Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – chantier de l’assainissement du mur Nord.

Une série de travaux menés sur le mur Nord de l’aile Est en 2019.

Réfection du mur

Mur extérieur

Le mur avait besoin d’une remaçonnage surtout au niveau du pied à l’exterieur.

Avant

Pendant

Après

Tout le bas de mur est bien rejointoyer et enduit pour éviter les dégats des éclaboussures en attendant les travaux sur le caniveau (plus bas) et sur la réfection de la toiture qui écartera un peu plus la retombée des eaux de pluie du toit.

Mur intérieur

Les travaux ont été aussi menés depuis l’intérieur.

Avant

Après

Drain autour des murs Nord et Est

Pour éviter que l’eau de ruissellement provenant de la prairie plus au nord continue de s’infiltrer un système de drainage a été posé.

Caniveau

Dernière étape pour tenter de détourner l’eau des murs, un caniveau avec des puisards.

remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )

les mains sachantes

Le pignon ouest du corps de ferme sud- Etat des lieux à l’acquisition

Le pignon ouest est construit comme le reste des murs en maçonnerie de moellons au mortier de chaux. On y observe trois éléments particuliers :

  • Le contrefort de maçonnerie qui s’appuie à peu près en son milieu.
  • 2. Une porte d’entrée murée dans l’angle nord-ouest.
  • l’angle sud ouest qui se détache de la maçonnerie du pignon.

Le contrefort

L’énorme contrefort a été ajouté postérieurement à la construction du grand corps de dépendance. En effet, il vient s’appliquer contre le pignon : les maçonneries ne sont pas liées. On y trouve des blocs de grès de Bouloire, une pierre dure très différente des autres pierres utilisées dans ce bâtiment, par conséquent d’une autre époque.

Ce contrefort existe déjà sur le plan cadastral de 1829.

Il y un bon chantier pour remaçonner l’ensemble.

La porte en angle

L’ancienne porte d’entrée située contre l’angle nord-ouest est encadrée de grès roussard. L’entrepreneur a préféré le grès pour l’exposition ouest, sujette à la pluie et au soleil, réservant le tuffeau aux portes de la façade nord.

Ce qui reste de cette porte d’angle permet de connaître sa hauteur : 1,70 m, tout à fait convenable pour une étable et pour des domestiques, mais trop faible pour des seigneurs. Mais pas sa largeur car il ne reste qu’une seule des pierres qui constituait le linteau appareillé.

Les montants et la pierre du linteau sont chanfreinés avec un congé en bas, sur la base des piédroits. On retrouve ainsi les mêmes caractéristiques de taille de pierre sur ce cadre de roussard que sur la fenêtre de la tour de flanquement. C’est un indice supplémentaire qui milite pour une datation commune. Les caractéristiques de cette ouverture de roussard – particulièrement le chanfrein et le congé – peuvent servir pour restaurer les cadres très usés en tuffeau des portes de la façade nord. Comme cette porte s’ouvre sur un niveau très inférieur aux autres écuries de ce corps de bâtiment, il paraît que l’extrémité sud ne devait être accessible que par le pignon ouest et devait se trouve plus bas que les autres pièces de ce corps de logis.

L’angle sud

L’angle sud se détache du reste de la maçonnerie du pignon. C’est un mouvement de sol, sans doute, qui occasionne cette avarie.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Pressoir ou cuisine de l’aile Est – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Pressoir ou cuisine de l’aile Est » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Atelier ou ou ancienne cuisine » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine.

Son usage historiquement.

Cuisine jusqu’en 1720

De ce qu’on lit dans l’étude historique, A la suite de la chambre à cheminée du milieu du XVIe siècle se trouve une vaste pièce qui a subi de nombreuses transformations. Durant les XVIIIe et XIXe siècles, des travaux ont redistribué l’espace. Un pressoir a été aménagé en 1720, comme l’indique une inscription. Des murs ont été démolis, d’autres reconstruits, une étable a été construite à l’intérieur, etc.

L’hypothèse de désigner cette pièce comme la cuisine est la plus vraisemblable. Le premier argument, c’est qu’il n’existe pas d’autre pièce ayant pu remplir cet usage. Dans les bâtiments du XVe siècle, ce n’est ni la salle, ni la chambre Est, avec leurs belles cheminées, et encore moins les petites chambres de retrait, à cause de leur dimensions restreintes, qui ont pu servir de cuisine. Une deuxième raison, c’est la superficie très importante de la pièce, la plus grande de la maison, qui convient parfaitement à une cuisine seigneuriale. La troisième réside dans sa situation, à l’extrémité de l’aile. L’existence d’une large et haute porte appareillée dans feuillure ni évasement constitue le quatrième argument.
Cependant, il reste un obstacle à cette hypothèse : c’est l’absence de cheminée. Mais peut-être a-t-elle existé. Si tel est le cas, ce n’est sûrement pas sur le pignon Est, qui est percé au premier étage d’une fenêtre, ce qui ne laisse pas la place pour un tuyau de cheminée. La cheminée devait plutôt s’adosser à la cheminée de la chambre, à l’emplacement du massif de maçonnerie qui se trouve aujourd’hui précisément à cet emplacement. C’est en tout cas l’hypothèse qui sera ici retenue.

Devenue Pressoir

La cuisine a été démolie en 1720 pour être transformée en pressoir à usage agricole. Il est vrai que la salle du corps de bâtiment principal étant devenue la « maison » du fermier, c’est-à-dire à la fois la cuisine, la
salle et la chambre, l’usage d’une cuisine seigneuriale n’a plus d’utilité. La date des travaux est précisément connue grâce à l’inscription qui se trouve sur un des piédroits de la grande ouverture créée à cette époque, gravée ainsi :

Le pressoir a été rétabli
Cy dedans l’an 1720

Le XIXe siècle a aussi apporté son lot de transformations, de sorte qu’aujourd’hui cette pièce est devenue la plus énigmatique de l’habitation.

L’acte de visite et montrée du 16 ventôse de l’an 2 donne une rapide description de certains éléments du pressoir :

« Que le pressoir dépendant dudit lieu est garni de tous ses
ustensiles qui sont en passable état à l’exception du câble qui
est à demi usé pour la moins value duquel est estimé 3 livres
Que la porte dudit pressoir est garnie de ses pentes et gonds
Qu’à la serrure il n’y a point de clef et pour en fournir une il a
taxé 1 livre ».

On note que la porte n’est pas dite à deux vantaux à cette époque.

Dimensions

La profondeur de la pièce est de 6,52 m du côté ouest mais va s’élargissant doucement vers l’Est pour atteindre 6,60 m au pied du pignon.
La longueur initiale n’est guère déterminable en l’état actuel. La cuisine initiale occupait-elle tout l’espace jusqu’au pignon Est ? Dans ce cas elle aurait mesuré 8,31 m, ce qui donne une superficie de 54 m², ce
qui n’est pas exagéré. Toutefois on peut imaginer qu’il ait existé un cloisonnement, différent de ce qui existe aujourd’hui (qui ne date que du XIXe siècle) pour aménager des annexes à la cuisine qui soient closes. Dans ce cas, la longueur de la pièce aurait été moindre.

Or, il existe les vestiges d’un mur de refend démoli à environ 5 m du mur de refend de la chambre du XVIe. Ce mur ferme la partie enduite de la pièce. A l’arrière (à l’Est) de ce mur démoli, les murs ne sont plus enduits et le sol est constitué d’un affleurement de tuffeau, de roche naturelle. Ces constatations laissent penser que la disposition d’origine est bien celle d’une cuisine de 5 m de large, soit 33 m². Derrière le mur, sur le tuf, devaient se trouver des celliers.

Le sol a été considérablement décaissé, encore davantage que la chambre précédente : 60 cm environ du côté sud. Cependant, la cour reste encore plus basse de 20 cm environ. Ce qui montre d’ailleurs que les murs ont des fondations.
Il ne subsiste aucune trace du sol d’origine, aucune partie de carrelage. Sans doute le muret qui subsiste du côté du mur de refend marque-t-il la hauteur approximative du sol, la chape de chaux et le
carrelage en moins.

Si l’on reporte le niveau du sol de la chambre à côté, on voit que sol se situait à 3.10 m au-dessous des solives de la pièce, donc une pièce plus haute que la chambre qui précède. Cela s’explique par la hauteur des solives qui est supérieure ici, ce qui occasionne aussi un changement de niveau au sol du premier étage de l’aile.
On remarque un affleurement de roc, de tuffeau, à l’extrémité orientale de l’aile. Une partie en a été creusée au XIXe siècle, une autre partie reste en place. Ce sol de roche était contenu derrière le mur de
refend. On devait y trouver aménagé des celliers, compléments des caves.

Ouvertures

Portes Sud

On y voit principalement la grande porte. Son montant ouest date de 1720, comme l’inscription qui y est gravée en atteste. Mais le montant Est a été construit plus tard, soit lors de la campagne de restauration de 1797, soit lors des travaux du début du XIXe siècle.

Ce côté ouest de l’ébrasement se prolonge plus haut que le linteau en bois et il est appareillé avec la porte dans le mur de refend. Ceci prouve clairement qu’il existe antérieurement aux changements de 1720, qu’il a été construit avec le reste de l’aile du XVIe siècle.

Par contre, le côté Est de l’ébrasement est plus évasé et forme un vrai pan coupé jusqu’au pilier construit sous l’extrémité de la poutre. Cette pile a été bâtie en même temps que le côté Est de l’ébrasement, au début du XIXe siècle, en même temps qu’on a démoli le premier étage de l’aile.
Pour l’élever le pilier, on a creusé un peu dans le mur de façade, du moins en bas, car la pile passe devant le mur dans sa partie haute. Côté intérieur, l’ébrasement actuel atteint 3,67 m de large.
Le linteau de la porte semble contemporain du côté Est de l’ébrasement mais plus récent que le côté ouest. Autrement dit, il date des travaux du début du XIXe siècle

Porte ouest

La porte de communication avec la chambre précédente a déjà été étudiée dans l’article sur la chambre XVIème.

https://manoirdelachevallerie.fr/2022/08/10/chambre-de-laile-est-du-xvieme-etat-des-lieux-a-lacquisition/

Sur le mur Nord deux fenêtres

On observe deux petites ouvertures percées en hauteur du côté nord et actuellement obturées. Leur emplacement, fort haut, et leurs dimensions, fort petites, sont caractéristiques des pièces à usage de
domestique : ces derniers n’ont pas besoin de beaucoup de lumière, et encore moins de regarder dehors. Le bouchement est déjà très ancien, il date sans doute de l’aménagement du pressoir en 1720. Il est recouvert du même enduit épais, lisse, blanchi et très irrégulier que le reste de la pièce.

De part et d’autre de l’échelle, les deux fenêtres sous leur
couvrement en arc segmentaire. A droite la poutre rapportée ultérieurement sur l’angle de la
fenêtre murée a écrasé les piédroits en tuffeau

Fenêtre Ouest

L’ébrasement de la petite fenêtre la plus à l’ouest mesure 105 cm de large sur 116 de haut. Le rebord de l’ébrasement se trouve aujourd’hui à 1,52 m du sol. Mais si l’on considère que le niveau d’origine est celui de la chambre précédente, l’allège se trouvait à l’origine à 90 cm du sol.

Dans l’article ci dessous on peut avoir un aperçu de ces fenêtres vues de l’extérieur.

https://manoirdelachevallerie.fr/2022/10/07/exterieur-de-laile-est-du-batiment-principal-etat-des-lieux-a-lacquisition/

Vu de l’extérieur, le jour obturé mesure 57 cm de large et 58 de haut. Il est entouré de pierre de calcaire semi dur de Nuillé, mouluré à la manière du XVIe siècle. Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est en tuffeau, entièrement conservé, avec son couvrement en arc segmentaire.

Fenêtre de droite (Est)

la plus orientale

Les observations sur la petite fenêtre de droite (la plus à l’Est) sont presque les mêmes. Vu de l’intérieur, on voit exactement le même cadre d’ébrasement en tuffeau mais qui a perdu son rebord. De plus, le sommier de droite (Est) est rompu dans l’angle pour le placement de la poutre et le poids de la poutre a occasionné l’écrasement des piédroits de dessous le sommier. Il paraît donc que le plancher a été créé en même temps qu’on a bouché cette petite fenêtre ! Ce qui permet de le dater de 1720.
Vu de l’extérieur, les dimensions du jour sont très proches de la fenêtre précédente : 61 cm de large, 58 de haut. Le cadre est également en calcaire semi-dur de Nuillé, mouluré à la façon du XVIe siècle.

Murs

Trace de mur de refend

Dans le mur sud, après le pilier dont on a parlé au sujet de la partie Est de la porte, on voit les traces de l’arrachement d’un mur de refend en retour d’équerre. Juste en face, sur le mur nord, se trouvent exactement le même type de vestiges d’arrachement. Ce mur de refend démoli se trouve à 5,64 m du mur de refend de la chambre du XVIe (à l’ouest). Ce mur de refend est nécessairement antérieur aux travaux d’aménagement des lieux dans leur état actuel. Sa démolition peut remonter au début du XIXe, date d’agrandissement de la porte du pressoir et de la construction de la pile sous la poutre. Ou bien avant, par exemple en 1720, lors de la création du pressoir dans la cuisine.


Entre la poutre ouest et cet arrachement, le mur sud est encore enduit et blanchi.
Ce mur de refend, qui était pris dans la maçonnerie des deux façades, et qui laisse même une ligne de rupture dans la maçonnerie sur la façade sud, est nécessairement important pour la compréhension de
l’organisation de l’aile. Il remonte à l’origine de la construction de l’aile.

sur le mur nord

En haut à droite le mur de refend démoli. Le plancher supérieur, qui est construit postérieurement à cette démolition, doit donc remonter soit à 1720 soit au début du XIXe siècle

Mur ouest

Avec l’étude du mur ouest se repose la question de l’emplacement de la cheminée de la cuisine.

L’épaisseur du mur (58 cm) a été mesurée dans la chambre précédente. Il s’agit en effet du mur de refend qui sépare la chambre de la cuisine.

Ce mur est élevé en moellons ramassés dans les champs et recouvert d’un enduit épais, ocre, de surface lisse mais pas plane du tout, au contraire avec des bosses et des creux, comme sur les murs sud et nord. Il a été blanchi plusieurs fois. En bas du mur ouest, il existe une banquette de maçonnerie de moellons. Il s’agit de la fondation du mur, et le dessus de la banquette correspond au niveau du sol d’origine moins la chape de chaux et les pavés.


En haut du mur, il n’existe aucune trace d’un plancher plus bas que l’actuel aucun trou de solive qui soit bouché ou de tout autre équipement (la question se pose puisque dans le pressoir le plancher supérieur est plus haut que celui de la chambre).

Tas de charge sous cheminée

Vers le milieu du mur ouest, on observe en hauteur un tas de charge construit en tuffeau avec l’angle supérieur découpé comme pour mettre une pièce de bois quoique cela soit incompatible avec un tas de charge en tuffeau. Ces trous correspondent-t-il à un ancien chevêtre plus bas faisant
le tour du sommet d’une hotte de cheminée ?
Les blocs de tuffeau qui composent le tas de charge portent toutes les traces d’outil : la pierre n’a pas été polie. S’agit-il d’une coupe tardive de la hotte d’une cheminée qui aurait été bouchée ? Les joints sont épais et dégrossis. Le tas de charge n’a pas été blanchi alors que tous les murs anciens sont blanchis. S’agit-il donc d’un ouvrage postérieur ?
Le trou supérieur de gauche n’est pas une coupe faite après coup mais plutôt faite avant le montage. Ces encoches sont plus basses que le sommet de l’arc segmentaire des petites fenêtres du mur nord. Cela est
moins évident dans le trou supérieur de droite où il y a des manques d’enduit et où la pierre qui est sous le plancher penche du fait de ce trou. Ce qui montre que ce trou a été rempli par quelque chose. L’hypothèse du chevêtre autour de la hotte d’une cheminée reste le plus crédible.
L’enduit sous le tas de charge est continu avec le reste du mur ouest. Le même enduit entoure bien les extrémités des solives dans ce mur. Par conséquent, on ne décèle pas d’intervention postérieure dans le
mur ouest.

En conclusions, il nous paraît que ce tas de charge, est une construction datant de 1720, qui remplace l’ancienne cheminée de la cuisine. Ces travaux datent certainement de 1720, lorsque la cuisine a été
transformée en pressoir.

Mur et pignon Est

Le pignon Est actuel est le résultat de nombreuses transformations qui ont été évoquées avec les murs sud et nord. Il est construit en moellons non enduits, de la même manière que les portions les plus à l’Est
des murs nord et sud. Il est également bâti sur le tuf. On n’y voit aucune ouverture.

Il existe un autre mur en moellon non enduit qui ne pénètre pas dans le mur de façade sud. Il est construit sous la poutre pour fermer une porcherie. Il ne date certainement que du début du XIXe siècle.

A distance de 106 cm de la joue Est de la poutre ouest se trouve la trace d’un mur en retour d’équerre qui a été démoli. L’angle est continu avec l’enduit du mur nord donc les deux étaient contemporains. Ce retour se prolonge plus haut derrière la solive qui longe le mur nord. Ce qui signifie que le plancher actuel est postérieur à l’existence de ce mur. Autrement dit ce mur a été démoli lorsqu’on a construit le plancher supérieur actuel.
Dans ce retour de mur il existe tout en haut un angle concave dans la maçonnerie comme si une pièce de bois y avait été placée lors de la construction et la maçonnerie faite autour.

schéma de l’hypothèse mur de refend

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – chantier de la toiture Nord

Remplacement de la toiture septentrionale en 2019

Ce versant de toiture est le plus abîmé de m’aile Est.

C’est donc un des premiers chantier lancé sur cette partie du bâtiment.

Le bâtiment fait une quinzaine de mètre de longueur, une largeur de pignon d’un peu moins de 10 mètres et une pente de 48°. Cela nous donne un peu plus de 100 m² par versant.

Délattage

On enlève les tuiles et les lattes. On récupère le maximum de ce qui est en bon état.

Zoom sur les coyaux

Les coyaux sont de petites pièces de bois biseautées placées sur un chevron afin de prolonger sur la saillie du mur afin de rejeter les eaux de pluie loin de la maçonnerie.

Ils peuvent être droits ou en queue de vache. Le coyau a pour effet d’adoucir la pente du versant du toit au niveau de l’égout.

Lattage

Etat Final

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 02 – Etat des lieux

La liste des travaux peut être trouvée dans l’article ci dessous.

Pour cet article on va faire l’état des lieux avant les chantiers.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Pour les images antérieures à 2021, on peut se référer à l’article sur l’état des lieux en 2012

Juste avant le début du chantier la tour ressemblait à ceci:

Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – liste des chantiers sur la façade Nord.

Quelques chantiers autour de cette façade Nord ont été effectués.

Il est probable que chacun de ces chantiers sera développé dans un article particulier ultérieurement.

Remplacement de la toiture septentrionale

Changement de toiture.

Une quinzaine de mètre de longueur de bâtiment, une largeur de pignon d’un peu moins de 10 mètres et une pente de 48°. Cela nous donne un peu plus de 100 m² par versant.

après

Zoom sur les coyaux

Les coyaux sont de petites pièces de bois biseautées placées sur un chevron afin de prolonger sur la saillie du mur afin de rejeter les eaux de pluie loin de la maçonnerie.

c’est la pièce de bois à gauche sous le toit qu’il faut regarder.

Ils peuvent être droits ou en queue de vache. Le coyau a pour effet d’adoucir la pente du versant du toit au niveau de l’égout.

Réfection de la base du mur et égout.

Les bas de mur ont été remaçonnés.
protégés par un drain
et des caniveaux à l’aplomb des coyaux.

Ouverture des fenêtres.

Nous avons ouvert la fenêtre ouest vers le pressoir et seulement amorcé l’ouverture sur la fenêtre orientale.

A suivre dans des articles dédiés.

Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – état des lieux à l’acquisition

Le pignon oriental de l’aile Est

Le pignon oriental de l’aile Est a perdu son étage au début du XIXe siècle et l’étude intérieure a montré que le mur a été démoli pour être mis en forme de pignon triangulaire, les rives ayant été reconstruites alors.

La fenêtre du XVIe siècle murée, dont on découvre à l’intérieur le cadre d’ébrasement, se voit également à l’extérieur, avec son cadre en tuffeau presque complet (linteau, rebord, piédroits de gauche, partie de
ceux de droite) décoré d’une arête chanfreinée, comme sur les ouvertures XVIe que l’on voit sur la façade sud de la même aile ainsi que sur la fenêtre XVIe percée dans le pignon ouest du principal corps de logis.
L’autre baie, encadre de bois de chêne ne date que de la fin du XIXe siècle.

La façade nord de cette aile n’est pas du tout liée au pignon Est du principal corps de logis (à la différence de la façade sud). Cela se voit aussi très bien à l’intérieur de la chambre.

La façade nord de l’aile Est.

L’aile Est qui prolonge le principal corps de logis mesure une quinzaine de mètre de long. Elle ne conserve plus que son rez-de-chaussée, l’étage et le comble ayant été démoli au début du XIXe siècle.
Il ne reste du rez-de-chaussée primitif, du côté nord, que trois ouvertures : deux jours éclairant la cuisine et une fenêtre éclairant la chambre reconverti en porte.

Fenêtres de la chambre.

La fenêtre de la chambre est d’une construction homogène mais transformée en porte au XIXe siècle. Il manque le piédroit du bas qui avait peut-être un congé. Son cadre est construit en tuffeau, décoré d’une arête chanfreinée, comme les autres baies du XVIe observées sur la façade sud, sur le pignon Est et sur la baie percée dans le pignon ouest du principal corps de logis. Le rallongement des piédroits pour la porte est réalisé en briques doubles.

Fenêtre orientale de la cuisine

Le jour le plus à l’Est qui éclaire la cuisine mesure 61 cm de large et 58 de haut, presque un carré. Son cadre de calcaire semi-dur de Nuillé est richement mouluré, dans le goût du début du XVIe siècle, ce qui ne paraît pas très logique, s’agissant d’une baie de cuisine, petite et située à l’arrière. D’ailleurs ces moulures ne sont pas bien alignées. Cela donne une forte impression de pierres remployées par le bâtisseur de cette aile, peut-être Guillaume Dorléans, en 1543.

Sous le linteau, on aperçoit trois trous ayant servi à placer des barreaux de fer de protection.

Fenêtre occidentale de la cuisine

Le jour le plus à l’ouest qui éclaire la cuisine est distant de 1,30 m du précédent. Il mesure 57 cm de large et 58 de haut, presqu’un carré aussi. Son cadre est aussi de pierre de calcaire semi-dur de Nuillé, présenté une mouluration simplement chanfreinée et les arêtes sont bien alignées. On ne soupçonne pas ici des pierres remployées mais plutôt un ouvrage fait exprès. Sous le linteau, on aperçoit des trous ayant servi à placer des barreaux de fer de protection.

Le bas du mur.

Le bas des murs est dans un état assez abimé des deux côtés.

De grosses infiltrations se font à la moindre pluie à travers le mur.

Les bas de murs sont protégés par des tôles.

A l’intérieur le bas du mur donne directement sur la terre.

La façade Sud de l’aile Est.

L’aile Est qui prolonge le principal corps de logis ne conserve plus que son rez-de-chaussée, l’étage et le comble ayant été démoli au début du XIXe siècle.
Il ne reste du rez-de-chaussée primitif que trois ouvertures : celle de la cave, une fenêtre et une porte murée au-dessus. Les autres baies ne datent que du XIXe siècle.

Il semble que la façade sud de l’aile Est soit liée avec celle du principal corps de logis, du moins sur une certaine hauteur du rez-dechaussée.
Pour se faire une opinion, il faut suivre depuis le haut vers le bas l’alignement des gros moellons formant la chaîne d’angle du principal corps de logis du XVe siècle. On s’aperçoit qu’il est ininterrompu jusqu’au
bas de la fenêtre XVIe. Plus bas, l’alignement des gros moellons se déplace vers la droite, dans l’aile Est. Cela peut s’interpréter de deux manières. Soit ce déplacement de la chaîne d’angle a été réalisé au XVIe
siècle lors de la construction d’une aile nouvelle, ex nihilo.

Ceci voudrait dire que le maçon chargé des travaux à rompu l’angle primitif du corps de logis du XVe siècle afin de créer une liaison avec la nouvelle construction. Ou bien cette pénétration des maçonneries en bas de la façade démontre l’existence d’un mur contemporain du corps de logis du XVe siècle, voire même d’une aile basse contemporaine. Dans cette hypothèse, on peut songer aux exemples d’ailes basses servant à la cuisine et ses annexes.
Si c’est le cas à la Chevalerie, elle devait avoir une largeur moindre que le principal corps de logis, puisque la façade nord de l’aile Est est totalement indépendante (voir un peu plus haut)

Il existe plusieurs ouvertures

Porte de la cave

L’ouverture mesure 1,04 m de large et 1,13 de haut, sur un seuil de grès placé au niveau de la cour. Le cadre couvert d’un cintre est en pierre calcaire dure.

Fenêtre de la chambre

Au dessus à gauche de la porte de la cave. La fenêtre de la chambre est entourée d’un cadre
tout en tuffeau à l’arête chanfreinée avec un congé en bas des piédroits. Le rebord également en tuffeau n’a pas résisté au temps mais il semble qu’il ait été mouluré, sans doute à l’identique du rebord de la fenêtre percée au XVIe siècle dans le pignon ouest du principal corps de logis. Sous le rebord, on remarque plusieurs pierres de tuffeau très dégradées, formant presqu’un cadre. Mais ce cadre, s’il était volontaire et destiné à être une ouverture serait de très mauvaise qualité. Le linteau n’est pas clavé, ce qui rend impossible le percement d’une baie, les piédroits s’enfoncerait plus bas que le rebord, le « cadre » n’est pas aligné avec la fenêtre. Par conséquent, il ne semble pas qu’il faille chercher là un quelconque ouvrage déterminé. C’est plutôt une maçonnerie destinée à être enduite.

Porte murée de la chambre

A droite de la fenêtre précédente derrière le poteau électrique se trouve la porte murée qui servait à entrer dans la chambre. Elle est large de 96 cm, haute de 2,98 m. Il manque son seuil. Le cadre est mélangé de pierre semi-dure et de tuffeau. La pierre semi-dure est disposée en bas des piédroits et l’on y remarque un congé. Le reste du cadre a son arête chanfreinée. Il faut imaginer un seul sous les piédroits du bas, puis un escalier de grès qui descend jusqu’à la cour.

La grande porte du pressoir

La grande porte du pressoir mesure actuellement 2,71 m sur 3,26 de haut. Elle a été agrandie et mise dans ces dimensions au début du XIXe siècle (voir l’article sur l’intérieure du pressoir). Le montant de gauche (ouest) est en calcaire oolithique semi-dur sur une base en grès. Une partie de ce montant appartient à une porte du XVIe siècle. L’autre montant (Est) est également en calcaire oolithique et en tuffeau mais il date entièrement du XIXe siècle. Au-dessus le linteau est en bois. A droite de la porte, on
distingue dans la maçonnerie une ligne de césure qui correspond au mur de refend de la cuisine démoli, ce mur ayant pu être aussi le premier pignon de ce corps de bâtiment.

Porte du chenil

Toute la suite du mur vers l’Est a été en grande partie rénovée et repercée au XIXe siècle pour es besoins agricoles.

le coin du mur entre le pignon Est et Sud est très abîmé et se délite.

La toiture

Le toit de cette aile à besoin d’être changé. Chaque versant à un angle de 48° comportant un peu plus de 100 m² de tuiles.

Il y a beaucoup de chantier à mener rien que pour l’extérieur de cette aile.

A suivre prochainement bien entendu.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Chambre du rez-de-chaussée – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre est » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Chambre 01 du rdc » sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.

Comme le montre le marché de construction du château de Bonnétable (1476), il est d’usage de disposer une chambre au bout de la salle :


« et au bout de ladite salle ce fera un grant chambre à pavez
laquelle portera 25 pieds en quarré »

C’est donc bien l’usage de chambre qu’on peut assigner à la pièce qui se trouve à l’Est du rez-de-chaussée. On y trouve d’ailleurs une cheminée plutôt plus ornée que dans la salle, ce qui permet d’assurer
qu’on ne se trouve pas dans une cuisine.

Sol

Le niveau de cette chambre est plus haut de 28 cm aujourd’hui que la salle. Il est bien d’origine, comme en atteste l’entrée sur l’escalier. En effet, la porte d’entrée de la chambre sur l’escalier se situe sur la première marche de l’escalier. Autre indice que le niveau est d’origine : la base des jambages de la cheminée qui n’est pas amputée mais au contraire bien complète.

Le sol a été refait à la fin du XXe siècle sur une chape de béton. Il ne reste rien de celui d’origine. Selon l’acte de visite et montrée de l’an 2, cette pièce qui s’étend sur une cave était revêtue de « madriers », c’est à dire de blocs de bois, alors très usés :

« Que l’autre chambre à côté de la maison est carrelée de
madriers qui sont usés de vétusté ».

Fenêtre

La fenêtre côté mur sud a été transformée en porte au XIXe siècle. Mais il en reste suffisamment de pierres d’origines pour pouvoir déterminer ses dimensions : 1,55 m de large, 1,79 m de haut. Elle est donc plus petite que celle de la salle (1,62 sur 1,84 m). On peut en conclure que la dimension de la fenêtre est calculée en fonction de la taille de la pièce à éclairer.

L’allège est de 93 cm de haut. On n’y trouve aucun coussiège. Le quart du bas est de 96 cm de haut sur 69 de large. Le quart du haut mesure 66 cm de haut sur 69 de large. Comme sur la fenêtre précédente, la hauteur du quart supérieur augmenté de la largeur du meneau est égale à la hauteur du quart inférieur.

Le cadre extérieur de la fenêtre, en calcaire semi dure de Nuillé/Soulitré, a une profondeur de tableau de 25 cm. Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est construit en tuffeau est couvert d’un arc segmentaire appareillé. Les vantaux d’origine ont évidemment disparu.

Portes

Porte vers escalier

A droite de la fenêtre se trouve la porte d’entrée d’origine de la chambre. Elle a été murée au XIXe siècle lorsque la fenêtre a été transformée en porte d’entrée. L’ouverture de la porte, mesurée du côté de
l’escalier, est de 78 cm de large et 1,72 m de haut.

la porte murée de droite

Elle est par conséquent plus étroite et plus basse que celle de la salle. Son cadre est chanfreiné avec sans doute un congé en bas.

Côté chambre la porte est totalement murée et recouverte d’un enduit. Sous la peinture, on distingue cependant l’ébrasement sous un arc segmentaire appareillé. On distingue également les traces d’un ostevent sur le mur ouest

Porte nord

Une porte s’y ouvre, qui permet d’accéder dans la garde-robe. L’ouverture mesure 67 cm de large et 1,62 m de haut (même largeur mais moindre hauteur que dans la salle). Elle est entourée d’un cadre en tuffeau chanfreiné, mais dont l’arête est si usée qu’on ne voit plus l’éventuel congé. Le vantail actuel ne date que des environs de 1900.

Porte ouest

Comme on l’a vu en étudiant la salle, la porte du milieu semble être issue d’une époque postérieure à la construction de ce corps de logis. L’ébrasement, assez faiblement évasé, est encadré de tuffeau avec un
linteau droit appareillé, le seul de ce type (puisque toutes les ouvertures ont des ébrasements couverts en arc segmentaire). Il s’agit probablement d’une porte percée au XVIe.

Porte Est

Une porte donne accès à l’aile Est. Son ouverture mesure 66 cm de large et 1,60 m de haut. Le seuil de 14 cm de haut est aujourd’hui en brique. En effet, le niveau de la chambre de l’aile Est était supérieur à celui de la présente chambre. Le vantail ne date que des environs de 1900.

Cheminée

Le cheminée qui s’appuie sur le pignon Est présente un foyer de 1,70 m de large sur 1,37 m de haut. Son ornement est taillé dans la pierre calcaire. Il se compose de piédroits en forme de colonne cantonnée de
deux gorges (une large et une étroite). Les bases sont fort abîmées.

Les chapiteaux, bien conservés sont sculptés de godrons courbés en forme de larme, qui prouvent que les formes de la Renaissance sont déjà connues, ce qui pousse la datation de la cheminée (et de tout ce corps de logis) vers les dernières années du XVe siècle ou les premières du XVIe. Le linteau est décoré de corps de moulures. Brochant sur ces
moulures, un blason est sculpté mais hélas le meuble est effacé. Il ne pouvait s’y voir que les armoiries des Tiercelin avec leur sautoir tiercé. Le sommier entre en biais dans le mur pour épauler la cheminée qui, comme toujours à cette époque n’est pas renforcée d’une barre de fer. La hotte, à la différence de la cheminée de la salle, est traversée par un arc de décharge en forme segmentaire et appareillé. Au sommet, on ne trouve aucune trace de corniche, ce qui n’a rien d’étonnant tant les exemples de hotte sans corniches sont fréquents au XVe siècle.

Sur le manteau de la cheminée est gravé en creux un blason barré soutenu de rinceaux de feuillage dans le style du XVIIe siècle. Il est également gravé à droite de l’écu XVe. Les armoiries ne correspondent
pas à une famille ayant possédé la Chevalerie.

Ce peut être le graffiti d’un des agents des Ursulines. A moins qu’il s’agisse du blason des Souvré, mais on ne voit pas pour quelles raisons.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
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