Au mois de décembre petite visite à la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie pour consulter les dossiers administratifs d’établissement des parties inscrites et classées du monument.
D’après les quelques images qui avait été publiées récemment sur le site Mérimée je savais qu’un nombre inconnu de photographies devaient y être accessibles également.
L’arrêté du 24/071986 portant inscription du manoir et des ses dépendances sur l’inventaire supplémentaire (Classés) des monuments historiques pour
le corps du logis dans sa totalité
le portail d’entrée au sud-est avec la tour voisine
L’arrêté du 19 décembre 1985 sur l’inscription en totalité
Le dossier de domanialité
le dossier de recensement avec :
Les demandes d’avis en vue des commissions des monuments historiques
Les procès verbaux des commissions
Les photos plans et cadastres qui ont été pris pour les différentes commissions.
J’ai pu faire rectifier preuve à l’appui ce qui est inscrit sur le site Mérimée pour la notice du manoir.
En effet, le texte figurant avant sur la notice PA00109934 comportait une erreur :
Précision sur la protection de l’édifice :
Corps de logis et portail d’entrée au sud-est, avec la tour voisine (cad. A 457) : classement par arrêté du 24 juillet 1986 ; Le manoir et ses dépendances à l’exception des parties classées : inscription par arrêté du 24 juillet 1986
En effet, sur l’arrêté ministériel il est mentionné :
Précision sur la protection de l’édifice :
Corps de logis, en totalité et portail d’entrée au sud-est, avec la tour voisine (cad. A 457) : classement par arrêté du 24 juillet 1986 ; Le manoir et ses dépendances à l’exception des parties classées : inscription par arrêté du 24 juillet 1986
Un petit détail qui change tout et qui permet de lever des doutes dans nos communication avec la DRAC, la région et le département quand on évoque les travaux sur les Ailes Nord et Est du Corps de logis.
Les clichés
Les clichés sont très intéressants et ont été établis pour l’inventaire en 1973.
On y retrouve des plan d’ensemble que nous ne connaissions pas
Vue depuis l’ouestAile Est depuis le Nordvue d’ensemble depuis l’entrée du cheminle portail et la tour classés
Des détails.
La tour effondrée sans les
de belles photo de la tour effondrée avant la mise en pace des toles.
Des éléments insolites.
Tas de pierre de la tour
détail intéressant sur les pierres
Ces éléments ainsi que les pierres déjà retrouvées permettront d’enrichir les projections de la forme originelle des sculptures autour de la porte d’entrée.
Il y avait déjà eu beaucoup de débats à ce sujet. Sans jeu de mot, ce sont de nouvelles pierres apportées à la réflexion. Peut être encore un prochain chantier…
Ci-dessous, l’usage pratico-pratique du premier étage du logis et des combles comme entrepôt de grains et foin.
Quelques comparaisons.
la restauration de la chambre à la colonneLa restauration de la tour d’escalierLa restauration de l’aile Est qui se poursuit.
Tout le côté sud de la cour est clos par un grand corps de dépendances qui abrite trois étables autour d’une grange, l’ensemble paraissant fort ancien. Le bâtiment rectangulaire est autonome et paraît construit d’un seul jet. Il mesure au total hors œuvre : 25 m de long sur 10 m de large.
Le plus ancien document qui donne quelques explications sur le grand corps de bâtiment de dépendance se trouve dans le minutier d’un des notaires de Saint Calais. Il s’agit de la visite et montrée de la Chevalerie, rédigée le 16 ventôse de l’an 2. Le document ne décrit pas le bâtiment pour lui-même mais il dresse la liste des réparations à effectuer, pièce après pièce. Voici la liste des prescriptions de l’expert :
« Que dans la grange, il y a autour des murs une toise de renduit à faire à chaux et à sable, estimé 3 livres ; Que le cinats qui est sur la batterie est composé de perches qui appartiennent au fermier ; Que dans l’écurie d’à côté de ladite grange il y a trois toises d’enduit à refaire à chaux et à sable estimé œuvre et matière 9 livres ; Que la porte de ladite écurie est en passable état et garnie de ses pentes et gonds ; Que la crèche de ladite écurie est à recharger pourquoi il a taxé 3 livres ; Que dans une autre écurie au bout de ladite grange il y a quatre toises de renduit à refaire à chaux et à sable, estimé 12 livres ; Que la crèche de ladite écurie est à recharger pourquoi a taxé 3 livres ; Que la porte de ladite écurie est garnie de ses pentes et gonds et en passable état ; Que dans l’écurie servant de bergerie il y a une demi-toise d’enduit à refaire estimé 30 sols ; Que les planchers desdites écuries sont en passable état ; Que toutes les crèches, râteliers appartiennent aux fermiers »
Pour résumer ce bâiment, on peut dire qu’il se compose d’une grange au centre et d’une écurie de chaque côté, avec une bergerie au bout. Cette disposition générale n’a pas varié depuis, puisque l’on trouve toujours une grange flaquée du côté ouest d’une étable et du côté Est de deux étables successives
Le grand corps de dépendance sud. A gauche plan cadastral de 1829. A droite plan voyer de 1838
Balade à l’extérieur du bâtiment
Dans cet article on se contentera d’un aperçu extérieur de l’ensemble du bâtiment.
Chaque pièce sera détaillée dans des articles dédiés.
Le pignon Est
Le pignon Est présente une maçonnerie particulière de moellons cassés dans un grès de couleur un peu ocre jaune disposés en tous sens dans un mortier de chaux et de sable fin de couleur ocre. Le pignon paraît totalement indépendant de la maçonnerie du mur de clôture de la cour où s’ouvre le portail.
On n’y trouve aucune ouverture ancienne, seulement une porte donnant dans le grenier qui n’a été percée qu’à la fin du XIXe siècle, comme le montre le cadre en grosses briques avec rebord et linteau en bois et la reprise d’enduit tout autour. D’ailleurs, cette reprise d’enduit prouve bien que le pignon est de construction ancienne, antérieure aux travaux d’aménagements du XIXe siècle.
On remarque aussi la reprise des murs sur la rive du pignon, notamment autour des extrémités des pannes, ce qui montre que la toiture a été reconstruite, ce que l’étude du comble confirme (voir plus bas). Ces reprises sont faites en maçonnerie traditionnelle au mortier de chaux et sable. Elles datent vraisemblablement du XIXe siècle (comme la porte d’entrée du grenier).
La façade nord
La façade nord est la plus ouverte. Comme elle a été constamment modifiée, sa lecture est devenue assez complexe. Voici comment on peut analyser son évolution.
Le grand corps de dépendance sud, façade nord
A l’origine, la maçonnerie est faite de moellons de grès cassés posés en tous sens, sans soin, avec un mortier de chaux et sable tamisé de couleur ocre rouge, comme sur le pignon Est. Les ouvertures les plus anciennes sont encadrées de tuffeau avec des arêtes chanfreinées. Mais on en voit aussi une en grès roussard. Ce sont les seules types de pierre de taille employés sur ce bâtiment à l’origine. On n’y trouve aucun calcaire oolithique tandis que c’est la seule pierre de taille utilisée sur le principal logis d’habitation. Par conséquent, ce corps de dépendance ne paraît pas contemporain du principal logis. Au contraire, le tuffeau et le grès roussard sont également les deux seuls types de pierre de taille employés sur la tour, près du grand portail. Ce qui laisse penser que le maître d’œuvre a été le même. Autrement dit, l’emploi du roussard et du tuffeau fait penser à une campagne de construction contemporaine de la tour de flanquement et de la muraille du grand portail d’entrée. C’est une campagne de travaux non représentée sur l’habitation.
Les murs ont été plusieurs partiellement ré-enduits, repercés, et parfois même la maçonnerie elle-même a été reconstruite.
La partie haute de la dépendance, notamment, a été entièrement reconstruite : tout le haut du mur a été relevé de quelques dizaines de centimètres, ce qui se lit parfaitement dans la maçonnerie, et la charpente a été elle-même reconstruite en même temps, c’est-à-dire au XIXe siècle.
La hauteur primitive de la façade reste marquée par un bandeau blanchi à la chaux encore très visible sur toute la moitié de droite de la façade et qui fait aussi penser au bandeau qui souligne la corniche de la tour
Le haut du mur, à droite de la grange, façade nord
Le haut du mur, à droite de la grange, façade nord La partie haute a été surélevée au XIXe siècle. Au-dessous de la surélévation, on observe encore des traces du bandeau d’origine, réalisé au lait de chaux sur l’enduit, comme sur le tour de flanquement. Ce bandeau marque la hauteur primitive de l’élévation de la dépendance.
Ecurie Est
L’écurie la plus à l’Est s’ouvre primitivement sur la cour par une porte et un jour à côté.
Extrémité Est de la grande dépendance, façade nord : ouvertures de l’écurie Est
Fenêtre de l’écurie Est
Le jour d’une cinquantaine de centimètre de large est entouré d’un cadre de tuffeau équarri, non chanfreiné. Ont voit qu’à l’intérieur l’ébrasement est en maçonnerie principalement de briques fines, avec un rebord et un linteau en bois, typique du XVIIIe siècle. C’est donc la date qu’il faut assigner à ce jour
Porte de l’écurie Est
La porte a une largeur de 115 cm. Elle était entourée d’un cadre tout en tuffeau chanfreiné dont il ne reste plus que le linteau aux arêtes très usées, avec un dessin d’accolade gravé sur le linteau encore perceptible. Au-dessus du linteau, l’arc de décharge est appareillé en tuffeau. Les piédroits ont été remplacés par des briques d’un côté et des moellons montés au ciment de l’autre.
Porte de l’écurie Est : détail du linteau avec les vestiges d’une accolade au milieu
Tout le haut de cette baie est encore entouré de maçonnerie au mortier ocre d’origine mais avec de très nombreuses reprises d’enduit. Il s’agit donc d’une ouverture d’origine (l’étude intérieure le confirme).
Extrémités des poutres
L’écurie Est possède aujourd’hui deux poutres. Mais on voit que leur extrémité apparaît sur la façade nord : l’une est alignée avec la façade et l’autre dépasse même un peu vers l’extérieur. Ce n’est pas une manière de construire traditionnelle. Du reste, on voit que l’enduit a été refait tout autour de l’extrémité des poutres. Tous ces indices montrent que ces poutres ont été posées tardivement, et que pour les poser, les charpentiers ont creusé deux trous par lesquels ils les ont enfilées. D’ailleurs, on retrouve ces caractéristiques sur la façade sud.
Ecurie joignant la grange
Il existait une deuxième écurie, entre l’écurie Est et la grange. Il en reste encore un jour et une porte d’entrée. Mais comme l’aménagement intérieur de la dépendance a été totalement réorganisé au XIXe siècle, le jour se trouve aujourd’hui dans la première écurie et la porte (murée) dans la grange. Ces deux ouvertures éclairaient l’écurie que l’on peut qualifier du milieu.
Jour de l’écurie du milieu
Le jour de l’écurie du milieu mesure 41 cm de large. Il est entouré d’un cadre de tuffeau équarri et non chanfreiné, comme celui de la première écurie. On remarque d’ailleurs que l’enduit est rapporté tout autour. A l’intérieur, son ébrasement est entouré de montants en maçonnerie de briques, d’un rebord et d’un linteau en bois, typiques du XVIIIe siècle. C’est donc la date qu’il faut assigner au percement de ce jour.
Ecurie du milieu : le jour et la porte d’entrée murée
Porte de l’écurie du milieu
La porte de l’écurie du milieu est aujourd’hui murée. Sa largeur était de 96 cm et sa hauteur de 190. Elle était entourée d’un cadre en tuffeau chanfreiné dont il reste encore tout le linteau et les piédroits du haut. Quant aux piédroits du bas, on ignore s’ils étaient également en tuffeau ou en pierre dure. Le linteau et l’arc de décharge appareillé en tuffeau au-dessus ressemblent en tous points à celui de la porte de l’écurie Est. Tout autour on retrouve la maçonnerie d’origine de moellons de grès cassé montés au mortier de sable fin et ocre rouge.
Comme la porte de la première écurie, il s’agit donc d’une ouverture d’origine (l’étude intérieure le confirme).
Jour entouré de bois
A droite de la porte qui vient d’être étudiée se trouve la trace d’un jour entouré de planches de bois, mais rebouché depuis longtemps. Il ne remonte probablement pas à l’origine de la construction.
La grange
La grange, ainsi que l’écurie qui précède, occupe à peu près le milieu du corps de dépendance. Cette situation est d’ailleurs attestée par la visite et montrée de l’an 4. Sur la façade, la grange s’annonce par sa grande porte qui permet d’entrer avec des charrettes chargées de paille ou de foin.
La porte de la grange
La porte de la grange mesure 2,82 m de large et 3,42 m de haut. Il suffit d’observer l’enduit tout autour pour s’apercevoir qu’il s’agit d’une reconstruction plus récente que le mur de façade d’origine. En effet, cet enduit est contemporain de la construction de la porte mais il diffère radicalement de celui d’origine.
Pour construire les jambages de la porte, deux matériaux sont employés : le grès roussard en partie basse (sur 2,15 de haut), puis du tuffeau (jusqu’en haut). Le principe est bon : pierre dure au plus près du sol, pierre tendre à l’endroit le moins fragile.
Une autre différence oppose les deux matériaux mis en œuvre : le roussard a son arête chanfreinée mais pas le tuffeau. Ce qui signifie clairement que le roussard est le remploi d’une ouverture ancienne et le tuffeau ajouté. Les piédroits de roussard proviennent d’une ouverture ancienne, c’est-à-dire que leur emplacement actuel n’est pas celui d’origine. Comme tous les piédroits (tant de roussard que de tuffeau) sont appareillés de la même façon, dans le mur de façade, il apparaît qu’ils ont été montés ensemble, dans la même campagne de travaux. L’arête chanfreinée des piédroits de roussard permet de dater leur taille du XVe ou du XVIe siècle, tandis que l’ouverture actuelle date tout au plus du XVIIIe siècle, voir du XIXe. L’ouverture est couverte par un long linteau en chêne qui date nécessairement de l’époque où la façade a été surélevée (XIXe siècle).
Dans ce linteau, on observe des trous ronds destinés à faire entrer l’axe de la porte de grange. Tout en bas, au droit de ces trous, on aperçoit encore des socles de grès qui ont servi à recevoir un axe en fer. Mais ces dispositions ont changé depuis. La porte pivote aujourd’hui sur des axes situés sur le même plan que la façade.
L’écurie ouest
A l’extrémité occidentale du grand corps de dépendance se trouve une troisième écurie dont l’existence est attestée par l’état des lieux de l’an 2.
Mais depuis cette date, elle a été considérablement transformée. On ne mentionne pas ici les jours très tardifs (vers 1900 ?) percés en hauteur du mur et entourés de grosses briques violettes et d’un linteau en bois.
La porte de l’écurie ouest
A l’extrémité ouest de la façade, on trouve deux dernières ouvertures donnant dans l’écurie la plus à l’ouest. Tout d’abord une porte d’écurie, large de 113 cm, cernée de grosses briques du XIXe siècle, et tout autour un enduit refait et bien différent de celui d’origine. Signalons ici rapidement les jours XIXe percés en hauteur du mur de part et d’autre de la porte et entourés de grosses briques violettes et d’un linteau en bois.
Le jour à droite de la porte d’écurie
Plus à droite encore, il existe un jour entouré de tuffeau et de briques fines anciennes. Le cadre et l’enduit qui a été fait autour en même temps, sont à peu près identiques aux jours encadrés de tuffeau qui servent d’aération à l’écurie orientale et à l’écurie du milieu. Ces trois jours paraissent remonter au XVIIIe siècle. Entre la porte du XIXe et cette petite fenêtre on aperçoit dans le mur des blocs de roussard taillés. Mais ils ne dessinent aucun cadre d’ouverture et d’ailleurs, côté intérieur, on ne voit aucune trace d’ouverture. Il s’agit manifestement de remploi de pierre lors d’une reconstruction partielle de ce bout de mur de façade.
A droite de la porte d’entrée du XIXe siècle (encadrée de grosses briques), on aperçoit des blocs de roussard : ils ne forment pas une arête continue et ne peuvent pas constituer un vestige d’ouverture. Les trois blocs de pierre blanche à droite sont alignés mais ne correspondent pas à une ouverture. A droite encore, on voit un jour encadré de tuffeau et de briques fines anciennes qui paraît remonter au XVIIIe siècle.
Le pignon ouest
Le pignon ouest est construit comme le reste des murs en maçonnerie de moellons au mortier de chaux. On y observe trois éléments particuliers :
Le contrefort de maçonnerie qui s’appuie à peu près en son milieu ;
La porte d’entrée percée dans l’angle nord-ouest ;
L’angle sudouest qui se détache de la maçonnerie du pignon.
Le contrefort
L’énorme contrefort a été ajouté postérieurement à la construction du grand corps de dépendance. En effet, il vient s’appliquer contre le pignon : les maçonneries ne sont pas liées. On y trouve des blocs de grès de Bouloire, une pierre dure très différente des autres pierres utilisées dans ce bâtiment, par conséquent d’une autre époque. Ce contrefort existe déjà sur le plan cadastral de 1829
L’ancienne porte d’entrée située contre l’angle nord-ouest est encadrée de grès roussard. L’entrepreneur a préféré le grès pour l’exposition ouest, sujette à la pluie et au soleil, réservant le tuffeau aux portes de la façade nord. Ce qui reste de cette porte d’angle permet de connaître sa hauteur : 1,70 m, tout à fait convenable pour une étable et pour des domestiques, mais trop faible pour des seigneurs. Mais pas sa largeur car il ne reste qu’une seule des pierres qui constituait le linteau appareillé. Les montants et la pierre du linteau sont chanfreinés avec un congé en bas, sur la base des piédroits. On retrouve ainsi les mêmes caractéristiques de taille de pierre sur ce cadre de roussard que sur la fenêtre de la tour de flanquement. C’est un indice supplémentaire qui milite pour une datation commune. Les caractéristiques de cette ouverture de roussard – particulièrement le chanfrein et le congé – peuvent servir pour restaurer les cadres très usés en tuffeau des portes de la façade nord.
Comme cette porte s’ouvre sur un niveau très inférieur aux autres écuries de ce corps de bâtiment, il paraît que l’extrémité sud ne devait être accessible que par le pignon ouest et devait se trouve plus bas que les autres pièces de ce corps de logis.
On le verra très probablement dans de futurs travaux.
L’angle sud
L’angle sud se détache du reste de la maçonnerie du pignon. C’est un mouvement de sol, sans doute, qui occasionne cette avarie.
La façade sud
La façade sud de ce grand corps de bâtiment est fort peu ouverte. Rien d’étonnant à cela d’ailleurs, puisqu’elle donne sur l’extérieur de la clôture. Le principe même de l’enceinte, de la clôture signifie que les murs sont fermés du côté extérieur. Il existe une unique ouverture ancienne – d’origine – et quelques percements ultérieurs.
Fenêtre ancienne de l’écurie Est
La seule ouverture d’origine de cette façade est une fenêtre éclairant l’écurie Est. Sa facture est de même type que les portes d’écuries qui donnent du côté nord : un cadre en tuffeau avec une arête chanfreinée. Le rebord a cependant été démoli. On trouve encore tout autour le mortier d’origine fait au sable fin et de couleur ocre. Mais l’arc de décharge au-dessus a disparu, car un jour supplémentaire a été créé au XVIIIe siècle. Il est encadré de tuffeau à l’extérieur et un enduit différent de celui d’origine l’entoure depuis son percement. Côté intérieur il est cerné de briques fines et d’un rebord et d’un linteau en bois. Il a donc les mêmes caractères que les jours percés au XVIIIe siècle côté nord.
fenêtre de l’écurie Est, façade sud. Elle a perdu son arc de décharge (remplacé par un jour au XVIIIe siècle) et son rebord. De part et d’autre, les extrémités des poutres rapportées au XIXe siècle.
Extrémités des poutres de l’écurie Est
De chaque côté de cette fenêtre, on voit les extrémités des deux poutres qui portent le plancher de l’écurie Est. Comme sur la façade nord, on voit que ces deux poutres affleurent et qu’il existe une reprise d’enduit tout autour. C’est une preuve supplémentaire que les poutres ont été rentrées tardivement dans ce bâtiment en les faisant pénétrer par des trous percés dans les façades.
Jours du XIXe siècle
Il existe plusieurs jours percés en hauteur au XIXe siècle et encadrés de briques violettes et de linteaux en bois.
Partie de mur reconstruite
Au milieu de la façade sud, on remarque une partie de mur entièrement reconstruite en maçonnerie de moellons non plus de grès cassé mais ramassés à la surface des champs. Cette partie de façade (qui correspond à la grange) comprend à l’arrière deux montants de tuffeau, l’un élevés comme un piédroit d’ouverture, l’autre comme un chaînage (voir article intérieur). Ces empilements de tuffeau ne correspondent à aucune ouverture visible en façade.
Porte de la grange
Plus à gauche s’ouvre la grande porte de la grange (2 m de large), percée en face de celle qui donne sur la cour. Elle est de construction contemporaine à cette dernière, sans doute du XIXe siècle. On remarque la reprise d’enduit tout autour.
Façade sud, porte de la grange. A gauche en bas, une pierre de roussard servant à l’écoulement du purin d’une écurie. A droite partie de mur reconstruite.
Jour de l’écurie ouest
A l’extrémité ouest de la façade, on trouve une dernière petite fenêtre d’écurie identique à toutes celles déjà observées et qui datent du XVIIIe siècle.
Extrémité ouest de la façade sud : un jour du XVIIIe encadré de tuffeau mais muré donnait dans l’écurie ouest. Au-dessus jours du XIXe encadrés de brique.
La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés
La tour contemporaine du portail d’entrée. Le mur écran (dans lequel s’ouvre le portail) est contemporain de la tourelle qui le ponctue au nord. Celle-ci est conservée mais on y voit de nombreuses modifications, parfois de détail, parfois importantes.
Un peu de travail de recolorisation sur les images en noir et blanc.
Cet article vise à recenser les vieilles images de la tour de logis du manoir et d’en faire une frise chronologique jusqu’à la veille du chantier de rénovation.
Il sera suivi de l’habituel article sur son état des lieux à l’acquisision du manoir et de différents articles concernant le gros chantier de sa rénovation.
1916
1923
1927
1950
1954
Cette année là, dans la nuit qui a suivi une dure journée à monter des sacs de grains dans les combles la moitié ouest de la tour s’effondra dans un grand fracas.
On peut voir dans les photos précédentes les lézardes annonciatrices du désastre sur plusieurs des faces les plus à l’ouest de la tour octogonale.
ci-dessous une image prise peu de temps après.
31/01/1981
1986
Inscription du manoir au titre des Monuments Historiques de France. La tour est stabilisée par des échafaudages et la partie effondrée recouverte de tôles protectrices. L’ensemble est ainsi figé et stabilisé pour les prochaines décennies.
12/2011
2012
2014
2020
2021
On ne divulgâchera pas ici les images suivantes de la tour. Plusieurs articles seront consacrés au gros chantier de la rénovation de la tour très prochainement.
On trouve dans l’étude historique du manoir de la Chevalerie rédigé au Mans par Damien Castel, 4ème trimestre 2014 des références quant à l’utilisation des pavés.
Pour revêtir les sols de toutes les pièces du château, des pavés de terre cuite sont posés sur une chape de chaux et sable. On trouve une illustration de cette règle dans le marché de construction de Bonnétable en 1480 :
« paver tout ledit logis et court dudit chasteau ».
Toutes les expertises de maisons seigneuriales des environs mentionnent ces pavages. Par exemple au Vieux Lavardin (abandonné depuis le début du XVIe siècle), dans un document de 1743 :
« Dans la salle l’aire est de petits carreaux de terre cuite ».
« Dans le petit réduit, L’aire est de petits carreaux de terre cuite ».
« Dans la chambre au-dessus de la salle, l’aire est pavée de petits carreaux de terre cuite ».
Etc. Ou plus près, au manoir de la Raturière (bâti à la fin du XVe siècle et abandonné au XVIIe siècle), une montrée de 1732 indique :
« Premièrement qu’au château de la Raturière, paroisse de Tresson, ils ont entré dans deux chambres hautes l’une à cheminée, l’autre sans cheminée … Qu’il manque dans lesdites deux chambres environ 90 petits pavés ou carreaux ».
Il en est de même dans les églises. En 1679, par exemple, la fabrique de Saint Gervais de Vic dépense :
« un tombereau de terre et un cent de pavé pour paver ladite église ».
On remarque dans les expertises du Vieux Lavardin et de la Raturière (qui sont deux maisons seigneuriales du XVe siècle) les expressions « petits pavés », ou « petits carreaux ». Ceci désigne précisément des pavés de « petit échantillon », de petit format. Par chance, la visite et montrée rédigée le 16 ventôse an à la Chevalerie donne la mesure précise :
« Qu’à la place de la maison il manque cinquante pavés de terre cuite de quatre pouces au carré estimé compris la main d’oeuvre cent sols ».
Quatre pouces, cela donne 11 cm de côté pour les pavés d’origine de la Chevalerie. Ce sont bien des « petits pavés », par rapport aux modèles de 13 cm qu’on trouve aussi aux XVe/XVIIe siècles ou aux modèles de 16 cm qui caractérisent le XVIIIe siècle, ou de 21 cm qui sont beaucoup employés aux XVIIIe et XIXe siècles. La même visite de l’an 2 atteste de ce que le premier étage est également carrelé en terre cuite :
« Que dans la chambre haute sur ladite maison, il y a quarante carreaux de pavés de terre cuite à replacer, estimé compris la main d’oeuvre trente sols ».
Il n’est pas rare qu’au XVe siècle, les pavés soient estampés de motifs décoratifs mais les exemples qui subsistent sont rares. La Chevalerie en conserve encore quelques uns, situés au premier étage (dans la chambre de retrait Est et le salon). Ils présentent deux motifs. Le premier compte quatre fleurs de lys disposées dans les angles du pavés de façon radiante ce qui créée au milieu une croix pattée. Le second modèle ne montre qu’une fleur de lys, plus grande, avec une boule sous chaque feuille, cantonnée de quatre quartefeuille en angle.
Les deux modèles de pavés estampés conservés au premier étage de la Chevalerie