Visite à la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie

Au mois de décembre petite visite à la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie pour consulter les dossiers administratifs d’établissement des parties inscrites et classées du monument.

D’après les quelques images qui avait été publiées récemment sur le site Mérimée je savais qu’un nombre inconnu de photographies devaient y être accessibles également.

  1. Les documents sont très riches.
  2. Les clichés
    1. On y retrouve des plan d’ensemble que nous ne connaissions pas
    2. Des détails.
    3. Des éléments insolites.
    4. Quelques comparaisons.

Les documents sont très riches.

J’ai pu y retrouver

  • L’arrêté du 24/071986 portant inscription du manoir et des ses dépendances sur l’inventaire supplémentaire (Classés) des monuments historiques pour
    • le corps du logis dans sa totalité
    • le portail d’entrée au sud-est avec la tour voisine
  • L’arrêté du 19 décembre 1985 sur l’inscription en totalité
  • Le dossier de domanialité
  • le dossier de recensement avec :
    • Les demandes d’avis en vue des commissions des monuments historiques
    • Les procès verbaux des commissions
  • Les photos plans et cadastres qui ont été pris pour les différentes commissions.

J’ai pu faire rectifier preuve à l’appui ce qui est inscrit sur le site Mérimée pour la notice du manoir.

En effet, le texte figurant avant sur la  notice PA00109934 comportait une erreur :

Précision sur la protection de l’édifice :

Corps de logis et portail d’entrée au sud-est, avec la tour voisine (cad. A 457) : classement par arrêté du 24 juillet 1986 ; Le manoir et ses dépendances à l’exception des parties classées : inscription par arrêté du 24 juillet 1986

En effet, sur l’arrêté ministériel il est mentionné :

Précision sur la protection de l’édifice :

Corps de logis, en totalité et portail d’entrée au sud-est, avec la tour voisine (cad. A 457) : classement par arrêté du 24 juillet 1986 ; Le manoir et ses dépendances à l’exception des parties classées : inscription par arrêté du 24 juillet 1986

Un petit détail qui change tout et qui permet de lever des doutes dans nos communication avec la DRAC, la région et le département quand on évoque les travaux sur les Ailes Nord et Est du Corps de logis.

Les clichés

Les clichés sont très intéressants et ont été établis pour l’inventaire en 1973.

On y retrouve des plan d’ensemble que nous ne connaissions pas

Vue depuis l’ouest
Aile Est depuis le Nord
vue d’ensemble depuis l’entrée du chemin
le portail et la tour classés

Des détails.

La tour effondrée sans les

Des éléments insolites.

Tas de pierre de la tour

détail intéressant sur les pierres

Ces éléments ainsi que les pierres déjà retrouvées permettront d’enrichir les projections de la forme originelle des sculptures autour de la porte d’entrée.

Pour rappel sur la restauration de la porte :

Il y avait déjà eu beaucoup de débats à ce sujet. Sans jeu de mot, ce sont de nouvelles pierres apportées à la réflexion. Peut être encore un prochain chantier…

Ci-dessous, l’usage pratico-pratique du premier étage du logis et des combles comme entrepôt de grains et foin.

Quelques comparaisons.

Portail d’entrée du manoir de la Chevallerie, un peu d’histoire.

  1. Portails d’entrée du XVe siècle
  2. Documentation sur le portail de la Chevalerie
  3. Le mur écran
  4. La grande arcade
  5. L’ébrasement intérieur de la grande arcade

Portails d’entrée du XVe siècle

Rares sont les portails seigneuriaux qui subsistent, et encore plus ceux qui remontent à la fin du Moyen Age, particulièrement dans les résidences qui n’ont pas de fortifications, comme à la Chevalerie. On connaît des châtelets d’entrée à Chéronne (XVe, à Tuffé) et à Pescheray (XVIe, au Breil-sur-Merise), ou plus tardifs (Courtanvaux, à Bessé, vers 1550). Mais ce sont là des ouvrages qui accompagnent des ensembles fortifiés et qui correspondent à des châtellenies, ou des hautes justices.

Les seigneuries qui n’ont pas de droit particulier de se fortifier, comme sont les simples basses justices (et la Chevalerie appartient à cette catégorie) n’ont pas de tels bâtiments d’entrée. Seulement une ouverture dans un mur de clôture. Très peu sont conservées, probablement parce que l’usage agricole a rendu gênants ces écrans, et que leur démolition a été ardemment souhaitée par les fermiers.

Il ne semble pas subsister d’ouverture de ce type dans la Sarthe. Dans le Loir et Cher, on peut citer l’entrée aujourd’hui très dégradée du manoir de Bonaventure, à Mazanger, près de Montoire, avec sa tourelle d’angle. Il faut retrouver des images plus anciennes, montrant les portails avant leurs démolitions.

Les restes du portail d’entrée du manoir de la Bonaventure
à Mazangé (41) avant restauration

A ce titre, le dessin réalisé en 1699 pour le collectionneur Gaignières du petit manoir construit pour le roi Charles VII près de Chinon, dénommé lui aussi Bonaventure, est instructif. Il montre un logis de peu d’importance placé avec ses dépendances dans une cour, le tout enfermé dans une enceinte de murs ordinaires, avec un portail d’entrée. Ce dernier se compose d’une porte charretière à doubles battants et une porte piétonne à côté, le tout sous une portion de mur simplement plus élevée et couverte d’une petite toiture. On n’est pas très loin de ce qui existe aujourd’hui à la Chevalerie, la porte guichetière en plus. Surtout, l’arcade de la Chevalerie ne date plus du XVe siècle

Le portail d’entrée du manoir de Bonaventure, près de Chinon, bâti par le roi Charles VII, dessiné en 1699

Il faut imaginer à la Chevalerie un portail d’entrée de même type que celui de la Bonaventure, près de Chinon. Un mur plus élevé au dessus des deux ouvertures (cochère et piétonne) avec une petite toiture. La mouluration dessinée en 1699 à la Bonaventure est tout à fait conforme aux modes constructifs du XVe siècle. L’ouverture charretière d’origine n’était sans doute pas aussi large qu’aujourd’hui à la Chevalerie, ce qui laissait la place d’ouvrir un guichet sur son côté sud. Les vantaux étaient pleins, constitué côté du dehors de planches verticales, sûrement doublés côté intérieur de planches épaisses posées dans le sens horizontal, le tout fixé à gros clous forgés.

Documentation sur le portail de la Chevalerie

Les images les plus anciennes du portail de la Chevalerie ne remontent pas au-delà du début du XXe siècle mais le plan cadastral de 1829 prouve qu’il n’a pas été modifié dans son emplacement depuis le début du XIXe siècle. Du côté des textes, il n’existe qu’une seule mention du portail, celle
contenue dans la montrée de l’an 2 qui est on ne peut plus sommaire :

« Que le portail de l’entrée de la cour est en passable état ».

Au défaut de documents plus précis ou plus anciens, l’observation de l’état actuel du portail supplée aisément, car il n’est pas différent de ce que l’on voir sur les photographies du début du XXe siècle. Bien plus, il semble n’avoir pas été retouché depuis plusieurs siècles.

Le mur écran

Face au court chemin d’accès se dresse un mur de clôture qui mesure aujourd’hui 2,76 m long au sud (à gauche) de l’arcade, et 4,60 m au nord (à droite) de l’arcade, l’ouverture mesurant quant à elle 2,90 m.
Ainsi cet écran mural mesure en totalité 10,26 m de long.

Le porche d’entrée de la Chevalerie en 1927
Le portail d’entrée de la Chevalerie en 1930

On ne peut pas non plus exclure un type de couronnement plus ornemental, tel qu’un crénelage, mais à notre avis cela paraîtrait disproportionné par rapport au statut féodal de la Chevalerie. Quant à l’éventualité d’un chemin de ronde, elle ne nous paraît guère crédible. Tout d’abord pour la raison que la Chevalerie n’a aucun droit de fortification. Et aussi parce qu’aucune disposition à droite ou à gauche du mur ne peut s’accorder avec une telle hypothèse : il n’existe pas d’escalier dans la cour pour monter en haut du mur, il n’y a pas de trace d’ouvrage militaire comme créneaux ou mâchicoulis. Quant à l’image seigneuriale du portail, elle résulte suffisamment du mur d’enceinte et du caractère monumental de l’arcade et de sa tour de flanquement.


Il n’est inutile de remarquer que l’extrémité sud-ouest de la maçonnerie du mur écran entoure l’angle de la dépendance, ce qui est une preuve indubitable que cette dernière est antérieure au mur.

Le mur écran est bâti en moellons avec un mortier de chaux et sable. Son épaisseur mesure 84 cm. Sa hauteur au point le plus élevé atteint 4,90 m. Mais c’est à son sommet que le mur a le plus souffert, aussi, on ne peut être très précis sur la hauteur primitive et pas davantage sur le type de couronnement à l’origine. S’agissait-il d’un chaperon à deux pentes, d’un glacis avec une pente vers la cour pour l’écoulement de l’eau, ou bien une tablette de pierre de taille dure ?

Au contraire, à l’extrémité nord-est du mur écran, la maçonnerie pénètre la tour de flanquement. Mur et tour semblent absolument contemporains. D’ailleurs, côté cour, le mur forme un petit virage correspondant à la forme de la tour. Ainsi, on comprend pourquoi le grès roussard et le tuffeau apparaissent à la Chevalerie dans ces deux constructions : il s’agit de la même campagne de travaux.


La grande arcade

Le grand portail, sous sa forme actuelle mesure 2,90 m de large et 2,70 m de haut à la base de l’arcade et 3,90 m sous clef. Il est encadré de montant verticaux en grès roussard et couvert d’un arc en anse de panier entièrement appareillé en pierre de taille blanche. Il s’agit d’une pierre de taille calcaire semi dure de type calcaire oolithique.
Vu de l’extérieur, les montants sont posés sur une base en grès roussard saillante. Le cadre est décoré d’un chanfrein qui vient mourir sur un congé marqué sur le quatrième piédroit en partant du sol. Les trois piédroits inférieurs sont plus larges et on y voit les vestiges d’une mouluration, sous le congé.
L’arc en anse de panier est également chanfreiné. Au centre, on remarque que la clef est saillante et taillée en pointe de diamant, un décor qui n’apparaît guère avant la fin du XVIe siècle et qui se répand surtout à partir du début du XVIIe siècle. De part et d’autre de cette agrafe, on voit que les deux claveaux sont attachés en semble par une petite fourche en fer forgé, renfort qui remonte manifestement à l’origine de la construction.


Dans l’ensemble, ces caractères évoquent une reconstruction de l’arcade vers 1600, si ce n’est même plus tard.

Le portail d’entrée de la Chevalerie vers 1930 (détail)

Au dessus de l’arcade le mur se continue mais une partie de sa hauteur a été supprimée lors de la construction de la petite couverture à deux pentes. Cette dernière existe déjà sur la photographie du début du XXe siècle. Mais il est douteux qu’elle soit antérieure au XIXe siècle. Avant qu’elle soit construite, le mur au-dessus de l’arcade devait avoir au moins la même hauteur qu’à droite et à gauche, voire davantage, comme on l’observe sur le portail du manoir de Bonaventure. Vu l’époque de construction de cette arcade (vers 1600), on ne peut pas exclure qu’il ait existé un entablement, d’une expression très simple compte-tenu du caractère rustique de ce qui subsiste. Peut-être seulement le ressaut d’une corniche qui a pu couronner tout le mur.

Le portail d’entrée de la Chevalerie vers 1940 ou 1950 (collection Durand)

L’ébrasement intérieur de la grande arcade

L’ébrasement du portail est également bordé de montants en pierre de taille, mais les assises de roussard montent moins haut. Il est vrai que ces montants sont moins sujets aux frottements que le cadre extérieur, étant protégé par les vantaux de bois lorsqu’ils sont ouverts. Ce détail prouve d’ailleurs que le grès roussard est plutôt économisé à la Chevalerie, que l’entrepreneur l’a considéré comme un matériau plus onéreux que la pierre de taille blanche. L’ébrasement est couvert d’un linteau composé de trois pièces parallèles de charpente. Dans celle qui jouxte l’arcade extérieure, on observe encore les deux trous servant à l’axe de rotation supérieur des vantaux de chêne. L’axe inférieur était sûrement en fer et devait tourner dans un trou creusé dans un bloc de grès dur. Mais tout cet ouvrage ne peut pas être plus ancien que 1600 environ.
Les gonds qui existent actuellement dans l’ébrasement ne datent que du début du XXe siècle. Ils y ont été entés pour permettre de faire tourner deux vantaux en claire-voie qui n’existent pas encore sur la carte postale du début du XXe siècle mais que l’on voit sur les photos de la famille Durand.

Le revers du portail d’entrée de la Chevalerie, carte postale du début du XXe siècle (détail)

Dans le prochain article sur le portail : l’état des lieux à l’acquisition en 2011.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

La remise XIXe adossée au mur Est – état des lieux, vie et mort du bâtiment.

Etat des lieux, vie et mort d’une remise du manoir de la Chevallerie.

Historique

carte postale début XXième.
1973 : © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Diffusion RMN-GP

Ce bâtiment ne fait pas parti de l’inventaire

Appelé « poulailler du XIX» dans l’étude Historique de Damien Castel, «Remise» sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.

Etat des lieux

A notre arrivée la charpente n’était plus du tout en état et il ne restait que quelques tuiles.

C’est une dépendance du XIXe siècle dont le faîte est en sens inverse de la dépendance voisine.
Trois des murs sont liés mais ils s’appuient sur le mur d’enceinte Est, ce qui signifie que celui-ci est plus ancien que la dépendance.

2011

En 2011 la charpente est complètement exposée. Le bois de charpente est complètement imbibé. il ne reste que peu de tuiles.

2020

Les ouvertures de la façade Ouest ont complètement déstabilisé le pignon, les fissures s’agrandissent.

Le poids du chat n’aide pas !

Plusieurs tentatives de protections et de renforcement avaient été entreprises mais le bâtiment n’ayant aucun intérêt Historique et gêne l’accès et les possibilité du bâtiment à côté ainsi que du mur, il a été décidé de laisser faire le temps.

Effondrement : hivers 2021

Récupération et future utilisation

Les pierres vont bien entendu toutes être réutilisées. Le mur d’enceinte Est va en consommer beaucoup.

La réfection du pigon Est de l’aile Est du bâtiment principale également.

D’ailleurs des travaux sont en cours de ce côté ci en ce moment.

A suivre prochainement.

La tour du logis – Etat des lieux à l’acquisition

Période antérieures

Les images de la tour avant l’effondrement peuvent être trouvées sur la page des images historiques de la tour du logis :

Pour rappel l’effondrement a eu lieu en 1954. Le soutènements/étais/tôles ont été mise en place en 1983

Etat des lieux à l’acquisition

La porte d’entrée du XVe s

Comme toutes les portes d’entrée de cette époque, l’ouverture devait mesurer environ 1 m de large et 1,95 m ou 2 m de haut. Le seuil existe toujours. Il mesure 1,20 de long à l’avant de la porte d’entrée. Il s’agit d’un beau bloc de grès très dur et très fin (de type grès de Bouloire) bien équarri. Le reste de la porte s’est effondré avec toute la partie ouest de la tour, dans la seconde moitié du XXe siècle.

Quelques photos en conservent heureusement le souvenir, mais malheureusement pas assez
précises pour restituer avec parfaite exactitude le dessin de la mouluration et du tympan. Le cadre extérieur de la porte était en calcaire semi dur de Nuillé (les morceaux qui demeurent le montrent) et l’ébrasement intérieur tuffeau (comme aux autres baies).

Vestige de la porte d’entrée du XVe s retrouvée à la Chevalerie

détail d’une photo prise en 1950 et retravaillée

Il n’y a aucune indication de document ou par vestige du type de menuiserie qui servait de porte. Vu son exposition ouest, il y a peu de chance que le vantail d’origine ait été conservé jusqu’à l’effondrement. Il
pouvait s’agir d’un vantail de simples planches verticales, ou bien à traverses moulurées et à panneaux. Attaché à des pentures, il devait pivoter sur de gros gonds.

L’entrée du logis du XVe s

Ayant franchi la porte d’entrée, le visiteur se trouve sous l’escalier en vis, dans un espace qui précède les appartements.
L’emplacement de l’escalier sert ainsi la distribution du château. La tour se trouvant vers le milieu de la façade sud, l’entrée de l’escalier et de l’habitation se trouve au centre, entre les deux pièces du rez-de-chaussée.
Le sol de cet espace est carrelé à l’origine de petits pavés de 11 cm de côté, comme le reste de l’habitation. Depuis que le logis seigneurial a été abandonné, un évier y a été construit, à proximité de la pièce de vie des métayers (ou maison). C’est ce que décrit l’état des lieux de l’an 2 :

« Que l’entrée de ladite maison sous l’escalier est à carreler et
l’hivier à raccommoder pourquoi a taxé 10 livres ».

Au sol, on voit aujourd’hui des pavés de 13 cm de côté posés par rangées dans le sens Est/ouest. A droite en entrant, une grande pierre de grès de Bouloire posée au sol a été un évier à l’époque où la Chevalerie
n’était plus qu’une ferme. Elle fait toute la largeur du dessous de l’escalier.
On ne voit guère cet évier, car un massif de maçonnerie a été construit dessus au XIXe siècle, comprenant de grosses briques (XIXe) avec une niche rustique couverte d’un linteau de bois.


A gauche en entrant se trouve l’entrée principale du rez-de-chaussée. Elle se compose de deux portes côte à côte, encadrées de pierre de tuffeau.

La première s’ouvre sur la salle ouest et la seconde sur la chambre Est. L’une fonctionne toujours mais son cadre en pierre de taille est très usé : on n’y perçoit plus le chanfrein et le congé qui ont dû exister à l’origine. L’autre est murée. Lorsqu’elle sera débouchée, on verra
sans doute réapparaître un chanfrein tout autour du cadre, avec un congé à la base des piédroits.

La porte de la salle se trouve de plein pied avec l’entrée de la tour. Par contre, la porte de la chambre se trouve au niveau de la première marche. L’espace laissé sur la marche n° 1 pour entrer dans la chambre
est assez réduit par la marche n° 2 qui, cependant ne se prolonge pas jusqu’à l’angle de la cage. Pourtant, l’espace laissé libre a été rebouché de maçonnerie et de pavés ultérieurement, sûrement lorsque la porte vers la chambre a été murée, évènement que l’on peut situer au XVIIe ou XVIIIe siècle.


A gauche vue vers l’angle nord-ouest. A droite vue vers l’angle nord-est

L’escalier en vis

La vis est entièrement d’origine mais elle est malheureusement en partie effondrée. Pour reprendre le vocabulaire du marché de 1476 pour Bonnétable, la longueur des marches « entre cercle et noyau » est de 1,60 m. les marches sont taillées dans le calcaire dur de Nuillé/Soulitré. Elles ont un bon demi-pied de haut (17 cm), une profondeur (giron) de 27 cm (mesuré au milieu de la marche). Les marches sont monolithes, pénètrent à un bout dans le mur extérieur de la cage (le « cercle ») et forment à l’autre bout noyau de 17 cm de section. A l’approche du noyau, la marche dessine une courbure qui dénote une réalisation plutôt tardive (antérieurement le marche et la périphérie du noyau ne formait qu’une
droite).

Le dessous des marches ont leur arête délardée (ce qui leur donne trois faces) mais le délardement fait congé devant le mur de la cage d’escalier de sorte que c’est un angle droit qui rentre dans le mur, contribuant à une meilleure stabilité.

La première volée de l’escalier

La première marche est un peu plus haute (19 cm) et son noyau plus large (19 cm). Cette base du noyau n’est absolument pas moulurée,

De l’entrée au palier du premier étage, la première volée compte dix neuf marches.
L’angle nord-est de la cage d’escalier a été élargi, c’est-à-dire que le « cercle » a été creusé pour dessiner un palier carré devant la porte de la chambre. Pour passer de ce carré au cercle de la cage d’escalier, l’architecte a fait construire un petit arc segmentaire appareillé en tuffeau.
A l’avant de la sixième marche, on voit deux gonds très anciens fichés dans le mur côté Est. Et une petite saignée dans l’enduit entre les deux gonds. Sans-doute s’agit-il d’une porte posée ici pour barrer l’accès à
l’étage supérieur. Cette disposition doit remonter à l’époque des Ursulines,

Au-dessus de cette même sixième marche, un corbeau taillé en quart de rond dans du calcaire dur est fiché dans le mur et forme un renfort pour porter les marches.


A la huitième marche, du côté Est, une petite ouverture donne du jour. Son ébrasement intérieur est entouré d’un cadre tout en tuffeau avec un arc segmentaire. Dans la feuillure, on observe encore les deux gonds et même le vantail d’origine, en planches verticales de chêne tenues par deux traverses horizontales chevillées. La serrurerie remonte aussi au XVe siècle : deux petites pentures à platines rectangulaires et une targette à platine ovale.


Tous les murs de la cage d’escalier, construits en moellons de grès ont été recouvert d’un épais enduit puis blanchi. On y trouve de nombreuses reprises d’enduit non blanchi (datant de l’époque de la ferme).
La cage d’escalier est effondrée à partir de la moitié sud.

photo travaux toles

Le palier du premier étage

Le palier du premier étage est constitué de trois pierres de Soulitré disposées en éventail dont le nœud est égal au noyau. Ces pierres se situent à l’avant les deux portes jumelles qui desservent les deux
chambres. A la différence du rez-de-chaussée, il n’y a pas de différence de niveau dans l’accès à ces deux portes.

Les deux cadres de portes du premier étage sont beaucoup mieux conservés que ceux du rez-de-chaussée. Ils montrent des cadres en tuffeau à arêtes chanfreinées comme devaient l’être ceux d’en bas.

Les murs construits en moellons enduits conservent ici leurs anciens enduits blanchis à la chaux. Les deux portes ayant conduit l’entrepreneur à élargir le cercle de la cage d’escalier par deux angles carrés, on remarque au-dessus des petits arcs de pierre de taille qui permettent de passer du plan quadrangulaire au plan circulaire.

La seconde volée de l’escalier

Du palier du premier étage à celui du second, il existe dix neuf autres marches identiques à celles de la première volée.
Pour mieux porter les marches, il existe au-dessus de la porte d’entrée du premier étage un corbeau taillé en forme de quart de rond dans le calcaire dur de Soulitré. Et dans l’angle nord-est de la cage un autre petit arc segmentaire en tuffeau coupant l’angle.


A la troisième marche de cette volée existe un autre jour qui conserve son volet à planches de chêne verticales renforcé de traverses horizontales clouées à clous forgé. Il pivote sur les gonds par des petites
pentures à petites platines rectangulaire (rectangle vertical). Il a perdu sa targette.


Aux huitième et neuvième marches se trouve un autre jour dont il ne reste que l’ébrasement de gauche la cage étant ensuite effondrée.

Le palier du grenier

Le palier du grenier est constitué de deux pierres de taille et de deux planches de chêne disposées en éventail comme les marches. La dernière pierre est posée sur le corbeau en quart de rond qui est enté au-dessus de la porte d’entrée de la chambre Est du premier étage.
Le noyau en pierre s’arrête avec le palier. Dessus est posé un noyau en bois de section carrée montant jusqu’à l’enrayure de la charpente. C’est dans ce noyau que vient s’assembler le panneau de boiserie
de chêne qui fait garde-corps pour le palier.

Ce panneau de boiserie remonte au XVe siècle. Les traverses sont moulurées d’une gorge. Les panneaux sont plats.
En face du palier, côté ouest on voit encore l’ébrasement de droite (c’est-à-dire nord) de l’ouverture du moucharaby. Il est encadré de tuffeau.

Le comble de la tour d’escalier

Le haut de la cage d’escalier est fermé par l’enrayure de la charpente de la tour dont la seule particularité consiste en des entraits formant des Y dont les deux branches entrent dans le mur. Le dessus de
cette enrayure est couvert de torchis lissé, enduit et blanchi par-dessous.
Au sommet de la tour d’escalier, la charpente et la toiture ont été entièrement remodelées, sans-doute au début du XIX siècle. Ta toiture d’origine devait être beaucoup plus aigue.

photo de l’extérieur

Image prise le 31 janvier 1981.

https://manoirdelachevallerie.fr/2022/08/14/la-tour-du-logis-principal-images-historiques

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

La Tour du logis principal – images historiques.

Cet article vise à recenser les vieilles images de la tour de logis du manoir et d’en faire une frise chronologique jusqu’à la veille du chantier de rénovation.

Il sera suivi de l’habituel article sur son état des lieux à l’acquisision du manoir et de différents articles concernant le gros chantier de sa rénovation.

1916

1923

1927

1950

1954

Cette année là, dans la nuit qui a suivi une dure journée à monter des sacs de grains dans les combles la moitié ouest de la tour s’effondra dans un grand fracas.

On peut voir dans les photos précédentes les lézardes annonciatrices du désastre sur plusieurs des faces les plus à l’ouest de la tour octogonale.

ci-dessous une image prise peu de temps après.

31/01/1981

1986

Inscription du manoir au titre des Monuments Historiques de France. La tour est stabilisée par des échafaudages et la partie effondrée recouverte de tôles protectrices. L’ensemble est ainsi figé et stabilisé pour les prochaines décennies.

12/2011

2012

2014

2020

2021

On ne divulgâchera pas ici les images suivantes de la tour. Plusieurs articles seront consacrés au gros chantier de la rénovation de la tour très prochainement.