Extérieur de l’aile Est du bâtiment principal – état des lieux à l’acquisition

Le pignon oriental de l’aile Est

Le pignon oriental de l’aile Est a perdu son étage au début du XIXe siècle et l’étude intérieure a montré que le mur a été démoli pour être mis en forme de pignon triangulaire, les rives ayant été reconstruites alors.

La fenêtre du XVIe siècle murée, dont on découvre à l’intérieur le cadre d’ébrasement, se voit également à l’extérieur, avec son cadre en tuffeau presque complet (linteau, rebord, piédroits de gauche, partie de
ceux de droite) décoré d’une arête chanfreinée, comme sur les ouvertures XVIe que l’on voit sur la façade sud de la même aile ainsi que sur la fenêtre XVIe percée dans le pignon ouest du principal corps de logis.
L’autre baie, encadre de bois de chêne ne date que de la fin du XIXe siècle.

La façade nord de cette aile n’est pas du tout liée au pignon Est du principal corps de logis (à la différence de la façade sud). Cela se voit aussi très bien à l’intérieur de la chambre.

La façade nord de l’aile Est.

L’aile Est qui prolonge le principal corps de logis mesure une quinzaine de mètre de long. Elle ne conserve plus que son rez-de-chaussée, l’étage et le comble ayant été démoli au début du XIXe siècle.
Il ne reste du rez-de-chaussée primitif, du côté nord, que trois ouvertures : deux jours éclairant la cuisine et une fenêtre éclairant la chambre reconverti en porte.

Fenêtres de la chambre.

La fenêtre de la chambre est d’une construction homogène mais transformée en porte au XIXe siècle. Il manque le piédroit du bas qui avait peut-être un congé. Son cadre est construit en tuffeau, décoré d’une arête chanfreinée, comme les autres baies du XVIe observées sur la façade sud, sur le pignon Est et sur la baie percée dans le pignon ouest du principal corps de logis. Le rallongement des piédroits pour la porte est réalisé en briques doubles.

Fenêtre orientale de la cuisine

Le jour le plus à l’Est qui éclaire la cuisine mesure 61 cm de large et 58 de haut, presque un carré. Son cadre de calcaire semi-dur de Nuillé est richement mouluré, dans le goût du début du XVIe siècle, ce qui ne paraît pas très logique, s’agissant d’une baie de cuisine, petite et située à l’arrière. D’ailleurs ces moulures ne sont pas bien alignées. Cela donne une forte impression de pierres remployées par le bâtisseur de cette aile, peut-être Guillaume Dorléans, en 1543.

Sous le linteau, on aperçoit trois trous ayant servi à placer des barreaux de fer de protection.

Fenêtre occidentale de la cuisine

Le jour le plus à l’ouest qui éclaire la cuisine est distant de 1,30 m du précédent. Il mesure 57 cm de large et 58 de haut, presqu’un carré aussi. Son cadre est aussi de pierre de calcaire semi-dur de Nuillé, présenté une mouluration simplement chanfreinée et les arêtes sont bien alignées. On ne soupçonne pas ici des pierres remployées mais plutôt un ouvrage fait exprès. Sous le linteau, on aperçoit des trous ayant servi à placer des barreaux de fer de protection.

Le bas du mur.

Le bas des murs est dans un état assez abimé des deux côtés.

De grosses infiltrations se font à la moindre pluie à travers le mur.

Les bas de murs sont protégés par des tôles.

A l’intérieur le bas du mur donne directement sur la terre.

La façade Sud de l’aile Est.

L’aile Est qui prolonge le principal corps de logis ne conserve plus que son rez-de-chaussée, l’étage et le comble ayant été démoli au début du XIXe siècle.
Il ne reste du rez-de-chaussée primitif que trois ouvertures : celle de la cave, une fenêtre et une porte murée au-dessus. Les autres baies ne datent que du XIXe siècle.

Il semble que la façade sud de l’aile Est soit liée avec celle du principal corps de logis, du moins sur une certaine hauteur du rez-dechaussée.
Pour se faire une opinion, il faut suivre depuis le haut vers le bas l’alignement des gros moellons formant la chaîne d’angle du principal corps de logis du XVe siècle. On s’aperçoit qu’il est ininterrompu jusqu’au
bas de la fenêtre XVIe. Plus bas, l’alignement des gros moellons se déplace vers la droite, dans l’aile Est. Cela peut s’interpréter de deux manières. Soit ce déplacement de la chaîne d’angle a été réalisé au XVIe
siècle lors de la construction d’une aile nouvelle, ex nihilo.

Ceci voudrait dire que le maçon chargé des travaux à rompu l’angle primitif du corps de logis du XVe siècle afin de créer une liaison avec la nouvelle construction. Ou bien cette pénétration des maçonneries en bas de la façade démontre l’existence d’un mur contemporain du corps de logis du XVe siècle, voire même d’une aile basse contemporaine. Dans cette hypothèse, on peut songer aux exemples d’ailes basses servant à la cuisine et ses annexes.
Si c’est le cas à la Chevalerie, elle devait avoir une largeur moindre que le principal corps de logis, puisque la façade nord de l’aile Est est totalement indépendante (voir un peu plus haut)

Il existe plusieurs ouvertures

Porte de la cave

L’ouverture mesure 1,04 m de large et 1,13 de haut, sur un seuil de grès placé au niveau de la cour. Le cadre couvert d’un cintre est en pierre calcaire dure.

Fenêtre de la chambre

Au dessus à gauche de la porte de la cave. La fenêtre de la chambre est entourée d’un cadre
tout en tuffeau à l’arête chanfreinée avec un congé en bas des piédroits. Le rebord également en tuffeau n’a pas résisté au temps mais il semble qu’il ait été mouluré, sans doute à l’identique du rebord de la fenêtre percée au XVIe siècle dans le pignon ouest du principal corps de logis. Sous le rebord, on remarque plusieurs pierres de tuffeau très dégradées, formant presqu’un cadre. Mais ce cadre, s’il était volontaire et destiné à être une ouverture serait de très mauvaise qualité. Le linteau n’est pas clavé, ce qui rend impossible le percement d’une baie, les piédroits s’enfoncerait plus bas que le rebord, le « cadre » n’est pas aligné avec la fenêtre. Par conséquent, il ne semble pas qu’il faille chercher là un quelconque ouvrage déterminé. C’est plutôt une maçonnerie destinée à être enduite.

Porte murée de la chambre

A droite de la fenêtre précédente derrière le poteau électrique se trouve la porte murée qui servait à entrer dans la chambre. Elle est large de 96 cm, haute de 2,98 m. Il manque son seuil. Le cadre est mélangé de pierre semi-dure et de tuffeau. La pierre semi-dure est disposée en bas des piédroits et l’on y remarque un congé. Le reste du cadre a son arête chanfreinée. Il faut imaginer un seul sous les piédroits du bas, puis un escalier de grès qui descend jusqu’à la cour.

La grande porte du pressoir

La grande porte du pressoir mesure actuellement 2,71 m sur 3,26 de haut. Elle a été agrandie et mise dans ces dimensions au début du XIXe siècle (voir l’article sur l’intérieure du pressoir). Le montant de gauche (ouest) est en calcaire oolithique semi-dur sur une base en grès. Une partie de ce montant appartient à une porte du XVIe siècle. L’autre montant (Est) est également en calcaire oolithique et en tuffeau mais il date entièrement du XIXe siècle. Au-dessus le linteau est en bois. A droite de la porte, on
distingue dans la maçonnerie une ligne de césure qui correspond au mur de refend de la cuisine démoli, ce mur ayant pu être aussi le premier pignon de ce corps de bâtiment.

Porte du chenil

Toute la suite du mur vers l’Est a été en grande partie rénovée et repercée au XIXe siècle pour es besoins agricoles.

le coin du mur entre le pignon Est et Sud est très abîmé et se délite.

La toiture

Le toit de cette aile à besoin d’être changé. Chaque versant à un angle de 48° comportant un peu plus de 100 m² de tuiles.

Il y a beaucoup de chantier à mener rien que pour l’extérieur de cette aile.

A suivre prochainement bien entendu.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Chambre du rez-de-chaussée – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre est » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Chambre 01 du rdc » sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.

Comme le montre le marché de construction du château de Bonnétable (1476), il est d’usage de disposer une chambre au bout de la salle :


« et au bout de ladite salle ce fera un grant chambre à pavez
laquelle portera 25 pieds en quarré »

C’est donc bien l’usage de chambre qu’on peut assigner à la pièce qui se trouve à l’Est du rez-de-chaussée. On y trouve d’ailleurs une cheminée plutôt plus ornée que dans la salle, ce qui permet d’assurer
qu’on ne se trouve pas dans une cuisine.

Sol

Le niveau de cette chambre est plus haut de 28 cm aujourd’hui que la salle. Il est bien d’origine, comme en atteste l’entrée sur l’escalier. En effet, la porte d’entrée de la chambre sur l’escalier se situe sur la première marche de l’escalier. Autre indice que le niveau est d’origine : la base des jambages de la cheminée qui n’est pas amputée mais au contraire bien complète.

Le sol a été refait à la fin du XXe siècle sur une chape de béton. Il ne reste rien de celui d’origine. Selon l’acte de visite et montrée de l’an 2, cette pièce qui s’étend sur une cave était revêtue de « madriers », c’est à dire de blocs de bois, alors très usés :

« Que l’autre chambre à côté de la maison est carrelée de
madriers qui sont usés de vétusté ».

Fenêtre

La fenêtre côté mur sud a été transformée en porte au XIXe siècle. Mais il en reste suffisamment de pierres d’origines pour pouvoir déterminer ses dimensions : 1,55 m de large, 1,79 m de haut. Elle est donc plus petite que celle de la salle (1,62 sur 1,84 m). On peut en conclure que la dimension de la fenêtre est calculée en fonction de la taille de la pièce à éclairer.

L’allège est de 93 cm de haut. On n’y trouve aucun coussiège. Le quart du bas est de 96 cm de haut sur 69 de large. Le quart du haut mesure 66 cm de haut sur 69 de large. Comme sur la fenêtre précédente, la hauteur du quart supérieur augmenté de la largeur du meneau est égale à la hauteur du quart inférieur.

Le cadre extérieur de la fenêtre, en calcaire semi dure de Nuillé/Soulitré, a une profondeur de tableau de 25 cm. Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est construit en tuffeau est couvert d’un arc segmentaire appareillé. Les vantaux d’origine ont évidemment disparu.

Portes

Porte vers escalier

A droite de la fenêtre se trouve la porte d’entrée d’origine de la chambre. Elle a été murée au XIXe siècle lorsque la fenêtre a été transformée en porte d’entrée. L’ouverture de la porte, mesurée du côté de
l’escalier, est de 78 cm de large et 1,72 m de haut.

la porte murée de droite

Elle est par conséquent plus étroite et plus basse que celle de la salle. Son cadre est chanfreiné avec sans doute un congé en bas.

Côté chambre la porte est totalement murée et recouverte d’un enduit. Sous la peinture, on distingue cependant l’ébrasement sous un arc segmentaire appareillé. On distingue également les traces d’un ostevent sur le mur ouest

Porte nord

Une porte s’y ouvre, qui permet d’accéder dans la garde-robe. L’ouverture mesure 67 cm de large et 1,62 m de haut (même largeur mais moindre hauteur que dans la salle). Elle est entourée d’un cadre en tuffeau chanfreiné, mais dont l’arête est si usée qu’on ne voit plus l’éventuel congé. Le vantail actuel ne date que des environs de 1900.

Porte ouest

Comme on l’a vu en étudiant la salle, la porte du milieu semble être issue d’une époque postérieure à la construction de ce corps de logis. L’ébrasement, assez faiblement évasé, est encadré de tuffeau avec un
linteau droit appareillé, le seul de ce type (puisque toutes les ouvertures ont des ébrasements couverts en arc segmentaire). Il s’agit probablement d’une porte percée au XVIe.

Porte Est

Une porte donne accès à l’aile Est. Son ouverture mesure 66 cm de large et 1,60 m de haut. Le seuil de 14 cm de haut est aujourd’hui en brique. En effet, le niveau de la chambre de l’aile Est était supérieur à celui de la présente chambre. Le vantail ne date que des environs de 1900.

Cheminée

Le cheminée qui s’appuie sur le pignon Est présente un foyer de 1,70 m de large sur 1,37 m de haut. Son ornement est taillé dans la pierre calcaire. Il se compose de piédroits en forme de colonne cantonnée de
deux gorges (une large et une étroite). Les bases sont fort abîmées.

Les chapiteaux, bien conservés sont sculptés de godrons courbés en forme de larme, qui prouvent que les formes de la Renaissance sont déjà connues, ce qui pousse la datation de la cheminée (et de tout ce corps de logis) vers les dernières années du XVe siècle ou les premières du XVIe. Le linteau est décoré de corps de moulures. Brochant sur ces
moulures, un blason est sculpté mais hélas le meuble est effacé. Il ne pouvait s’y voir que les armoiries des Tiercelin avec leur sautoir tiercé. Le sommier entre en biais dans le mur pour épauler la cheminée qui, comme toujours à cette époque n’est pas renforcée d’une barre de fer. La hotte, à la différence de la cheminée de la salle, est traversée par un arc de décharge en forme segmentaire et appareillé. Au sommet, on ne trouve aucune trace de corniche, ce qui n’a rien d’étonnant tant les exemples de hotte sans corniches sont fréquents au XVe siècle.

Sur le manteau de la cheminée est gravé en creux un blason barré soutenu de rinceaux de feuillage dans le style du XVIIe siècle. Il est également gravé à droite de l’écu XVe. Les armoiries ne correspondent
pas à une famille ayant possédé la Chevalerie.

Ce peut être le graffiti d’un des agents des Ursulines. A moins qu’il s’agisse du blason des Souvré, mais on ne voit pas pour quelles raisons.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

La tour du logis – Etat des lieux à l’acquisition

Période antérieures

Les images de la tour avant l’effondrement peuvent être trouvées sur la page des images historiques de la tour du logis :

Pour rappel l’effondrement a eu lieu en 1954. Le soutènements/étais/tôles ont été mise en place en 1983

Etat des lieux à l’acquisition

La porte d’entrée du XVe s

Comme toutes les portes d’entrée de cette époque, l’ouverture devait mesurer environ 1 m de large et 1,95 m ou 2 m de haut. Le seuil existe toujours. Il mesure 1,20 de long à l’avant de la porte d’entrée. Il s’agit d’un beau bloc de grès très dur et très fin (de type grès de Bouloire) bien équarri. Le reste de la porte s’est effondré avec toute la partie ouest de la tour, dans la seconde moitié du XXe siècle.

Quelques photos en conservent heureusement le souvenir, mais malheureusement pas assez
précises pour restituer avec parfaite exactitude le dessin de la mouluration et du tympan. Le cadre extérieur de la porte était en calcaire semi dur de Nuillé (les morceaux qui demeurent le montrent) et l’ébrasement intérieur tuffeau (comme aux autres baies).

Vestige de la porte d’entrée du XVe s retrouvée à la Chevalerie

détail d’une photo prise en 1950 et retravaillée

Il n’y a aucune indication de document ou par vestige du type de menuiserie qui servait de porte. Vu son exposition ouest, il y a peu de chance que le vantail d’origine ait été conservé jusqu’à l’effondrement. Il
pouvait s’agir d’un vantail de simples planches verticales, ou bien à traverses moulurées et à panneaux. Attaché à des pentures, il devait pivoter sur de gros gonds.

L’entrée du logis du XVe s

Ayant franchi la porte d’entrée, le visiteur se trouve sous l’escalier en vis, dans un espace qui précède les appartements.
L’emplacement de l’escalier sert ainsi la distribution du château. La tour se trouvant vers le milieu de la façade sud, l’entrée de l’escalier et de l’habitation se trouve au centre, entre les deux pièces du rez-de-chaussée.
Le sol de cet espace est carrelé à l’origine de petits pavés de 11 cm de côté, comme le reste de l’habitation. Depuis que le logis seigneurial a été abandonné, un évier y a été construit, à proximité de la pièce de vie des métayers (ou maison). C’est ce que décrit l’état des lieux de l’an 2 :

« Que l’entrée de ladite maison sous l’escalier est à carreler et
l’hivier à raccommoder pourquoi a taxé 10 livres ».

Au sol, on voit aujourd’hui des pavés de 13 cm de côté posés par rangées dans le sens Est/ouest. A droite en entrant, une grande pierre de grès de Bouloire posée au sol a été un évier à l’époque où la Chevalerie
n’était plus qu’une ferme. Elle fait toute la largeur du dessous de l’escalier.
On ne voit guère cet évier, car un massif de maçonnerie a été construit dessus au XIXe siècle, comprenant de grosses briques (XIXe) avec une niche rustique couverte d’un linteau de bois.


A gauche en entrant se trouve l’entrée principale du rez-de-chaussée. Elle se compose de deux portes côte à côte, encadrées de pierre de tuffeau.

La première s’ouvre sur la salle ouest et la seconde sur la chambre Est. L’une fonctionne toujours mais son cadre en pierre de taille est très usé : on n’y perçoit plus le chanfrein et le congé qui ont dû exister à l’origine. L’autre est murée. Lorsqu’elle sera débouchée, on verra
sans doute réapparaître un chanfrein tout autour du cadre, avec un congé à la base des piédroits.

La porte de la salle se trouve de plein pied avec l’entrée de la tour. Par contre, la porte de la chambre se trouve au niveau de la première marche. L’espace laissé sur la marche n° 1 pour entrer dans la chambre
est assez réduit par la marche n° 2 qui, cependant ne se prolonge pas jusqu’à l’angle de la cage. Pourtant, l’espace laissé libre a été rebouché de maçonnerie et de pavés ultérieurement, sûrement lorsque la porte vers la chambre a été murée, évènement que l’on peut situer au XVIIe ou XVIIIe siècle.


A gauche vue vers l’angle nord-ouest. A droite vue vers l’angle nord-est

L’escalier en vis

La vis est entièrement d’origine mais elle est malheureusement en partie effondrée. Pour reprendre le vocabulaire du marché de 1476 pour Bonnétable, la longueur des marches « entre cercle et noyau » est de 1,60 m. les marches sont taillées dans le calcaire dur de Nuillé/Soulitré. Elles ont un bon demi-pied de haut (17 cm), une profondeur (giron) de 27 cm (mesuré au milieu de la marche). Les marches sont monolithes, pénètrent à un bout dans le mur extérieur de la cage (le « cercle ») et forment à l’autre bout noyau de 17 cm de section. A l’approche du noyau, la marche dessine une courbure qui dénote une réalisation plutôt tardive (antérieurement le marche et la périphérie du noyau ne formait qu’une
droite).

Le dessous des marches ont leur arête délardée (ce qui leur donne trois faces) mais le délardement fait congé devant le mur de la cage d’escalier de sorte que c’est un angle droit qui rentre dans le mur, contribuant à une meilleure stabilité.

La première volée de l’escalier

La première marche est un peu plus haute (19 cm) et son noyau plus large (19 cm). Cette base du noyau n’est absolument pas moulurée,

De l’entrée au palier du premier étage, la première volée compte dix neuf marches.
L’angle nord-est de la cage d’escalier a été élargi, c’est-à-dire que le « cercle » a été creusé pour dessiner un palier carré devant la porte de la chambre. Pour passer de ce carré au cercle de la cage d’escalier, l’architecte a fait construire un petit arc segmentaire appareillé en tuffeau.
A l’avant de la sixième marche, on voit deux gonds très anciens fichés dans le mur côté Est. Et une petite saignée dans l’enduit entre les deux gonds. Sans-doute s’agit-il d’une porte posée ici pour barrer l’accès à
l’étage supérieur. Cette disposition doit remonter à l’époque des Ursulines,

Au-dessus de cette même sixième marche, un corbeau taillé en quart de rond dans du calcaire dur est fiché dans le mur et forme un renfort pour porter les marches.


A la huitième marche, du côté Est, une petite ouverture donne du jour. Son ébrasement intérieur est entouré d’un cadre tout en tuffeau avec un arc segmentaire. Dans la feuillure, on observe encore les deux gonds et même le vantail d’origine, en planches verticales de chêne tenues par deux traverses horizontales chevillées. La serrurerie remonte aussi au XVe siècle : deux petites pentures à platines rectangulaires et une targette à platine ovale.


Tous les murs de la cage d’escalier, construits en moellons de grès ont été recouvert d’un épais enduit puis blanchi. On y trouve de nombreuses reprises d’enduit non blanchi (datant de l’époque de la ferme).
La cage d’escalier est effondrée à partir de la moitié sud.

photo travaux toles

Le palier du premier étage

Le palier du premier étage est constitué de trois pierres de Soulitré disposées en éventail dont le nœud est égal au noyau. Ces pierres se situent à l’avant les deux portes jumelles qui desservent les deux
chambres. A la différence du rez-de-chaussée, il n’y a pas de différence de niveau dans l’accès à ces deux portes.

Les deux cadres de portes du premier étage sont beaucoup mieux conservés que ceux du rez-de-chaussée. Ils montrent des cadres en tuffeau à arêtes chanfreinées comme devaient l’être ceux d’en bas.

Les murs construits en moellons enduits conservent ici leurs anciens enduits blanchis à la chaux. Les deux portes ayant conduit l’entrepreneur à élargir le cercle de la cage d’escalier par deux angles carrés, on remarque au-dessus des petits arcs de pierre de taille qui permettent de passer du plan quadrangulaire au plan circulaire.

La seconde volée de l’escalier

Du palier du premier étage à celui du second, il existe dix neuf autres marches identiques à celles de la première volée.
Pour mieux porter les marches, il existe au-dessus de la porte d’entrée du premier étage un corbeau taillé en forme de quart de rond dans le calcaire dur de Soulitré. Et dans l’angle nord-est de la cage un autre petit arc segmentaire en tuffeau coupant l’angle.


A la troisième marche de cette volée existe un autre jour qui conserve son volet à planches de chêne verticales renforcé de traverses horizontales clouées à clous forgé. Il pivote sur les gonds par des petites
pentures à petites platines rectangulaire (rectangle vertical). Il a perdu sa targette.


Aux huitième et neuvième marches se trouve un autre jour dont il ne reste que l’ébrasement de gauche la cage étant ensuite effondrée.

Le palier du grenier

Le palier du grenier est constitué de deux pierres de taille et de deux planches de chêne disposées en éventail comme les marches. La dernière pierre est posée sur le corbeau en quart de rond qui est enté au-dessus de la porte d’entrée de la chambre Est du premier étage.
Le noyau en pierre s’arrête avec le palier. Dessus est posé un noyau en bois de section carrée montant jusqu’à l’enrayure de la charpente. C’est dans ce noyau que vient s’assembler le panneau de boiserie
de chêne qui fait garde-corps pour le palier.

Ce panneau de boiserie remonte au XVe siècle. Les traverses sont moulurées d’une gorge. Les panneaux sont plats.
En face du palier, côté ouest on voit encore l’ébrasement de droite (c’est-à-dire nord) de l’ouverture du moucharaby. Il est encadré de tuffeau.

Le comble de la tour d’escalier

Le haut de la cage d’escalier est fermé par l’enrayure de la charpente de la tour dont la seule particularité consiste en des entraits formant des Y dont les deux branches entrent dans le mur. Le dessus de
cette enrayure est couvert de torchis lissé, enduit et blanchi par-dessous.
Au sommet de la tour d’escalier, la charpente et la toiture ont été entièrement remodelées, sans-doute au début du XIX siècle. Ta toiture d’origine devait être beaucoup plus aigue.

photo de l’extérieur

Image prise le 31 janvier 1981.

https://manoirdelachevallerie.fr/2022/08/14/la-tour-du-logis-principal-images-historiques

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
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Salle d’entrée de la Chevallerie – rez-de-chaussée – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Salle » dans l’étude Historique de Damien Castel, « SAlle à manger» sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.

La salle se situe dans la partie ouest du rez-de-chaussée, adossée au pignon ouest

La salle est la pièce principale de l’habitation seigneuriale. En cette fin de Moyen Age, elle a toutes les fonctions : pièce où les visiteurs sont introduits, on peut y manger, et souvent aussi y dormir. C’est généralement la plus grande et la plus haute pièce du logis, celle où la cheminée est la plus grande et les fenêtres les plus nombreuses.

Sol

Pavage

Le niveau du sol est aujourd’hui identique au niveau de l’entrée de l’escalier. Cependant, à l’occasion de reprises faites au carrelage actuel, près de la cheminée et du mur nord, il a été trouvé un niveau inférieur de pavés anciens, petits, situé environ 15 cm au-dessous du sol actuel. Ceci ne laisse pas d’étonner, car on imagine mal que la salle se soit trouvée à un niveau inférieur de l’entrée de l’escalier et des pièces qui l’accompagnent dans l’aile nord en retour d’équerre. Ceci pose donc la question de savoir si le niveau du sol de l’escalier, à la porte d’entrée de la cour, n’a pas été relevé aussi de 15 cm. Même questionnement d’ailleurs pour la garde-robe à l’arrière de la salle.

Les transformations du sol datent manifestement des premières années du XXe siècle, lorsque le carrelage actuel, très régulier, a été mis en place. Il s’agit de pavés anciens de terre cuite, de 16 cm de côté, posés de façon très régulière par rangées parallèles à la façade. Quelques pavés sont cassés devant la cheminée.
A l’origine, on trouvait ici des pavés de 11 cm de côté, comme l’indique la visite et montrée du 16 ventôse an 2 :

« Qu’à la place de la maison il manque cinquante pavés de terre cuite de quatre pouces au carré estimé compris la main d’oeuvre cent sols ».

Trappe d’accès à la cave

Dans l’angle nord-est de la pièce se trouve une trappe qui découvre l’escalier descendant à la cave. Le cadre et le vantail de la trappe ne datent que du début du XXe siècle. L’ouverture au sol mesure 62 cm de large (le long du mur Est) sur 148 de long (le long du mur nord) à peine plus que ce bout de mur devant la porte de la dépense. L’escalier se compose de neuf hautes marches de pierre de taille descendant vers la porte de la cave. Cette descente de cave a été modifiée au début du XXe siècle lorsque le sol de la salle a été remonté de 15 cm. Il a fallu y ajouter la dernière marche, celle 22 11 cm de côté qui se trouve devant la porte du cabinet.

il n’existe pas de photos de la trappe ou de la porte du cabinet. les deux éléments sont cachés par le paravent sur la photo ci dessus.

Dans son état d’origine, cet escalier était par conséquent un peu plus court (d’une marche) et ne gênait donc pas l’entrée du cabinet. La trappe ne mesurait sans doute pas davantage de 125 cm de long.

Fenêtre Sud

L’ouverture de la fenêtre mesure 1,62 m de large et 1,84 m de haut. L’allège mesure 95 cm. Elle avait à l’origine 15 cm de plus, puisque le sol était plus bas qu’aujourd’hui. Le cadre extérieur de la fenêtre présente une profondeur de 27 cm. Le meneau et la traverse sont larges de 24 cm. Les dimensions du quart inférieur de l’ouverture sont de 69 cm de large sur 94 de haut. Celles du quart supérieur : 69 cm de large sur 69 cm de haut. Autrement dit, le quart ouvrant supérieur plus la largeur de la traverse est égal à l’ouvrant du bas.

Par conséquent, le tailleur de pierre divise la hauteur de l’ouverture de la fenêtre en deux : la moitié inférieure est totalement ouverte ; la moitié supérieure se partage entre traverse et ouvrant.
Le cadre intérieur de l’ouverture est encadré de tuffeau, avec un couvrement en arc segmentaire appareillé.

Contrairement à la plupart des fenêtres du XVe siècle, il n’existe pas à la Chevalerie de coussièges dans l’ébrasement, ni aucun stigmates. Les vantaux anciens ont disparu. Le type de menuiserie mis en
place au XVe siècle a été décrit au chapitre des techniques constructives.

Porte vers la tour

La porte présente une ouverture sur l’escalier de 88 cm de large sur 1,91 m de haut. Côté escalier, le cadre présentait à l’origine une arête chanfreinée, mais cette arête est très usés, seul reste l’angle supérieur
gauche (en regardant de dehors). Vu de l’intérieur de la salle, le montant gauche de l’ébrasement
gauche correspond au mur de refend. Le montant de droite est en tuffeau.
On y voit en creux les stigmates d’un ostevent.

L’ébrasement est couvert d’une voûte en arc segmentaire appareillée en tuffeau.

Le vantail actuel ne date que des dernières années du XIXe ou du début du XXe siècle. Au sujet du vantail d’origine, l’acte de visite et montrée du 16 ventôse an 2 indique :

« Que toutes les portes sont en passable état, qu’il n’y a que
celle de la maison qui ait une serrure »

Cheminée

La cheminée, décentrée vers le sud, a un foyer de 1,95 m de large.
Dans le contre foyer se trouve une ouverture de four à pain. Elle ne date évidemment pas de l’origine, car au XVe siècle, le four à pain était certainement situé à l’extrémité d’un autre corps de bâtiment, non attaché à l’habitation.


Au sujet du foyer et de l’entrée du four, l’acte de visite et montrée du 16 ventôse an 2 précise :


« Que pour réparer le devant du feu, il faut pour oeuvre et matière la somme de 4 livres
Que le four est en passable état ».


Le tuyau de la cheminée monte tout droit jusqu’au sommet du comble et passe derrière celui de la cheminée du premier étage. La cheminée XVe de la salle L’ornement de la cheminée est réalisé en pierre de Nuillé/Soulitré.
Les jambages prennent la forme d’une colonne engagée cantonnée d’une colonnette fine engagée. Le corbeau au-dessus est mouluré avec un pan coupé entre deux bourrelets. Le linteau est décoré de deux corps de moulures et d’une arête inférieure quarderonnée. Les retours des sommiers sont en angle droit
(c’est-à-dire pas qu’il n’existe pas d’épaulement en biais) et arrondis. On trouve cependant un léger épaulement biais dans l’angle du sommier formé avec le mur pignon. La hotte ne présente pas d’arc de décharge, aucun décor et la moulure supérieure, qui s’applique contre le chevêtre du plancher, est très
fine. C’est ce qui a pu faire penser que la cheminée avait été reprise. Pourtant, les exemples de hotte sans arc de décharge sont nombreux au XVe siècle.
Le tuffeau a été blanchi puis badigeonné avec noir de cendre et reblanchi plusieurs fois.
Des réparations par des agrafes de fer existent sur la plate bande du linteau.

Fenêtre Ouest

A droite de la cheminée a été percée une demi-fenêtre, tardivement, sans doute au XVIe siècle. C’est à l’extérieur que l’on constate le caractère tardif du percement, du fait de la différence de l’enduit qui l’entoure.

Elle donne sur la belle vue ouest. L’ouverture mesure 78 cm large sur 1,91 m de haut (mesuré dehors). Mais elle a été depuis murée. Cependant, côté intérieur, son existence est signalée par la surépaisseur d’enduit.

Porte nord

Il n’existe qu’une seule ouverture sur ce mur contre lequel on devait poser le lit à baldaquin : une petite porte qui s’ouvre sur le cabinet. Le vide de cette porte mesure 69 cm de large sur 1,81 m de haut.

Porte de la salle du rez-de-chaussée vers son cabinet Les montants verticaux sont moulurés en creux et d’un quart de rond au milieu. Toutes les autres arêtes des montants sont seulement chanfreinées.
Les plates bandes des panneaux sont ressorties. On y trouve encore un très ancien vantail en bois de chêne, le seul subsistant dans la salle, composé de montants et de traverses moulurés, de quatre panneaux à plates bandes. Les pentures à l’arrière sont de forme rectangulaire et pivotent sur les gonds d’origine. A la place de la serrure a été clouée, à clou forgé (donc très anciennement) une petite
clenche forgée. La traverse du bas a été amputée d’une partie de sa hauteur (sans doute 15 cm) lorsque le sol de la salle a été remonté.

Porte au centre du mur Est


Une porte se trouve vers le centre de ce mur. Elle semble avoir été percée tardivement.
L’ouverture mesure 72 cm de large sur 1,78 de haut, sur un seuil de 14 puisque la chambre est plus haute de 14 cm que la salle. Mais lorsque la salle était plus basse de 15 cm, il devait y avoir en plus une marche
devant le seuil.


Du côté de la salle, la porte présente un cadre chanfreiné en tuffeau. Ses arêtes sont très usées et ne laissent plus voir un éventuel congé. Le couvrement est un linteau appareillé. L’ébrasement se trouve côté
chambre. C’est la forme de cet ébrasement (non pas un arc segmentaire mais un linteau droit appareillé) qui fait penser à une ouverture postérieure à la construction, réalisée par exemple dans la seconde partie du XVIe siècle.

On peut voir des traces d’ostevent dans l’angle nord-est.

Dans l’angle nord, on voit sur ce mur ouest des traces de cloisons rebouchées montant du sol au plancher. On voit la même chose sur le mur nord : ce sont là les traces du rebouchage d’un tambour de menuiserie avec pilastres s’affinant vers le haut à choux frisés qui entourait la descente d’escalier vers les caves dans l’angle de la pièce.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Comble du corps de logis du XV – Etat des lieux à l’acquisition

Sol


Il n’y a jamais eu de carrelage dans le comble, seulement de la terre battue, du foin sur des barreaux de châtaigner tout du long, sans aucune protection. Il était d’usage en pareil cas d’appliquer un durcisseur : le sang de boeuf.

Le sol est très dégradé et plusieurs articles de chantiers y seront consacrés.

Murs


Le mur forme en « renchaussement », ou surcroît de 60 cm au- dessus du sol. Il est moindre que dans l’aile nord ou le mur de renchaussement mesure 70 cm. Cette variation se retrouve d’ailleurs dans la différence de hauteur sous solive des pièces du premier étage. Sur le mur sont posées deux sablières. L’une borde l’arête intérieure du mur, l’autre est posée à environ 10 ou 15 cm de l’arête extérieure du
mur ce qui laisse la place à la corniche qui a disparu. Ces doubles cours de sablières sont attachées l’une à l’autre par des liens posés sur le mur, à raison d’un par chevron.

Lien vers l’article du chantier de rénovation des sablières.

https://manoirdelachevallerie.fr/?p=51

Porte sur tour d’escalier

A la jonction du mur avec la tour d’escalier se trouve une porte dont le cadre se situe côté escalier. L’ouverture mesure 98 cm de large sur 1,80 de haut. Dans le montant Est de l’ébrasement restent les deux gonds d’origine.

En face, dans le montant ouest de l’ébrasement, on voit encore le trou pour la serrure. A la plupart des portes du logis on remarque qu’au-dessus des gonds, la feuillure a été recreusée (de manière très sommaire) de façon à pouvoir ôter les vantaux. Ce n’est pas le cas ici, ce qui semble être une preuve que les creusements du rez-de-chaussée et du premier étage ne sont pas d’origine. Le couvrement de l’ébrasement était un linteau en tuffeau dont il ne reste que les sommiers. La pierre centrale a disparu. On voit dans les sommiers un creusement qui montre qu’une planche de bois avait mise sous le linteau pour le porter car il a dû présenter des signes de faiblesse avant de tomber.

Dans l’ébrasement ouest existe une inscription : 1841. Sur l’élévation nord de l’ébrasement est marqué : Miard 1863.

Enfin, sur une pierre de tuffeau formant l’angle extérieur de la tour, regardant le nord-ouest, sont gravées deux inscriptions :


1° au-dessus :

« Benjamin Mauduit 1875
a entré au château en 1863
et sorti en 1883 »

2° au-dessous :

gastri segureau
a réparé le chato
an 1797
l’an sainque
de la république
de menville
propriétaire
pour la somme
de 17100 livres

Lucarnes

Lucarne Est

On observe dans la charpente les stigmates d’une lucarne au-dessus de la chambre Est. Il existe en effet un chevêtre qui arrête cinq chevrons, soit quatre espaces entre chevrons, au total une largeur de chevêtre de 2,47 m qui correspond approximativement à la largeur du massif de maçonnerie, attendu que l’ouverture devait mesurer 1,60 m de large, comme au premier étage, avec environ 50 cm de maçonnerie de part et d’autre de l’ouverture.
Autre preuve de l’existence de la lucarne : le pied de chevron, à droite de la lucarne, fortement pourri, comme toujours en pied de noue. Le pied de chevron à gauche n’est plus lisible car il a été refait.

Lucarne ouest

On observe dans la charpente les stigmates d’une lucarne au- dessus de la fenêtre de la chambre ouest. Le chevêtre arrête six chevrons, soit cinq inter-chevrons, ce qui est trop large, certes, mais on observe dans le chevêtre deux mortaises qui ont servi à assembler les deux chevrons de rive de la lucarne et qui délimitent une largeur de 2,25 m. cette largeur doit correspondre très exactement à la largeur totale de la maçonnerie de la lucarne. On ne peut pas vérifier si le pied des chevrons a pourri à cause de l’afflux d’eau de la noue car ils ont été remplacés. A noter que d’après l’état du sol, le chantier de réfection de celui ci montrera probablement des dégâts des eaux.

Mesurée entre l’arase du mur sud et le dessous du chevêtre, la hauteur totale de la lucarne est de 2,70 m.

Les sablières et pieds de lucarnes ont été restauré voir l’article qui est dédiés à ces travaux .

https://manoirdelachevallerie.fr/?p=51

Porte vers le comble de l’aile nord

A l’aplomb de la façade nord, il existe une structure de charpente formant tout un pignon sud à l’aile nord en retour d’équerre, pignon construit en colombage et torchis. Le torchis a disparu. Au milieu de ce
pignon, une porte est assemblée. Elle se situe exactement en face de la porte de l’escalier en vis.

La structure de la porte été modifiée mais les mortaises d’origine encore visible à droite (Est) permet de déterminer l’ouverture : 95 cm de large sur 2,10 m de haut. Les deux montants verticaux de la porte montaient jusqu’à l’entrait de la ferme où l’on voit encore les mortaises. Le tirant a plusieurs autres mortaises destinées à recevoir d’autres colombes. Dans les chevrons de cette ferme, il y a aussi
des mortaises montrant que des pièces de bois horizontales formaient toute une structure pour tenir le torchis. L’intrados des chevrons et des jambettes est soit rainuré soit percé de trous pour les barreaux du torchis. De même pour les colombes verticales. Toute cette structure de pignon est impeccable, sans aucune trace de terre. A se demander si le torchis a jamais été fait. Pourtant, il est certain que la séparation des greniers est une chose utile pour le stockage du grain.

Pignon ouest


Grâce à un trou traversant, il est possible de mesurer l’épaisseur du pignon ouest : 75 cm.
Il est construit en moellons cassés et ocres, comme tout les corps de bâtiment du XVe siècle, avec un mortier de chaux très ocre, coloré par le sable de même extraction que la pierre. Le mur n’est pas du tout enduit mais les joints sont parfois un peu bouchés. Il n’existe aucune ouverture dans le pignon.

Le tuyau de cheminée a manifestement été reconstruit, avec des chutes de tuffeau et avec un mortier beaucoup plus blanc, c’est-à-dire avec un sable d’une autre provenance. Le tuyau est plaqué contre le mur et non enté dedans comme cela aurait été le cas s’il avait été d’origine. Cela ne vaut d’ailleurs que pour le conduit de la cheminée XVIIIe, c’est-à-dire celle du premier étage. Le conduit qui vient du rez-de-chaussée est à l’intérieur du pignon (il ne fait pas ressaut comme le conduit du premier étage).
On observe aussi pas mal d’enduit blanc sur la rive sud, ce qui montre une réfection réalisée sans doute au XVIIIe.

Pignon Est

On ne peut déterminer l’épaisseur de ce pignon, faute de trou traversant. Il est construit en moellons cassés de couleur ocre, avec un mortier de chaux au sable très ocre, tout entier d’origine. La rive nord et son chevron sont également d’origine. Le tuyau de cheminée du rez-de-chaussée est intégré dans
l’épaisseur du pignon. Le conduit de la cheminée du premier étage est en saillie et sa maçonnerie est bien liée au pignon. Ce sont bien les restes de la maçonnerie du XVe qui restent en place, mais le devant du conduit a été démoli en même temps que la hotte de la cheminée du premier étage. En partie haute on voit que les deux conduits se terminent au sommet en briques fines

Il existe une porte communiquant vers le comble de l’aile Est du XVIe siècle. Son cadre est chanfreiné et entoure une ouverture de 80 cm de large et 1,80 m de haut qui a été entièrement murée lors de la démolition du haut de l’aile Est avec un mortier très blanc. Le seuil de la porte est aligné avec le dessus du tirant. On aperçoit sur le tirant les marques d’un petit escalier de meunier cloué pour monter vers cette porte de communication. Le cadre est construit en tuffeau.

Le linteau est en deux pierres ou une pierre cassée. L’enduit autour de cette ouverture est plus clair que celui d’origine, ce qui prouve bien que le percement est postérieur à la construction du logis XVe. Il date évidemment de l’époque ou l’aile été construite, au XVIe siècle

Côté extérieur, on voit très bien cette porte sous un linteau en bois.

Charpente du logis principal

La charpente du principal corps de logis est tout à fait caractéristique des ouvrages de la fin du XVe siècle. Elle reproduit le système des chevrons formant ferme. Il existe aussi deux maîtresses fermes : une
devant chaque pignon. Par maîtresse ferme, il faut entendre une ferme composée de deux chevrons et un entrait – comme les autres – plus un tirant placé à 60 cm du sol et un poinçon montant de fond, au sommet duquel est assemblé la sous faîtière.


La numérotation en chiffres romains de la charpente commence à l’Est, les chiffres de droite (en I) au sud et les chiffres gauche (en Y) au nord. La numérotation n’est appliquée que sur les extrémités des entraits
et en face sur le chevron. Elle n’est pas répétée en bas des chevrons, mais on la trouve également sur les jambettes. D’ailleurs, cela permet de voir que beaucoup de jambettes ont été remplacées.
La maîtresse ferme Est n’est pas numérotée, le I est appliqué à la ferme qui suit.
Les entraits sont à 4,80 m au-dessus du sol. Les chevrons ont 13 cm d’équarrissage. Leur entraxe est de 66 cm en moyenne. C’est-à-dire qu’il y a trois chevrons sous latte. La pente de la toiture atteint 58 ° tant au nord qu’au sud.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Chambre de l’aile Est du XVIème – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre XVIè » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Débarras » sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.

L’aile Est, qui a été construite au XVIe siècle, peut-être en 1543, remplace une petite aile, sans doute basse – sans étage, et moins large que l’actuelle.

La pièce

On accédait à cette pièce par la porte située à droite de la cheminée XVe de la chambre Est du principal corps de bâtiment. Les preuves de l’existence de cette petite aile basse sont multiples :

1° le mur de la façade sud du principal corps de logis se poursuit au rez-de-chaussée de l’aile Est mais pas à l’étage, ce qui démontre que l’aile n’avait pas d’étage ;

2° au contraire, la façade nord du principal corps de logis s’arrête au pignon Est, ce qui signifie que l’aile était moins large que l’actuelle ; la porte d’accès à côté de la cheminée du XVe présente un cadre chanfreiné et un ébrasement du côté de l’aile qui datent de la fin du Moyen Age ce qui prouve que l’habitation se poursuivait dès le XVe siècle.

La pièce a été vraisemblablement construite en 1543 par le maçon de Saint Calais, Guillaume Dorléans, qui se trouve à la Chevalerie le 11 juin 1543, aux côtés de Jean Tiercelin. Elle mesure 6,52 m de profondeur côté ouest, et même 6,58 côté Est. Sa largeur est de 4,70 m côté nord et 4,57 m côté sud. On voit qu’ici non plus les angles ne sont pas orthogonaux.

Le niveau actuel de la chambre a été considérablement décaissé aujourd’hui. Celui d’origine est donné avec certitude par le dessous des jambages de la cheminée. Il était nettement plus haut que celui du rez-de chaussée du logis XVe.
Il ne reste plus aucune trace du carrelage d’origine. il devait s’agir de pavés de petites dimensions, par exemple 13 cm de côté.

Fenêtres

Fenêtre sud

Mesurée à l’extérieur, l’ouverture a 77 cm de large et 1,63 m de haut. Elle est percée au-dessus d’une allège de 1,23 m. L’ébrasement est fortement évasé puisque son ouverture atteint 1,33 m de large. Les arêtes du cadre d’ébrasement (en tuffeau) sont chanfreinées avec un congé mouluré en haut.

Le congé du bas a disparu sous l’usure. Le congé haut est justifié car l’arête du linteau appareillé de l’ébrasement n’est pas chanfreinée.

image 2020

Il n’existe plus de vantail ancien mais seulement un volet du XIXe siècle.

Fenêtre Nord

La fenêtre a été transformée en porte au XIXe siècle par la prolongation vers le bas des piédroits, en brique double à l’extérieur.
Elle a conservé tous ses piédroits en tuffeau ce qui donne une ouverture extérieure de 80 cm large sur 136 de haut. A moins qu’il manque le premier piédroit avec le congé ?


Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est tout en tuffeau et son arête n’est pas chanfreinée. Le couvrement est un linteau appareillé dont l’intrados est à 5 ou 10 cm plus bas que les solives comme les autres de la pièce.


Lors de la transformation de la fenêtre en porte, au XIXe siècle, un vantail de la seconde moitié du XVIe siècle a été placé ici. Il s’agit du remploi d’une porte intérieure de la Chevalerie, identique à celle qui reste à son emplacement d’origine, entre la salle et la garde-robe ouest. Elle a été adaptée ici et agrandie. Elle porte des clous à tête et des boucles en fer forgé, inutiles ici, ce qui montre que cette porte intérieure a eu un autre usage avant d’arriver là. Ce vantail mesure à l’origine 76 cm x 175.

Portes

Porte Sud

La porte d’entrée de la chambre se trouve à côté de la fenêtre, près de l’angle sud-Est et du mur de refend. Mesurée à l’extérieur, l’ouverture extérieure a 96 cm de large sur 2,98 m de haut du seuil au linteau. Quant à l’ébrasement, il est beaucoup plus faiblement évasé que la fenêtre puisque sa largeur ne dépasse pas 1,10 m. Ceci illustre bien le fait que l’ébrasement d’une fenêtre est destiné à faire entrer la lumière, ce qui n’est pas utile dans une porte.

la fenêtre sud en haut à gauche et murée derrière le poteau électrique la porte sud. En dessous la porte de la cave.


Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est tout en tuffeau et par conséquent fort usé en bas. On voit que l’arête est chanfreinée tout autour (y compris sur le couvrement) mais s’il a existé un congé au pied, on ne le peut savoir vu l’usure du bas. Le décor est donc légèrement différent de celui de la fenêtre. Par contre le couvrement est identique, avec un linteau appareillé.


Il n’y pas eu d’imposte au-dessus de cette porte : on n’en voit aucune trace, ni dehors, ni dedans.
La porte est aujourd’hui entièrement murée. On croit apercevoir le niveau du sol d’origine mais il ne reste aucun pavé qui soit pris dans la maçonnerie de bouchement, du moins aucun visible. La démolition de la maçonnerie en fera peut-être apparaître.

Porte Ouest

La porte a été observée du côté de la chambre du XVe siècle, avec son cadre chanfreiné. Du côté de l’aile du XVIe siècle, on voit son ébrasement encadré de tuffeau et son couvrement voûté en arc
segmentaire, ce qui prouve qu’il s’agit d’une baie du XVe siècle s’ouvrant dès l’origine sur une pièce d’habitation et par conséquent l’existence d’une aile avant la construction actuelle.

Les arêtes des piédroits sont trop usées pour connaître leur état d’origine. Le montant sud de l’ébrasement se confond avec le mur de façade sud. Le vantail actuel n’a pas d’ancienneté.

Porte Est

La porte qui se trouve à droite, près de la façade sud, a des dimensions extraordinaires : 1,30 m de large, 2,25 m ou 2,29 m de haut (selon la hauteur du sol d’origine). Au XVIe siècle, il n’y a guère que les
portes de communication de la cuisine à la salle où l’on mange qui puisse atteindre une telle hauteur. Cette porte est donc un indice fort pour placer la cuisine ancienne à l’emplacement de l’actuel pressoir.

La porte est encadrée de tuffeau avec un linteau appareillé. L’ébrasement n’est pas du tout évasé et il n’y a pas de feuillure dans le cadre, ni d’un côté ni de l’autre. Le montant sud se confond avec la façade
sud. Le cadre n’est pas du tout chanfreiné, comme le cadre de l’ébrasement de la fenêtre nord.


Le linteau de tuffeau a été descendu sans doute en 1720, lorsque, à l’occasion de la transformation de la cuisine en pressoir, un linteau en bois ait été mis en place encore plus bas. Il n’y a plus de vantail ancien.

Petit placard ovale sur le mur Est

Le mur Est est construit en moellons et enduit. Ses extrémités nord et sud ne pénètrent pas dans les murs de façade. C’est assez étonnant. On aurait pu bâtir au XVIe siècle les deux façades et le refend ensemble, en liant leur maçonnerie. Cela signifie-t-il que l’aile est antérieure à son aménagement actuel ? Pas sûr, d’autant qu’on observe le même phénomène au mur de refend du principal logis XVe.

A gauche de la porte de ce mur, on observe une pierre de tuffeau percée d’un trou ovale, avec une feuillure pour fermer un volet. Comme la maçonnerie autour est dégradée, on peine à déterminer si cet aménagement est d’origine ou si il s’agit d’un aménagement de l’époque de la ferme. S’il est
bien d’origine, il pourrait s’agir d’un œil pour permettre aux maîtres d’appeler ou de surveiller les domestiques qui habitent la grande pièce voisine.

Cheminée

La cheminée date manifestement du milieu du XVIe siècle. Le blason qu’elle arbore est d’ailleurs celui des Tiercelin qui ont abandonné la Chevalerie dès 1575.


Le foyer mesure 1,16 m de large et 1,35 m de haut. Une barre de fer est placée derrière le linteau pour soutenir la hotte. C’est une innovation technique du XVIe siècle.
L’ornement est tout en tuffeau. Les jambages prennent la forme d’une colonnette engagée avec une base moulurée d’un boudin. Le corbeau est en forme de console moulurée, dans le même goût que celle
qui soutient l’arcade dans les anciennes chambres de retrait. Le linteau est décoré d’une arête quarderonnée.

Sur la hotte est sculpté un cartouche encadré de rinceaux de rubans, de feuilles d’acanthe. Le tout entoure le blason des Tiercelin et sa couronne. L’ensemble a été buriné, mais à peine
effacé, à l’époque de la Terreur. La hotte a été peinte de faux joints qui recouvrent souvent les joints réels. Enfin, la corniche adopte un profil venu du classicisme antique

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La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Les caves de la Chevallerie – Etat des lieux à l’acquisition

Il existe deux caves à la Chevallerie. La première se situe sous l’aile Est du XVIe siècle. La seconde sous le principal bâtiment du XVe siècle.

La cave du XVIe siècle

La première cave est située sous la chambre XVIe de l’aile Est. On y entre par une porte encadrée de calcaire de Soulitré avec un arc segmentaire appareillé. La porte ouverte, on descend des marches
disposées dans l’épaisseur des murs.

Le sol est en terre battue. Les gros murs de maçonnerie qui l’entourent portent une voûte appareillée en tuffeau de petit appareil formant un berceau en plein-cintre un peu surbaissé orienté dans le sens nord/sud. La hauteur du mur à la naissance de la voûte atteinte 1 m. La hauteur sous clef est de 2,20 m.

La cave voûtée du XVIe siècle

Du côté ouest, une lunette est pratiquée dans la voûte. Elle couvre la porte de la cave suivante.

La cave du XVe siècle

Sous la chambre ouest du logis du XVe siècle il existe une seconde cave. Le sol est de terre battue. Des murs de maçonnerie entourent l’espace.

La cave du XVe siècle

Le mur nord est aveugle. Un massif de maçonnerie y a été construit sous la pile du rez-de-chaussée (Cette pile du rez-de-chaussée a été ajoutée à une époque inconnue pour soutenir l’extrémité de la poutre de la chambre.)
Au milieu de la cave, un mur orienté nord/sud, percé de trois arcades, le tout en maçonnerie et les arcades coulées par banchage, semblent remonter à l’origine de la construction. Le mur sépare la cave en
deux travées.
Le mur sud est percé de trois aérations sous arc de décharge, deux sur la travée Est, un sur la travée ouest (la tour d’escalier empêche d’en ouvrir une seconde).
La porte entre les deux caves est assez large pour l’entrée des tonneaux : 1,10 m. Cette porte présente un cadre chanfreiné à l’aplomb du pignon Est. On y voit encore, côté nord, l’emplacement des gonds d’origine (des gonds 1900 ont été mis côté sud). Ces dispositions montrent que cette porte a été à une époque l’entrée primitive de la cave, lorsque l’aile du XVIe siècle n’existait pas.
Le mur ouest est plein sauf à l’extrémité nord où se trouve une porte. Son cadre en tuffeau est chanfreiné (avec congé) du côté ouest. L’ébrasement se trouve par conséquent du côté Est. Le vantail a disparu.


La porte donne communication au petit escalier de pierre qui monte jusqu’à la trappe située l’angle nord-est de la salle.

L’ancien plancher supérieur formait deux travées de solives portées au milieu non par une poutre mais par le mur percé de trois arcades. Le plancher d’origine a été démoli et une chape de béton y a été coulée à la place.

dans l’image ci dessus on voit la plancher béton de la pièce du haut mais aussi un corbeau. Il n’y a pas d’explication donnée à cette pierre actuellement. Peut être juste un réemploi.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Le four à pain – Etat des lieux à l’acquisition

Au pignon ouest du principal corps de logis s’appuie un four à pain de construction traditionnelle en maçonnerie de moellons et couvert d’un toit dont la charpente de peuplier est portée par une maçonnerie datée de
1903.

L’existence du four à pain sur le pignon ouest ne remonte certainement pas à l’origine de la construction, mais elle est attestée à la fin du XVIIIe siècle par la visite et montrée de l’an 2. Antérieurement à 1903, le four était couvert par une toiture en appentis dont on voit le solin sur le pignon ouest du corps de logis.

Salon du premier – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre Est du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Salon » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. .

Dimensions

La profondeur du corps de logis au premier étage est d’environ 6,75 m, sa largeur atteint 6,28 m ou 6,13 m du côté nord. ce qui donne au total une superficie de 42 m². Le retrait des murs qui sert à porter la poutraison et le solivage aboutit ici aussi à des dimensions nettement plus importantes au premier étage qu’au rez-de-chaussée où la pièce ne dépasse pas 38 m².

Pavage

Le sol conserve son carrelage d’origine, constitué de rangées de pavés de 13 cm parallèles aux façades, autrement dit perpendiculaires au sens principal de circulation. De rares pavés estampés de fleurs de lys
sont clairsemés dans les lignes.

Fenêtre

L’ouverture est un peu plus grande que celle du rez-de-chaussée.

Le cadre extérieur est en calcaire semi dur de Nuillé. Côté chambre, l’ébrasement est encadré de tuffeau avec un couvrement en arc segmentaire. L’évasement est assez prononcé puisque l’ouverture de l’ébrasement atteint 1,85 m.

A la feuillure qui sert à placer les vantaux, l’arrête haute et basse est chanfreinée. Sur les parois de l’évasement, en haut, on voit des traces de faux joints peints au pinceau, et davantage encore sur l’intrados de l’arc segmentaire où les faux joints recouvrent les vrais joints.

Joints peints de l’arrière-voussure de la fenêtre de la chambre Est

Des portions de vantaux anciens restent en place dans le haut de la fenêtre, mais il ne s’agit sûrement pas des vantaux d’origine. D’ailleurs, ils sont remontés dans un autre sens et conservent d’un côté seulement leur équerrage en fer découpé du XVe. D’origine, par contre, il reste les huit petits gonds dans la feuillure pour des ouvrants manifestement prévus pour être sans châssis dormant. La plaque de fer qui reste au milieu du meneau, destinée à serrer les pênes des targettes, confirme que les fenêtres de la Chevalerie n’avaient pas de châssis dormants.

Portes

Porte sur escalier

L’ouverture de la porte mesure 80 cm de large sur 1,80 m de haut, sur un seuil refait au XVIIIe siècle en bois et en pavés de 21 cm.
Le cadre de l’ébrasement est appareillé en tuffeau. Toutefois, le montant de droite correspond au mur de refend. Le couvrement est en arc segmentaire.

Il n’y a plus de vantail ancien ici. On remarque cependant les gonds d’origine qui faisaient pivoter la porte vers l’intérieur de la chambre contre le mur de refend. En face, dans l’ébrasement gauche, il reste quelques traces de fer pour tenir le pêne de la serrure du XVe.

Autour du battement de cette porte, on perçoit encore fort bien les traces d’une structure d’ostevent : une gorge verticale creusée dans le montant de gauche de l’ébrasement, une autre saignée verticale (aujourd’hui bouchée) dans le mur de refend. Par ailleurs, l’observation de l’enduit fait voir, sur le mur de refend, des faux joints qui ne sont pas alignés avec ceux de la chambre, preuve que l’espace autour de la porte était clos, distinct du reste de la chambre. Preuve aussi que l’application des faux joints date d’une époque où l’ostevent était en place.

Porte Nord

L’ouverture de la porte mesure 69 cm sur 1,70 m de haut. Elle se situe au plus près de l’angle formé par le mur de refend. Le cadre est entièrement en tuffeau, avec les arêtes chanfreinées et l’on voit encore le congé, en bas, même s’il est fort usé. Le vantail ancien a disparu.

Porte vers l’aile Est

Située au plus près de l’angle formé avec le mur sud, l’ouverture mesurait à l’origine 70 cm de large sur 1,80 m de haut. Son cadre en tuffeau, aux arêtes chanfreinées, avec congé en bas se voit encore. Le linteau appareillé reste presqu’entier. La porte a été transformée lorsque l’étage de l’aile Est a été supprimé. La construction de la toiture nouvelle a rendu l’accès difficile par la porte d’origine. Les transformateurs ont construit un nouveau montant de porte à gauche, en tuffeau, avec un évasement en biais vers la partie plus haute du comble. En même temps, un linteau en bois a été calé sous celui du XVe siècle. Le montant de droite du cadre du XVe siècle est parfaitement conservé avec son chanfrein et son congé en parfait état. Le vantail n’est pas ancien. Un autre vantail avait été fixé à l’époque de la transformation de la porte, sur des gonds fichés dans le montant de droite du cadre XVe.
Toute la maçonnerie entre la porte et la cheminée a été refaite lors de ces transformations, au XVIIIe ou au début du XIXe siècle.

Murs

Mur Nord

Mesuré dans la chambre ouest, on a vu que le mur de façade nord a une épaisseur de 77 cm.

Le mur de moellons est recouvert d’un enduit épais, lisse, plat, blanchi et décoré de faux joints de coupe de pierre, encore bien visibles en haut du mur. Ces traits horizontaux et verticaux dessinent des fausses assises de 32 cm de haut, en parfaite continuité avec les faux joints du mur ouest.
Toute une partie du mur, à l’Est de la poutre, a été renduite suite à des dégâts des eaux provenant de la noue de la toiture.

Mur Nord et Est

Mur Est

Le pignon Est peut être mesuré dans à la porte qui s’ouvre sur l’aile Est. Son épaisseur est de 86 cm.

Construit en moellons, il est recouvert d’un enduit épais, lisse, plat, blanchi et décoré d’un faux appareil par des joints de peinture blanche très bien conservés sur toute la surface, mais pas sur le manteau de la
cheminée.

Mur Ouest

Calculée par soustraction, l’épaisseur du mur atteint 39 cm.

La maçonnerie du mur de refend n’est pas liée aux façades sud et nord. Cependant c’est bien ce mur qui sert à porter l’extrémité des solives. Il est donc nécessairement contemporain de la construction du logis. Bâti en moellons, il est recouvert d’un enduit épais, de couleur ocre, lisse, plat, blanchi et décoré de faux joints d’appareil, décor très bien conservé en partie haute du mur. Les joints sont d’une largeur de 13 mm et délimitent des assises de 32 cm. Ils sont continus avec ceux du mur nord. L’ostevent laisse une empreinte en léger creux, situé à 1,00 du mur sud).

Cheminée

La cheminée du XVe siècle reste en place, avec cependant d’importantes lacunes. Le foyer mesure 1,55 m de large et 1,65 m de haut. Elle est entièrement construite en tuffeau.

Les jambages sont en forme de colonnes engagées cantonnées de gorges, avec des bases élargies. Le corbeau prend la forme usuelle des cheminées de cette époque, avec un pan coupé surmonté d’un bourrelet. Il ne reste du linteau que les deux sommiers qui montrent qu’il n’existait qu’un seul corps de moulures, celui qui séparait le linteau et la hotte.
L’arrête inférieure est décorée seulement d’un chanfrein. Au-dessus, la hotte est de forme tronconique et entièrement en maçonnerie enduite (mais sans faux-joints). Il existait sûrement un arc de décharge en pierre de taille.

Comme au rez-de-chaussée, la cheminée est décentrée vers le sud (entre le mur nord et la cheminée il y a 3,60 m ; entre la cheminée et la façade sud il y a 85 m). L’ensemble de la cheminée se caractérise par un retour en biais vers le mur pignon, un épaulement qui renforce sa solidité.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Latrine Est du premier étage – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Latrines Est du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, « latrine 01 » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. .

Le carrelage a disparu.

Portes

Porte sur le mur ouest

On observe entre le mur sud du pavillon et la façade Est de l’aile nord une fissure traversante jusqu’à la chambre Est du grand logis. Ce qui signifie qu’en s’écartant, le mur sud du pavillon entraîne aussi la façade nord du grand corps de logis. Ceci plaide plutôt pour une liaison forte entre toutes les maçonneries.
Ce mur de 70 cm d’épaisseur est construit en moellons et porte le même enduit d’origine.

Vu de l’intérieur des latrines, l’ébrasement sud de la porte correspond au mur sud du pavillon. L’autre montant est en tuffeau. Le couvrement est appareillé en arc segmentaire. La largeur de l’ébrasement atteint 86 cm. Le vantail a disparu. Les gonds restent dans le montant sud. En face, dans le montant nord, on voit encore un cavalier en fer contre la feuillure pour le pêne de la serrure, ce qui prouve que cette
dernière se trouvait dans l’épaisseur du vantail. Il existe aussi un trou carré plus haut et plus vers l’intérieur pour le verrou, ce qui prouve que ce dernier était posé sur la surface de la porte.

Fenêtre

Sur le mur Nord L’ouverture mesure 30 cm de large sur 52 de haut, sur une allège de 1,15 m de haut. L’ébrasement s’élargit jusqu’à 63 cm. Sur son montant ouest, on distingue une inscription paraissant du XVIIIe siècle, mais difficile à déchiffrer. L’ébrasement est encadré principalement de maçonnerie,
avec quelques pierres de tuffeau. Le rebord est en pente vers le bas. Le couvrement est un linteau en tuffeau monolithe. Le vantail d’origine a disparu mais on voit encore les gonds en place dans le montant Est. En face, dans le montant ouest, on remarque un trou au milieu qui servait pour le pêne du verrou.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés