Chenil de l’aile Est – Chantier 01 – La Renaissance d’une pièce oubliée

  1. Un Défi Structurel
    1. Travaux de la toiture
    2. Une Forteresse de Pierre
  2. Les travaux
    1. L’encadrement de la porte
    2. Pose des pierre d’encadrement
    3. Pose des pierre de linteau
    4. Avant après de l’intérieur
    5. Avant après de l’extérieur
    6. Murs intérieurs
    7. Le mur sud du pignon sud
  3. Un avenir prometteur

Dans un coin du Manoir de la Chevallerie, une pièce discrète, presque oubliée, commence à raconter son histoire. Nichée à côté du pressoir, cette sous-pièce, qui n’était accessible que depuis l’extérieur, est le témoin silencieux d’un passé révolu.

  • Chenil de l’aile Est – Etat des lieux à l’acquisition

    Chenil de l’aile Est – Etat des lieux à l’acquisition

    Depuis l’atelier, il existe un autre mur en moellon non enduit qui ne pénètre pas dans le mur de façade sud. Il est construit sous la poutre pour fermer une porcherie ou un chenil. Il ne date certainement que du début du XIXe siècle On est dans une sous pièce du Pressoir mais accessible uniquement…


Depuis notre arrivée, ses portes sont restées closes la plupart du temps, comme pour préserver les secrets d’une époque lointaine. L’état pignon Est et du mur d’enceinte, tous deux grandement abîmés, rendaient son accès difficile. Cette pièce n’a pas bougée et a été condamnée par sécurité.

Un Défi Structurel

Travaux de la toiture

  • Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – La réfection de la toiture Sud.

    Il y a quelques mois, nous avons célébré la restauration de la toiture Nord de l’aile Est, une étape cruciale dans la préservation du bâtiment. Aujourd’hui, c’est avec joie que nous fermons le chantier de la rénovation tant attendue de la toiture Sud. Petit Voyage à Travers le Temps Voici une petite série d’images qui…


    Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – La réfection de la toiture Sud.

L’état du pignon ne faisait qu’empirer avec le temps, menaçant de réduire cette pièce à un simple souvenir. Mais, avec la rénovation de la toiture Sud, une opportunité s’est présentée : celle de redonner vie à cet espace

Une Forteresse de Pierre

Le mur du pignon Est, d’une épaisseur impressionnante de près de deux mètres, est une véritable forteresse de pierre. Des renforts et des témoins avaient été judicieusement positionnés dès le début pour détecter toute perte d’intégrité de la structure. Ces mesures préventives ont été la clé pour maintenir la stabilité pendant que nous préparions la pièce pour son renouveau.

Les travaux

Nous avons entrepris de réparer l’angle du pignon avec une attention méticuleuse, de refaire l’encadrement de la porte et d’initier un premier chantier de rénovation pour cette pièce pleine de potentiel.

L’encadrement de la porte

L’ouverture de la porte est étayée en attendant la pose des pierres taillées

Pose des pierre d’encadrement

Pose des pierre de linteau

Avant après de l’intérieur

Avant après de l’extérieur

Murs intérieurs

Le mur sud du pignon sud

L’occasion du chantier permet de prendre soin du mur sur le côté gauche de la porte. Il avait besoin d’un peu de consolidation

Un avenir prometteur

Cette pièce, autrefois condamnée et isolée, est sur le point de renaître. À terme, elle sera réouverte sur le pressoir, créant ainsi un espace fluide et cohérent. Un escalier sera installé, permettant un accès au premier étage.

Nous sommes impatients de partager avec vous prochainement la transformation de cette pièce.

Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – La réfection de la toiture Sud.

Il y a quelques mois, nous avons célébré la restauration de la toiture Nord de l’aile Est, une étape cruciale dans la préservation du bâtiment.

  • Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – chantier de la toiture Nord

    Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – chantier de la toiture Nord

    Remplacement de la toiture septentrionale en 2019 Ce versant de toiture est le plus abîmé de m’aile Est. C’est donc un des premiers chantier lancé sur cette partie du bâtiment. Le bâtiment fait une quinzaine de mètre de longueur, une largeur de pignon d’un peu moins de 10 mètres et une pente de 48°. Cela…


Aujourd’hui, c’est avec joie que nous fermons le chantier de la rénovation tant attendue de la toiture Sud.

  1. Petit Voyage à Travers le Temps
  2. Préparation des matériaux en famille
  3. La pose de coyaux
  4. Fenêtres à tabatière
  5. Intérieurs
  6. Pose des tuiles
    1. Complétion de la pente
    2. Les faitières
    3. Les solins.
  7. Une fois terminé

Petit Voyage à Travers le Temps

Voici une petite série d’images qui retracent l’évolution de la toiture au fil des ans.

vue de la toiture en 2011

Des tuiles faitières avaient été remplacées en 2020

2020

Montage de l’échafaudage

Préparation des matériaux en famille

Les stocks de tuiles chinées par ci par là sont ouverts.

Sous un ciel clément, trois générations se sont unies dans la préparation du chantier. Le petit-fils ci dessus avec son grand père Jean-François pour libérer les tuiles en terre cuite chinées depuis quelques mois.

Comme pour la toiture nord on met en place de nouveau coyaux pour écarter les pluies des murs. Ce n’est pas un menuisier qui les a fait cette fois ci :

La fille pour le découpage à la scie à ruban des coyaux.

Jean-François, avec son œil expert, a adouci les courbes et réalisé le chanfreinage, donnant vie à ces pièces de bois qui allient fonctionnalité et esthétique.

Les stocks de bois sont contrôlés par le chien. Tout le monde met la main à la patte…

La pose de coyaux

La pose de nouveaux coyaux, essentiels pour protéger les murs des intempéries, a été réalisée avec un soin particulier.

Fenêtres à tabatière

La restauration des fenêtres à tabatière a été un véritable défi. L’une avait disparu et l’autre survivait dans un état précaire.

Par un heureux hasard, des modèles similaires ont été dénichés. L’adaptation de ces fenêtres historiques s’est faite avec une précision remarquable.

Intérieurs

Les travaux ont également été l’occasion de capturer des images saisissantes de la charpente, cette ossature qui a bravé les siècles. Ces photographies seront le sujet d’un prochain article, qui détaillera aussi la rénovation du sol au-dessus de la porte du pressoir

La photographie ci dessous fera le sujet d’un prochain article, qui détaillera aussi la rénovation du sol au-dessus de la porte du pressoir.

Pose des tuiles

La pose des tuiles s’est déroulée en plusieurs étapes méticuleuses, illustrée en images ci dessous.

On dépose les anciennes tuiles tout en prenant soin de les tester et de garder celles en bon état.

Pose du par buée.

Complétion de la pente

Les faitières

Les solins.

Les solins ont été maçonnés sans plaque de zinc afin d’éviter de futurs réactions acier/zinc/chaux. Les solins sont effectués en plusieurs couches successives sur plusieurs semaines.

Une fois terminé

Les images finales du chantier

Quelques mini chantiers pendant les beaux jours de septembre 2023

On profite de quelques journées de congés et d’un surcroit de mains pour avancer des petits chantiers.

  1. Boucher des trous sur le plancher du grenier.
  2. Des pierres
  3. Autour du puit
  4. Ouverture de porte sur le Pignon Ouest du corps de ferme sud
    1. pendant
    2. Premiers piochages
    3. La voute
    4. mise en place de quoi renforcer le mur
    5. Détails

Boucher des trous sur le plancher du grenier.


Lorsqu’on peut être au moins trois, un des chantiers qu’on ouvre est celui du grenier du bâtiment principal. La réfection du plancher en terre. Je ferai un article dédié sur la technique et les étapes plus en détail. En attendant quelques images rapides.

On choisit un trou, on confectionne des fusées avec des barreaux de châtaigner, du foin, du bournais (de la terre mi argileuse mi limoneuse)

et on pose

en calant bien.


Lorsque l’énergie s’épuise où qu’on manque de bras on peut s’amuser à d’autres jeux.

Des pierres

Il y a toujours des pierres à empiler ou déplacer.

Le tracteur nous a aussi bien servi sur la période, c’est un associé très pratique pour ces transhumance de pierres, surtout pour les plus grosses.


On profite des nouvelles compétences en soudure du plus jeune de la famille pour améliorer et réparer la bennette du tracteur :

ce qui est bien utile pour la partie défrichage

Autour du puit

La maçonnerie du puit nécessite d’être remplacée et la charpente donne des signes de fatigue

Margelle et charpente seront remplacés, probablement avec une charpente supportant des tuiles en tavaillons.

En attendant on enlève le plus gros

le moteur et la pompe seront récupérés, inspecté, réparés. Le conduit est propre d’aspect. Il faudra néanmoins en faire l’inspection.

Ouverture de porte sur le Pignon Ouest du corps de ferme sud

On a pu noter dans l’article ci dessous la présence de pierres d’encadrement en roussard sur le pignon Ouest du corps de ferme sud.

Nous n’avions pas encore pris le temps d’explorer plus en profondeur. De l’autre côté du mur le sol est au niveau du haut de la porte avec beaucoup de ciment à piocher.

pour rappel :

pendant

Sur cette image deux trois choses à remarquer.

  • le mur de gauche (à refaire c’est quasiment un mur en pierre sèche vu le peu de chaux qui reste)
  • Le début du travail se fait uniquement sous la pierre d’encadrement en pierre de roussard pour évaluer ce qu’il y a derrière.
  • On voit des fissures sur le pignon et on sait qu’il va il y avoir de la maçonnerie à faire pour façonner un arc de décharge et protéger la potentielle ouverture.
  • On voit une pierre blanche percée en hauteur, ce qui peut ressembler éventuellement à une bouche à feu. On est en fait ici à quelques mètres en dessous du niveau du sol de la pièce derrière le mur. La pierre percée est en fait à hauteur de tête humaine de l’autre côté…
sur cette image on a calculé que la pierre trouée blanche se trouve au niveau de la grosse pierre blanche avec du ciment. En haut au centre de l’image.

De plus on voit également sur le sol une dalle en béton. Peut être un accès vers un escalier muré.

Premiers piochages

Les premiers piochages sont très prometteur. On voir que la pierre d’encadrement en roussard est très entrante dans le mur et on a aucun mal à voir un départ de voute en tuffeau.

La voute

Arrivé au stade de cette image

voici ce qu’on peut voir

mise en place de quoi renforcer le mur

Il n’y plus de trace de pierre de roussard pour l’encadrement de droit. Il n’y aura pas de piochage plus avant de ce côté là.

On profite d’être littéralement à pied d’œuvre pour mettre en place l’échafaudage qui nous permettra de renforcer le mur à gauche de la porte et intervenir au dessus de l’ouverture

Détails

Sur une des pierre d’encadrement de gauche on voit bien le trou permettant la mise en place d’une barre de fermeture

On voit dans l’image ci dessous beaucoup de réemploi de pierres de tuffeau taillées pour murer en profondeur.


On devine quelque départ de maçonnerie mais on ne peut pas encore dire si il y a un escalier, descendant ou montant ou une pièce sur un niveau qui n’existe plus maintenant.

Le suspens devra perdurer encore. Jusqu’aux prochaines vacances.

Portail d’entrée du manoir de la Chevallerie, un peu d’histoire.

  1. Portails d’entrée du XVe siècle
  2. Documentation sur le portail de la Chevalerie
  3. Le mur écran
  4. La grande arcade
  5. L’ébrasement intérieur de la grande arcade

Portails d’entrée du XVe siècle

Rares sont les portails seigneuriaux qui subsistent, et encore plus ceux qui remontent à la fin du Moyen Age, particulièrement dans les résidences qui n’ont pas de fortifications, comme à la Chevalerie. On connaît des châtelets d’entrée à Chéronne (XVe, à Tuffé) et à Pescheray (XVIe, au Breil-sur-Merise), ou plus tardifs (Courtanvaux, à Bessé, vers 1550). Mais ce sont là des ouvrages qui accompagnent des ensembles fortifiés et qui correspondent à des châtellenies, ou des hautes justices.

Les seigneuries qui n’ont pas de droit particulier de se fortifier, comme sont les simples basses justices (et la Chevalerie appartient à cette catégorie) n’ont pas de tels bâtiments d’entrée. Seulement une ouverture dans un mur de clôture. Très peu sont conservées, probablement parce que l’usage agricole a rendu gênants ces écrans, et que leur démolition a été ardemment souhaitée par les fermiers.

Il ne semble pas subsister d’ouverture de ce type dans la Sarthe. Dans le Loir et Cher, on peut citer l’entrée aujourd’hui très dégradée du manoir de Bonaventure, à Mazanger, près de Montoire, avec sa tourelle d’angle. Il faut retrouver des images plus anciennes, montrant les portails avant leurs démolitions.

Les restes du portail d’entrée du manoir de la Bonaventure
à Mazangé (41) avant restauration

A ce titre, le dessin réalisé en 1699 pour le collectionneur Gaignières du petit manoir construit pour le roi Charles VII près de Chinon, dénommé lui aussi Bonaventure, est instructif. Il montre un logis de peu d’importance placé avec ses dépendances dans une cour, le tout enfermé dans une enceinte de murs ordinaires, avec un portail d’entrée. Ce dernier se compose d’une porte charretière à doubles battants et une porte piétonne à côté, le tout sous une portion de mur simplement plus élevée et couverte d’une petite toiture. On n’est pas très loin de ce qui existe aujourd’hui à la Chevalerie, la porte guichetière en plus. Surtout, l’arcade de la Chevalerie ne date plus du XVe siècle

Le portail d’entrée du manoir de Bonaventure, près de Chinon, bâti par le roi Charles VII, dessiné en 1699

Il faut imaginer à la Chevalerie un portail d’entrée de même type que celui de la Bonaventure, près de Chinon. Un mur plus élevé au dessus des deux ouvertures (cochère et piétonne) avec une petite toiture. La mouluration dessinée en 1699 à la Bonaventure est tout à fait conforme aux modes constructifs du XVe siècle. L’ouverture charretière d’origine n’était sans doute pas aussi large qu’aujourd’hui à la Chevalerie, ce qui laissait la place d’ouvrir un guichet sur son côté sud. Les vantaux étaient pleins, constitué côté du dehors de planches verticales, sûrement doublés côté intérieur de planches épaisses posées dans le sens horizontal, le tout fixé à gros clous forgés.

Documentation sur le portail de la Chevalerie

Les images les plus anciennes du portail de la Chevalerie ne remontent pas au-delà du début du XXe siècle mais le plan cadastral de 1829 prouve qu’il n’a pas été modifié dans son emplacement depuis le début du XIXe siècle. Du côté des textes, il n’existe qu’une seule mention du portail, celle
contenue dans la montrée de l’an 2 qui est on ne peut plus sommaire :

« Que le portail de l’entrée de la cour est en passable état ».

Au défaut de documents plus précis ou plus anciens, l’observation de l’état actuel du portail supplée aisément, car il n’est pas différent de ce que l’on voir sur les photographies du début du XXe siècle. Bien plus, il semble n’avoir pas été retouché depuis plusieurs siècles.

Le mur écran

Face au court chemin d’accès se dresse un mur de clôture qui mesure aujourd’hui 2,76 m long au sud (à gauche) de l’arcade, et 4,60 m au nord (à droite) de l’arcade, l’ouverture mesurant quant à elle 2,90 m.
Ainsi cet écran mural mesure en totalité 10,26 m de long.

Le porche d’entrée de la Chevalerie en 1927
Le portail d’entrée de la Chevalerie en 1930

On ne peut pas non plus exclure un type de couronnement plus ornemental, tel qu’un crénelage, mais à notre avis cela paraîtrait disproportionné par rapport au statut féodal de la Chevalerie. Quant à l’éventualité d’un chemin de ronde, elle ne nous paraît guère crédible. Tout d’abord pour la raison que la Chevalerie n’a aucun droit de fortification. Et aussi parce qu’aucune disposition à droite ou à gauche du mur ne peut s’accorder avec une telle hypothèse : il n’existe pas d’escalier dans la cour pour monter en haut du mur, il n’y a pas de trace d’ouvrage militaire comme créneaux ou mâchicoulis. Quant à l’image seigneuriale du portail, elle résulte suffisamment du mur d’enceinte et du caractère monumental de l’arcade et de sa tour de flanquement.


Il n’est inutile de remarquer que l’extrémité sud-ouest de la maçonnerie du mur écran entoure l’angle de la dépendance, ce qui est une preuve indubitable que cette dernière est antérieure au mur.

Le mur écran est bâti en moellons avec un mortier de chaux et sable. Son épaisseur mesure 84 cm. Sa hauteur au point le plus élevé atteint 4,90 m. Mais c’est à son sommet que le mur a le plus souffert, aussi, on ne peut être très précis sur la hauteur primitive et pas davantage sur le type de couronnement à l’origine. S’agissait-il d’un chaperon à deux pentes, d’un glacis avec une pente vers la cour pour l’écoulement de l’eau, ou bien une tablette de pierre de taille dure ?

Au contraire, à l’extrémité nord-est du mur écran, la maçonnerie pénètre la tour de flanquement. Mur et tour semblent absolument contemporains. D’ailleurs, côté cour, le mur forme un petit virage correspondant à la forme de la tour. Ainsi, on comprend pourquoi le grès roussard et le tuffeau apparaissent à la Chevalerie dans ces deux constructions : il s’agit de la même campagne de travaux.


La grande arcade

Le grand portail, sous sa forme actuelle mesure 2,90 m de large et 2,70 m de haut à la base de l’arcade et 3,90 m sous clef. Il est encadré de montant verticaux en grès roussard et couvert d’un arc en anse de panier entièrement appareillé en pierre de taille blanche. Il s’agit d’une pierre de taille calcaire semi dure de type calcaire oolithique.
Vu de l’extérieur, les montants sont posés sur une base en grès roussard saillante. Le cadre est décoré d’un chanfrein qui vient mourir sur un congé marqué sur le quatrième piédroit en partant du sol. Les trois piédroits inférieurs sont plus larges et on y voit les vestiges d’une mouluration, sous le congé.
L’arc en anse de panier est également chanfreiné. Au centre, on remarque que la clef est saillante et taillée en pointe de diamant, un décor qui n’apparaît guère avant la fin du XVIe siècle et qui se répand surtout à partir du début du XVIIe siècle. De part et d’autre de cette agrafe, on voit que les deux claveaux sont attachés en semble par une petite fourche en fer forgé, renfort qui remonte manifestement à l’origine de la construction.


Dans l’ensemble, ces caractères évoquent une reconstruction de l’arcade vers 1600, si ce n’est même plus tard.

Le portail d’entrée de la Chevalerie vers 1930 (détail)

Au dessus de l’arcade le mur se continue mais une partie de sa hauteur a été supprimée lors de la construction de la petite couverture à deux pentes. Cette dernière existe déjà sur la photographie du début du XXe siècle. Mais il est douteux qu’elle soit antérieure au XIXe siècle. Avant qu’elle soit construite, le mur au-dessus de l’arcade devait avoir au moins la même hauteur qu’à droite et à gauche, voire davantage, comme on l’observe sur le portail du manoir de Bonaventure. Vu l’époque de construction de cette arcade (vers 1600), on ne peut pas exclure qu’il ait existé un entablement, d’une expression très simple compte-tenu du caractère rustique de ce qui subsiste. Peut-être seulement le ressaut d’une corniche qui a pu couronner tout le mur.

Le portail d’entrée de la Chevalerie vers 1940 ou 1950 (collection Durand)

L’ébrasement intérieur de la grande arcade

L’ébrasement du portail est également bordé de montants en pierre de taille, mais les assises de roussard montent moins haut. Il est vrai que ces montants sont moins sujets aux frottements que le cadre extérieur, étant protégé par les vantaux de bois lorsqu’ils sont ouverts. Ce détail prouve d’ailleurs que le grès roussard est plutôt économisé à la Chevalerie, que l’entrepreneur l’a considéré comme un matériau plus onéreux que la pierre de taille blanche. L’ébrasement est couvert d’un linteau composé de trois pièces parallèles de charpente. Dans celle qui jouxte l’arcade extérieure, on observe encore les deux trous servant à l’axe de rotation supérieur des vantaux de chêne. L’axe inférieur était sûrement en fer et devait tourner dans un trou creusé dans un bloc de grès dur. Mais tout cet ouvrage ne peut pas être plus ancien que 1600 environ.
Les gonds qui existent actuellement dans l’ébrasement ne datent que du début du XXe siècle. Ils y ont été entés pour permettre de faire tourner deux vantaux en claire-voie qui n’existent pas encore sur la carte postale du début du XXe siècle mais que l’on voit sur les photos de la famille Durand.

Le revers du portail d’entrée de la Chevalerie, carte postale du début du XXe siècle (détail)

Dans le prochain article sur le portail : l’état des lieux à l’acquisition en 2011.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Journées du patrimoine 2023 – en images.

C’était une fin de semaine mémorable pour les amoureux du patrimoine historique dans le perche Sarthois, alors que les Journées du Patrimoine ont ouvert les portes de nombreux monuments historiques à travers notre région. Pendant tout le week-end, au manoir de le Chevallerie, l’énergie enthousiaste de son propriétaire, Jean-François Lecomte, a guidé les visiteurs avec un sourire chaleureux et a répondu avec passion aux nombreuses questions posées par un public captivé. Malgré un temps mitigé, les visiteurs venus d’horizons très hétérogènes ont créé un environnement d’échanges enrichissants pour tous.

Les visiteurs qui ont eu la chance de participer à l’une des visites guidées de Jean-François Lecomte ont été témoins de son profond attachement au manoir et à son histoire. Avec un savoir encyclopédique, il a guidé les groupes autour des bâtiments, dévoilant des détails fascinants sur son architecture et l’histoire de ses anciens propriétaires.

Quelques photos

Tour du portails d’entrée – Etat des lieux à l’acquisition

Le portail d’entrée et le mur écran dans lequel s’ouvre le portail est contemporain de la tourelle qui le ponctue au nord.
Celle-ci est conservée mais on y voit de nombreuses modifications, parfois de détail, parfois importantes.

Voici un état des lieux à l’acquisition.

  1. Visite extérieure de la tour
    1. Côté sud de la tour
      1. Quelques photos historiques
        1. 1927
        2. 1930
        3. 1973
        4. 2012
        5. 2023
      2. Description :
    2. Côté Est de la tour
    3. Côté nord de la tour
    4. Côté nord-ouest de la tour
    5. Côté ouest de la tour aujourd’hui
    6. Côté ouest de la tour à l’origine
  2. Parties intérieures
    1. Le rez-de-chaussée de la tour
    2. Le premier étage de la tour
    3. Le comble de la tour

Visite extérieure de la tour

La tour est construite en moellons, mortier et enduits à chaux et sable, avec des ouvertures encadrée de pierre de taille et une corniche de même. La pierre de taille employée varie selon les niveaux : roussard pour les baies d’origine, tuffeau pour un jour percé plus tard et pour la corniche d’origine.
On remarque en outre des restes de bandeau au lait de chaux au-dessous de la corniche. La corniche ne subsiste qu’à l’état fragmentaire.
Les portions subsistantes n’ont plus leur mouluration d’origine. Il ne reste que le cavet du bas. La partie supérieure a été buchée à la fin du XIXe siècle : il pouvait s’agir un quart de rond ce qui au total aurait dessiné une doucine.
Plusieurs morceaux de corniche ont disparu, et un pan entier du mur de la tourelle a été reconstruit côté ouest vers 1930 ou 1940, ce qui va être à présent détaillé.

Côté sud de la tour

Quelques photos historiques

1927

1930

1973

AP12R065073 ; AP12R065074; AP12R065075; AP12R065048;

Les photos ci dessus sont issues de la base Photographies (Mémoire). Crédit photographique

© Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, tous droits réservés

Photographie fournie par l’Inventaire des Pays de la Loire.

2011

2012

2023

Photographie de @chris et nico
Instagram : chrisetnico.photos

Description :

Le côté sud de la tour se trouve à l’extérieur du mur d’enceinte. On y trouve en bas une meurtrière utile pour un tir de flanquement. L’ouverture est bouchée mais elle semble mesurer 10 cm de large et 52 cm de haut.
Tout autour, le cadre est en grès roussard. Cette ouverture paraît tout à fait d’origine et sans autre modification que son bouchement.

Un peu plus haut, on voit un petit jour mesurant 31 cm de large et 41 de haut tout encadré de tuffeau. Tout autour, l’enduit a été refait lors de la création de ce jour et paraît bien différent de l’enduit précédent (sans doute celui d’origine) qui subsiste tout autour. Cette ouverture est difficilement datable : XVIIIe ? Il semble qu’au XIXe siècle (même au début) ce soit plutôt la grosse brique vernissée qui ait été mise en œuvre à la Chevalerie pour encadrer les jours : on en voit de nombreux ainsi construit sur les dépendances agricoles.
Plus haut encore se trouve la fenêtre destinée à éclairer le premier étage de la tour. Obturée de maçonnerie, elle paraît mesurer 57 cm de large et 113 de haut. Son cadre est en grès roussard, décoré seulement d’un chanfrein se terminant sur un congé, et d’un rebord mouluré. On y voit encore un trou pour un barreau de fer sous le linteau et un autre au dessous, sur le rebord.

Tout en haut du mur, sur la corniche en tuffeau est inscrite la date de réfection de la toiture :

Renoux 1906
Couvreur
1906

Détail de la corniche, côté sud de la tour

Côté Est de la tour

Du côté Est, l’élévation conserve un enduit ancien, qui paraît d’origine. Il n’y pas d’ouvertures de ce côté. Si, sous la toiture, une partie de la corniche maque, c’est parce qu’il y avait là le passage d’un ancien tuyau de cheminée à présent disparu. Sur la corniche on voit une inscription : «1894», qui doit correspondre à une autre reprise de la toiture.

Détail de la corniche, côté Est de la tour

Côté nord de la tour

Il n’y a pas davantage d’ouvertures du côté nord de la tour, c’est à dire du côté de la parcelle de terre dénommée le verger. Par contre, comme du côté Est, l’enduit qui est conservé paraît bien d’origine. Cela n’est d’ailleurs pas surprenant puisque ce sont les côtés les moins exposés aux intempéries et à l’ensoleillement, donc aux variations de température.

Au haut de l’élévation un distingue encore très clairement les restes d’un bandeau blanchi à la chaux sur l’enduit sous la corniche. Il est manifeste que le bandeau se poursuivait à l’origine tout autour de la tour

Les restes du bandeau réalisé au lait de chaux sur l’enduit d’origine, sous la corniche, côté Est de la tour.

Plus bas, au dessus du mur d’enceinte (c’est-à-dire de la dépendance) on voit une différence dans l’enduit qui se manifeste par une réfection d’enduit plus claire, presque blanc, avec un moellon qui dépasse de la surface de l’enduit. Ce sont les signes manifestes d’un rebouchage ancien, mais de quoi ? S’agit-il de la démolition d’un mur qui venait s’appliquer contre la tour à cet endroit, autrement dit la preuve que le mur d’enceinte primitif était beaucoup plus haut qu’actuellement ? Si l’on en croit ces traces d’enduit, il aurait mesuré plus de 3 m de haut. Il peut y avoir une autre explication comme le bouchage d’un trou qui se serait formé par usure, hypothèse qui mérite d’être évoquée car au droit de ce rebouchage, il existe une fissure traversante, montant jusqu’à l’arase du mur et qui a été rebouchée vers 1930 lors des travaux de reconstruction de l’élévation du côté ouest (même enduit de couleur ocre jaune).

Est-ce d’un ancien mur d’enceinte ayant précédé la dépendance actuelle (à droite) ? Ou plutôt d’une fissure, celle-là même qui se prolonge jusqu’à l’arase du mur et qui a été bouchée vers 1930/40 (enduit ocre jaune et corniche manquante bouchée avec des briques). On voit aussi que l’arrondi de la tour se poursuit vers l’ouest et que le mur de la dépendance s’appuie sur la tour, preuve qu’il est plus récent.
Une partie de l’élévation nord de la tour est cachée par la maçonnerie début XIXe de la dépendance. Si l’on rentre dans la dépendance, on retrouve d’ailleurs l’arrondi de la tour. Cette vue aérienne permet de l’apprécier.

Côté nord-ouest de la tour

Le côté nord ouest de la tour est visible depuis la cour intérieure. On y voit au rez-de-chaussée une meurtrière, une fente mesurant 4 cm de large sur 42,5 cm de haut avec un trou rond au milieu. Elle est tout encadrée de roussard. Elle se situe aujourd’hui côté intérieur de l’enceinte, en face du pignon de la dépendance agricole. Or, une ouverture de tir de flanquement se situe nécessairement à l’extérieur de la cour.

Ceci amène à affirmer qu’il existait à l’origine un mur de clôture différent qui reliait la tour à l’angle du principal logis d’habitation.

Ce que l’on sait aussi, c’est que la tour et le mur écran ont été bâtis concomitamment ; que la tour est antérieure à la clôture nord actuelle de la cour ; qu’un mur de clôture plus ancien laissait la meurtrière nord-ouest à l’extérieur de l’enceinte et partait par conséquent en droite ligne vers l’un des angles Est du principal corps de logis. De ce fait, l’aile Est du logis d’habitation est nécessairement postérieure puisque le mur primitif, disparu, la laisse à l’extérieur de l’enceinte.

Chronologie des constructions liées à la tour :

  • En jaune les bâtiments plus anciens que la tour et le mur écran du portail.
  • En rouge, sans doute au tout début du XVIe siècle, une campagne de construction comprend la tour et les murs d’enceinte qui lui sont liés.

Celui du portail subsiste (mais pas le portail), celui qui se dirige vers le logis a été démoli lors de la construction de l’aile orientale d’habitation

Côté ouest de la tour aujourd’hui

Le côté de la tour qui fait face à la cour intérieure est celui qui a été le plus modifié. La carte postale du début du XXe siècle montre son état d’origine qui a depuis entièrement disparu.

Il a été reconstruit en entier vers 1930 du sol jusqu’au dessous de la charpente. L’enduit y est différent, plus régulier et plus ocre. On y voit une porte au rez-de-chaussée et une fenêtre au premier, entièrement entourées de grosses briques violacées avec des linteaux en bois. Il s’agit encore de maçonnerie à chaux et sable, mais les maçons ont appliqué entre les briques des joints en ciment. Le mur monte jusqu’au bas de la charpente. Il n’y a pas de corniche mais un alignement de grosses briques violacées.

Les côtés nord et ouest de la tour, où l’on voit la reconstruction du côté ouest et les reprises du côté nord, notamment sous la toiture.

Côté ouest de la tour à l’origine

Grâce à la carte postale ancienne, on voit qu’à l’origine, la porte se trouvait dans l’angle formé par la tour et le mur du portail. Le jambage de gauche paraît en pierre calcaire avec des réparations plus récentes faites avec des briques. Quant au jambage de droite, il n’est guère visible sur la photo. De ce jambage, il reste encore aujourd’hui la base : elle est en grès roussard et posée sur un reste de seuil. C’est le signe que la porte était à l’origine encadrée de grès roussard.

Le couvrement de la porte consiste en un arc segmentaire en pierre blanche. Le vantail paraît peu ancien. Il est d’ailleurs rectangulaire et ne ferme pas la partie haute de l’ouverture. Ses pentures sont posées à l’envers (côté extérieur). Il serait étonnant que la porte d’origine ait été encadrée en pierre calcaire tandis que toutes les autres baies d’origine de la tour sont en grès roussard ! D’autant qu’une bonne construction commande de mettre la pierre la plus résistante (le roussard) au rez-de-chaussée, surtout aux portes, plus sujettes à des frottements. Par conséquent, on peut penser que la porte a pu être repercée bien après la construction de la tour, peut-être à la fin du XVIe ou au XVIIe siècle. Ce qui est certain, c’est qu’il n’existe aucune marque de porte à un autre emplacement.

Le côté ouest de la tour, avant reconstruction (zoom de la carte postale ancienne)

La fenêtre du premier étage s’ouvre au-dessus de la porte, sans être alignée. Elle se trouve au plus près de l’angle du mur du portail. Elle est à peine moins haute que la fenêtre qui s’ouvre du côté sud de la tour. Son cadre en grès roussard paraît avoir été partiellement muré dans sa partie basse. Son rebord a été brisé. Au dessous du cadre de la fenêtre on trouve deux assises de grès roussard. Il ne s’agit pas de piédroits qui prolongeraient vers la fenêtre vers le bas jusqu’à en faire une porte, mais des pierres qui ne n’alignent pas avec les montants de la fenêtre et qui ont un rôle de chaînage. La nature de la pierre employée (roussard) indique une ouverture d’origine. On ne voit pas sur la photo le montant de droite et l’on ne peut déterminer s’il est masqué par le mur du portail ou non.
Plus haut, la photo ancienne montre des vestiges de la corniche en tuffeau et du bandeau marqué au lait de chaux qui la souligne.

Parties intérieures

Le rez-de-chaussée de la tour

A l’intérieur de la tour, le rez-de-chaussée a dû servir longtemps de toits à porcs. Ce peut être son usage dès l’origine, d’ailleurs. Le sol est au-dessus du niveau de la cour de 15 cm environ (hauteur d’un seuil). Il est actuellement revêtu de briques violacées du début du XXe siècle.
La pièce est de plan quadrangulaire irrégulier. Elle mesure 3,70 m dans les sens Est/Ouest et 3,34 m dans le sens nord/sud.
Les murs ont été entièrement renduits à diverses époques à chaux et sable.
Le mur nord est rectiligne on n’y voit aucune particularité, pas même les traces de la meurtrière qui s’y trouve pourtant. Les enduits ont définitivement masqué jusqu’au cadre intérieur qui doit pourtant être en roussard. En haut du mur, on aperçoit les marques laissées dans le mur par le plancher initial qui était un peu plus bas que l’actuel. Il n’y pas davantage de particularités sur le mur Est. Il forme un angle à peu près droit avec le mur nord. Côté sud, on ne voit plus l’autre meurtrière, également masquée par les enduits refaits à plusieurs reprises. Grâce à la petite fenêtre entourée de tuffeau à l’extérieur (du XVIIIe siècle ?), on peut mesurer l’épaisseur du mur à cet endroit : 93 cm. Dans l’angle des murs sud et Est, en haut, on voit le bas du jambage de la cheminée du premier étage, preuve supplémentaire que le plancher supérieur du rez-de-chaussée était initialement plus bas qu’aujourd’hui.

On verra plus d’images lors de l’ouverture des fenêtres.

Quant au mur Sud, il résulte entièrement de la construction des années 1930/40, à l’exception de son angle sud où subsiste encore un peu de la maçonnerie d’origine ce qui permet de voir que le mur avait au départ une épaisseur de 67 cm (aujourd’hui de 43 cm).

A l’origine, la hauteur du rez-de-chaussée était de 2,55 m sous solives. Il est aujourd’hui plus haut de 53 cm environ. Lors des travaux des années 1920, des solives ont été reposées et couvertes d’un traditionnel torchis, mais sans enduit par-dessous.

Le premier étage de la tour

Le niveau du sol du premier étage était à l’origine 53 cm plus bas qu’aujourd’hui. Les traces de l’ancien plancher et la conservation des enduits d’origine le prouvent. En effet, le mur enduit et blanchi se poursuit jusqu’en haut du rez-de-chaussée actuel.
Le plan quadrangulaire du premier étage est identique à celui du rez-de-chaussée.

Le mur nord conserve entièrement son enduit blanchi à la chaux qui prouve que cette pièce était habitée. Plusieurs fermiers du XIXe siècle ont utilisé ce mur comme un tableau d’écriture : ils ont laissé leur nom, parfois une phrase littéraire et des dates (1842, 1861, 1869, etc.).

Le mur Est ne diffère pas du précédent. Il porte aussi de nombreuses inscriptions de même type.


Dans l’angle nord-est se trouve une cheminée dont le foyer est pratiqué dans l’épaisseur du mur de sorte que le chambranle est sur le même plan que le mur. Il est construit en pierre de taille calcaire. Les jambages descendent jusqu’à 53 cm au-dessous du sol actuel. Au total le foyer d’origine mesurait 99 cm de large sur 93 de haut. Cette cheminée ne portant aucune moulure ne peut être datée. Elle est évidemment ancienne.
Rien ne montre qu’elle serait postérieure à la construction de la tour.

Premier étage de la tour : haut de la cheminée d’un type plutôt connu à la fin du XVIIe siècle

Le mur sud est percé de la fenêtre d’origine dont l’ébrasement est encadré en grès roussard, sauf le jambage le plus haut et le couvrement en linteau clavé qui sont en tuffeau. L’ouverture est murée mais en passant par quelque vide on parvient à mesurer à mesurer l’épaisseur du mur au premier étage : 75 cm, par conséquent moindre que celle du rez-de-chaussée (presque 20 cm de moins).


Tout le mur ouest date de la reconstruction de cette portion de la tour, à l’exception de la maçonnerie qui fait l’angle sud-ouest. Le mur nouveau a la même épaisseur qu’au rez-de-chaussée. L’ouverture est de même construction : entourée de grosses briques violacées ornées de joints au ciment.


Le plancher supérieur, construit à 2,93 m du sol d’origine, a presque entièrement disparu. Il était constitué de torchis enduit et blanchi par dessous d’une épaisseur de 23 cm. Il était porté par sept solives de 16 cm d’équarrissage placées dans le sens Est/Ouest et espacées de 26 à 30 cm.
Chaque extrémité des solives s’enfonçaient de 15 cm dans le mur. Il n’en reste qu’une seule, celle qui longe le mur nord. Les autres ont été arrachées laissant seulement leur empreinte. Un huitième solive, plus courte, longe le mur sud et reste en place.

Le comble de la tour

Au-dessus du premier étage, le grenier est entouré d’un mur de renchaussement de 1,53 m qui n’est recouvert que d’un enduit dégrossi.
Le comble conserve sa belle charpente. On y observe un chevêtre du côté Est qui indique le passage du tuyau de cheminée. L’extrémité ouest des tirants est quelque peu pourrie et les bâtisseurs des années 1920 les ont soutenues par une pièce de bois posée dans le sens nord/sud. La pente du toit atteint 68 °.


La couverture d’ardoise a été réalisée par le couvreur Renoux en 1894 et 1906, selon les inscriptions gravées sur la corniche. Il y a placé au sommet un épi de faîtage décoré d’un dauphin en fer blanc.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Balade autour du grand corps de dépendances sud – état des lieux.

Tout le côté sud de la cour est clos par un grand corps de dépendances qui abrite trois étables autour d’une grange, l’ensemble paraissant fort ancien. Le bâtiment rectangulaire est autonome et paraît construit d’un seul jet. Il mesure au total hors œuvre : 25 m de long sur 10 m de large.

  1. Documentation sur le grand corps de dépendances
  2. Balade à l’extérieur du bâtiment
    1. Le pignon Est
    2. La façade nord
      1. Ecurie Est
        1. Fenêtre de l’écurie Est
        2. Porte de l’écurie Est
        3. Extrémités des poutres
      2. Ecurie joignant la grange
        1. Jour de l’écurie du milieu
        2. Porte de l’écurie du milieu
        3. Jour entouré de bois
      3. La grange
        1. La porte de la grange
      4. L’écurie ouest
        1. La porte de l’écurie ouest
        2. Le jour à droite de la porte d’écurie
    3. Le pignon ouest
      1. Le contrefort
      2. La porte en angle
      3. L’angle sud
    4. La façade sud
      1. Fenêtre ancienne de l’écurie Est
        1. Extrémités des poutres de l’écurie Est
        2. Jours du XIXe siècle
        3. Partie de mur reconstruite
        4. Porte de la grange
        5. Jour de l’écurie ouest

Documentation sur le grand corps de dépendances

Le plus ancien document qui donne quelques explications sur le grand corps de bâtiment de dépendance se trouve dans le minutier d’un des notaires de Saint Calais. Il s’agit de la visite et montrée de la Chevalerie, rédigée le 16 ventôse de l’an 2. Le document ne décrit pas le bâtiment pour lui-même mais il dresse la liste des réparations à effectuer, pièce après pièce. Voici la liste des prescriptions de l’expert :

« Que dans la grange, il y a autour des murs une toise de renduit à faire à chaux et à sable, estimé 3 livres ;
Que le cinats qui est sur la batterie est composé de perches qui appartiennent au fermier ;
Que dans l’écurie d’à côté de ladite grange il y a trois toises d’enduit à refaire à chaux et à sable estimé œuvre et matière 9 livres ;
Que la porte de ladite écurie est en passable état et garnie de ses pentes et gonds ;
Que la crèche de ladite écurie est à recharger pourquoi il a taxé 3 livres ;
Que dans une autre écurie au bout de ladite grange il y a quatre toises de renduit à refaire à chaux et à sable, estimé 12 livres ;
Que la crèche de ladite écurie est à recharger pourquoi a taxé 3 livres ;
Que la porte de ladite écurie est garnie de ses pentes et gonds et en passable état ;
Que dans l’écurie servant de bergerie il y a une demi-toise d’enduit à refaire estimé 30 sols ;
Que les planchers desdites écuries sont en passable état ;
Que toutes les crèches, râteliers appartiennent aux fermiers »

Pour résumer ce bâiment, on peut dire qu’il se compose d’une grange au centre et d’une écurie de chaque côté, avec une bergerie au bout. Cette disposition générale n’a pas varié depuis, puisque
l’on trouve toujours une grange flaquée du côté ouest d’une étable et du côté Est de deux étables successives

Le grand corps de dépendance sud.
A gauche plan cadastral de 1829. A droite plan voyer de 1838

Balade à l’extérieur du bâtiment

Dans cet article on se contentera d’un aperçu extérieur de l’ensemble du bâtiment.

Chaque pièce sera détaillée dans des articles dédiés.

Le pignon Est

Le pignon Est présente une maçonnerie particulière de moellons cassés dans un grès de couleur un peu ocre jaune disposés en tous sens dans un mortier de chaux et de sable fin de couleur ocre. Le pignon paraît totalement indépendant de la maçonnerie du mur de clôture de la cour où s’ouvre le portail.


On n’y trouve aucune ouverture ancienne, seulement une porte donnant dans le grenier qui n’a été percée qu’à la fin du XIXe siècle, comme le montre le cadre en grosses briques avec rebord et linteau en bois et la reprise d’enduit tout autour. D’ailleurs, cette reprise d’enduit prouve bien que le pignon est de construction ancienne, antérieure aux travaux d’aménagements du XIXe siècle.


On remarque aussi la reprise des murs sur la rive du pignon, notamment autour des extrémités des pannes, ce qui montre que la toiture a été reconstruite, ce que l’étude du comble confirme (voir plus bas). Ces reprises sont faites en maçonnerie traditionnelle au mortier de chaux et sable. Elles datent vraisemblablement du XIXe siècle (comme la porte d’entrée du grenier).

La façade nord

La façade nord est la plus ouverte. Comme elle a été constamment modifiée, sa lecture est devenue assez complexe. Voici comment on peut analyser son évolution.

Le grand corps de dépendance sud, façade nord

A l’origine, la maçonnerie est faite de moellons de grès cassés posés en tous sens, sans soin, avec un mortier de chaux et sable tamisé de couleur ocre rouge, comme sur le pignon Est. Les ouvertures les plus anciennes sont encadrées de tuffeau avec des arêtes chanfreinées. Mais on en voit aussi une en grès roussard. Ce sont les seules types de pierre de taille employés sur ce bâtiment à l’origine. On n’y trouve aucun calcaire oolithique tandis que c’est la seule pierre de taille utilisée sur le principal logis d’habitation. Par conséquent, ce corps de dépendance ne paraît pas contemporain du principal logis. Au contraire, le tuffeau et le grès roussard sont également les deux seuls types de pierre de taille employés sur la tour, près du grand portail. Ce qui laisse penser que le maître d’œuvre a été le même. Autrement dit, l’emploi du roussard et du tuffeau fait penser à une campagne de construction contemporaine de la tour de flanquement et de la muraille du grand portail d’entrée. C’est une campagne de travaux non représentée sur l’habitation.


Les murs ont été plusieurs partiellement ré-enduits, repercés, et parfois même la maçonnerie elle-même a été reconstruite.

La partie haute de la dépendance, notamment, a été entièrement reconstruite : tout le haut du mur a été relevé de quelques dizaines de centimètres, ce qui se lit parfaitement dans la maçonnerie, et la charpente a été elle-même reconstruite en même temps, c’est-à-dire au XIXe siècle.


La hauteur primitive de la façade reste marquée par un bandeau blanchi à la chaux encore très visible sur toute la moitié de droite de la façade et qui fait aussi penser au bandeau qui souligne la corniche de la tour

Le haut du mur, à droite de la grange, façade nord

Le haut du mur, à droite de la grange, façade nord La partie haute a été surélevée au XIXe siècle.
Au-dessous de la surélévation, on observe encore des traces du bandeau d’origine, réalisé au lait
de chaux sur l’enduit, comme sur le tour de flanquement. Ce bandeau marque la hauteur primitive de l’élévation de la dépendance.

Ecurie Est

L’écurie la plus à l’Est s’ouvre primitivement sur la cour par une porte et un jour à côté.

Extrémité Est de la grande dépendance, façade nord : ouvertures de l’écurie Est

Fenêtre de l’écurie Est

Le jour d’une cinquantaine de centimètre de large est entouré d’un cadre de tuffeau équarri, non chanfreiné. Ont voit qu’à l’intérieur l’ébrasement est en maçonnerie principalement de briques fines, avec un rebord et un linteau en bois, typique du XVIIIe siècle. C’est donc la date qu’il faut assigner à ce jour

Porte de l’écurie Est

La porte a une largeur de 115 cm. Elle était entourée d’un cadre tout en tuffeau chanfreiné dont il ne reste plus que le linteau aux arêtes très usées, avec un dessin d’accolade gravé sur le linteau encore perceptible.
Au-dessus du linteau, l’arc de décharge est appareillé en tuffeau. Les piédroits ont été remplacés par des briques d’un côté et des moellons montés au ciment de l’autre.

Porte de l’écurie Est : détail du linteau avec les vestiges d’une accolade au milieu

Tout le haut de cette baie est encore entouré de maçonnerie au mortier ocre d’origine mais avec de très nombreuses reprises d’enduit. Il s’agit donc d’une ouverture d’origine (l’étude intérieure le confirme).


Extrémités des poutres

L’écurie Est possède aujourd’hui deux poutres. Mais on voit que leur extrémité apparaît sur la façade nord : l’une est alignée avec la façade et l’autre dépasse même un peu vers l’extérieur. Ce n’est pas une manière de construire traditionnelle. Du reste, on voit que l’enduit a été refait tout autour de l’extrémité des poutres. Tous ces indices montrent que ces poutres ont été posées tardivement, et que pour les poser, les charpentiers ont creusé deux trous par lesquels ils les ont enfilées. D’ailleurs, on retrouve ces caractéristiques sur la façade sud.

Ecurie joignant la grange

Il existait une deuxième écurie, entre l’écurie Est et la grange. Il en reste encore un jour et une porte d’entrée. Mais comme l’aménagement intérieur de la dépendance a été totalement réorganisé au XIXe siècle, le jour se trouve aujourd’hui dans la première écurie et la porte (murée) dans la grange. Ces deux ouvertures éclairaient l’écurie que l’on peut qualifier du milieu.

Jour de l’écurie du milieu

Le jour de l’écurie du milieu mesure 41 cm de large. Il est entouré d’un cadre de tuffeau équarri et non chanfreiné, comme celui de la première écurie. On remarque d’ailleurs que l’enduit est rapporté tout autour. A l’intérieur, son ébrasement est entouré de montants en maçonnerie de briques, d’un rebord et d’un linteau en bois, typiques du XVIIIe siècle. C’est donc la date qu’il faut assigner au percement de ce jour.

Ecurie du milieu : le jour et la porte d’entrée murée

Porte de l’écurie du milieu

La porte de l’écurie du milieu est aujourd’hui murée. Sa largeur était de 96 cm et sa hauteur de 190. Elle était entourée d’un cadre en tuffeau chanfreiné dont il reste encore tout le linteau et les piédroits du haut. Quant aux piédroits du bas, on ignore s’ils étaient également en tuffeau ou en pierre dure. Le linteau et l’arc de décharge appareillé en tuffeau au-dessus ressemblent en tous points à celui de la porte de l’écurie Est. Tout autour on retrouve la maçonnerie d’origine de moellons de grès cassé montés au mortier de sable fin et ocre rouge.

Comme la porte de la première écurie, il s’agit donc d’une ouverture d’origine (l’étude intérieure le confirme).

Jour entouré de bois

A droite de la porte qui vient d’être étudiée se trouve la trace d’un jour entouré de planches de bois, mais rebouché depuis longtemps. Il ne remonte probablement pas à l’origine de la construction.

La grange

La grange, ainsi que l’écurie qui précède, occupe à peu près le milieu du corps de dépendance. Cette situation est d’ailleurs attestée par la visite et montrée de l’an 4. Sur la façade, la grange s’annonce par sa grande porte qui permet d’entrer avec des charrettes chargées de paille ou de foin.

La porte de la grange


La porte de la grange mesure 2,82 m de large et 3,42 m de haut. Il suffit d’observer l’enduit tout autour pour s’apercevoir qu’il s’agit d’une reconstruction plus récente que le mur de façade d’origine. En effet, cet enduit est contemporain de la construction de la porte mais il diffère radicalement de celui d’origine.


Pour construire les jambages de la porte, deux matériaux sont employés : le grès roussard en partie basse (sur 2,15 de haut), puis du tuffeau (jusqu’en haut). Le principe est bon : pierre dure au plus près du sol, pierre tendre à l’endroit le moins fragile.


Une autre différence oppose les deux matériaux mis en œuvre : le roussard a son arête chanfreinée mais pas le tuffeau. Ce qui signifie clairement que le roussard est le remploi d’une ouverture ancienne et le tuffeau ajouté. Les piédroits de roussard proviennent d’une ouverture ancienne, c’est-à-dire que leur emplacement actuel n’est pas celui d’origine. Comme tous les piédroits (tant de roussard que de tuffeau) sont appareillés de la même façon, dans le mur de façade, il apparaît qu’ils ont été montés ensemble, dans la même campagne de travaux. L’arête chanfreinée des piédroits de roussard permet de dater leur taille du XVe ou du XVIe siècle, tandis que l’ouverture actuelle date tout au plus du XVIIIe siècle, voir du XIXe.
L’ouverture est couverte par un long linteau en chêne qui date nécessairement de l’époque où la façade a été surélevée (XIXe siècle).


Dans ce linteau, on observe des trous ronds destinés à faire entrer l’axe de la porte de grange. Tout en bas, au droit de ces trous, on aperçoit encore des socles de grès qui ont servi à recevoir un axe en fer. Mais ces dispositions ont changé depuis. La porte pivote aujourd’hui sur des axes situés sur le même plan que la façade.


L’écurie ouest


A l’extrémité occidentale du grand corps de dépendance se trouve une troisième écurie dont l’existence est attestée par l’état des lieux de l’an 2.

Mais depuis cette date, elle a été considérablement transformée. On ne mentionne pas ici les jours très tardifs (vers 1900 ?) percés en hauteur du mur et entourés de grosses briques violettes et d’un linteau en bois.

La porte de l’écurie ouest

A l’extrémité ouest de la façade, on trouve deux dernières ouvertures donnant dans l’écurie la plus à l’ouest.
Tout d’abord une porte d’écurie, large de 113 cm, cernée de grosses briques du XIXe siècle, et tout autour un enduit refait et bien différent de celui d’origine.
Signalons ici rapidement les jours XIXe percés en hauteur du mur de part et d’autre de la porte et entourés de grosses briques violettes et d’un linteau en bois.

Le jour à droite de la porte d’écurie

Plus à droite encore, il existe un jour entouré de tuffeau et de briques fines anciennes. Le cadre et l’enduit qui a été fait autour en même temps, sont à peu près identiques aux jours encadrés de tuffeau qui servent d’aération à l’écurie orientale et à l’écurie du milieu. Ces trois jours paraissent remonter au XVIIIe siècle.
Entre la porte du XIXe et cette petite fenêtre on aperçoit dans le mur des blocs de roussard taillés. Mais ils ne dessinent aucun cadre d’ouverture et d’ailleurs, côté intérieur, on ne voit aucune trace d’ouverture.
Il s’agit manifestement de remploi de pierre lors d’une reconstruction partielle de ce bout de mur de façade.

A droite de la porte d’entrée du XIXe siècle (encadrée de grosses briques), on aperçoit des blocs de roussard : ils ne forment pas une arête continue et ne peuvent pas constituer un vestige d’ouverture. Les trois blocs de pierre blanche à droite sont alignés mais ne correspondent pas à une ouverture. A droite encore, on voit un jour encadré de tuffeau et de briques fines anciennes qui paraît remonter au XVIIIe siècle.

Le pignon ouest

Le pignon ouest est construit comme le reste des murs en maçonnerie de moellons au mortier de chaux. On y observe trois éléments particuliers :

  • Le contrefort de maçonnerie qui s’appuie à peu près en son
    milieu ;
  • La porte d’entrée percée dans l’angle nord-ouest ;
  • L’angle sudouest qui se détache de la maçonnerie du pignon.

Le contrefort

L’énorme contrefort a été ajouté postérieurement à la construction du grand corps de dépendance. En effet, il vient s’appliquer contre le pignon : les maçonneries ne sont pas liées. On y trouve des blocs de grès de Bouloire, une pierre dure très différente des autres pierres utilisées
dans ce bâtiment, par conséquent d’une autre époque. Ce contrefort existe déjà sur le plan cadastral de 1829

La porte en angle

L’ancienne porte d’entrée située contre l’angle nord-ouest est encadrée de grès roussard. L’entrepreneur a préféré le grès pour l’exposition ouest, sujette à la pluie et au soleil, réservant le tuffeau aux portes de la façade nord. Ce qui reste de cette porte d’angle permet de connaître sa hauteur : 1,70 m, tout à fait convenable pour une étable et pour des domestiques, mais trop faible pour des seigneurs. Mais pas sa largeur car il ne reste qu’une seule des pierres qui constituait le linteau appareillé. Les montants et la pierre du linteau sont chanfreinés avec un congé en bas, sur la base des piédroits. On retrouve ainsi les mêmes caractéristiques de taille de pierre sur ce cadre de roussard que sur la fenêtre de la tour de flanquement. C’est un indice supplémentaire qui milite pour une datation commune. Les caractéristiques de cette ouverture de roussard – particulièrement le chanfrein et le congé – peuvent servir pour restaurer les cadres très usés en tuffeau des portes de la façade nord.


Comme cette porte s’ouvre sur un niveau très inférieur aux autres écuries de ce corps de bâtiment, il paraît que l’extrémité sud ne devait être accessible que par le pignon ouest et devait se trouve plus bas que les autres pièces de ce corps de logis.

On le verra très probablement dans de futurs travaux.

L’angle sud

L’angle sud se détache du reste de la maçonnerie du pignon. C’est un mouvement de sol, sans doute, qui occasionne cette avarie.

La façade sud

La façade sud de ce grand corps de bâtiment est fort peu ouverte. Rien d’étonnant à cela d’ailleurs, puisqu’elle donne sur l’extérieur de la clôture. Le principe même de l’enceinte, de la clôture signifie que les murs sont fermés du côté extérieur. Il existe une unique ouverture ancienne – d’origine – et quelques percements ultérieurs.

Fenêtre ancienne de l’écurie Est

La seule ouverture d’origine de cette façade est une fenêtre éclairant l’écurie Est. Sa facture est de même type que les portes d’écuries qui donnent du côté nord : un cadre en tuffeau avec une arête chanfreinée. Le rebord a cependant été démoli. On trouve encore tout autour le mortier d’origine fait au sable fin et de couleur ocre.
Mais l’arc de décharge au-dessus a disparu, car un jour supplémentaire a été créé au XVIIIe siècle. Il est encadré de tuffeau à l’extérieur et un enduit différent de celui d’origine l’entoure depuis son percement. Côté intérieur il est cerné de briques fines et d’un rebord et d’un linteau en bois. Il a donc les mêmes caractères que les jours percés au XVIIIe siècle côté nord.

fenêtre de l’écurie Est, façade sud. Elle a perdu son arc de décharge (remplacé par un jour au XVIIIe siècle) et son rebord. De part et d’autre, les extrémités des poutres rapportées au XIXe siècle.

Extrémités des poutres de l’écurie Est

De chaque côté de cette fenêtre, on voit les extrémités des deux poutres qui portent le plancher de l’écurie Est. Comme sur la façade nord, on voit que ces deux poutres affleurent et qu’il existe une reprise d’enduit tout autour. C’est une preuve supplémentaire que les poutres ont été rentrées tardivement dans ce bâtiment en les faisant pénétrer par des trous percés dans les façades.

Jours du XIXe siècle

Il existe plusieurs jours percés en hauteur au XIXe siècle et encadrés de briques violettes et de linteaux en bois.

Partie de mur reconstruite

Au milieu de la façade sud, on remarque une partie de mur entièrement reconstruite en maçonnerie de moellons non plus de grès cassé mais ramassés à la surface des champs. Cette partie de façade (qui correspond à la grange) comprend à l’arrière deux montants de tuffeau, l’un élevés comme un piédroit d’ouverture, l’autre comme un chaînage (voir article intérieur). Ces empilements de tuffeau ne correspondent à aucune ouverture visible en façade.

Porte de la grange

Plus à gauche s’ouvre la grande porte de la grange (2 m de large), percée en face de celle qui donne sur la cour. Elle est de construction contemporaine à cette dernière, sans doute du XIXe siècle. On remarque la reprise d’enduit tout autour.

Façade sud, porte de la grange. A gauche en bas, une pierre de roussard servant à l’écoulement du purin d’une écurie. A droite partie de mur reconstruite.

Jour de l’écurie ouest

A l’extrémité ouest de la façade, on trouve une dernière petite fenêtre d’écurie identique à toutes celles déjà observées et qui datent du XVIIIe siècle.

Extrémité ouest de la façade sud : un jour du XVIIIe encadré de tuffeau mais muré donnait dans l’écurie ouest. Au-dessus jours du XIXe encadrés de brique.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Journées du patrimoines 2023

Comme tous les ans, le manoir de La Chevallerie est ouvert aux journées du patrimoine.

Deux modes de visites vous sont proposées les 16 et 17 septembre 2023 :

Visite libre

Pendant la durée du week end aux horaires indiqués sur le site officiel des journées du patrimoine du pays de la Loire

Visites guidées

Jean-François LECOMTE fera des visites commentées à heures fixes.

Le discours s’adapte aux questions posées.

Vous pouvez retrouver les horaires de début de visites sur le site officiel des journées du patrimoine du pays de la Loire.

Dépendance Est– Etat des lieux à l’acquisition

Localisation

Appelée « Etable » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Porcherie » sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.

Il existe une dépendance côté ouest accolée à la tour du portail d’entrée.

Le caractère de cette petite dépendance évoque le XIXe siècle. Elle figure déjà sur le plan cadastral de 1829.

Extérieur

Sur sa façade ouest, bâtie en moellons hourdé au mortier de chaux et sable, le cadre de la porte est en calcaire oolithique. Son linteau est en bois, son seuil en grès fin et gris/beige de Bouloire. A côté, il existe un petit jour entouré de grosses briques vernissées.

Le pignon nord est également bâti en moellons avec mortier de chaux et sable. Dès l’origine de sa construction, il a été percé de deux portes encadrées de grosses briques, sous un linteau en bois. Au-dessus
des deux portes, à la pointe du pignon, s’ouvre une fenêtre encadrée de bois et donnant accès au grenier.
Le pignon sud se compose principalement du mur arrondi de la tour du début du XVIe siècle.
Quant à l’élévation orientale, il s’agit du mur de clôture, dans lequel des petits percements ont été réalisés au XIXe siècle.

1973 : © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Diffusion RMN-GP

L’étable et le poulailler du XIXe .
A gauche sur le plan cadastral de 1829, à droite sur le plan voyer de 1892

Le mur Est, il s’agit du mur de clôture, dans lequel des petits percements ont été réalisés au XIXe siècle.

Intérieur de l’étable

A l’intérieur, on voit à l’extrémité sud le mur arrondi de la tour du XVIe siècle. Le pignon vient s’y appuyer. Il est construit en moellons et mortier chaux et sable. Le mur sud est parfaitement lié aux murs Est et
ouest : ces trois murs sont par conséquent contemporains.
Autrement dit, le mur de clôture oriental n’a aucune ancienneté. Il est monté en moellons avec un mortier de terre. Un enduit de chaux et sable l’a recouvert à l’origine mais la plupart est tombé : il n’en reste un peu
qu’en partie haute. Dans ce mur, il existe deux jours encadrés de brique d’origine (c’est-à-dire XIXe).

A l’extrémité nord de l’écurie s’élève une cloison de grosses briques enduite au sable jaune qui n’est pas liée aux façades. Elle a donc pu être ajoutée ultérieurement mais il faut plutôt retenir qu’elle est contemporaine,
car elle correspond aux deux portes percées dans le pignon nord qui, elles, sont assurément de la première construction de ce bâtiment.
Vu de l’intérieur, le mur ouest est monté en moellons avec mortier de chaux et sable. La porte mesure à l’extérieur 92 cm de large sur 202 de haut. Elle a un ébrasement encadré de pierres de taille d’origines variées,
principalement du calcaire oolithique et un peu de tuffeau, et même des moellons, et une brique. Sur l’ébrasement, le linteau est en bois. A côté, le jour encadré de briques à l’extérieur a un ébrasement entouré de maçonnerie à l’intérieur.


L’écurie est couverte d’un plancher supérieur porté par deux poutres placées dans le sens Est/ouest : l’une située entre la porte et le jour, l’autre soutenue par la cloison de briques. Ces deux poutres déterminent deux
travées de solives qui portent du torchis lissé par-dessous mais non enduit.

Intérieur des toits à porcs

L’extrémité septentrionale de ce bâtiment, habitable par les deux portes percées en pignon, abrite deux toits à porcs séparés par une cloison de briques.

On remarque que les murs de façade Est et ouest sont parfaitement liés ce qui prouvent qu’il s’agit d’une construction homogène.

Grenier

Dans le grenier de ce bâtiment, on voit la tour ronde avec son enduit d’origine mélangé de gravier qui se poursuit sous la maçonnerie XIXe du pignon. Ce qui prouve que l’enduit de la tour, de ce côté, est au moins
antérieure à la construction de ce bâtiment du début du XIXe siècle. Le plus probable d’ailleurs est que ce soit l’enduit d’origine, celui du début du XVIe siècle.
Au pignon nord, l’enduit de la dépendance est plus fin comme sur le pignon sud et les murs d’arase est et ouest.

La charpente est de qualité. Elle est constituée de chevrons reposant sur des pannes portées par des arbalétriers

Extrémité sud du grenier sur l’étable du XIXe. On voir au fond en partie gauche l’élévation de la
tour avec son enduit du XVIe siècle, et à droite l’enduit XIXe du pignon de l’étable. La ligne
noire verticale au milieu correspond à l’enduit XIXe siècle qui se décolle de celui de la tour

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
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