Chambre du rez-de-chaussée – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre est » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Chambre 01 du rdc » sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.

Comme le montre le marché de construction du château de Bonnétable (1476), il est d’usage de disposer une chambre au bout de la salle :


« et au bout de ladite salle ce fera un grant chambre à pavez
laquelle portera 25 pieds en quarré »

C’est donc bien l’usage de chambre qu’on peut assigner à la pièce qui se trouve à l’Est du rez-de-chaussée. On y trouve d’ailleurs une cheminée plutôt plus ornée que dans la salle, ce qui permet d’assurer
qu’on ne se trouve pas dans une cuisine.

Sol

Le niveau de cette chambre est plus haut de 28 cm aujourd’hui que la salle. Il est bien d’origine, comme en atteste l’entrée sur l’escalier. En effet, la porte d’entrée de la chambre sur l’escalier se situe sur la première marche de l’escalier. Autre indice que le niveau est d’origine : la base des jambages de la cheminée qui n’est pas amputée mais au contraire bien complète.

Le sol a été refait à la fin du XXe siècle sur une chape de béton. Il ne reste rien de celui d’origine. Selon l’acte de visite et montrée de l’an 2, cette pièce qui s’étend sur une cave était revêtue de « madriers », c’est à dire de blocs de bois, alors très usés :

« Que l’autre chambre à côté de la maison est carrelée de
madriers qui sont usés de vétusté ».

Fenêtre

La fenêtre côté mur sud a été transformée en porte au XIXe siècle. Mais il en reste suffisamment de pierres d’origines pour pouvoir déterminer ses dimensions : 1,55 m de large, 1,79 m de haut. Elle est donc plus petite que celle de la salle (1,62 sur 1,84 m). On peut en conclure que la dimension de la fenêtre est calculée en fonction de la taille de la pièce à éclairer.

L’allège est de 93 cm de haut. On n’y trouve aucun coussiège. Le quart du bas est de 96 cm de haut sur 69 de large. Le quart du haut mesure 66 cm de haut sur 69 de large. Comme sur la fenêtre précédente, la hauteur du quart supérieur augmenté de la largeur du meneau est égale à la hauteur du quart inférieur.

Le cadre extérieur de la fenêtre, en calcaire semi dure de Nuillé/Soulitré, a une profondeur de tableau de 25 cm. Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est construit en tuffeau est couvert d’un arc segmentaire appareillé. Les vantaux d’origine ont évidemment disparu.

Portes

Porte vers escalier

A droite de la fenêtre se trouve la porte d’entrée d’origine de la chambre. Elle a été murée au XIXe siècle lorsque la fenêtre a été transformée en porte d’entrée. L’ouverture de la porte, mesurée du côté de
l’escalier, est de 78 cm de large et 1,72 m de haut.

la porte murée de droite

Elle est par conséquent plus étroite et plus basse que celle de la salle. Son cadre est chanfreiné avec sans doute un congé en bas.

Côté chambre la porte est totalement murée et recouverte d’un enduit. Sous la peinture, on distingue cependant l’ébrasement sous un arc segmentaire appareillé. On distingue également les traces d’un ostevent sur le mur ouest

Porte nord

Une porte s’y ouvre, qui permet d’accéder dans la garde-robe. L’ouverture mesure 67 cm de large et 1,62 m de haut (même largeur mais moindre hauteur que dans la salle). Elle est entourée d’un cadre en tuffeau chanfreiné, mais dont l’arête est si usée qu’on ne voit plus l’éventuel congé. Le vantail actuel ne date que des environs de 1900.

Porte ouest

Comme on l’a vu en étudiant la salle, la porte du milieu semble être issue d’une époque postérieure à la construction de ce corps de logis. L’ébrasement, assez faiblement évasé, est encadré de tuffeau avec un
linteau droit appareillé, le seul de ce type (puisque toutes les ouvertures ont des ébrasements couverts en arc segmentaire). Il s’agit probablement d’une porte percée au XVIe.

Porte Est

Une porte donne accès à l’aile Est. Son ouverture mesure 66 cm de large et 1,60 m de haut. Le seuil de 14 cm de haut est aujourd’hui en brique. En effet, le niveau de la chambre de l’aile Est était supérieur à celui de la présente chambre. Le vantail ne date que des environs de 1900.

Cheminée

Le cheminée qui s’appuie sur le pignon Est présente un foyer de 1,70 m de large sur 1,37 m de haut. Son ornement est taillé dans la pierre calcaire. Il se compose de piédroits en forme de colonne cantonnée de
deux gorges (une large et une étroite). Les bases sont fort abîmées.

Les chapiteaux, bien conservés sont sculptés de godrons courbés en forme de larme, qui prouvent que les formes de la Renaissance sont déjà connues, ce qui pousse la datation de la cheminée (et de tout ce corps de logis) vers les dernières années du XVe siècle ou les premières du XVIe. Le linteau est décoré de corps de moulures. Brochant sur ces
moulures, un blason est sculpté mais hélas le meuble est effacé. Il ne pouvait s’y voir que les armoiries des Tiercelin avec leur sautoir tiercé. Le sommier entre en biais dans le mur pour épauler la cheminée qui, comme toujours à cette époque n’est pas renforcée d’une barre de fer. La hotte, à la différence de la cheminée de la salle, est traversée par un arc de décharge en forme segmentaire et appareillé. Au sommet, on ne trouve aucune trace de corniche, ce qui n’a rien d’étonnant tant les exemples de hotte sans corniches sont fréquents au XVe siècle.

Sur le manteau de la cheminée est gravé en creux un blason barré soutenu de rinceaux de feuillage dans le style du XVIIe siècle. Il est également gravé à droite de l’écu XVe. Les armoiries ne correspondent
pas à une famille ayant possédé la Chevalerie.

Ce peut être le graffiti d’un des agents des Ursulines. A moins qu’il s’agisse du blason des Souvré, mais on ne voit pas pour quelles raisons.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Salle d’entrée de la Chevallerie – rez-de-chaussée – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Salle » dans l’étude Historique de Damien Castel, « SAlle à manger» sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.

La salle se situe dans la partie ouest du rez-de-chaussée, adossée au pignon ouest

La salle est la pièce principale de l’habitation seigneuriale. En cette fin de Moyen Age, elle a toutes les fonctions : pièce où les visiteurs sont introduits, on peut y manger, et souvent aussi y dormir. C’est généralement la plus grande et la plus haute pièce du logis, celle où la cheminée est la plus grande et les fenêtres les plus nombreuses.

Sol

Pavage

Le niveau du sol est aujourd’hui identique au niveau de l’entrée de l’escalier. Cependant, à l’occasion de reprises faites au carrelage actuel, près de la cheminée et du mur nord, il a été trouvé un niveau inférieur de pavés anciens, petits, situé environ 15 cm au-dessous du sol actuel. Ceci ne laisse pas d’étonner, car on imagine mal que la salle se soit trouvée à un niveau inférieur de l’entrée de l’escalier et des pièces qui l’accompagnent dans l’aile nord en retour d’équerre. Ceci pose donc la question de savoir si le niveau du sol de l’escalier, à la porte d’entrée de la cour, n’a pas été relevé aussi de 15 cm. Même questionnement d’ailleurs pour la garde-robe à l’arrière de la salle.

Les transformations du sol datent manifestement des premières années du XXe siècle, lorsque le carrelage actuel, très régulier, a été mis en place. Il s’agit de pavés anciens de terre cuite, de 16 cm de côté, posés de façon très régulière par rangées parallèles à la façade. Quelques pavés sont cassés devant la cheminée.
A l’origine, on trouvait ici des pavés de 11 cm de côté, comme l’indique la visite et montrée du 16 ventôse an 2 :

« Qu’à la place de la maison il manque cinquante pavés de terre cuite de quatre pouces au carré estimé compris la main d’oeuvre cent sols ».

Trappe d’accès à la cave

Dans l’angle nord-est de la pièce se trouve une trappe qui découvre l’escalier descendant à la cave. Le cadre et le vantail de la trappe ne datent que du début du XXe siècle. L’ouverture au sol mesure 62 cm de large (le long du mur Est) sur 148 de long (le long du mur nord) à peine plus que ce bout de mur devant la porte de la dépense. L’escalier se compose de neuf hautes marches de pierre de taille descendant vers la porte de la cave. Cette descente de cave a été modifiée au début du XXe siècle lorsque le sol de la salle a été remonté de 15 cm. Il a fallu y ajouter la dernière marche, celle 22 11 cm de côté qui se trouve devant la porte du cabinet.

il n’existe pas de photos de la trappe ou de la porte du cabinet. les deux éléments sont cachés par le paravent sur la photo ci dessus.

Dans son état d’origine, cet escalier était par conséquent un peu plus court (d’une marche) et ne gênait donc pas l’entrée du cabinet. La trappe ne mesurait sans doute pas davantage de 125 cm de long.

Fenêtre Sud

L’ouverture de la fenêtre mesure 1,62 m de large et 1,84 m de haut. L’allège mesure 95 cm. Elle avait à l’origine 15 cm de plus, puisque le sol était plus bas qu’aujourd’hui. Le cadre extérieur de la fenêtre présente une profondeur de 27 cm. Le meneau et la traverse sont larges de 24 cm. Les dimensions du quart inférieur de l’ouverture sont de 69 cm de large sur 94 de haut. Celles du quart supérieur : 69 cm de large sur 69 cm de haut. Autrement dit, le quart ouvrant supérieur plus la largeur de la traverse est égal à l’ouvrant du bas.

Par conséquent, le tailleur de pierre divise la hauteur de l’ouverture de la fenêtre en deux : la moitié inférieure est totalement ouverte ; la moitié supérieure se partage entre traverse et ouvrant.
Le cadre intérieur de l’ouverture est encadré de tuffeau, avec un couvrement en arc segmentaire appareillé.

Contrairement à la plupart des fenêtres du XVe siècle, il n’existe pas à la Chevalerie de coussièges dans l’ébrasement, ni aucun stigmates. Les vantaux anciens ont disparu. Le type de menuiserie mis en
place au XVe siècle a été décrit au chapitre des techniques constructives.

Porte vers la tour

La porte présente une ouverture sur l’escalier de 88 cm de large sur 1,91 m de haut. Côté escalier, le cadre présentait à l’origine une arête chanfreinée, mais cette arête est très usés, seul reste l’angle supérieur
gauche (en regardant de dehors). Vu de l’intérieur de la salle, le montant gauche de l’ébrasement
gauche correspond au mur de refend. Le montant de droite est en tuffeau.
On y voit en creux les stigmates d’un ostevent.

L’ébrasement est couvert d’une voûte en arc segmentaire appareillée en tuffeau.

Le vantail actuel ne date que des dernières années du XIXe ou du début du XXe siècle. Au sujet du vantail d’origine, l’acte de visite et montrée du 16 ventôse an 2 indique :

« Que toutes les portes sont en passable état, qu’il n’y a que
celle de la maison qui ait une serrure »

Cheminée

La cheminée, décentrée vers le sud, a un foyer de 1,95 m de large.
Dans le contre foyer se trouve une ouverture de four à pain. Elle ne date évidemment pas de l’origine, car au XVe siècle, le four à pain était certainement situé à l’extrémité d’un autre corps de bâtiment, non attaché à l’habitation.


Au sujet du foyer et de l’entrée du four, l’acte de visite et montrée du 16 ventôse an 2 précise :


« Que pour réparer le devant du feu, il faut pour oeuvre et matière la somme de 4 livres
Que le four est en passable état ».


Le tuyau de la cheminée monte tout droit jusqu’au sommet du comble et passe derrière celui de la cheminée du premier étage. La cheminée XVe de la salle L’ornement de la cheminée est réalisé en pierre de Nuillé/Soulitré.
Les jambages prennent la forme d’une colonne engagée cantonnée d’une colonnette fine engagée. Le corbeau au-dessus est mouluré avec un pan coupé entre deux bourrelets. Le linteau est décoré de deux corps de moulures et d’une arête inférieure quarderonnée. Les retours des sommiers sont en angle droit
(c’est-à-dire pas qu’il n’existe pas d’épaulement en biais) et arrondis. On trouve cependant un léger épaulement biais dans l’angle du sommier formé avec le mur pignon. La hotte ne présente pas d’arc de décharge, aucun décor et la moulure supérieure, qui s’applique contre le chevêtre du plancher, est très
fine. C’est ce qui a pu faire penser que la cheminée avait été reprise. Pourtant, les exemples de hotte sans arc de décharge sont nombreux au XVe siècle.
Le tuffeau a été blanchi puis badigeonné avec noir de cendre et reblanchi plusieurs fois.
Des réparations par des agrafes de fer existent sur la plate bande du linteau.

Fenêtre Ouest

A droite de la cheminée a été percée une demi-fenêtre, tardivement, sans doute au XVIe siècle. C’est à l’extérieur que l’on constate le caractère tardif du percement, du fait de la différence de l’enduit qui l’entoure.

Elle donne sur la belle vue ouest. L’ouverture mesure 78 cm large sur 1,91 m de haut (mesuré dehors). Mais elle a été depuis murée. Cependant, côté intérieur, son existence est signalée par la surépaisseur d’enduit.

Porte nord

Il n’existe qu’une seule ouverture sur ce mur contre lequel on devait poser le lit à baldaquin : une petite porte qui s’ouvre sur le cabinet. Le vide de cette porte mesure 69 cm de large sur 1,81 m de haut.

Porte de la salle du rez-de-chaussée vers son cabinet Les montants verticaux sont moulurés en creux et d’un quart de rond au milieu. Toutes les autres arêtes des montants sont seulement chanfreinées.
Les plates bandes des panneaux sont ressorties. On y trouve encore un très ancien vantail en bois de chêne, le seul subsistant dans la salle, composé de montants et de traverses moulurés, de quatre panneaux à plates bandes. Les pentures à l’arrière sont de forme rectangulaire et pivotent sur les gonds d’origine. A la place de la serrure a été clouée, à clou forgé (donc très anciennement) une petite
clenche forgée. La traverse du bas a été amputée d’une partie de sa hauteur (sans doute 15 cm) lorsque le sol de la salle a été remonté.

Porte au centre du mur Est


Une porte se trouve vers le centre de ce mur. Elle semble avoir été percée tardivement.
L’ouverture mesure 72 cm de large sur 1,78 de haut, sur un seuil de 14 puisque la chambre est plus haute de 14 cm que la salle. Mais lorsque la salle était plus basse de 15 cm, il devait y avoir en plus une marche
devant le seuil.


Du côté de la salle, la porte présente un cadre chanfreiné en tuffeau. Ses arêtes sont très usées et ne laissent plus voir un éventuel congé. Le couvrement est un linteau appareillé. L’ébrasement se trouve côté
chambre. C’est la forme de cet ébrasement (non pas un arc segmentaire mais un linteau droit appareillé) qui fait penser à une ouverture postérieure à la construction, réalisée par exemple dans la seconde partie du XVIe siècle.

On peut voir des traces d’ostevent dans l’angle nord-est.

Dans l’angle nord, on voit sur ce mur ouest des traces de cloisons rebouchées montant du sol au plancher. On voit la même chose sur le mur nord : ce sont là les traces du rebouchage d’un tambour de menuiserie avec pilastres s’affinant vers le haut à choux frisés qui entourait la descente d’escalier vers les caves dans l’angle de la pièce.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Chantier du four à pain

En 2012 se déroule le chantier de réfection du four à pain adossé au pignon ouest du logis.

vous pouvez retrouver l’article sur l’état des lieux ci dessous.

Stabilisation des pierres menaçantes du pignon

Étayage de la charpente de la toiture

Nettoyage et préparation – suppression d’arbre

Remontage des pierres d’un côté

et de l’autre

A l’intérieur

Réfection des soles et voûte après un calepinage méticuleux.

Feu

Un moment convivial pour la mise à feu du four avec les personnes qui ont participé au chantier et des voisins. Dont un ancien boulanger.

Avant – Après

remerciements

remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )

les mains sachantes

Rénovation des combles du logis – chantier 01 – Les sablières

Réfection des sablières

Contexte

Sur le mur sont posées deux sablières. L’une borde l’arête intérieure du mur, l’autre est posée à environ 10 ou 15 cm de l’arête extérieure du mur ce qui laisse la place à la corniche qui a disparu. Ces doubles cours de sablières sont attachées l’une à l’autre par des liens posés sur le mur, à raison d’un par chevron.

Comme on peut le voir sur la photo ci dessus et dans l’article sur l’état initial des combles une grande partie des sablières étaient en mauvais état. Notamment en dessous des noues en mauvais état.

Les travaux ont donné l’occasion de trouver des objets intéressants.

des réemploies de pierre sculptées :

et malheureusement la destruction d’une ruche dans un des murs sous une sablière.

Le remplacement des sablières

ouverture

remplacement des pièces de bois nécessaires

le résultat final sur la partie sud ouest

partie sud ouest
détail d’une partie du mur sud ouest

les autres remplacements

Comble du corps de logis du XV – Etat des lieux à l’acquisition

Sol


Il n’y a jamais eu de carrelage dans le comble, seulement de la terre battue, du foin sur des barreaux de châtaigner tout du long, sans aucune protection. Il était d’usage en pareil cas d’appliquer un durcisseur : le sang de boeuf.

Le sol est très dégradé et plusieurs articles de chantiers y seront consacrés.

Murs


Le mur forme en « renchaussement », ou surcroît de 60 cm au- dessus du sol. Il est moindre que dans l’aile nord ou le mur de renchaussement mesure 70 cm. Cette variation se retrouve d’ailleurs dans la différence de hauteur sous solive des pièces du premier étage. Sur le mur sont posées deux sablières. L’une borde l’arête intérieure du mur, l’autre est posée à environ 10 ou 15 cm de l’arête extérieure du
mur ce qui laisse la place à la corniche qui a disparu. Ces doubles cours de sablières sont attachées l’une à l’autre par des liens posés sur le mur, à raison d’un par chevron.

Lien vers l’article du chantier de rénovation des sablières.

https://manoirdelachevallerie.fr/?p=51

Porte sur tour d’escalier

A la jonction du mur avec la tour d’escalier se trouve une porte dont le cadre se situe côté escalier. L’ouverture mesure 98 cm de large sur 1,80 de haut. Dans le montant Est de l’ébrasement restent les deux gonds d’origine.

En face, dans le montant ouest de l’ébrasement, on voit encore le trou pour la serrure. A la plupart des portes du logis on remarque qu’au-dessus des gonds, la feuillure a été recreusée (de manière très sommaire) de façon à pouvoir ôter les vantaux. Ce n’est pas le cas ici, ce qui semble être une preuve que les creusements du rez-de-chaussée et du premier étage ne sont pas d’origine. Le couvrement de l’ébrasement était un linteau en tuffeau dont il ne reste que les sommiers. La pierre centrale a disparu. On voit dans les sommiers un creusement qui montre qu’une planche de bois avait mise sous le linteau pour le porter car il a dû présenter des signes de faiblesse avant de tomber.

Dans l’ébrasement ouest existe une inscription : 1841. Sur l’élévation nord de l’ébrasement est marqué : Miard 1863.

Enfin, sur une pierre de tuffeau formant l’angle extérieur de la tour, regardant le nord-ouest, sont gravées deux inscriptions :


1° au-dessus :

« Benjamin Mauduit 1875
a entré au château en 1863
et sorti en 1883 »

2° au-dessous :

gastri segureau
a réparé le chato
an 1797
l’an sainque
de la république
de menville
propriétaire
pour la somme
de 17100 livres

Lucarnes

Lucarne Est

On observe dans la charpente les stigmates d’une lucarne au-dessus de la chambre Est. Il existe en effet un chevêtre qui arrête cinq chevrons, soit quatre espaces entre chevrons, au total une largeur de chevêtre de 2,47 m qui correspond approximativement à la largeur du massif de maçonnerie, attendu que l’ouverture devait mesurer 1,60 m de large, comme au premier étage, avec environ 50 cm de maçonnerie de part et d’autre de l’ouverture.
Autre preuve de l’existence de la lucarne : le pied de chevron, à droite de la lucarne, fortement pourri, comme toujours en pied de noue. Le pied de chevron à gauche n’est plus lisible car il a été refait.

Lucarne ouest

On observe dans la charpente les stigmates d’une lucarne au- dessus de la fenêtre de la chambre ouest. Le chevêtre arrête six chevrons, soit cinq inter-chevrons, ce qui est trop large, certes, mais on observe dans le chevêtre deux mortaises qui ont servi à assembler les deux chevrons de rive de la lucarne et qui délimitent une largeur de 2,25 m. cette largeur doit correspondre très exactement à la largeur totale de la maçonnerie de la lucarne. On ne peut pas vérifier si le pied des chevrons a pourri à cause de l’afflux d’eau de la noue car ils ont été remplacés. A noter que d’après l’état du sol, le chantier de réfection de celui ci montrera probablement des dégâts des eaux.

Mesurée entre l’arase du mur sud et le dessous du chevêtre, la hauteur totale de la lucarne est de 2,70 m.

Les sablières et pieds de lucarnes ont été restauré voir l’article qui est dédiés à ces travaux .

https://manoirdelachevallerie.fr/?p=51

Porte vers le comble de l’aile nord

A l’aplomb de la façade nord, il existe une structure de charpente formant tout un pignon sud à l’aile nord en retour d’équerre, pignon construit en colombage et torchis. Le torchis a disparu. Au milieu de ce
pignon, une porte est assemblée. Elle se situe exactement en face de la porte de l’escalier en vis.

La structure de la porte été modifiée mais les mortaises d’origine encore visible à droite (Est) permet de déterminer l’ouverture : 95 cm de large sur 2,10 m de haut. Les deux montants verticaux de la porte montaient jusqu’à l’entrait de la ferme où l’on voit encore les mortaises. Le tirant a plusieurs autres mortaises destinées à recevoir d’autres colombes. Dans les chevrons de cette ferme, il y a aussi
des mortaises montrant que des pièces de bois horizontales formaient toute une structure pour tenir le torchis. L’intrados des chevrons et des jambettes est soit rainuré soit percé de trous pour les barreaux du torchis. De même pour les colombes verticales. Toute cette structure de pignon est impeccable, sans aucune trace de terre. A se demander si le torchis a jamais été fait. Pourtant, il est certain que la séparation des greniers est une chose utile pour le stockage du grain.

Pignon ouest


Grâce à un trou traversant, il est possible de mesurer l’épaisseur du pignon ouest : 75 cm.
Il est construit en moellons cassés et ocres, comme tout les corps de bâtiment du XVe siècle, avec un mortier de chaux très ocre, coloré par le sable de même extraction que la pierre. Le mur n’est pas du tout enduit mais les joints sont parfois un peu bouchés. Il n’existe aucune ouverture dans le pignon.

Le tuyau de cheminée a manifestement été reconstruit, avec des chutes de tuffeau et avec un mortier beaucoup plus blanc, c’est-à-dire avec un sable d’une autre provenance. Le tuyau est plaqué contre le mur et non enté dedans comme cela aurait été le cas s’il avait été d’origine. Cela ne vaut d’ailleurs que pour le conduit de la cheminée XVIIIe, c’est-à-dire celle du premier étage. Le conduit qui vient du rez-de-chaussée est à l’intérieur du pignon (il ne fait pas ressaut comme le conduit du premier étage).
On observe aussi pas mal d’enduit blanc sur la rive sud, ce qui montre une réfection réalisée sans doute au XVIIIe.

Pignon Est

On ne peut déterminer l’épaisseur de ce pignon, faute de trou traversant. Il est construit en moellons cassés de couleur ocre, avec un mortier de chaux au sable très ocre, tout entier d’origine. La rive nord et son chevron sont également d’origine. Le tuyau de cheminée du rez-de-chaussée est intégré dans
l’épaisseur du pignon. Le conduit de la cheminée du premier étage est en saillie et sa maçonnerie est bien liée au pignon. Ce sont bien les restes de la maçonnerie du XVe qui restent en place, mais le devant du conduit a été démoli en même temps que la hotte de la cheminée du premier étage. En partie haute on voit que les deux conduits se terminent au sommet en briques fines

Il existe une porte communiquant vers le comble de l’aile Est du XVIe siècle. Son cadre est chanfreiné et entoure une ouverture de 80 cm de large et 1,80 m de haut qui a été entièrement murée lors de la démolition du haut de l’aile Est avec un mortier très blanc. Le seuil de la porte est aligné avec le dessus du tirant. On aperçoit sur le tirant les marques d’un petit escalier de meunier cloué pour monter vers cette porte de communication. Le cadre est construit en tuffeau.

Le linteau est en deux pierres ou une pierre cassée. L’enduit autour de cette ouverture est plus clair que celui d’origine, ce qui prouve bien que le percement est postérieur à la construction du logis XVe. Il date évidemment de l’époque ou l’aile été construite, au XVIe siècle

Côté extérieur, on voit très bien cette porte sous un linteau en bois.

Charpente du logis principal

La charpente du principal corps de logis est tout à fait caractéristique des ouvrages de la fin du XVe siècle. Elle reproduit le système des chevrons formant ferme. Il existe aussi deux maîtresses fermes : une
devant chaque pignon. Par maîtresse ferme, il faut entendre une ferme composée de deux chevrons et un entrait – comme les autres – plus un tirant placé à 60 cm du sol et un poinçon montant de fond, au sommet duquel est assemblé la sous faîtière.


La numérotation en chiffres romains de la charpente commence à l’Est, les chiffres de droite (en I) au sud et les chiffres gauche (en Y) au nord. La numérotation n’est appliquée que sur les extrémités des entraits
et en face sur le chevron. Elle n’est pas répétée en bas des chevrons, mais on la trouve également sur les jambettes. D’ailleurs, cela permet de voir que beaucoup de jambettes ont été remplacées.
La maîtresse ferme Est n’est pas numérotée, le I est appliqué à la ferme qui suit.
Les entraits sont à 4,80 m au-dessus du sol. Les chevrons ont 13 cm d’équarrissage. Leur entraxe est de 66 cm en moyenne. C’est-à-dire qu’il y a trois chevrons sous latte. La pente de la toiture atteint 58 ° tant au nord qu’au sud.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Les caves de la Chevallerie – Etat des lieux à l’acquisition

Il existe deux caves à la Chevallerie. La première se situe sous l’aile Est du XVIe siècle. La seconde sous le principal bâtiment du XVe siècle.

La cave du XVIe siècle

La première cave est située sous la chambre XVIe de l’aile Est. On y entre par une porte encadrée de calcaire de Soulitré avec un arc segmentaire appareillé. La porte ouverte, on descend des marches
disposées dans l’épaisseur des murs.

Le sol est en terre battue. Les gros murs de maçonnerie qui l’entourent portent une voûte appareillée en tuffeau de petit appareil formant un berceau en plein-cintre un peu surbaissé orienté dans le sens nord/sud. La hauteur du mur à la naissance de la voûte atteinte 1 m. La hauteur sous clef est de 2,20 m.

La cave voûtée du XVIe siècle

Du côté ouest, une lunette est pratiquée dans la voûte. Elle couvre la porte de la cave suivante.

La cave du XVe siècle

Sous la chambre ouest du logis du XVe siècle il existe une seconde cave. Le sol est de terre battue. Des murs de maçonnerie entourent l’espace.

La cave du XVe siècle

Le mur nord est aveugle. Un massif de maçonnerie y a été construit sous la pile du rez-de-chaussée (Cette pile du rez-de-chaussée a été ajoutée à une époque inconnue pour soutenir l’extrémité de la poutre de la chambre.)
Au milieu de la cave, un mur orienté nord/sud, percé de trois arcades, le tout en maçonnerie et les arcades coulées par banchage, semblent remonter à l’origine de la construction. Le mur sépare la cave en
deux travées.
Le mur sud est percé de trois aérations sous arc de décharge, deux sur la travée Est, un sur la travée ouest (la tour d’escalier empêche d’en ouvrir une seconde).
La porte entre les deux caves est assez large pour l’entrée des tonneaux : 1,10 m. Cette porte présente un cadre chanfreiné à l’aplomb du pignon Est. On y voit encore, côté nord, l’emplacement des gonds d’origine (des gonds 1900 ont été mis côté sud). Ces dispositions montrent que cette porte a été à une époque l’entrée primitive de la cave, lorsque l’aile du XVIe siècle n’existait pas.
Le mur ouest est plein sauf à l’extrémité nord où se trouve une porte. Son cadre en tuffeau est chanfreiné (avec congé) du côté ouest. L’ébrasement se trouve par conséquent du côté Est. Le vantail a disparu.


La porte donne communication au petit escalier de pierre qui monte jusqu’à la trappe située l’angle nord-est de la salle.

L’ancien plancher supérieur formait deux travées de solives portées au milieu non par une poutre mais par le mur percé de trois arcades. Le plancher d’origine a été démoli et une chape de béton y a été coulée à la place.

dans l’image ci dessus on voit la plancher béton de la pièce du haut mais aussi un corbeau. Il n’y a pas d’explication donnée à cette pierre actuellement. Peut être juste un réemploi.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Le four à pain – Etat des lieux à l’acquisition

Au pignon ouest du principal corps de logis s’appuie un four à pain de construction traditionnelle en maçonnerie de moellons et couvert d’un toit dont la charpente de peuplier est portée par une maçonnerie datée de
1903.

L’existence du four à pain sur le pignon ouest ne remonte certainement pas à l’origine de la construction, mais elle est attestée à la fin du XVIIIe siècle par la visite et montrée de l’an 2. Antérieurement à 1903, le four était couvert par une toiture en appentis dont on voit le solin sur le pignon ouest du corps de logis.

Salon du premier – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre Est du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Salon » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. .

Dimensions

La profondeur du corps de logis au premier étage est d’environ 6,75 m, sa largeur atteint 6,28 m ou 6,13 m du côté nord. ce qui donne au total une superficie de 42 m². Le retrait des murs qui sert à porter la poutraison et le solivage aboutit ici aussi à des dimensions nettement plus importantes au premier étage qu’au rez-de-chaussée où la pièce ne dépasse pas 38 m².

Pavage

Le sol conserve son carrelage d’origine, constitué de rangées de pavés de 13 cm parallèles aux façades, autrement dit perpendiculaires au sens principal de circulation. De rares pavés estampés de fleurs de lys
sont clairsemés dans les lignes.

Fenêtre

L’ouverture est un peu plus grande que celle du rez-de-chaussée.

Le cadre extérieur est en calcaire semi dur de Nuillé. Côté chambre, l’ébrasement est encadré de tuffeau avec un couvrement en arc segmentaire. L’évasement est assez prononcé puisque l’ouverture de l’ébrasement atteint 1,85 m.

A la feuillure qui sert à placer les vantaux, l’arrête haute et basse est chanfreinée. Sur les parois de l’évasement, en haut, on voit des traces de faux joints peints au pinceau, et davantage encore sur l’intrados de l’arc segmentaire où les faux joints recouvrent les vrais joints.

Joints peints de l’arrière-voussure de la fenêtre de la chambre Est

Des portions de vantaux anciens restent en place dans le haut de la fenêtre, mais il ne s’agit sûrement pas des vantaux d’origine. D’ailleurs, ils sont remontés dans un autre sens et conservent d’un côté seulement leur équerrage en fer découpé du XVe. D’origine, par contre, il reste les huit petits gonds dans la feuillure pour des ouvrants manifestement prévus pour être sans châssis dormant. La plaque de fer qui reste au milieu du meneau, destinée à serrer les pênes des targettes, confirme que les fenêtres de la Chevalerie n’avaient pas de châssis dormants.

Portes

Porte sur escalier

L’ouverture de la porte mesure 80 cm de large sur 1,80 m de haut, sur un seuil refait au XVIIIe siècle en bois et en pavés de 21 cm.
Le cadre de l’ébrasement est appareillé en tuffeau. Toutefois, le montant de droite correspond au mur de refend. Le couvrement est en arc segmentaire.

Il n’y a plus de vantail ancien ici. On remarque cependant les gonds d’origine qui faisaient pivoter la porte vers l’intérieur de la chambre contre le mur de refend. En face, dans l’ébrasement gauche, il reste quelques traces de fer pour tenir le pêne de la serrure du XVe.

Autour du battement de cette porte, on perçoit encore fort bien les traces d’une structure d’ostevent : une gorge verticale creusée dans le montant de gauche de l’ébrasement, une autre saignée verticale (aujourd’hui bouchée) dans le mur de refend. Par ailleurs, l’observation de l’enduit fait voir, sur le mur de refend, des faux joints qui ne sont pas alignés avec ceux de la chambre, preuve que l’espace autour de la porte était clos, distinct du reste de la chambre. Preuve aussi que l’application des faux joints date d’une époque où l’ostevent était en place.

Porte Nord

L’ouverture de la porte mesure 69 cm sur 1,70 m de haut. Elle se situe au plus près de l’angle formé par le mur de refend. Le cadre est entièrement en tuffeau, avec les arêtes chanfreinées et l’on voit encore le congé, en bas, même s’il est fort usé. Le vantail ancien a disparu.

Porte vers l’aile Est

Située au plus près de l’angle formé avec le mur sud, l’ouverture mesurait à l’origine 70 cm de large sur 1,80 m de haut. Son cadre en tuffeau, aux arêtes chanfreinées, avec congé en bas se voit encore. Le linteau appareillé reste presqu’entier. La porte a été transformée lorsque l’étage de l’aile Est a été supprimé. La construction de la toiture nouvelle a rendu l’accès difficile par la porte d’origine. Les transformateurs ont construit un nouveau montant de porte à gauche, en tuffeau, avec un évasement en biais vers la partie plus haute du comble. En même temps, un linteau en bois a été calé sous celui du XVe siècle. Le montant de droite du cadre du XVe siècle est parfaitement conservé avec son chanfrein et son congé en parfait état. Le vantail n’est pas ancien. Un autre vantail avait été fixé à l’époque de la transformation de la porte, sur des gonds fichés dans le montant de droite du cadre XVe.
Toute la maçonnerie entre la porte et la cheminée a été refaite lors de ces transformations, au XVIIIe ou au début du XIXe siècle.

Murs

Mur Nord

Mesuré dans la chambre ouest, on a vu que le mur de façade nord a une épaisseur de 77 cm.

Le mur de moellons est recouvert d’un enduit épais, lisse, plat, blanchi et décoré de faux joints de coupe de pierre, encore bien visibles en haut du mur. Ces traits horizontaux et verticaux dessinent des fausses assises de 32 cm de haut, en parfaite continuité avec les faux joints du mur ouest.
Toute une partie du mur, à l’Est de la poutre, a été renduite suite à des dégâts des eaux provenant de la noue de la toiture.

Mur Nord et Est

Mur Est

Le pignon Est peut être mesuré dans à la porte qui s’ouvre sur l’aile Est. Son épaisseur est de 86 cm.

Construit en moellons, il est recouvert d’un enduit épais, lisse, plat, blanchi et décoré d’un faux appareil par des joints de peinture blanche très bien conservés sur toute la surface, mais pas sur le manteau de la
cheminée.

Mur Ouest

Calculée par soustraction, l’épaisseur du mur atteint 39 cm.

La maçonnerie du mur de refend n’est pas liée aux façades sud et nord. Cependant c’est bien ce mur qui sert à porter l’extrémité des solives. Il est donc nécessairement contemporain de la construction du logis. Bâti en moellons, il est recouvert d’un enduit épais, de couleur ocre, lisse, plat, blanchi et décoré de faux joints d’appareil, décor très bien conservé en partie haute du mur. Les joints sont d’une largeur de 13 mm et délimitent des assises de 32 cm. Ils sont continus avec ceux du mur nord. L’ostevent laisse une empreinte en léger creux, situé à 1,00 du mur sud).

Cheminée

La cheminée du XVe siècle reste en place, avec cependant d’importantes lacunes. Le foyer mesure 1,55 m de large et 1,65 m de haut. Elle est entièrement construite en tuffeau.

Les jambages sont en forme de colonnes engagées cantonnées de gorges, avec des bases élargies. Le corbeau prend la forme usuelle des cheminées de cette époque, avec un pan coupé surmonté d’un bourrelet. Il ne reste du linteau que les deux sommiers qui montrent qu’il n’existait qu’un seul corps de moulures, celui qui séparait le linteau et la hotte.
L’arrête inférieure est décorée seulement d’un chanfrein. Au-dessus, la hotte est de forme tronconique et entièrement en maçonnerie enduite (mais sans faux-joints). Il existait sûrement un arc de décharge en pierre de taille.

Comme au rez-de-chaussée, la cheminée est décentrée vers le sud (entre le mur nord et la cheminée il y a 3,60 m ; entre la cheminée et la façade sud il y a 85 m). L’ensemble de la cheminée se caractérise par un retour en biais vers le mur pignon, un épaulement qui renforce sa solidité.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

La dépense Ouest du rez-de-chaussée – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « dépense Ouest du rez de chaussée » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Sous latrine » dans les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine, les actuelles toilettes se situent au nord du bâtiment principal, la partie la plus à l’Ouest.

Aménagée au rez-de-chaussée du petit pavillon ouest, la dépense se situe au-dessous des latrines du premier étage. Pour les mêmes raisons que celles exposées au paragraphe relatif à la dépense Est, ce rez-de-chaussée n’a pas pu contenir de siège d’aisance : le conduit des latrines de l’étage ne peut pas servir en même temps au rez-de-chaussée : si l’on y pratiquait une ouverture, les odeurs reflueraient dans la pièce du bas. Et le conduit occupe toute la largeur du mur.

La dépense n’était plus accessible depuis la garde-robe, comme c’était le cas à l’origine. On y entre depuis le début du XIXe siècle par une porte extérieure entourée de briques doubles. Depuis cette époque, elle a été transformée en poulailler.

Sous latrine

Le mur sud est construit en moellons, couvert d’un enduit épais et lisse et blanchi d’origine.

Cet enduit est continu avec celui du mur Est et celui des entrevous. Ce qui montre que tout cet ensemble remonte manifestement à l’origine de la construction.

A 50 cm environ du mur ouest, des pierres sont fichées dans le mur sud de part en part. Elles servaient à tenir une cloison en maçonnerie d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur.

Derrière cette cloison aujourd’hui démolie, la partie de mur qui va jusqu’à l’angle est en moellons
avec un enduit dégrossi non blanchi. Cet enduit se poursuit sur tout le mur ouest. Il s’agit du conduit d’une descente de latrines d’un pied de large sur toute la longueur que fait le mur ouest.

Pour être plus précis, le mur sud est enduit et blanchi sur une largeur de 1,55 m, puis se trouvent les pierres fichées en mur correspondant à la cloison de maçonnerie de 17 cm d’épaisseur démolie, puis 33 cm de mur recouvert d’un enduit dégrossi.

Fait confirmatif qu’on se trouve en présence d’un conduit de latrines, dans la partie de mur recouvert de l’enduit dégrossi il n’existe pas de trou de solive. Par ailleurs, l’enduit lisse et blanchi faisait retour sur la cloison disparue (il reste des petits morceaux de ces retours). Par conséquent tout cet aménagement remonte bien à l’origine.

Fenêtre

Le mur nord se présente exactement comme celui du sud. Sur 1,55 m de large, il est recouvert d’un enduit épais, lissé et blanchi. Puis on observe la même cloison disparue avec ses pierres fichées dans le mur.
Enfin, les 33 cm de large restant sont enduits d’un simple dégrossi, ce qui correspond au tuyau des latrines. Ajoutons que de ce côté la cloison disparue laisse une ligne en creux sur le cadre de l’ébrasement de la fenêtre.


L’ouverture mesure 29 cm de large sur 50 de haut. Elle est percée en haut d’une allège de 2 m environ de haut. Côté extérieur, le cadre est en calcaire oolithique entièrement décoré d’une arête chanfreinée. Rebord et linteau sont monolithes et conservent les trous où se plaçaient les barres de fer de protection.


L’ébrasement intérieur est encadré de tuffeau et couvert d’un arc segmentaire. Tout autour de cet ébrasement, l’enduit est continu avec celui des autres murs et du plafond, ce qui prouve que rien n’a jamais été retouché.

La porte

Sur le mur Ouest Elevé en moellons, L’ouverture de la porte donnant dans la garde-robe ouest mesure 58 cm de large sur 1,80 m de haut. Le vantail s’ouvrait côté dépense sur le mur sud, car dans l’ébrasement de gauche on voit le trou pour le pêne de la serrure, aujourd’hui rempli de bois. Les gonds se trouvaient donc sur l’ébrasement de droite.

Pour voir ce qu’il se passe de l’autre côté à ce moment là cliquez sur l’image ci dessous :

la porte est derrière le robinet

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés