Latrine ancienne à l’Est du premier étage : état des lieux à l’acquisition du manoir

Lors de l’acquisition du Manoir de la Chevallerie, la latrine située au premier étage de l’aile Est constituait un élément particulièrement intéressant pour la compréhension des aménagements sanitaires anciens. Bien que fortement dégradée, elle conservait des traces lisibles de son fonctionnement et de son intégration dans le bâti. Cet article propose un état des lieux détaillé de cette latrine ancienne avant toute intervention de restauration.

Appelée « Latrines Est du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, « latrine 01 » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. .

Le carrelage a disparu.

Portes

Porte sur le mur ouest

On observe entre le mur sud du pavillon et la façade Est de l’aile nord une fissure traversante jusqu’à la chambre Est du grand logis. Ce qui signifie qu’en s’écartant, le mur sud du pavillon entraîne aussi la façade nord du grand corps de logis. Ceci plaide plutôt pour une liaison forte entre toutes les maçonneries.
Ce mur de 70 cm d’épaisseur est construit en moellons et porte le même enduit d’origine.

Vu de l’intérieur des latrines, l’ébrasement sud de la porte correspond au mur sud du pavillon. L’autre montant est en tuffeau. Le couvrement est appareillé en arc segmentaire. La largeur de l’ébrasement atteint 86 cm. Le vantail a disparu. Les gonds restent dans le montant sud. En face, dans le montant nord, on voit encore un cavalier en fer contre la feuillure pour le pêne de la serrure, ce qui prouve que cette
dernière se trouvait dans l’épaisseur du vantail. Il existe aussi un trou carré plus haut et plus vers l’intérieur pour le verrou, ce qui prouve que ce dernier était posé sur la surface de la porte.

Fenêtre

Sur le mur Nord L’ouverture mesure 30 cm de large sur 52 de haut, sur une allège de 1,15 m de haut. L’ébrasement s’élargit jusqu’à 63 cm. Sur son montant ouest, on distingue une inscription paraissant du XVIIIe siècle, mais difficile à déchiffrer. L’ébrasement est encadré principalement de maçonnerie,
avec quelques pierres de tuffeau. Le rebord est en pente vers le bas. Le couvrement est un linteau en tuffeau monolithe. Le vantail d’origine a disparu mais on voit encore les gonds en place dans le montant Est. En face, dans le montant ouest, on remarque un trou au milieu qui servait pour le pêne du verrou.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Chambre de retrait Est du premier étage – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre de retrait Est du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, « ancienne chambre » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. .

Cheminée

Le foyer de la cheminée mesure 1,03 m de large sur 1,49 m de haut. De l’ornement, il reste les jambages et les sommiers du linteau, identiques à ce qui a été décrit dans la chambre de retrait ouest. Le reste a été démoli en laissant suffisamment d’empreintes pour constater que la hotte était tronconique.

Fenêtre

Sur le mur Est la fenêtre d’origine mesure 70 cm de haut, ouverte sur une allège de 1,20 m de haut. Comme une grande partie de la fenêtre a été démolie à la fin du XXe siècle, il n’est plus possible de connaître la largeur de l’ouverture. On peut supposer qu’elle était identique à la fenêtre de la chambre de retrait ouest. L’ébrasement est partiellement conservé. Il était entièrement encadré de tuffeau, avec un couvrement en arc segmentaire.

Murs

Mur Ouest – disparu

Le mur ouest était entièrement aveugle. Il a été observé au
paragraphe relatif à la chambre de retrait ouest.

Mur Sud

Le mur sud a été démoli. Il a été observé au paragraphe de la garde robe Est.

Plafond

Le plafond présente les mêmes caractéristiques que dans la chambre de retrait ouest.

Sol

Le carrelage de cette chambre est en partie conservé, identique à celui de la chambre de retrait ouest. Dans cet ensemble de pavés de 13 cm de côté, disposés par rangées perpendiculaires au sens de déplacement, il existe au moins un carreau estampé de fleurs de lys

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Garde-robe ancienne du premier étage : état des lieux à l’acquisition

Lors de l’acquisition du Manoir de la Chevallerie, la garde-robe située au premier étage de l’aile Est constituait un espace révélateur de l’organisation domestique des niveaux supérieurs. Dans les bâtiments anciens, ces pièces pouvaient remplir des fonctions variées, entre rangement et usages liés à l’hygiène. Cet article propose un état des lieux détaillé de cette garde-robe ancienne, afin d’en comprendre l’organisation et les transformations avant toute intervention de restauration.

Une garde-robe intégrée aux espaces du premier étage

Appelée « garde robe Est du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, elle n’est pas dénommée sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. La pièce n’existant physiquement plus.

Le carrelage ancien est entièrement ôté.

Portes

Porte sur le mur sud, vers la chambre Est

Le mur Sud correspond donc à la façade nord du principal corps de logis. Il est construit en moellons et revêtu d’un enduit d’origine épais, lisse, plat et blanchi, sans décor de joints. L’enduit conserve la lèvre
supérieure qui fait retour sous la solive qui longeait le mur sud. Vu de ce côté, la porte présente son ébrasement, tout en tuffeau, avec un couvrement en arc segmentaire.

Porte Est vers les latrines Est

La porte qui s’ouvre sur les latrines est de même facture que dans la garde-robe ouest. L’ouverture mesure 57 cm de large et 1,75 m de haut.
Le cadre est entièrement appareillé en tuffeau, sans chanfrein sur l’arête.
Le montant nord est appareillé avec le mur de refend nord. Le linteau est monolithe mais un peu court et n’entrant que d’un cm dans le mur nord (disposition pourtant d’origine). Le vantail n’existe plus.

Fenêtre

La fenêtre conserve à l’extérieur son cadre d’origine qui montre qu’elle n’a pas varié depuis sa construction. Le montant sud de l’ébrasement se confond avec le mur sud. Le montant nord de
l’ébrasement est partie maçonné et partie en tuffeau. Le rebord est maçonné, à 1,50 m du sol, et le linteau est en bois (c’est donc exactement la même facture que la fenêtre de la garde-robe ouest). Le tout remonte à l’origine puisque qu’il n’y a aucune reprise dans l’enduit. Le vantail a disparu, mais il y a aujourd’hui une planche fixe qui rend la mesure de l’ouverture difficile, peut-être 55 cm en tous sens, environ.

Murs manquants

nous venons de voir les murs avec ouvertures visibles. Abordons maintenant les murs manquants

Mur Nord

Le mur de refend qui séparait cette pièce de la chambre de retrait mesurait 43 cm d’épaisseur

Au sol, on voit une assise de tuffeau qui correspond au montant
ouest du cadre de la porte de communication avec la chambre de retrait.

Mur Ouest

Le mur de refend ouest a été tout entier démoli, à l’exception du montant de la porte de communication entre les deux garde-robes, construit contre le mur sud (voir le paragraphe relatif à la garde-robe
ouest
).

De la porte qui donne dans la garde-robe ouest, il ne reste que le montant sud avec son cadre chanfreiné. Le bas des jambages est si usé qu’on ne voit pas s’il a pu exister un congé, ce qui est probable.

Plafond

Le plancher supérieur a été démoli en même temps que les murs de refend, mais il laisse parfaitement visible les trous des solives et la lèvre supérieure de l’enduit des murs qui fait retour sur les entrevous

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

La garde-robe Est du rez-de-chaussée – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « garde robe Est » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Réserve » dans les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine, l’appellation actuelle a maintenu le nom  » garde robe ouest  »

Fenêtre

Le mur sud montre de ce côté l’ébrasement de la porte. Il est encadré tout en tuffeau.

Un jour percé en hauteur, au-dessus d’une allège de 2,20 m, d’une ouverture de 52 cm de large sur 67 cm de haut, certainement munie à l’origine d’un vantail de petits verres sertis dans une résille de plomb, montre qu’on se trouve plutôt dans une pièce à usage de domestique (qui n’ont pas besoin de beaucoup de lumière ni de regarder par la fenêtre), ou bien à usage de conservation d’objets précieux (étroitesse qui protège des intrusions, hauteur qui rend difficile les regards de l’extérieur). Côté extérieur, le cadre de la fenêtre est en calcaire dur de Nuillé, décoré seulement d’un chanfrein. Le linteau et le rebord sont également d’origine et monolithe. Ils ne portent aucun stigmate de barreaux de fer.
Côté intérieur, l’ébrasement est construit en tuffeau. A l’exception toutefois du côté gauche qui correspond au mur de façade nord du principal corps de logis. Le couvrement est en arc segmentaire.

Portes

Porte vers la sous latrine Est

L’ouverture de la porte qui s’ouvre sur la dépense mesure 62 cm de large et 1,69 m de haut. le cadre se trouve côté garde-robe et l’ébrasement côté dépense. Le cadre est en pierre de taille sans chanfrein. Le côté droit correspond au mur du pavillon Est. Le montant de gauche est en parpaings de tuffeau. Le linteau est appareillé en tuffeau. Toutefois ce cadre est manifestement une reconstruction des environs de 1900 car il est placé en avant du mur Est de plusieurs cm. Le cadre est désormais disjoint des pierres de l’ébrasement l’espace entre les deux ayant été bouché de menuiserie. A l’avant du cadre de tuffeau a été cloué un cadre en bois datant des environs de 1900 et dont le vantail a disparu.

Porte vers la chambre à la colonne

La porte de communication avec la chambre de retrait est bien d’origine. Mais elle est actuellement entièrement murée et ne peut être
observée.

A droite sur la photo

l’ouverture de la porte peut être vue sur la page du chantier de la chambre à la colonne

Porte vers la chambre Est

à gauche sur la photo ci dessus

La porte a été observée précédemment au paragraphe consacré à la chambre Est. Vue de ce côté, on constate que l’ébrasement de la porte est encadré de tuffeau, avec un couvrement en arc segmentaire.

Fenêtre

Sur le mur Est, une fenêtre . Elle est encadrée à l’extérieur de pierre calcaire semi dure de Nuillé décorée d’une arête chanfreinée. Le linteau et le rebord sont monolithes.

Seul le montant gauche a été remplacé vers 1900 par un empilement de briques violacées
montées à la chaux. Il existe aujourd’hui deux barres de fer écorché mais le linteau et le rebord portent la trace de plusieurs autres trous de barreaux.


Côté intérieur, la fenêtre est percée au-dessus d’une allège de 2 m, ce qui montre qu’on se trouve plutôt dans une pièce à usage de domestique (qui n’ont pas besoin de beaucoup de lumière ni de regarder
par la fenêtre), ou bien à usage de conservation d’objets précieux (étroitesse qui protège des intrusions, hauteur qui rend difficile les regards de l’extérieur).

L’ébrasement de la fenêtre n’est pas d’aussi bonne qualité que pour les ouvertures des pièces de maître. Le côté de droite se confond avec la façade nord du logis. Le montant de gauche est tout en tuffeau,
mais assez abimé, avec des reprises de maçonnerie dans l’angle. Quant au linteau, il est constitué de deux morceaux de solives. L’allège est remplie de maçonnerie dans l’épaisseur de l’ébrasement. Quant au vantail fixe, il ne date que des environs de 1900. Celui d’origine devait être mobile, constitué d’un panneau de petits verre placés dans une résille de plomb et protégé à l’extérieur par plusieurs barreaux de fer.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Pièce de stockage ancienne (dépense) Est du rez-de-chaussée : état des lieux à l’acquisition

Lors de l’acquisition du Manoir de la Chevallerie, la pièce dite « dépense », située au rez-de-chaussée de l’aile Est, constituait un espace de stockage alimentaire caractéristique des demeures anciennes. Aujourd’hui peu connu, ce type de pièce jouait un rôle essentiel dans l’organisation domestique. Cet article propose un état des lieux détaillé de cette pièce de stockage ancienne avant toute intervention de restauration.

Une pièce de stockage dans l’organisation du manoir

Appelée « dépense Est du rez de chaussée » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Cellier » dans les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine, l’actuelle « salle de bains » se situe au nord du bâtiment principal, la partie la plus à l’Est.

Le pavillon Est contient au rez-de-chaussée une petite dépense, ou pièce pour la toilette ou autre usage privé. On n’y trouve sans doute pas de siège d’aisance car le conduit des latrines de l’étage ne peut pas servir en même temps au rez-de-chaussée : si l’on y pratiquait une ouverture, les odeurs reflueraient dans la pièce du bas. Et le conduit occupe toute la largeur du mur Est.

une utilisation probable a été évoqué sous le terme de laiterie.

Laiterie

L’unique travée de solive est composée de pièces de bois de 16 cm d’équarrissage espacées de 33 cm et disposées dans le sens nord/sud. Au-dessus, le torchis non lissé, ni enduit, ni blanchi, a manifestement
été refait en 1900

Fenêtre

La petite fenêtre est percée au-dessus d’une allège qui mesurait à l’origine 1,85 m de haut mais qui a été rabaissée vers 1900. En effet, la fenêtre a été agrandie vers le bas vers 1900. Côté extérieur, la partie d’origine du cadre est en calcaire dur de Nuillé avec un linteau monolithe et des arêtes chanfreinées. Lorsque la fenêtre a été allongée vers le bas, vers 1900, les piédroits ont été prolongés par des briques montées à la chaux et le rebord changé par une pièce de bois.


L’ouverture d’origine mesurait 35 cm de large sur 47 de haut. Côté intérieur, l’ébrasement est encadré de tuffeau avec un couvrement en arc segmentaire. La partie agrandie vers 1900 est seulement encadrée de maçonnerie. Le vantail est une menuiserie des années 1900.

La porte

Du côté de la dépense, l’ébrasement de la porte de communication vers la garde-robe est couvert de bois, ce qui prouve qu’il a été transformé vers 1900 (voir au paragraphe de la garde-robe).

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés