Chambre du XVIème de l’aile Est – chantier 09 – Restauration de la cheminée.

Nous nous retrouvons à nouveau aujourd’hui dans la pièce du XVIᵉ siècle de l’aile Est du Manoir de la Chevallerie.
Depuis plus d’un an, nous y menons une série de restaurations successives, patiemment, ouverture après ouverture, pierre après pierre.

Un chantier au long cours

Liens vers les différents articles de la série :

  1. Etat des lieux.
  2. Déplacement de la chaudière
  3. Ouverture de la porte Sud
  4. Préparation du sol
  5. Restauration de la porte Est
  6. Pose des pavés sur le sol
  7. cet article – restauration de la porte Sud
  8. Restauration de l’ouverture Nord
  9. Restauration de l’ouverture Sud
  10. Restauration de la cheminée
  11. Restauration des murs et plafonds
  12. détails sur l’occulus et les faux appareillages
  13. Fin – restitution des travaux

La cheminée du XVIᵉ siècle

Après avoir évoqué les ouvertures et le sol, vient le moment de nous intéresser à l’un des éléments majeurs de cette pièce : la cheminée.
Véritable témoin du XVIème siècle, elle conserve les marques du style et de la technique de son époque.

Pour rappel : voir l’article précédent sur la restauration des ouvertures ou l’état des lieux

Une cheminée d’époque Renaissance

Datant manifestement du milieu du XVIᵉ siècle, la cheminée arbore sur sa hotte le blason des Tiercelin, famille seigneuriale qui quitta la Chevallerie vers 1575

Les cheminées de cette période reprennent encore certains traits du XVe siècle :

  • un foyer haut,
  • des jambages en colonnette,
  • des corbeaux en pan coupé ou en console moulurée,
  • un linteau chanfreiné ou mouluré,
  • et, innovation du XVIᵉ, une barre de fer placée derrière le linteau pour soutenir la hotte.

un peu de vocabulaire pour suivre le reste de l’article

Image explicative des éléments d’architecture d’une cheminée du XVIᵉ siècle, avec légendes

Le décor sculpté

Sur la hotte, un cartouche ornementé de rinceaux de rubans et de feuilles d’acanthe entoure le blason des Tiercelin surmonté de sa couronne.
Bien que buriné à la Révolution, sans doute à l’époque de la Terreur, le motif reste lisible et d’une grande finesse.

Image du cartouche sculpté

Description architecturale

Toute la cheminée est composée de tuffeau.
Les jambages sont des colonnettes engagées, posées sur des bases moulurées en boudin.
Les corbeaux adoptent une forme de console moulurée, comparable à celle de la “chambre à la colonne”.
Le linteau, décoré d’une arête quarrée, soutient une hotte peinte de faux joints, qui recouvrent parfois les véritables joints de maçonnerie.
Enfin, la corniche supérieure présente un profil directement inspiré du classicisme antique.

État des lieux à notre arrivée

Lorsque nous avons découvert la pièce, elle servait depuis longtemps de local à chaudière et d’espace de stockage.

Image de la cheminée à notre arrivée

Image de la cheminée au tout début des travaux

Même vue après restauration du sol

Les corbeaux et le linteau se sont révélés en bon état, mais le jambage droit et sa base étaient très détériorés, de même que le contre-cœur du foyer.

Diagnostic et intervention

Un diagnostic précis a été réalisé par le tailleur de pierre Alain Roguet (Pervenchères).
Son objectif : conserver le maximum de pierre saine tout en consolidant les zones fragilisées.
Un peu comme chez le dentiste, il s’agissait de greffer plutôt que remplacer.

diagnostic du tailleur de pierre

Il a été décidé de :

  • remplacer entièrement la base droite,
  • greffer une nouvelle pierre sur la partie haute du jambage,
  • et reconstituer le contre-cœur pour redonner cohésion à l’ensemble.
zones en cours de remplacement – base droite et bas du jambage

Les étapes de la restauration

Remplacement de la base

Reprise du bas du jambage

Greffe de pierre

Une fois ces opérations terminées, une remaçonnerie du contre-cœur a permis de redonner toute sa stabilité et son allure à l’ensemble

Avant / Après

Le résultat parle de lui-même :
une cheminée raffermie, équilibrée et lisible, retrouvant la noblesse de ses proportions d’origine.

Remerciements

Alain Roguet, tailleur de pierre à Pervenchères, pour son savoir-faire et la délicatesse de son intervention

remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )

les mains sachantes

Et la suite ?

La restauration des ouvertures Sud et Nord est arrivée à son terme (sauf pour les fenêtres définitives)
Prochaine étape : la restitution complète de la pièce, murs et plafonds compris, pour redonner à cet espace son atmosphère du XVIᵉ siècle.

Chambre du XVIème de l’aile Est – chantier 08 – Restauration de l’ouverture Sud.

Restauration de l’ouverture Sud— retrouver la lumière d’origine

Nous nous retrouvons à nouveau aujourd’hui dans la pièce du XVIᵉ siècle de l’aile Est du Manoir de la Chevallerie.
Depuis plus d’un an, nous y menons une série de restaurations successives, patiemment, ouverture après ouverture, pierre après pierre.

Un chantier au long cours

Liens vers les différents articles de la série :

  1. Etat des lieux.
  2. Déplacement de la chaudière
  3. Ouverture de la porte Sud
  4. Préparation du sol
  5. Restauration de la porte Est
  6. Pose des pavés sur le sol
  7. restauration de la porte Sud
  8. cet article – Restauration de l’ouverture Nord
  9. cet article – Restauration de l’ouverture Sud
  10. Restauration de la cheminée
  11. Restauration des murs et plafonds
  12. détails sur l’occulus et les faux appareillages
  13. Fin – restitution des travaux

Redonner à la fenêtre Sud son aspect d’origine et son rôle de lumière

Contrairement à l’ouverture Nord, celle du Sud n’avait pas été murée… mais elle n’était plus vraiment une ouverture “vivante”.

Pendant des décennies, cette partie de la pièce — transformée en débarras et en local technique pour la chaudière — avait été laissée en l’état

L’allège d’origine avait disparu, remplacée par des maçonneries de fortune, et la lumière du Sud n’entrait plus dans la pièce. On peut se rappeler de l’état de la pièce dans ce précédent article


Notre objectif : redonner à cette ouverture son usage d’origine, celui d’une fenêtre baignée de lumière, comme au temps de la construction de cette partie du manoir au XVIᵉ siècle.

L’état initial

vues de l’extérieur avant les travaux :

Vues de l’intérieur avant les travaux

Fabrication et pose de l’allège

Le chantier a avancé par étapes, dans le respect des matériaux d’origine.

Le chantier a avancé par étapes, dans le respect des matériaux d’origine.
Sur cette ouverture, les piédroits étaient encore sains — un petit miracle !
La seule pièce manquante : l’allège. Mais la maçonnerie située en dessous devait, elle, être entièrement refaite.

Étape 1 : dépose du mur sous l’allège

Étape 2 : reprise de la maçonnerie

afin de pouvoir placer l’allège il faut tout remaçonner

Étape 3 : taille de la nouvelle allège

Une nouvelle pierre a été façonnée sur mesure par Alain Roguet, tailleur de pierre à Pervenchères, à partir d’un gabarit reproduisant un modèle probable de l’époque d’origine

Photo du gabarit

la taille

Étape 4 : pose de l’allège

Sa mise en place a demandé force, précision et… un peu d’ingéniosité !
Grâce à l’aide précieuse de notre voisin Philippe Daguenet, et à son tracteur salvateur, la lourde pierre a pu être positionnée parfaitement.

Mission réussi grâce à la participation de notre voisin Philippe Daguenet

Une fois posée, la transformation saute aux yeux : la façade retrouve son équilibre, et la pièce sa lumière.

Avant / Après

Le contraste est saisissant : d’un simple trou négligé, nous retrouvons une fenêtre élégante et fonctionnelle, fidèle à l’esprit d’origine du manoir.

Avant/Après – vue extérieure d’ensemble

Avant/Après – vue extérieure zoom sur la fenêtre

Avant/Après – vue intérieure

Et la suite ?

Il reste encore à poser le châssis définitif, actuellement en fabrication.
En attendant, un châssis provisoire “fait maison”, équipé d’un plexiglas, nous permet déjà de profiter d’une belle lumière et d’un confort inattendu.

Prochainement sur le blog : la restauration de la cheminée, dernier grand chantier de cette pièce.

Merci à Alain Roguet, tailleur de pierre à Pervenchères

remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )

les mains sachantes

Chambre du XVIème de l’aile Est – chantier 07 – Restauration de l’ouverture Nord.

Restauration de l’ouverture Nord — retrouver la lumière d’origine

Nous nous retrouvons à nouveau aujourd’hui dans la pièce du XVIᵉ siècle de l’aile Est du Manoir de la Chevallerie.
Depuis plus d’un an, nous y menons une série de restaurations successives, patiemment, ouverture après ouverture, pierre après pierre.

Un chantier au long cours

Liens vers les différents articles de la série :

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  3. Ouverture de la porte Sud
  4. Préparation du sol
  5. Restauration de la porte Est
  6. Pose des pavés sur le sol
  7. restauration de la porte Sud
  8. cet article – Restauration de l’ouverture Nord
  9. Restauration de l’ouverture Sud
  10. Restauration de la cheminée
  11. Restauration des murs et plafonds
  12. détails sur l’occulus et les faux appareillages
  13. Fin – restitution des travaux

Redonner à la fenêtre Nord son aspect d’origine

L’ouverture Nord, que nous présentons aujourd’hui, a connu plusieurs vies.
À l’origine, il s’agissait d’une fenêtre, mais au XIXᵉ siècle, elle fut transformée en porte pour faciliter les accès.
Notre objectif : lui rendre son usage d’origine, celui d’une fenêtre laissant entrer la lumière du Nord dans la pièce.

Pour un éventuel rappel de l’état intial:

La restauration de l’ouverture Nord

Pendant des années, cette ouverture est restée dans un état précaire :
une simple porte de fortune en planches, posée pour protéger l’intérieur.
Elle attendait patiemment sa renaissance…

un état qui laissait pensif….

Reprise des piédroits et maçonneries

Le chantier a avancé par étapes, dans le respect des matériaux d’origine.

Dépose des piédroits.

Les pierres de tuffeau d’origine ont été déposées avec soin, numérotées, nettoyées et préparées pour être remontées plus tard à leur place exacte.

Dépose des briques ajoutées

Les briques qui prolongeaient les jambages vers le bas ont été retirées.
Elles dataient de la transformation en porte, probablement vers la fin du XIXᵉ siècle

Pose des nouveaux blocs de pierre

Des blocs de tuffeau taillés sur mesure par Alain Roguet, tailleur de pierre à Pervenchères, ont pris place dans le mur.
Cette intervention redonne à la façade une lecture architecturale cohérente.

Restauration du soubassement et pose des appuis

Une fois les piédroits consolidés, le mur de soubassement a été repris et les appuis de fenêtre intérieurs et extérieurs ont été posés.

Pose de l’appuie de fenêtre intérieur et extérieur

Avant Après.

La transformation est spectaculaire !
D’une ouverture bricolée et sombre, nous retrouvons une fenêtre élégante et lumineuse, telle qu’elle devait l’être à la Renaissance.

avant-après – vue extérieure – vue d’ensemble

avant-après – vue de l’extérieur – zoom fenêtre
avant-après – vue de l’intérieur

Et la suite ?

Il reste encore à poser le châssis définitif, actuellement en fabrication.
En attendant, un châssis provisoire “fait maison” et un simple plexiglas nous offrent déjà une belle vue et un confort inattendu.

Prochainement : la restauration de l’ouverture Sud, à suivre sur le blog.

Merci à Alain Roguet, tailleur de pierre à Pervenchères

remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )

les mains sachantes

prochainement les travaux sur la fenêtre Sud.

Chambre du XVIème de l’aile Est – chantier 06 – Restauration de la porte Sud.

Nous nous retrouvons aujourd’hui dans la pièce XVIème de l’aile Est.

Nous avons commencé une série de travaux au long court depuis un peu plus d’un an.

  1. Etat des lieux.
  2. Déplacement de la chaudière
  3. Ouverture de la porte Sud
  4. Préparation du sol
  5. Restauration de la porte Est
  6. Pose des pavés sur le sol
  7. cet article – restauration de la porte Sud
  8. Restauration de l’ouverture Nord
  9. Restauration de l’ouverture Sud
  10. Restauration de la cheminée
  11. Restauration des murs et plafonds
  12. détails sur l’occulus et les faux appareillages
  13. Fin – restitution des travaux

Aujourd’hui nous allons nous occuper de remettre une porte sur l’ouverture Sud.

Pour rappel on se souviendra dans l’article ci dessous de l’épisode ou la porte avait été réouverte :

une planche en contreplaqué avait été fixée en attendant ce jour

Voici maintenant le temps de mettre une vraie porte

La restauration de la porte Sud

Tout le travail de menuiserie a été fait maison, un travail qui occupe les journées d’hivers

Pour l’assemblage nous avons sollicité de l’aide, le poids de l’ensemble est très conséquent.

Les clous ont été achetés dans une ferronnerie, faits main et sur mesure.

Traverser plusieurs épaisseurs de planche de chêne n’est pas sans demander un peu de préparation.

Voici un casse tête résolu

55 clous plus tard il faut mettre la porte en place. Environ 120 Kg à déplacer et à ajuster des plus précisément.

avant après.

Un emmarchement est à prévoir pour accéder à la porte. Mais avant cela on parlera plutôt de la suite des travaux sur les fenêtres Sud et Nord.

Merci à Frédéric Lechâble et

remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )

les mains sachantes

Chambre du XVIème de l’aile Est – chantier 05 – Pose des pavés.

Le chantier qui nous occupe aujourd’hui est la pose du sol de la chambre XVI de rez-de-chaussée de l’aile Est.

Précédemment sur ce blog et pour cette pièce :

La quantité de pavé coupés l’été dernier n’étant pas suffisant, un lot supplémentaire a été récupéré et on profite des anormalement bonnes températures de février pour couper la quantité nécessaire

Préparation du sol et des bas de murs

Le sol est remis à niveau et les prises électriques sont positionnées.

Les pavés sont posés sans joint sur lit de sable et chaux.

Porte Ouest

Le niveau des sols du bâtiment principal est de l’aile Est est différents.

Une marche est taillée dans le passage de porte.

Porte Sud

Porte Est

Porte Nord et cheminée

Il restera les chantiers des murs et plafond. Les huisseries et la cheminée.

remerciements à Samuel Gatouillat, sur ce chantier (et sur bien d’autres ! )

les mains sachantes

Combles de l’aile Est du XVIe siècle -Etat des lieux

Etat des lieux

L’examen du comble de l’aile Est fait apparaître de très nombreuses transformations qui attestent de la présence à l’origine d’un étage carré

Déjà, la visite du rez-de-chaussée avait montré que les murs de façade mesurent 1 m d’épaisseur environ, ce qui caractérise un corps de bâtiment à étage carré. Les traces des pièces aménagées au premier étage sont d’ailleurs nombreuses.
On ne peut mesurer exactement la hauteur du bâtiment dans sa composition première, tout en supposant qu’il devait s’approcher du principal corps de logis du XVe siècle.

Au fur et à mesure de la visite, des indices apparaissent d’ailleurs. Ci-dessous, à gauche on voit la trace de la porte entre les ailes du premier étage, on y reviendra plus bas. Ci-dessous, à droite, le reste de l’ouvrant présent dans les combles de l’aile principale vue de l’extérieur, sur le pignon Est.

Pour la date de la démolition et de la construction de la charpente du comble actuel, on pourrait la fixer au début du XIXe siècle.

Sol

Les alignements de carrelage et leurs interruptions

Tout le sol du comble est revêtu de carrelage ancien essentiellement de 13 cm. Le niveau du sol est unifié à partir du comble sur le pressoir jusqu’au pignon Est.
Des tirants passent au ras du sol pour relier les arbalétriers.

Ils sont nécessairement postérieurs au carrelage existant qui n’aurait pu être posé tel qu’il est après leur installation. Le pavage est principalement régulier. Les lignes sont parallèles à la façade et passent sous les tirants (qui sont donc postérieurs). On observe des interruptions dans ces lignes. Elles disent quelque chose de l’état d’origine.

  1. Le premier arrêt se trouve au pied du tirant qui surmonte le mur de refend chambre/cuisine.
  2. Le deuxième arrêt se situe à la semelle de la cloison en colombage. Lors de la démolition de la cloison, au début du XIXe siècle, une ligne irrégulière de pavés différents a été collée.
  3. Le troisième arrêt se trouve au pied du pignon Est.

Interprétation des interruptions : existence de trois chambres

On peut interpréter facilement ces trois interruptions dans les alignements des pavés. Chaque rupture correspond à un mur ou à une cloison qui délimitait une pièce différente. Par conséquent, il a existé trois pièces au premier étage :

  1. Une chambre à l’ouest, au-dessus de la chambre à cheminée XVIe du rez-de-chaussée. Elle est délimitée à l’ouest par le mur pignon du principal corps de logis XVe siècle et à l’Est par le mur de refend qui monte de fond. Ce mur de refend a été construit au XVIe siècle, comme le prouve l’aménagement du rez-de-chaussée. Il a été démoli à partir du premier étage au début du XIXe siècle.
  2. Une chambre sur la cuisine, bornée à l’ouest par le mur de refend séparant au rez-de-chaussée la chambre de la cuisine, et à l’Est par la cloison en colombage (dont il ne reste plus que la semelle). On vient de dater le mur de refend et sa démolition. Il reste à donner un avis sur la cloison en colombage. Elle n’existe que depuis 1720. Antérieurement, c’est un autre mur de refend, celui qui fermait la cuisine à l’Est, qui montait de fond. Ce mur a été décrit au paragraphe consacré à la cuisine, au rez-dechaussée : il a été démoli en 1720 pour faire place au pressoir et c’est à ce moment que le nouveau plancher (poutres et solives) a été mis en place ainsi que la cloison en colombage.
  3. Une dernière chambre se situe entre cette cloison en colombage et le pignon Est de cette aile du XVIe.


A l’inverse, on peut aussi énoncer que le carrelage actuellement en place a été posé dans l’état des cloisonnements datant de 1720, notamment lorsque la cloison en colombage existait. Autrement dit, le carrelage actuel a été posé en 1720, en même temps que la cloison en colombage a été bâtie. La chambre la plus à l’ouest, aménagée sur celle du rez-de-chaussée, peut seule faire exception, puisque le mur de refend date du XVIe siècle.

Pour affiner ces analyses, il faut maintenant regarder dans le détail les sols de chacune des trois anciennes chambres.

Sol de la chambre à cheminée

Pavage sur la chambre à cheminée

Au-dessus de la chambre du rez-de-chaussée, le sol est plus bas de 20 cm qu’au-dessus du pressoir. La délimitation est faite par un tirant qui a été disposé au-dessus du mur de refend.
Le carrelage est ici au même niveau que le seuil de la porte du XVe qui a été percée dans le pignon Est du principal corps de logis.

Il est aussi au même niveau que le sol de l’âtre de la petite cheminée de cette chambre haute (voir plus bas). Tous ces indices laissent penser qu’on se trouve bien au niveau d’origine, celui qui a été mis en œuvre au XVIe siècle. Du reste, en étudiant le rez-de-chaussée, on a vu que le plancher haut et son enduit remontait au XVIe siècle. Par conséquent, on peut affirmer qu’on se trouve ici au niveau d’origine. Il faut porter l’attention au pied du pignon Est du principal corps de logis XVe. Là, l’enduit du mur a été refait en lors de la démolition de l’étage (début XIXe ?) par un simple dégrossi (voir plus bas l’étude du mur ouest de cette chambre). Cet enduit nouveau recouvre partiellement le carrelage.

Au surplus, on voit encore un peu d’enduit de cette campagne de travaux qui est resté collé au carrelage près du mur. Les maçons ne l’ont pas nettoyé. Autrement dit cette réparation tardive est postérieure au carrelage actuel. On en déduit que le carrelage actuel est antérieur à la démolition de l’étage.

Vu sur le pied du mur pignon Est du principal corps de logis XVe. En haut l’enduit épais, lisse, plat et enduit du XVIe siècle. En bas, reprise d’enduit du début du XIXe siècle recouvrant le carrelage d’origine, où l’on voit que le débordement d’enduit sur le carrelage n’a pas été nettoyé, preuve que l’enduit a été fait au moment de la démolition de l’étage.

Cheminée de la chambre haute ouest

La première se situe au-dessus du mur de refend montant de fond (et séparant en bas la chambre de la cuisine). On y voit le bas d’une ancienne cheminée placée juste au-dessus de celle du rez-de-chaussée.
Plus précisément, il reste deux bases de piédroits encadrant une pierre servant de sol à l’âtre et taillée avec un petit retour vertical constituant le bas du contre-foyer. Ces éléments prouvent qu’il existait une cheminée dans cette chambre.

Vestiges de la cheminée de la chambre ouest au premier étage de l’aile Est. Aux extrémités droite et gauche : la première assise des piédroits. Au milieu les pierres formant l’angle du foyer. A l’arrière : le tirant de la charpente du début du XIXe siècle.

Sol de la chambre sur le pressoir

Niveau du sol

Le sol de la chambre sur le pressoir est plus élevé que celui de la chambre ouest de cette aile. Cela s’explique aisément.

A l’origine, c’est à dire au XVIe siècle, le niveau devait être identique d’un bout à l’autre du premier étage. Mais en 1720, le plancher a été démoli, en même temps que le mur de refend oriental de la cuisine. Un nouveau plancher a été bâti plus haut (sans doute pour la commodité du pressoir) avec deux poutres et trois travées de solives, le torchis n’a jamais été enduit par-dessous, ce qui ne sied pas à une habitation. Puis le carrelage actuel a été posé.

Tuyau de cheminée

On remarque au-dessus du tas de charge en tuffeau situé au rez-de-chaussée, les stigmates du passage d’un tuyau de cheminée c’est-à-dire tout un ensemble de briques fines anciennes autour d’un endroit qui a été rebouché et remaçonné au ciment. Voilà une preuve supplémentaire que le tas de charge a remplacé une cheminée, celle de la cuisine. Cloison en colombage Au-dessus et légèrement à l’Est de la poutre la plus à l’Est du pressoir, il existe une semelle de cloison en colombage que l’on distingue
au plafond du rez-de-chaussée bordant irrégulièrement le côté Est de la poutre. Dans le sol du grenier, une ligne de carrelage irrégulier correspond au rebouchage de cette cloison et apparaît parfaitement sur toute la largeur du bâtiment. Cette ligne démontre, comme on l’a dit ci-dessus, que le carrelage actuel a été mis en place bien avant la démolition de l’étage. Cette cloison en colombage a nécessairement été construite en même temps que le plancher, c’est-à-dire en 1720, pour remplacer le mur de refend montant de fond qui fermait la cuisine du côté Est.

Cloison en colombage

Au-dessus et légèrement à l’Est de la poutre la plus à l’Est du pressoir, il existe une semelle de cloison en colombage que l’on distingue au plafond du rez-de-chaussée bordant irrégulièrement le côté Est de la poutre. Dans le sol du grenier, une ligne de carrelage irrégulier correspond au rebouchage de cette cloison et apparaît parfaitement sur toute la largeur du bâtiment. Cette ligne démontre, comme on l’a dit ci-dessus, que le carrelage actuel a été mis en place bien avant la démolition de l’étage.
Cette cloison en colombage a nécessairement été construite en même temps que le plancher, c’est-à-dire en 1720, pour remplacer le mur de refend montant de fond qui fermait la cuisine du côté Est.

Mur ouest


Le mur ouest du comble de l’aile Est correspond au pignon Est du principal corps de logis du XVe.


Mode constructif – ornements de fausse coupe de pierre

Il s’agit d’un mur élevé en moellons et recouvert d’un enduit dégrossi dans la partie visible extérieure. Lorsque l’aile Est a été construite avec un étage, toute la partie du pignon correspondant à la chambre haute a été décorée d’un enduit épais, plat, lisse et décoré – sur l’enduit frais – d’une couche de chaux et blanc d’Espagne d’une épaisseur variant autour de 1mm. Cet enduit de finition se décolle à certains endroits. Sur cet enduit de chaux et blanc séché, ont été peints à la brosse (car on voit les striures correspondant aux poils de la brosse), avec du lait de chaux, des faux joints de coupe de pierre.

Détail du faux joint peint à la chaux et à la brosse, ultérieurement recouvert d’une couche de
badigeon.

Le dessin représente des assises de 36 cm de haut (sauf au-dessus du sol où on trouve 40 cm) et de longueur variable. C’est le même ouvrage que dans la chambre du rez-de-chaussée sauf que les assises n’y ont que 25 cm de haut. Les joints font 13 mm de large, comme au rez-de-chaussée. Ces joints font un léger relief sur l’enduit blanc. Cette décoration a été faite en même temps que l’enduit posé au XVIe sur le pignon XVe. Il s’agit de la décoration d’origine. Sur cet ensemble a été passé ultérieurement un badigeon, un seul, sans doute en 1720, lors du réaménagement de cette aile.

Mur pignon Est du corps de logis du XV. Décor de fausse coupe de pierre dans la chambre du
premier étage de l’aile Est.

Hauteur sous solives

Cet enduit à fausse coupe de pierre part du sol jusqu’à 3,05 m au dessus.
A cette distance, on voit l’enduit qui fait un petit retour à l’horizontale, preuve que cet enduit rejoignait la paroi de la solive. Cette hauteur sous solives est identique à celle qui existe dans les garde-robes, latrines et chambre de retrait du premier étage. Elle est légèrement inférieure à celle des deux chambres principales.
Un chevêtre longeait le pignon à l’arrière de la cheminée XVe. Au nord de cette trace de chevêtre, il existe des reprises d’enduit plus bas ce qui rend tout à fait plausible la présence de trous de solives entrant dans le mur pignon rebouchés. Il faut donc croire que la chambre haute était couverte de solives disposées comme au rez-de-chaussée.
Au-dessus de cette ligne située à 3,05 m du sol, il y a de l’enduit refait au début du XIXe siècle – lors de la démolition de l’étage – qui descend plus bas que les 3,05 m au nord dudit chevêtre.
L’enduit décoré de fausse-coupe de pierre passe derrière les chevrons du comble actuel, mais il est totalement invisible sur la partie du pignon qui se trouve à l’extérieur.

La trace de l’enduit s’arrête à 3m. La porte en biais vers la chambre Est du logis du XVe.

Transformation de la porte

Dans le mur pignon, côté sud, sous la toiture, une porte a été aménagée en biais lors de la démolition de l’étage, sans doute au début du XIXe siècle. Le cadre de porte d’origine se trouve du côté de la chambre
Est du logis du XVe avec son cadre chanfreiné à congé (voir l’étude de cette chambre). Le montant nord de cette porte a été reconstruit lors de la démolition de l’étage de l’aile du XVIe siècle. Il s‘agit désormais d’un massif de maçonnerie de 1720, en moellons recouverts d’un enduit dégrossi. Le linteau au-dessus est de peu d’épaisseur. Ce massif de maçonnerie sert à créer un passage en biais afin d’entrer plus au milieu de l’ancienne chambre, car le passage d’origine est devenu impossible à cause des chevrons du nouveau comble. Le cadre de l’ébrasement nord est construit en tuffeau.
En même temps qu’on transformait la porte, tout l’enduit autour a été refait. C’est le même enduit dégrossi qui se poursuit et qui a été refait au pied du mur pignon sur une hauteur variant autour de 30 cm et qui recouvre un peu le carrelage d’origine. C’est aussi le même enduit que celui qu’on voit au haut du mur, au-dessus du décor de fausse coupe de pierre.

Ancien mur de refend entre chambres à feu


Le mur de refend qui sépare la chambre et la cuisine, au rez-dechaussée, a été arasé au début du XIXe siècle pour être mise dans son état actuel, lors de la démolition de l’étage. Un tirant a été posé à son emplacement et le dessous du tirant rempli de petits blocs de tuffeau de remplissage.

Ce mur de refend portait le tuyau de trois cheminées : celles de la chambre et de la cuisine, au rez-de-chaussée, et celle de la chambre du premier étage.

Mur sud


Mesuré à l’arase actuelle, le mur mesure 85 cm d’épaisseur, ce qui correspond tout à fait à un logis à étage carré en maçonnerie. Dans la chambre ouest, le pied du mur sud conserve encore un peu d’enduit lissé et blanchi qui passe sur le carrelage, signe que le carrelage a été posé avant cet enduit (par conséquent au XVIe).


La sablière posée sur l’arase du mur sud a été taillée exprès pour la charpente actuelle car elle est percée de trous pour les chevrons actuels : aucune trace de remploi sur les sablières. Au-dessus du linteau de la porte du pressoir, l’enduit du début du XIXe siècle est continu jusqu’au sommet de l’arase signe que le mur de façade a été arasé et la sablière posée au début du XIXe siècle.

Mur nord


Entièrement masqué par des planches, l’arase du mur nord est actuellement impossible à observer.

Pignon Est

Epaisseur

Mesuré dans la fenêtre du XXe siècle, le pignon Est de l’aile du XVIe mur présente une épaisseur de 97 cm, ce qui est caractéristique d’une construction à étage carré.

Mode constructif – ornements

Le mur est bâti en maçonnerie de moellons. Il est recouvert d’un enduit très différent de tous ceux qu’on a pu observer et qui remontent aux XVe et XVIe siècle. Il est lissé mais aussi irrégulier, bosselé, que celui que l’on trouve dans le pressoir. Il a été badigeonné à plusieurs reprises. Cela ne signifie-t-il pas que l’enduit a été refait en même temps que dans le pressoir, savoir en 1720 ?
La destruction du premier étage est flagrante sur le pignon Est. On voit sur les côtés du pignon que le mur a été démoli sur les bords. Tous les rampants ont été alors remaçonnés à neuf, puis recouverts avec un enduit resté dégrossi. Des parties plus larges sont démolies dans les angles de droite et de gauche. La pointe aussi a été démolie et un bout reconstruit avec beaucoup moins d’épaisseur.

Joint avec carrelage

Au pied du pignon Est on observe :

  1. Devant l’angle sud du triangle du pignon, pointe qui a été reconstruite au début du XIXe siècle, il n’y a plus de pavés de 1720, mais une surépaisseur de terre battue sur laquelle le tirant de charpente a imprimé sa marque (le tirant s’enfonce d’environ 1 cm dans la terre). Cette portion de terre battue est donc contemporaine de la reconstruction partielle du pignon et de la mise en place de la charpente actuelle. D’ailleurs, l’enduit dégrossi jeté sur le pignon reconstruit recouvre la terre battue au pied du pignon.
  2. En face de la portion ancienne du pignon, portion qui est enduite et blanchie comme on l’a vu, le carrelage se poursuit sans interruption au-dessous du tirant. Le carrelage passe même sous l’enduit du pignon. A un endroit, un pavé retiré a laissé son empreinte dans l’enduit, preuve que l’enduit a été posé après la pose du carrelage. L’angle de cette partie ancienne du pignon avec le carrelage ancien a été plusieurs fois rebouché. Une première fois avec un joint de chaux jetée et non lissée (donc quand ce n’était plus une habitation) et une deuxième fois et de façon aussi rustique avec de la boue

Fenêtres

Fenêtre 1900

Dans le pignon Est a été crée vers 1900 une ouverture : on s’est contenté de troué le mur, sans construire de cadre d’ébrasement. Côté extérieur, le cadre est fait de pièces de chêne de récupération.

Fenêtre XVIème


Il subsiste une fenêtre, décorée à l’extérieur d’un cadre chanfreiné, paraissant par conséquent du XVIe siècle. Côté intérieur, on distingue encore les deux montants en tuffeau du cadre d’ébrasement mais le couvrement paraît avoir été partiellement supprimé. Elle se trouve à peu près au milieu du pignon. Elle a été entièrement murée.

Côté intérieur, son bouchement est recouvert d’enduit et blanchi. Comme l’enduit et le badigeon ne peut pas dater du début du XIXe siècle, époque où l’on a refait pas mal d’enduit en simple dégrossi dans le comble, cela oblige à dater de 1720 le bouchement de cette fenêtre.
Cette fenêtre du XVIe siècle prouve par ailleurs qu’il n’a jamais existé de cheminée sur ce pignon.

Charpente comble


La charpente actuelle est de très bonne qualité. Les chevrons sont portés par des pannes, lesquelles sont soutenues par des maîtresses fermes constituées d’arbalétriers et de tirants. Elle date du début du XIXe siècle. Tous les bois sont de récupération. Les poinçons à renflements que l’on trouve assemblés dans les tirants, aux maîtresses fermes, sont des remplois de la charpente du XVIe siècle.

La sablière sud (et sans doute aussi nord que l’on ne peut pas observer actuellement) a été faite sur mesure pour cette charpente.

Il n’existe aucune trace d’ouverture dans le comble, ni du côté sud ni du côté nord

Travaux

Déjà effectué.

A venir

En 2023 on entame le chantier de la toiture côté Sud.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Chambre de retrait Est du premier étage – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre de retrait Est du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, « ancienne chambre » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. .

Cheminée

Le foyer de la cheminée mesure 1,03 m de large sur 1,49 m de haut. De l’ornement, il reste les jambages et les sommiers du linteau, identiques à ce qui a été décrit dans la chambre de retrait ouest. Le reste a été démoli en laissant suffisamment d’empreintes pour constater que la hotte était tronconique.

Fenêtre

Sur le mur Est la fenêtre d’origine mesure 70 cm de haut, ouverte sur une allège de 1,20 m de haut. Comme une grande partie de la fenêtre a été démolie à la fin du XXe siècle, il n’est plus possible de connaître la largeur de l’ouverture. On peut supposer qu’elle était identique à la fenêtre de la chambre de retrait ouest. L’ébrasement est partiellement conservé. Il était entièrement encadré de tuffeau, avec un couvrement en arc segmentaire.

Murs

Mur Ouest – disparu

Le mur ouest était entièrement aveugle. Il a été observé au
paragraphe relatif à la chambre de retrait ouest.

Mur Sud

Le mur sud a été démoli. Il a été observé au paragraphe de la garde robe Est.

Plafond

Le plafond présente les mêmes caractéristiques que dans la chambre de retrait ouest.

Sol

Le carrelage de cette chambre est en partie conservé, identique à celui de la chambre de retrait ouest. Dans cet ensemble de pavés de 13 cm de côté, disposés par rangées perpendiculaires au sens de déplacement, il existe au moins un carreau estampé de fleurs de lys

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

La garde-robe Ouest du premier étage – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « garde robe Ouest du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, elle n’est pas dénommée sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. La pièce n’existant physiquement plus.

Elle est plus grande que celle du rez-de-
chaussée ce qui ne s’explique que par l’amincissement des murs.

Le pavage a été ôté : il ne reste que la chape de chaux étalée sur le torchis.

Portes

Porte sur le mur sud, vers le cabinet noir

Le cadre d’ébrasement est tout en tuffeau, avec un couvrement en arc segmentaire. Le vantail a disparu mais on remarque encore les gonds d’origine enfoncés dans le côté Est et les trous pour la serrure et le verrou en face.

Fenêtre

Sur le mur Ouest, une fenêtre. Du fait de la présence d’une planche, il est difficile de mesure cette ouverture. Ce peut être quelque chose comme 60 ou 66 de large sur 70 de haut, au-dessus d’une allège de 1,73 m. Les angles de l’ébrasement sont mélangés de tuffeau et de maçonnerie enduite. Le montant de gauche correspond au mur de la façade nord du principal corps de logis. Le rebord est maçonné. Le couvrement de l’ébrasement est une pièce de charpente qui paraît bien d’origine, puisque l’enduit l’affleure. D’ailleurs, la fenêtre qui se trouve dans la garde-robe Est est également sous un linteau en bois.

Porte Ouest vers les latrines Ouest

A 45 cm de la fenêtre s’ouvre la porte vers les latrines. L’ouverture mesure 66 cm sur 1,80 m de haut. Le cadre n’est pas chanfreiné. Le montant de droite était lié avec le mur de refend démoli.

vers les latrines Ouest du premier

Murs manquants

nous venons de voir les murs avec ouvertures visibles. Abordons maintenant les murs manquants

Mur Nord

Le mur de refend qui séparait cette pièce de la chambre de retrait Ouest mesurait 43 cm d’épaisseur.

Il était construit en moellons mais il est entièrement démoli ne laissant que sa base, au sol. Il n’est pas lié au mur ouest sauf les pierres de taille constituant le montant nord de la porte qui va dans les latrines. Il
est certain que le mur de refend a été bâti en même temps que la façade ouest de cette aile puisque l’enduit d’origine du mur ouest fait retour sur le mur nord (on voit une bonne partie de l’angle restée malgré la démolition).

A la base du mur qui subsiste dans le sol, on voit encore un massif de tuffeau correspondant au montant ouest d’une porte, puis quatre pavés
et demi correspondant à l’ouverture de la porte, et enfin un autre massif de tuffeau arasé correspondant au montant Est de la porte. Au vu des 4 pavés et demi au sol, l’ouverture paraît avoir mesuré 65 cm de large environ.
Compte tenu des observations précédentes, il apparaît que le cadre de la porte et son ébrasement étaient en tous points identiques à ceux déjà décrits dans les autres pièces.

Mur Est

Le mur Est de cette pièce correspond au mur de refend qui sépare l’appartement ouest de l’appartement Est. Il n’existe qu’une seule porte de communication de l’un à l’autre, à côté de la façade nord du principal corps de logis. Ce mur a été entièrement démoli. Il laisse au sol sa base (car le mur monte de fond depuis le rez-de-chaussée). Il mesure 53 cm d’épaisseur.

Il est construit en moellons et il reste quelques lambeaux de l’enduit qui le recouvrait à côté de la porte : épais, lise et blanchi, comme dans le reste de la pièce.

La porte de communication vers la garde-robe Est se trouve tout près de la façade nord du principal corps de logis, à côté des portes qui vont des chambres vers leurs garde-robes. C’est l’ébrasement qui se
trouve du côté de la garde-robe ouest. Ce qui en reste montre qu’il était construit comme les autres, c’est-à-dire en tuffeau avec un arc segmentaire en couvrement. Les gonds restent en place puisqu’ils se
trouvent du côté sud de l’ébrasement.

Plafond

Le plancher supérieur a été démoli en même temps que les murs de refend, mais il laisse parfaitement visible les trous des solives et la lèvre supérieure de l’enduit des murs qui fait retour sur les entrevous

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés

Chambre de retrait Ouest du premier étage – Etat des lieux à l’acquisition

Appelée « Chambre de retrait ouest du premier étage » dans l’étude Historique de Damien Castel, « ancienne chambre » sur les plans par G. Trouvé architecte du patrimoine. .

Il reste encore une grande partie du carrelage d’origine, des pavés
de 13 cm de côté, rangées dans le sens est/ouest, c’est-à-dire dans le
sens perpendiculaire au principal axe de circulation.

Cheminée

La cheminée présente un foyer de 98 cm de large et de 1,50 m de haut. L’ornement a conservé ses deux jambages en forme de colonne engagée, avec leur base et leur corbeau en pan coupé et moulure. Du
linteau, il ne reste plus que les sommiers. La hotte a été démolie avec le reste du linteau mais l’empreinte qu’elle a laissée sur le mur nord montre qu’elle était tronconique. Le contre foyer montre bien le mode constructif des conduits de cheminée : celui du rez-de-chaussée qui passe derrière
celui du premier étage. Les deux conduits sont séparés par une languette en parpaings de tuffeau de 15 cm d’épaisseur.

Fenêtre

Une fenêtre s’ouvre dans la façade ouest. Vu de l’extérieur, son cadre en pierre semi dure de Nuillé paraît sans modifications depuis la construction. Son cadre est en tuffeau, avec un couvrement en arc segmentaire. Le vantail a disparu, mais on voit encore de gros gonds dans le côté sud.

Murs

Mur Est – disparu

Démoli, le mur de refend Est a déjà été observé au paragraphe de la garde-robe ouest. Il est assez bien pris dans la maçonnerie du mur pignon nord (on voit les pierres fichées dans le pignon nord qui relient les deux murs). Par conséquent, ce sont des maçonneries contemporaines.

Mur Sud

Le mur sud, démoli, qui servait de refend avec la garde-robe ouest, a été observé ci-dessus, ainsi que la porte.

Plafond

Les solives sont disposées dans le sens Est/ouest. Dans le pignon nord reste la petite saignée d’origine destinée à porter les barreaux du torchis, car il n’y avait pas de solive contre le mur à cause du conduit de la cheminée.

La majorité du texte provient de l’étude historique rédigée par Damien Castel, 4ème trimestre 2014
Tous droits de reproduction (texte et images) sont réservés