Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 06 – Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Où l’on voit les étapes de terrassement et de reprise des maçonneries de libage.

Une des dernières étapes nécessaires pour la stabilisation de la tour. Cet article ne comporte que que peu de photos extraordinaires. Mais cela est compenser par la présence d’un peu de documentation historique et de diagnostic.

La liste des précédents travaux peut être trouvée dans l’article ci-dessous.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage échafaudage.

Dépose de la charpente

Dépose ancien étaiement intérieur

Terrassement et reprise des maçonneries de libage

Libage, Gros moellon que l’on emploie noyé dans l’épaisseur d’un mur ou dans celle d’une fondation pour en augmenter la résistance. 

Maçonnerie de libage. Assise de maçonnerie construite avec ce type de moellons pour résister à la forte pression d’une colonne, d’une poutre, d’un poteau… D’une tour.

Méthode de construction des murs de moellons

La technique de construction des murs de moellons est simple. Pour y parvenir, il faut au maçon les bonnes matières, un marteau et un maillet de bois :

« Maçonnerie de Moellons : Le moellon … sera … proprement, posé en bonne liaison,
assujetti au marteau et parfaitement calé. Il baignera dans le mortier de tous côtés.
On placera dans les fondations les moellons des plus forts échantillons. Ils seront rangés avec soin et affermis sur leur base à coup de maillet de bois. Toute la maçonnerie en fondation sera garnie par devant et par derrière lors même que le parement devra être enterré »1.

1 Marché de construction du presbytère de Boissei la Lande (Orne), en 1831.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés


Synthèse de l’étude diagnostic

Etat actuel des fondations :


La jonction des élévations de la tour avec les fondations s’effectue grâce à une maçonnerie de transition, dite de libage. Composé de moellons posés à bain de mortier, ce libage épouse le plan octogonal de la tour mais présente un forme de glacis vers l’extérieur, afin d’élargir l’assiette d’appui des maçonneries.
Au-dessous-du libage, un sondage a révélé un important massif de fondation de 30 à 50 cm d’épaisseur, composé de grosses pierres de grès, de moellons de silex, de glaise et de mortier. Ce massif de fondation présente une forme quadrangulaire perpendiculaire au corps de logis, débordant par rapport au libage et plus largement au niveau des faces Sud-Ouest et Sud-Est de la tour formant un pan coupé.

Facteurs de désordres

Les sols supports de l’ouvrage sont composés de marnes argileuses.

La masse de la tour, évaluée à 193 tonnes réparties sur 23m2 de fondations, exerce une pression de 0,84 MPa (soit 8,4 kg / cm2 env.). Même en appliquant un coefficient de sécurité la pression portée reste inférieure à la portance théorique des sols support : par conséquent, la nature des sols et l’assiette des fondations ne sont pas à l’origine de l’effondrement de la tour.
Cependant, tout comme les maçonneries d’élévation, la liaison des fondations de la tour avec celles du corps de logis est probablement défaillante.
Les principales causes de faiblesse sont à rechercher au niveau des maçonneries de libage, assurant la transmission entre les élévations de la tour et les fondations :

  • Les chaînages d’angle en pierre de taille ne sont pas prolongés jusqu’au niveau des fondations et s’interrompent au niveau du libage en moellons : la cohérence de la descente des charges jusqu’à la semelle d’appui est donc altérée.
  • Le ravinement des sols a entraîné l’exposition des maçonneries de libage aux intempéries, avec un lessivage des mortiers, le descellement de moellons et l’affouillement des maçonneries au-dessous des élévations de la tour.

Projet de restauration – Reprise des fondations

L’intervention vise à améliorer la stabilité de la tour d’escalier avant le remontage de la partie effondrée. Les travaux se concentrent sur les maçonneries formant libage, afin de renforcer la transmission des charges entre l’élévation de la tour et le massif de fondation. L’amélioration de la liaison avec les fondations du corps de logis est également recherchée.
Les travaux comprennent :

  1. Le dégagement des maçonneries de libage jusqu’au nu supérieur du massif de fondation, incluant la fouille blindée en tranchée sur le pourtour extérieur de la tour
  2. La consolidation des maçonneries de libage par remaillage, incluant le refichage de moellons de grès et de silex ; des injections gravitaires au coulis de chaux en cœur de maçonnerie y compris au nu supérieur du massif de fondation ; les ragréages et rejointoiements au mortier de chaux
  3. Le coulage de longrines sur le tiers extérieur de l’appui des maçonneries de libage, incluant le refouillement préalable de la maçonnerie de moellons ; le scellement des longrines aux fondations du corps de logis par goujons.
  4. Le prolongement des chaînes en pierre de taille jusqu’au niveau du massif de fondation, incluant le refouillement préalable de la maçonnerie de moellons ; la fourniture, la taille et la pose de pierre calcaire dur de Richemont sur 3 assises, formant chaînes d’angles harpées avec forme de glacis épousant le profil du libage existant.
  5. Le remblaiement des fondations par terre végétale et le relèvement des niveaux de sols ravinés pour recouvrir les maçonneries de libage, afin de les protéger des intempéries

Nota : l’ensemble des travaux de consolidation, scellement et pose est exécuté au mortier de chaux hydraulique naturelle sans ciment de type NHL 3,5

Les textes et images de cette partie ont été adaptées du document PRO-DCE par G. Trouvé architecte du patrimoine.



En image

Mise à nu de la maçonnerie enterrée.

Garnissage

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 05 – Dépose de l’ancien étaiement intérieur

La liste des travaux peut être trouvé dans l’article ci dessous.

Pour cet article on va verra la dépose de l’ancien étaiement intérieur.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage échafaudage.

Dépose de la charpente

Dépose de l’ancien étaiement intérieur

Pour se souvenir rappel de l’état Initial

Sans les tôles après la dépose des étais

Pose des nouveaux étaiements

Etat Final

Avant remodelage de l’échaffaudage

Pendant la réinstallation.

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 04 – Dépose de la charpente

La liste des travaux peut être trouvé dans l’article ci dessous.

Pour cet article on parlera de la dépose des tôles et de la charpente

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage échafaudage.

Dépose des tôles et de la charpente

C’est une étape très intéressante. Les parties écroulées n’ont pas été visibles de l’extérieurs depuis plusieurs dizaines d’années.

Dépose des tôles

Sans les tôles de façade

Dépose de la charpente

Après dépose de la couverture, un état sanitaire de la charpente a été établi. Environ 8% de l’ancienne a pu être réutilisée soit 0,4 m3 sur 5m3.

Après l’enlèvement de la couverture d’ardoise.

La dépose

Après la dépose

Quelques images de l’intérieur

Quelques images de l’extérieur

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 03 – Montage de l’échafaudage

La liste des travaux peut être trouvée dans l’article ci dessous.

Pour cet article on va faire l’état des lieux avant les chantiers.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage de l’échafaudage.

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Montage de l’échafaudage.

Montage à mi hauteur – en image

en Vidéos

travelling arrière

Fin du montage en images

Les pieds d’échafaudage.

Le prochain article portera sur la dépose de la charpente et des tôles.

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 01 – Programme Général

Voici le tout premier d’une suite d’articles concernant la restauration de la tour du manoir.

Programme Général

Les travaux se sont déroulés entre le 6 juillet 2020 et le 12 octobre 2021, date de la réception des travaux

Les travaux ont concerné :

  • Des travaux de reprise de fondations,
  • Le remontage de la partie effondrée de la tour compris les chaînes d’angle et les encadrements de
  • baie en pierre de taille,
  • La restitution de la bretèche selon ses dispositions originelles,
  • La restitution d’une charpente,
  • La mise en œuvre d’une couverture en ardoise posée au clou

Maitrise d’œuvre


Martine RAMAT – Architecte .
31, rue JM Rougé
37000 TOURS

Programme Ouvrages Exécutés – Maçonnerie – Pierre de taille


Restauration et la restitution de maçonneries traditionnelles en moellons et de maçonneries en pierre de taille. Afin d’améliorer la stabilité de l’ouvrage, la consolidation en sous-œuvre des maçonneries de libage, formant transition entre les élévations et les fondations, est prévue afin d’améliorer la stabilité de l’ouvrage.

Les travaux concernaient :

  • Les travaux de consolidation en sous-œuvre des maçonneries de libage en
  • moellons
  • Les travaux de purge et de nettoyage des parements en moellons et pierre
  • de taille
  • Les travaux de restauration des maçonneries en moellons
  • Les travaux de restauration de chaînes, corniche et encadrements en pierre
  • de taille
  • Les travaux de remontage de maçonneries en moellons
  • Les travaux de remontage d’ouvrages en pierre de taille (chaînes, corniche, encadrements, bretèche)
  • Les travaux de consolidation interne des maçonneries par ceinturage avec
  • torons en fibre de verre
  • Les travaux de consolidation et de remontage partiel de l’escalier à vis en pierre de taille
  • Les travaux de réfection des enduits intérieurs et extérieurs.

La réalisation a été faite par

LEFEVRE – 15 rue Mickael FARADAY – 72000 LE MANS – 02.41.69.61.24 – lemans@lefevre.fr

Programme Ouvrages Exécutés – Charpente et couverture

Démontage complet de la charpente existante, remontage de la charpente avec réemploi de quelques bois existants.

Réfection complète de la couverture en ardoise

Les travaux concernaient :

  • Les charpentes
    • Démontage complet de la charpente existante
    • Remontage de la charpente avec réemploi de quelques bois existants et la mise en place d’un double
    • cours de sablière afin de permettre une désolidarisation des pieds de chevrons de la corniche.
  • Les couvertures ardoises
    • Réfection complète de la couverture en ardoise de bonne épaisseur (5mm) posé au clou cuivre
    • Remplacement en totalité du voligeage en sapin 27mm d’épaisseur
    • Egout renforcé en terre cuite (2 rangs de tuiles artisanales de type Puycheny)
    • Faîtage de la besace à l’arrière de la tour traité de façon traditionnelle, en terre cuite à crêtes et embarrures.
    • Epi de faîtage de la tour en plomb sur jupe en plomb également

La réalisation a été faite par

CADET CONCEPT ET TRADITION – Entreprise De Couverture à Saint-Denis-en-Val

Travaux réalisés par messieurs François DELBART (chef d’équipe), Julien JACQUEMART et Grégoire d’HEBRAIL pour les travaux de charpente.
Les travaux de couverture ont été réalisés par messieurs Maxime LE STUNFF (chef d’équipe) et Vincent
DUBREUIL

Quelques photos initiales

Juste avant le chantier la tour ressemblait à cela :

La suite.

Toutes les étapes suivantes seront détaillées au fil des prochaines semaines.

Un article par semaine.

  • Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.
    2. Montage échafaudage.
    3. Dépose de la charpente
    4. Dépose ancien étaiement intérieur
    5. Terrassement et reprise des maçonneries de libage
    6. Dépose des marches lacunaire et reprise de l’étaiement
    7. Fabrication de la charpente
    8. Pose de la porte d’entrée et maçonnerie de remplissage
    9. Renforcement des marches conservées
    10. Pose des ouvertures de baie
    11. Pose de la bretèche
    12. Pose de la charpente
    13. pose de la couverture
    14. Réalisation des tailles de finitions et de vieillissement sur parements et marches
    15. Réalisation des dégrossis et enduit intérieurs et extérieurs
    16. Repose de l’emmarchement
    17. Reprise des abords

Articles précédents concernant la tour.

Chantier de restauration et reconstruction de la tour d’escalier – 02 – Etat des lieux

La liste des travaux peut être trouvée dans l’article ci dessous.

Pour cet article on va faire l’état des lieux avant les chantiers.

  1. Programme général
  2. Synthèse des travaux en images
    1. Etat des lieux.

Synthèse des travaux en images

Etat des lieux.

Pour les images antérieures à 2021, on peut se référer à l’article sur l’état des lieux en 2012

Juste avant le début du chantier la tour ressemblait à ceci:

Chambre du XVIème de l’aile Est – chantier 02 – ouverture de la porte Sud.

A l’occasion de la visite sur quelques jours de deux amis durant l’été 2020, leurs bras et leurs poumons ont été mis à contribution sur un des chantiers du manoir.

Quelques jours auparavant le poteau électrique devant la façade sud avait été enlevé libérant l’accès pour :

L’ouverture de la porte Sud de la chambre XVIème de l’aile Est.

Contexte

La porte du logis sur le mur sud telle qu’elle est présente en cette année 2020 vient d’une transformation d’une fenêtre à meneau au XIXe siècle.

Afin de pouvoir fermer cette porte et reconstituer la fenêtre, il faut remettre en fonction une autre porte sur cette partie de la façade sud.

vue en 2006

Le chantier de réouverture de la porte sud de la chambre XVIème de l’aile Est est prévu à cet effet.

On voit sur la photo ci dessus, derrière le poteau électrique l’ouverture murée. Dimensions : 96 cm de large sur 2,98 m de haut du seuil au linteau.

vue d’un exercice de projection des travaux – calque quelque peu décalé.

Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est tout en tuffeau et par conséquent fort usé en bas. On voit une arête chanfreinée tout autour (y compris sur le couvrement) mais s’il a existé un congé au pied, on ne le peut savoir vu l’usure. Il n’y pas eu d’imposte au-dessus de cette porte : on n’en voit aucune trace, ni dehors, ni dedans.
Au niveau du sol d’origine, il ne reste aucun pavé qui soit pris dans la maçonnerie de bouchement, du moins aucun visible. La démolition de la maçonnerie en fera peut-être apparaître.

vue de l’intérieur

Le chantier

la partie haute se fait assez rapidement mais dans la poussière.

Les gravats sont remisés pour examen et réemploi.

en hauteur biensûr.

Hélas ! pauvre Yorick !

La seconde partie ne révèle rien de particulier et aucun pavé.

 

Mais la porte est ouverte.

Elle est rebouchée en attendant les prochains travaux sur le sol et la mise en place des marches.

merci les amis !

Chambre de l’aile Est du XVIème – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre XVIè » dans l’étude Historique de Damien Castel, « Débarras » sur les plans par G.Trouvé architecte du patrimoine.

L’aile Est, qui a été construite au XVIe siècle, peut-être en 1543, remplace une petite aile, sans doute basse – sans étage, et moins large que l’actuelle.

La pièce

On accédait à cette pièce par la porte située à droite de la cheminée XVe de la chambre Est du principal corps de bâtiment. Les preuves de l’existence de cette petite aile basse sont multiples :

1° le mur de la façade sud du principal corps de logis se poursuit au rez-de-chaussée de l’aile Est mais pas à l’étage, ce qui démontre que l’aile n’avait pas d’étage ;

2° au contraire, la façade nord du principal corps de logis s’arrête au pignon Est, ce qui signifie que l’aile était moins large que l’actuelle ; la porte d’accès à côté de la cheminée du XVe présente un cadre chanfreiné et un ébrasement du côté de l’aile qui datent de la fin du Moyen Age ce qui prouve que l’habitation se poursuivait dès le XVe siècle.

La pièce a été vraisemblablement construite en 1543 par le maçon de Saint Calais, Guillaume Dorléans, qui se trouve à la Chevalerie le 11 juin 1543, aux côtés de Jean Tiercelin. Elle mesure 6,52 m de profondeur côté ouest, et même 6,58 côté Est. Sa largeur est de 4,70 m côté nord et 4,57 m côté sud. On voit qu’ici non plus les angles ne sont pas orthogonaux.

Le niveau actuel de la chambre a été considérablement décaissé aujourd’hui. Celui d’origine est donné avec certitude par le dessous des jambages de la cheminée. Il était nettement plus haut que celui du rez-de chaussée du logis XVe.
Il ne reste plus aucune trace du carrelage d’origine. il devait s’agir de pavés de petites dimensions, par exemple 13 cm de côté.

Fenêtres

Fenêtre sud

Mesurée à l’extérieur, l’ouverture a 77 cm de large et 1,63 m de haut. Elle est percée au-dessus d’une allège de 1,23 m. L’ébrasement est fortement évasé puisque son ouverture atteint 1,33 m de large. Les arêtes du cadre d’ébrasement (en tuffeau) sont chanfreinées avec un congé mouluré en haut.

Le congé du bas a disparu sous l’usure. Le congé haut est justifié car l’arête du linteau appareillé de l’ébrasement n’est pas chanfreinée.

image 2020

Il n’existe plus de vantail ancien mais seulement un volet du XIXe siècle.

Fenêtre Nord

La fenêtre a été transformée en porte au XIXe siècle par la prolongation vers le bas des piédroits, en brique double à l’extérieur.
Elle a conservé tous ses piédroits en tuffeau ce qui donne une ouverture extérieure de 80 cm large sur 136 de haut. A moins qu’il manque le premier piédroit avec le congé ?


Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est tout en tuffeau et son arête n’est pas chanfreinée. Le couvrement est un linteau appareillé dont l’intrados est à 5 ou 10 cm plus bas que les solives comme les autres de la pièce.


Lors de la transformation de la fenêtre en porte, au XIXe siècle, un vantail de la seconde moitié du XVIe siècle a été placé ici. Il s’agit du remploi d’une porte intérieure de la Chevalerie, identique à celle qui reste à son emplacement d’origine, entre la salle et la garde-robe ouest. Elle a été adaptée ici et agrandie. Elle porte des clous à tête et des boucles en fer forgé, inutiles ici, ce qui montre que cette porte intérieure a eu un autre usage avant d’arriver là. Ce vantail mesure à l’origine 76 cm x 175.

Portes

Porte Sud

La porte d’entrée de la chambre se trouve à côté de la fenêtre, près de l’angle sud-Est et du mur de refend. Mesurée à l’extérieur, l’ouverture extérieure a 96 cm de large sur 2,98 m de haut du seuil au linteau. Quant à l’ébrasement, il est beaucoup plus faiblement évasé que la fenêtre puisque sa largeur ne dépasse pas 1,10 m. Ceci illustre bien le fait que l’ébrasement d’une fenêtre est destiné à faire entrer la lumière, ce qui n’est pas utile dans une porte.

la fenêtre sud en haut à gauche et murée derrière le poteau électrique la porte sud. En dessous la porte de la cave.


Côté intérieur, le cadre de l’ébrasement est tout en tuffeau et par conséquent fort usé en bas. On voit que l’arête est chanfreinée tout autour (y compris sur le couvrement) mais s’il a existé un congé au pied, on ne le peut savoir vu l’usure du bas. Le décor est donc légèrement différent de celui de la fenêtre. Par contre le couvrement est identique, avec un linteau appareillé.


Il n’y pas eu d’imposte au-dessus de cette porte : on n’en voit aucune trace, ni dehors, ni dedans.
La porte est aujourd’hui entièrement murée. On croit apercevoir le niveau du sol d’origine mais il ne reste aucun pavé qui soit pris dans la maçonnerie de bouchement, du moins aucun visible. La démolition de la maçonnerie en fera peut-être apparaître.

Porte Ouest

La porte a été observée du côté de la chambre du XVe siècle, avec son cadre chanfreiné. Du côté de l’aile du XVIe siècle, on voit son ébrasement encadré de tuffeau et son couvrement voûté en arc
segmentaire, ce qui prouve qu’il s’agit d’une baie du XVe siècle s’ouvrant dès l’origine sur une pièce d’habitation et par conséquent l’existence d’une aile avant la construction actuelle.

Les arêtes des piédroits sont trop usées pour connaître leur état d’origine. Le montant sud de l’ébrasement se confond avec le mur de façade sud. Le vantail actuel n’a pas d’ancienneté.

Porte Est

La porte qui se trouve à droite, près de la façade sud, a des dimensions extraordinaires : 1,30 m de large, 2,25 m ou 2,29 m de haut (selon la hauteur du sol d’origine). Au XVIe siècle, il n’y a guère que les
portes de communication de la cuisine à la salle où l’on mange qui puisse atteindre une telle hauteur. Cette porte est donc un indice fort pour placer la cuisine ancienne à l’emplacement de l’actuel pressoir.

La porte est encadrée de tuffeau avec un linteau appareillé. L’ébrasement n’est pas du tout évasé et il n’y a pas de feuillure dans le cadre, ni d’un côté ni de l’autre. Le montant sud se confond avec la façade
sud. Le cadre n’est pas du tout chanfreiné, comme le cadre de l’ébrasement de la fenêtre nord.


Le linteau de tuffeau a été descendu sans doute en 1720, lorsque, à l’occasion de la transformation de la cuisine en pressoir, un linteau en bois ait été mis en place encore plus bas. Il n’y a plus de vantail ancien.

Petit placard ovale sur le mur Est

Le mur Est est construit en moellons et enduit. Ses extrémités nord et sud ne pénètrent pas dans les murs de façade. C’est assez étonnant. On aurait pu bâtir au XVIe siècle les deux façades et le refend ensemble, en liant leur maçonnerie. Cela signifie-t-il que l’aile est antérieure à son aménagement actuel ? Pas sûr, d’autant qu’on observe le même phénomène au mur de refend du principal logis XVe.

A gauche de la porte de ce mur, on observe une pierre de tuffeau percée d’un trou ovale, avec une feuillure pour fermer un volet. Comme la maçonnerie autour est dégradée, on peine à déterminer si cet aménagement est d’origine ou si il s’agit d’un aménagement de l’époque de la ferme. S’il est
bien d’origine, il pourrait s’agir d’un œil pour permettre aux maîtres d’appeler ou de surveiller les domestiques qui habitent la grande pièce voisine.

Cheminée

La cheminée date manifestement du milieu du XVIe siècle. Le blason qu’elle arbore est d’ailleurs celui des Tiercelin qui ont abandonné la Chevalerie dès 1575.


Le foyer mesure 1,16 m de large et 1,35 m de haut. Une barre de fer est placée derrière le linteau pour soutenir la hotte. C’est une innovation technique du XVIe siècle.
L’ornement est tout en tuffeau. Les jambages prennent la forme d’une colonnette engagée avec une base moulurée d’un boudin. Le corbeau est en forme de console moulurée, dans le même goût que celle
qui soutient l’arcade dans les anciennes chambres de retrait. Le linteau est décoré d’une arête quarderonnée.

Sur la hotte est sculpté un cartouche encadré de rinceaux de rubans, de feuilles d’acanthe. Le tout entoure le blason des Tiercelin et sa couronne. L’ensemble a été buriné, mais à peine
effacé, à l’époque de la Terreur. La hotte a été peinte de faux joints qui recouvrent souvent les joints réels. Enfin, la corniche adopte un profil venu du classicisme antique

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La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Chambre de retrait Est du premier étage – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre de retrait Est du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, « ancienne chambre » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. .

Cheminée

Le foyer de la cheminée mesure 1,03 m de large sur 1,49 m de haut. De l’ornement, il reste les jambages et les sommiers du linteau, identiques à ce qui a été décrit dans la chambre de retrait ouest. Le reste a été démoli en laissant suffisamment d’empreintes pour constater que la hotte était tronconique.

Fenêtre

Sur le mur Est la fenêtre d’origine mesure 70 cm de haut, ouverte sur une allège de 1,20 m de haut. Comme une grande partie de la fenêtre a été démolie à la fin du XXe siècle, il n’est plus possible de connaître la largeur de l’ouverture. On peut supposer qu’elle était identique à la fenêtre de la chambre de retrait ouest. L’ébrasement est partiellement conservé. Il était entièrement encadré de tuffeau, avec un couvrement en arc segmentaire.

Murs

Mur Ouest – disparu

Le mur ouest était entièrement aveugle. Il a été observé au
paragraphe relatif à la chambre de retrait ouest.

Mur Sud

Le mur sud a été démoli. Il a été observé au paragraphe de la garde robe Est.

Plafond

Le plafond présente les mêmes caractéristiques que dans la chambre de retrait ouest.

Sol

Le carrelage de cette chambre est en partie conservé, identique à celui de la chambre de retrait ouest. Dans cet ensemble de pavés de 13 cm de côté, disposés par rangées perpendiculaires au sens de déplacement, il existe au moins un carreau estampé de fleurs de lys

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

La garde-robe Ouest du premier étage – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « garde robe Ouest du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, elle n’est pas dénommée sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. La pièce n’existant physiquement plus.

Elle est plus grande que celle du rez-de-
chaussée ce qui ne s’explique que par l’amincissement des murs.

Le pavage a été ôté : il ne reste que la chape de chaux étalée sur le torchis.

Portes

Porte sur le mur sud, vers le cabinet noir

Le cadre d’ébrasement est tout en tuffeau, avec un couvrement en arc segmentaire. Le vantail a disparu mais on remarque encore les gonds d’origine enfoncés dans le côté Est et les trous pour la serrure et le verrou en face.

Fenêtre

Sur le mur Ouest, une fenêtre. Du fait de la présence d’une planche, il est difficile de mesure cette ouverture. Ce peut être quelque chose comme 60 ou 66 de large sur 70 de haut, au-dessus d’une allège de 1,73 m. Les angles de l’ébrasement sont mélangés de tuffeau et de maçonnerie enduite. Le montant de gauche correspond au mur de la façade nord du principal corps de logis. Le rebord est maçonné. Le couvrement de l’ébrasement est une pièce de charpente qui paraît bien d’origine, puisque l’enduit l’affleure. D’ailleurs, la fenêtre qui se trouve dans la garde-robe Est est également sous un linteau en bois.

Porte Ouest vers les latrines Ouest

A 45 cm de la fenêtre s’ouvre la porte vers les latrines. L’ouverture mesure 66 cm sur 1,80 m de haut. Le cadre n’est pas chanfreiné. Le montant de droite était lié avec le mur de refend démoli.

vers les latrines Ouest du premier

Murs manquants

nous venons de voir les murs avec ouvertures visibles. Abordons maintenant les murs manquants

Mur Nord

Le mur de refend qui séparait cette pièce de la chambre de retrait Ouest mesurait 43 cm d’épaisseur.

Il était construit en moellons mais il est entièrement démoli ne laissant que sa base, au sol. Il n’est pas lié au mur ouest sauf les pierres de taille constituant le montant nord de la porte qui va dans les latrines. Il
est certain que le mur de refend a été bâti en même temps que la façade ouest de cette aile puisque l’enduit d’origine du mur ouest fait retour sur le mur nord (on voit une bonne partie de l’angle restée malgré la démolition).

A la base du mur qui subsiste dans le sol, on voit encore un massif de tuffeau correspondant au montant ouest d’une porte, puis quatre pavés
et demi correspondant à l’ouverture de la porte, et enfin un autre massif de tuffeau arasé correspondant au montant Est de la porte. Au vu des 4 pavés et demi au sol, l’ouverture paraît avoir mesuré 65 cm de large environ.
Compte tenu des observations précédentes, il apparaît que le cadre de la porte et son ébrasement étaient en tous points identiques à ceux déjà décrits dans les autres pièces.

Mur Est

Le mur Est de cette pièce correspond au mur de refend qui sépare l’appartement ouest de l’appartement Est. Il n’existe qu’une seule porte de communication de l’un à l’autre, à côté de la façade nord du principal corps de logis. Ce mur a été entièrement démoli. Il laisse au sol sa base (car le mur monte de fond depuis le rez-de-chaussée). Il mesure 53 cm d’épaisseur.

Il est construit en moellons et il reste quelques lambeaux de l’enduit qui le recouvrait à côté de la porte : épais, lise et blanchi, comme dans le reste de la pièce.

La porte de communication vers la garde-robe Est se trouve tout près de la façade nord du principal corps de logis, à côté des portes qui vont des chambres vers leurs garde-robes. C’est l’ébrasement qui se
trouve du côté de la garde-robe ouest. Ce qui en reste montre qu’il était construit comme les autres, c’est-à-dire en tuffeau avec un arc segmentaire en couvrement. Les gonds restent en place puisqu’ils se
trouvent du côté sud de l’ébrasement.

Plafond

Le plancher supérieur a été démoli en même temps que les murs de refend, mais il laisse parfaitement visible les trous des solives et la lèvre supérieure de l’enduit des murs qui fait retour sur les entrevous

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
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