maîtresses fermes constituées d’arbalétriers et de tirants. Elle date du début du XIXe siècle. Tous les bois sont de récupération. Les poinçons à renflements que l’on trouve assemblés dans les tirants, aux maîtresses fermes, sont des remplois de la charpente du XVIe siècle.
La sablière sud (et sans doute aussi nord que l’on ne peut pas observer actuellement) a été faite sur mesure pour cette charpente.
Il n’existe aucune trace d’ouverture dans le comble, ni du côté sud ni du côté nord
Travaux
Déjà effectué.
A venir
En 2023 on entame le chantier de la toiture côté Sud.
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés