Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 09 – Pose de la porte d’entrée et maçonnerie de remplissage

Où l’on voit la pose de la porte d’entrée.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage
    6. Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement
    7. Fabrication de la charpente
    8. Pose de la porte d’entrée et maçonnerie de remplissage

Synthèse des derniers travaux en images

Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement

Fabrication de la charpente

Pose de la porte d’entrée et maçonnerie de remplissage

Restitution de la porte d’accès à la tour :

Située en face Ouest de la tour, la porte d’accès servait d’accès principal pour le rez-de-chaussée et les étages du corps de logis. L’encadrement sculpté en pierre de taille (calcaire) souligne le statut seigneurial du manoir avec ses piédroits et son arc en accolade. Cet ouvrage s’inscrit dans le corpus des entrées principales des manoirs et prieurés géographiquement proches (cf. exemples présentés ci-contre).
L’objectif est de s’engager dans une restitution de l’encadrement en pierre de taille, d’après les clichés anciens, les fragments placés en dépôt et les exemples similaires d’autres édifices.
Les travaux de restitution comprennent :

  • La fourniture et le débit de pierre calcaire, d’aspect et de propriétés similaires à l’existant (calcaire de Richemont blanc)
  • La taille et l’ajustement des pierres pour piédroits ouvragés et forme de congé au niveau de la seconde assise.
  • La taille et l’ajustement des pierres pour l’arc en accolade en 4 pièces, dont 3 formant plate-bande clavée (2 pierres latérales formant sommiers, 1 pierre centrale formant clée). Nota : le calepin de l’arc est réalisé à l’identique des pierres de la porte placées en dépôt sur site et dont l’altération ne permet pas leur remploi. Cf images
  • Le remontage de l’encadrement en pierre de taille posées à bain soufflant de mortier de chaux naturelle aérienne (type NHL 2), incluant toutes sujétions pour parfaite mise en oeuvre. : jointoiement, patine, traitement biocide, etc.
    Nota : le remontage s’effectuera à l’avancement de celui de la face Ouest de la tour, avec maçonneries de moellons en remplissage.
  • Toutes sujétions pour scellement des ouvrages de serrurerie (gonds) au mortier de chaux naturelle hydraulique

Etude du corpus de photo

Vues de la porte d’accès à la tour durant la 1ère moitié du XXème avant son effondrement : La forme d’arc en accolade est bien identifiable. Le piédroit Nord présente une reprise parti elle en briques, suite à l’altération de l’encadrement liée au déséquilibre de la tour.
Corpus de portes d’accès de demeures seigneuriales :
1- Porte avec arc en accolade de logis abbatial, orné de pinacles latéraux et d’un fleuron central, Vendôme (Loir-et-Cher)
2- Porte avec arc en accolade orné de pinacles latéraux et d’un fleuron central, Bouër (Sarthe)
3- Porte avec arc en accolade orné de pilastres latéraux, d’un fleuron central et d’un remplage flamboyant, Verdelles (Sarthe)
4- Porte avec arc en accolade du manoir de la Chevallerie, Sainte-Cérott e (Sarthe)
5- Porte avec arc en accolade du manoir de la Cesnerie, Courcemont (Sarthe)
6- Porte avec arc en accolade du manoir du Petit Béru, orné de pilastres latéraux et d’un fleuron central, Vallon-sur-Gée (Sarthe)

Etude des vieilles Pierres

Pierres de l’ancienne porte placées en dépôt comprenant des éléments de piédroit et de l’arc en accolade.
Nota : La taille en plate-bande clavée de l’arc en accolade, dont les 2 sommiers sont conservés
La tête de l’arc en accolade, placée sur une assise superposée à l’aplomb de la plate-bande
la même pierre trouvée dans le sol quelques années auparavant.

Quelques esquisses exploratoires

Par Jean-François LECOMTE
Sur le document d’architecte

Les textes et images de cette partie ont été adaptées du document PRO-DCE par G. Trouvé architecte du patrimoine.


En images

Réception des pierres

montage

Rang 1

rang2

avant dernier rang

dernier rang

remblayage

entier

protection

La porte est protégée pour le reste des travaux

mur bahut

LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY - 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr
LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY – 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 08 – Fabrication de la charpente

Où l’on voit les étapes de planification de restauration de la charpente et le travail en atelier

La liste des précédents travaux peut être trouvée dans l’article ci-dessous.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage
    6. Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement
    7. Fabrication de la charpente

Synthèse des travaux en images

Dépose ancien étaiement intérieur

Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement

Projet

Etat actuel de la charpente :

La tour d’escalier est couronnée par une charpente en chêne, dont les chevrons épousent le plan octogonal de l’ouvrage. Ces chevrons sont soutenus par un poinçon central et un double niveau d’enrayure.
La couverture a été abaissée au XIXème siècle pour atteindre une pente de 57°, comme en témoignent les chevrons remployés de l’ancienne couverture, dont les angles de mortaises et d’appui sur l’enrayure basse sont biaisés. En se référant aux vestiges d’assemblage de ces bois de remploi, l’ancienne couverture présentait un angle de 65°, faisant culminer l’épi sommital à l’alignement du faîtage du corps de logis : cette disposition est cohérente avec le corpus des manoirs du XVème siècle proches géographiquement (cf. exemples ci-dessous).

Depuis l’effondrement partiel de la tour à la fin des années 1970 – début des années 1980, la charpente est étayée mais reste dans une situation d’équilibre précaire, en raison de la perte du quart Sud-Ouest de l’enrayure basse et des chevrons au droit des façades disparues.

Facteurs de désordres :

Il est probable que l’instabilité de la charpente ait précédé et participé à l’effondrement partiel des maçonneries. Les causes de déséquilibres sont à cerner, afin de proposer une solution de restitution durable :

  • Le pourrissement de l’enrayure basse a engendré une transmission latérale des efforts de charpente sur les arases maçonnées, participant à l’écartement puis à l’effondrement des murs de la tour. Le pourrissement des bois a pu être entretenu par l’humidité issue d’infiltrations par la couverture.
  • Les poussées latérales exercées sur les arases ont été amplifiées par l’abaissement du profil des chevrons, favorisant les contraintes horizontales d’écartement sur l’enrayure basse.
  • La conception initiale de la charpente de la tour, dépourvue de poutre sablière n’a pas permis la reprise efficace des efforts latéraux provenant des chevrons alors que l’enrayure basse, affaiblie par l’altération de ses bois, ne remplissait plus son rôle stabilisateur.

Restauration de la charpente :

Malgré l’étaiement provisoire, la charpente est restée dans un équilibre précaire depuis l’effondrement partiel des arases à la fin des années 1970 – début des années 1980, ayant conduit à la perte du quart Sud-Ouest de l’enrayure basse et des chevrons.
Le projet a pour but la restitution du profil de couverture originel en se basant sur les traces visibles de l’ancienne disposition sur les bois de remploi (appuis, mortaises) et en s’appuyant sur un corpus de manoirs similaires.

La pente est rétablie selon un angle de 65°, cohérent avec l’angle des vestiges de mortaises sur les chevrons : cet angle permet l’alignement de la flèche de la tour sur le faîtage du corps de logis, correspondant à la disposition récurrente observée sur les couvertures des manoirs de la Sarthe et du Loir-et-Cher.
L’objectif est de tendre vers un remploi maximal des bois originels, en fonction de leur état sanitaire et des remaniements apportés au XIXème siècle, l’abaissement du profil de couverture ayant conduit au raccourcissement des chevrons et du poinçon central.
Par conséquent, la conservation des bois de charpente concernera surtout les pièces d’enrayures présentant un état sanitaire satisfaisant. Certaines pièces d’enrayure localement altérées pourront faire l’objet de greffes de bois neufs.
Etant donnée la valeur patrimoniale des chevrons pour la compréhension de l’ancienne couverture, nous proposons d’en remployer 3 avec façon d’enture pour rétablir leur allonge originelle. Ce remploi de chevrons reste ponctuel, pour ne pas systématiser les greffes d’assemblage sur la charpente restituée.
Autrement, le projet s’orientera vers une restitution de la forme et des dispositions originelles en faisant appel à des bois neufs de section et d’essence identiques (chêne classe C1).


Les travaux de restauration et de restitution de la charpente comprennent :

  1. L’élaboration des plans d’exécution pour la restauration et le remontage des ouvrages de charpente, incluant le détail des pièces remployées ou remplacées
  2. La dépose complète en démolition des pièces non remployées (trop altérées ou remaniées).
  3. La dépose en conservation de pièces d’enrayures et de 3 chevrons, incluant toutes précautions pour la manutention et le transport des bois en atelier pour restauration.
  4. Le nettoyage des bois de charpente conservés, incluant le brossage et le dépoussiérage, le sondage et la rédaction d’un rapport détaillé pour leur restauration.
  5. La restauration des bois de charpente conservés, incluant le traitement biocide, la reprise de gerces et crevasses profondes par flipots, la greffe de parties localement altérées
  6. La fourniture de pièces neuves en chêne selon des sections identiques à l’existant, traitées fongicide et insecticide pour greffes de bois sur pièces à remployer, incluant la purge préalable des parties altérées, la façon d’arête délardée et l’assemblage pour parfaite liaison aux bois neufs et conservés.
  7. La fourniture de pièces neuves en chêne selon sections identiques à l’existant, traitées fongicide et insecticide pour restitution de bois lacunaires ou déposés en démolition, incluant la façon d’arêtes délardées et l’assemblage pour parfaite liaison aux bois neufs et conservés (tenon mortaise, embrèvement).
    • A – Pour le chevronnage, compris forme de coyau en partie basse
    • B – Pour le poinçon central
    • C – Pour les pièces d’enrayures (entraits, goussets, coyers)
    • D – Pour la poutre sablière en création sur le pourtour de l’enrayure basse (section 20 x 15 cm)
  8. Le remontage in situ des bois de charpente neufs et conservés, incluant la pose de papier anglais pour interface avec les bois au contact de maçonneries, et incluant toutes sujétions pour parfait assemblage.
  9. L’ajout ponctuel de fers en consolidation de l’enrayure basse, fixés par boulons et écrous à tête carrée.

Les textes et images de cette partie ont été adaptées du document PRO-DCE par G. Trouvé architecte du patrimoine.


En image

Dépose de l’ancienne charpente

Après dépose de la couverture, établissement d’un état sanitaire de la charpente. 8% de l’ancienne a pu être réutilisée soit 0,4 m3 sur 5m3

Fabrication de la charpente

La forme de pente de couverture est rétablie selon un angle permettant l’alignement de l’épi de la tour sur le faîtage du logis, afin de rétablir sa lisibilité.
La charpente en chêne comprend 2 niveaux d’enrayure, dont la mise en oeuvre correspond aux assemblages et techniques d’époque.

Fabrication en atelier

Charpente assemblée après la taille en atelier avant d’être démonté pour transport sur site

A suivre dans un future article pour la pose sur la tour.

CADET CONCEPT ET TRADITION – Entreprise De Couverture à Saint-Denis-en-Val

Annexe – images des termes techniques.

Assemblage par sifflet désabouté à tenon chevillé
Assemblage par sifflet désabouté à tenon chevillé
Assemblage par trait de Jupiter à tenons verrouillés
Assemblage par trait de Jupiter à tenons verrouillés

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 07 – Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement

Où l’on voit l’étape de dépose des marches incomplètes et irréparables et l’étaiement de ce qui reste.

La liste des précédents travaux peut être trouvée dans l’article ci-dessous.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage
    6. Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement

Synthèse des travaux en images

Dépose de la charpente

Dépose ancien étaiement intérieur

Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement

Chacune des marches est analysées pour être soit :

  • Remplacée si son état n’est pas réparable.
  • Réparée.
  • Laissée.

Principe Restauration de l’escalier à vis :


Le noyau central a été conservé sur toute la hauteur
de l’escalier, empêchant sa ruine complète. Toutefois, l’effondrement des façades et le déséquilibre induit par les lacunes d’emmarchements génèrent un flambement du noyau central.
L’objectif est de restaurer la stabilité de l’escalier à vis, dans une optique de conservation maximale des emmarchements d’origine.

Le renforcement de la cohésion de la vis est
assuré par un brochage du noyau central sur toute sa hauteur.
Les marches fracturées, dont la lacune concerne moins de 50% de la largeur d’emmarchement, sont conservées et complétées par une pierre rapportée pour rétablir leur giron externe. Les marches arrachées ou fracturées à plus de 50% sont entièrement remplacées en tiroir, en prenant modèle sur les marches subsistantes.

Etat actuel de la vis d’escalier avec une marche conservant plus de 50% de son giron, à restituer, réparer.
marches fracturées au nu du noyau central, à remplacer entièrement

Story de l’enlèvement d’une marche

En attendant les nouvelles marches il faut quelqu’un pour tout tenir

Étaiement et exemples de marches.

Mise en place de l’étaiement pour chaque marche

Le mur-bahut

On profite de cette étape pour démolir un mur-bahut constitués de moellons, rapporté au XIXème en pied d’escalier.

LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY - 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr
LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY – 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 06 – Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Où l’on voit les étapes de terrassement et de reprise des maçonneries de libage.

Une des dernières étapes nécessaires pour la stabilisation de la tour. Cet article ne comporte que que peu de photos extraordinaires. Mais cela est compenser par la présence d’un peu de documentation historique et de diagnostic.

La liste des précédents travaux peut être trouvée dans l’article ci-dessous.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage échafaudage.

Dépose de la charpente

Dépose ancien étaiement intérieur

Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Libage, Gros moellon que l’on emploie noyé dans l’épaisseur d’un mur ou dans celle d’une fondation pour en augmenter la résistance. 

Maçonnerie de libage. Assise de maçonnerie construite avec ce type de moellons pour résister à la forte pression d’une colonne, d’une poutre, d’un poteau… D’une tour.

Méthode de construction des murs de moellons

La technique de construction des murs de moellons est simple. Pour y parvenir, il faut au maçon les bonnes matières, un marteau et un maillet de bois :

« Maçonnerie de Moellons : Le moellon … sera … proprement, posé en bonne liaison,
assujetti au marteau et parfaitement calé. Il baignera dans le mortier de tous côtés.
On placera dans les fondations les moellons des plus forts échantillons. Ils seront rangés avec soin et affermis sur leur base à coup de maillet de bois. Toute la maçonnerie en fondation sera garnie par devant et par derrière lors même que le parement devra être enterré »1.

1 Marché de construction du presbytère de Boissei la Lande (Orne), en 1831.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés


Synthèse de l’étude diagnostic

Etat actuel des fondations :


La jonction des élévations de la tour avec les fondations s’effectue grâce à une maçonnerie de transition, dite de libage. Composé de moellons posés à bain de mortier, ce libage épouse le plan octogonal de la tour mais présente un forme de glacis vers l’extérieur, afin d’élargir l’assiette d’appui des maçonneries.
Au-dessous-du libage, un sondage a révélé un important massif de fondation de 30 à 50 cm d’épaisseur, composé de grosses pierres de grès, de moellons de silex, de glaise et de mortier. Ce massif de fondation présente une forme quadrangulaire perpendiculaire au corps de logis, débordant par rapport au libage et plus largement au niveau des faces Sud-Ouest et Sud-Est de la tour formant un pan coupé.

Facteurs de désordres

Les sols supports de l’ouvrage sont composés de marnes argileuses.

La masse de la tour, évaluée à 193 tonnes réparties sur 23m2 de fondations, exerce une pression de 0,84 MPa (soit 8,4 kg / cm2 env.). Même en appliquant un coefficient de sécurité la pression portée reste inférieure à la portance théorique des sols support : par conséquent, la nature des sols et l’assiette des fondations ne sont pas à l’origine de l’effondrement de la tour.
Cependant, tout comme les maçonneries d’élévation, la liaison des fondations de la tour avec celles du corps de logis est probablement défaillante.
Les principales causes de faiblesse sont à rechercher au niveau des maçonneries de libage, assurant la transmission entre les élévations de la tour et les fondations :

  • Les chaînages d’angle en pierre de taille ne sont pas prolongés jusqu’au niveau des fondations et s’interrompent au niveau du libage en moellons : la cohérence de la descente des charges jusqu’à la semelle d’appui est donc altérée.
  • Le ravinement des sols a entraîné l’exposition des maçonneries de libage aux intempéries, avec un lessivage des mortiers, le descellement de moellons et l’affouillement des maçonneries au-dessous des élévations de la tour.

Projet de restauration – Reprise des fondations

L’intervention vise à améliorer la stabilité de la tour d’escalier avant le remontage de la partie effondrée. Les travaux se concentrent sur les maçonneries formant libage, afin de renforcer la transmission des charges entre l’élévation de la tour et le massif de fondation. L’amélioration de la liaison avec les fondations du corps de logis est également recherchée.
Les travaux comprennent :

  1. Le dégagement des maçonneries de libage jusqu’au nu supérieur du massif de fondation, incluant la fouille blindée en tranchée sur le pourtour extérieur de la tour
  2. La consolidation des maçonneries de libage par remaillage, incluant le refichage de moellons de grès et de silex ; des injections gravitaires au coulis de chaux en cœur de maçonnerie y compris au nu supérieur du massif de fondation ; les ragréages et rejointoiements au mortier de chaux
  3. Le coulage de longrines sur le tiers extérieur de l’appui des maçonneries de libage, incluant le refouillement préalable de la maçonnerie de moellons ; le scellement des longrines aux fondations du corps de logis par goujons.
  4. Le prolongement des chaînes en pierre de taille jusqu’au niveau du massif de fondation, incluant le refouillement préalable de la maçonnerie de moellons ; la fourniture, la taille et la pose de pierre calcaire dur de Richemont sur 3 assises, formant chaînes d’angles harpées avec forme de glacis épousant le profil du libage existant.
  5. Le remblaiement des fondations par terre végétale et le relèvement des niveaux de sols ravinés pour recouvrir les maçonneries de libage, afin de les protéger des intempéries

Nota : l’ensemble des travaux de consolidation, scellement et pose est exécuté au mortier de chaux hydraulique naturelle sans ciment de type NHL 3,5

Les textes et images de cette partie ont été adaptées du document PRO-DCE par G. Trouvé architecte du patrimoine.



En image

Mise à nu de la maçonnerie enterrée.

Garnissage

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 05 – Dépose de l’ancien étaiement intérieur

La liste des travaux peut être trouvé dans l’article ci dessous.

Pour cet article on va verra la dépose de l’ancien étaiement intérieur.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage échafaudage.

Dépose de la charpente

Dépose de l’ancien étaiement intérieur

Pour se souvenir rappel de l’état Initial

Sans les tôles après la dépose des étais

Pose des nouveaux étaiements

Etat Final

Avant remodelage de l’échaffaudage

Pendant la réinstallation.

Chantier complet de la chambre à la colonne.

Description

Dans ce billet nous allons vous présenter les travaux effectués sur cette pièces entre 2013 et 2016.

  1. Description
  2. Année 2013 : – découverte de la pièce
  3. Année : 2014 – nettoyage
    1. Quelques schémas projectifs
      1. Les portes
      2. La fenêtre Ouest
  4. Année 2015 début des travaux
    1. L’extérieur
      1. Extérieur Est
      2. Extérieur Ouest
    2. Exploration, détourage et restauration des ouvertures
      1. Ouverture coté Est de l’intérieur
      2. Ouvertures coté Ouest – de l’intérieur
      3. Restauration des portes vers les gardes robes et le bâtiment principal
        1. Ouverture des portes
    3. Les cheminées
      1. Cheminée de la chambre de retrait Est
      2. Cheminée de la chambre de retrait Ouest
    4. Plafond et sols
    5. Le sol
      1. Nettoyage
      2. Quelques bonnes surprises.
      3. Hérisson
  5. Année 2016 : finalisation de la pièce
  6. Avant Après

Année 2013 : – découverte de la pièce

Vous pouvez retrouver l’état des lieux dans le billet ci dessous.

La pièce a été isolé du reste du bâtiment il y a plusieurs dizaines d’années pour en faire une étable. Des fenêtres on été transformées et des murs ouverts.

Année : 2014 – nettoyage

nettoyage décavage et stabilisation.

L’enduit est enlevé devant l’ouverture précédemment observée : Etant bouchée, l’ouverture n’était pas observable. A l’occasion des travaux on découvre l’ouverture vers la garde robe Est.

Le sol est enlevé sur plusieurs centimètres d’épaisseurs. On y découvre les vestiges de l’ancien mur de séparation entre les deux chambres, démoli lorsque les deux pièces ont été unifiées

avec un peu d’aide…

Quelques schémas projectifs

Les dessins sont de Jean-François Lecomte. Le but est de se projeter avant les travaux et avant les immanquables découvertes qui auront lieu au moment du chantier.

Les portes

La fenêtre Ouest

Année 2015 début des travaux

L’extérieur

Extérieur Est

L’ouverture, invisible, de prime abord avait été fortement réduite.

Une grande partie de cadre en tuffeau a dû être refait.

Extérieur Ouest

Sur la partie Ouest. La grande ouverture avait été faite pour laisser entrer les bêtes. Une partie de la fenêtre est à refaire.

Petit aperçu avant/après :

Exploration, détourage et restauration des ouvertures

Ouverture coté Est de l’intérieur

Le dégagement du bas de la fenêtre en septembre 2014, a fait apparaître le rebord intérieur de la fenêtre qui est revêtu de ses pavés d’origine de 13 cm de côté.

On y voit les traces de frottement du vantail, ce qui prouve qu’il n’existait pas de châssis dormant, mais seulement un ouvrant dans la feuillure de pierre.

L’huisserie à été recrée sur mesure par un artisan. Elle a été conçue sans dormant et repose directement sur la feuillure en pierre. Un joint a été posé dans la gorge pour éviter les entrées d’air et d’eau. Le volet intérieur est sculpté de motifs classiques en plis de serviettes. Le vitrail est composé de petits losanges de verres sertis de plomb

Ouvertures coté Ouest – de l’intérieur

Il n’y avait pas de porte à l’origine dans ce mur.

La fenêtre haute a été restaurée. De la porte nous n’avons gardé qu’une petite ouverture dans un style de meurtrière donnant sur le soleil couchant.

Restauration des portes vers les gardes robes et le bâtiment principal

Ouverture des portes

La porte Ouest

Elle donne vers :

La porte Est

Exemple de calepinage des pierres de la porte gauche.(est)

Les cheminées

Cheminée de la chambre de retrait Est

Cheminée de la chambre de retrait Ouest

Plafond et sols

Le sol du premier étage est très abîmé.

On peut le voir dans l’article sur l’état de la chambre de retrait Est du premier étage.

La fenêtre Est ayant été supprimée, des infiltrations d’eau ont abimé les pièces de bois et le plancher en barreaudage et torchis à l’aplomb de la fenêtre Est du rez de chaussée

.

Les plafonds ont été restaurés avec les méthodes anciennes de fabrications :

Les planchers supérieurs sont recouverts de torchis. De de la terre crue mélangée de foin enroulées autour de barreaux de châtaigner et posées sur les solives. Ces planchers sont enduits et blanchis par dessous.

Le sol

Nettoyage

Le nettoyage des sols en profondeur est rendu nécessaire par la présences, pendant plusieurs d’années d’animaux de ferme dans la pièce.

Le sol est excavé sur plusieurs centimètres

Quelques bonnes surprises.

Les restes de l’ancien pavé et un pierre d’évier au niveau du sol, probablement un réemploi.

Hérisson

Les pavés seront posés sur une dalle chaux et sable posée sur un hérisson drainant.

Année 2016 : finalisation de la pièce

Des enduits à la chaux sont posés sur les murs.

Avant Après

Cheminée Ouest

Pignon Ouest

remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )

les mains sachantes

Merci à Alain Roguet, tailleur de pierre à Pervenchères

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 04 – Dépose de la charpente

La liste des travaux peut être trouvé dans l’article ci dessous.

Pour cet article on parlera de la dépose des tôles et de la charpente

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage échafaudage.

Dépose des tôles et de la charpente

C’est une étape très intéressante. Les parties écroulées n’ont pas été visibles de l’extérieurs depuis plusieurs dizaines d’années.

Dépose des tôles

Sans les tôles de façade

Dépose de la charpente

Après dépose de la couverture, un état sanitaire de la charpente a été établi. Environ 8% de l’ancienne a pu être réutilisée soit 0,4 m3 sur 5m3.

Après l’enlèvement de la couverture d’ardoise.

La dépose

Après la dépose

Quelques images de l’intérieur

Quelques images de l’extérieur

La garde-robe Ouest du rez-de-chaussée – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « garde robe Ouest » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Salle de bain » dans les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine, l’appellation actuelle a maintenu le nom  » garde robe ouest  »

La pièce mesure 3,33 m de long (sens Est/ouest) sur 1,81 m de large (sens nord/ sud), soit 6 m².
Le sol de la garde-robe ouest a toujours dû être au même niveau que celui de la salle. Il est actuellement revêtu d’un carrelage de terre cuite très rouge datant des environs de 1900. A l’origine, on devait trouver des petits carreaux de terre cuite de 11 cm de côté comme dans le reste du logis.

Murs

Murs Sud

Le mur sud (déjà examiné au paragraphe consacré à la salle) montre de ce côté l’ébrasement de la porte. Il est encadré tout en tuffeau et couvert d’un arc segmentaire.

Portes

Le vantail de la fin du XVIe siècle, déjà observé, ne présente de ce
côté aucune mouluration.

accès vers

Mur Nord

Le mur de refend qui sépare la garde-robe de la chambre de retrait mesurerait environ 40 cm. Il est construit en maçonnerie de moellons et enduit puis blanchi.

Une porte assurait la communication avec la chambre de retrait mais elle est aujourd’hui entièrement murée et invisible à cause de l’aménagement moderne d’une salle de bain ; Derrière la machine à laver sur les images ci dessus.

On y reviendra dans un autre article.

Mur Ouest

D’une épaisseur d’environ 80 cm, le mur ouest est en maçonnerie de moellons enduite et blanchie.

Fenêtre

L’unique fenêtre, sur le mur ouest, est percée en hauteur. Certainement munie à l’origine d’un vantail de petits verres sertis dans une résille de plomb, elle montre qu’on se trouve plutôt dans une pièce à usage de domestique (qui n’ont pas besoin de beaucoup de lumière ni de regarder par la fenêtre), ou bien à usage de conservation d’objets précieux (étroitesse qui protège des intrusions, hauteur qui rend difficile les regards de l’extérieur).

Côté intérieur, l’ébrasement est construit en tuffeau. A l’exception toutefois du côté gauche qui correspond au mur de façade nord du principal corps de logis. Le couvrement est en arc segmentaire.

Côté extérieur, le cadre de la fenêtre est en calcaire dur de Nuillé, décoré seulement d’un chanfrein. Le linteau et le rebord sont également d’origine et monolithe. Ils ne portent aucun stigmate de barreaux de fer.



Porte

Il existait une porte en angle donnant communication à la dépense. Elle a été murée au début du XIXe siècle et se trouve actuellement totalement invisible de ce côté. Par contre, au paragraphe de la dépense ouest (qui suit ci-dessous), on étudie les caractéristiques de son ébrasement.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 03 – Montage de l’échafaudage

La liste des travaux peut être trouvée dans l’article ci dessous.

Pour cet article on va faire l’état des lieux avant les chantiers.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage de l’échafaudage.

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage de l’échafaudage.

Montage à mi hauteur – en image

en Vidéos

travelling arrière

Fin du montage en images

Les pieds d’échafaudage.

Le prochain article portera sur la dépose de la charpente et des tôles.

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 01 – Programme Général

Voici le tout premier d’une suite d’articles concernant la restauration de la tour du manoir.

Programme Général

Les travaux se sont déroulés entre le 6 juillet 2020 et le 12 octobre 2021, date de la réception des travaux

Les travaux ont concerné :

  • Des travaux de reprise de fondations,
  • Le remontage de la partie effondrée de la tour compris les chaînes d’angle et les encadrements de
  • baie en pierre de taille,
  • La restitution de la bretèche selon ses dispositions originelles,
  • La restitution d’une charpente,
  • La mise en œuvre d’une couverture en ardoise posée au clou

Maitrise d’œuvre


Martine RAMAT – Architecte .
31, rue JM Rougé
37000 TOURS

Programme Ouvrages Exécutés – Maçonnerie – Pierre de taille


Restauration et la restitution de maçonneries traditionnelles en moellons et de maçonneries en pierre de taille. Afin d’améliorer la stabilité de l’ouvrage, la consolidation en sous-œuvre des maçonneries de libage, formant transition entre les élévations et les fondations, est prévue afin d’améliorer la stabilité de l’ouvrage.

Les travaux concernaient :

  • Les travaux de consolidation en sous-œuvre des maçonneries de libage en
  • moellons
  • Les travaux de purge et de nettoyage des parements en moellons et pierre
  • de taille
  • Les travaux de restauration des maçonneries en moellons
  • Les travaux de restauration de chaînes, corniche et encadrements en pierre
  • de taille
  • Les travaux de remontage de maçonneries en moellons
  • Les travaux de remontage d’ouvrages en pierre de taille (chaînes, corniche, encadrements, bretèche)
  • Les travaux de consolidation interne des maçonneries par ceinturage avec
  • torons en fibre de verre
  • Les travaux de consolidation et de remontage partiel de l’escalier à vis en pierre de taille
  • Les travaux de réfection des enduits intérieurs et extérieurs.

La réalisation a été faite par

LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY – 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr

Programme Ouvrages Exécutés – Charpente et couverture

Démontage complet de la charpente existante, remontage de la charpente avec réemploi de quelques bois existants.

Réfection complète de la couverture en ardoise

Les travaux concernaient :

  • Les charpentes
    • Démontage complet de la charpente existante
    • Remontage de la charpente avec réemploi de quelques bois existants et la mise en place d’un double
    • cours de sablière afin de permettre une désolidarisation des pieds de chevrons de la corniche.
  • Les couvertures ardoises
    • Réfection complète de la couverture en ardoise de bonne épaisseur (5mm) posé au clou cuivre
    • Remplacement en totalité du voligeage en sapin 27mm d’épaisseur
    • Egout renforcé en terre cuite (2 rangs de tuiles artisanales de type Puycheny)
    • Faîtage de la besace à l’arrière de la tour traité de façon traditionnelle, en terre cuite à crêtes et embarrures.
    • Epi de faîtage de la tour en plomb sur jupe en plomb également

La réalisation a été faite par

CADET CONCEPT ET TRADITION – Entreprise De Couverture à Saint-Denis-en-Val

Travaux réalisés par messieurs François DELBART (chef d’équipe), Julien JACQUEMART et Grégoire d’HEBRAIL pour les travaux de charpente.
Les travaux de couverture ont été réalisés par messieurs Maxime LE STUNFF (chef d’équipe) et Vincent
DUBREUIL

Quelques photos initiales

Juste avant le chantier la tour ressemblait à cela :

La suite.

Toutes les étapes suivantes seront détaillées au fil des prochaines semaines.

Un article par semaine.

  • Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage
    6. Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement
    7. Fabrication de la charpente
    8. Pose de la porte d’entrée et maçonnerie de remplissage
    9. Renforcement des marches conservées
    10. Pose des ouvertures de baie
    11. Pose de la bretèche
    12. Pose de la charpente
    13. pose de la couverture
    14. Réalisation des tailles de finitions et de vieillissement sur parements et marches
    15. Réalisation des dégrossis et enduit intérieurs et extérieurs
    16. Repose de l’emmarchement
    17. Reprise des abords

Articles précédents concernant la tour.